À la requête de cette dernière, le prince avait distribué des lettres de noblesse à divers habitants de la colonie, et avait fait acte de souveraineté en graciant des condamnés. Une seule fois, Blanche invoqua sa clémence en faveur d’un matelot déserteur, et Renaud se montra sourd à ses prières. – Je suis trahie ! s’écria-t-elle avec désespoir. Mais je veux m’en assurer, et si cela est, trahison pour trahison alors ! Sa vie, de ce jour, se passa à dissimuler et à espionner. Trois mois s’étaient écoulés depuis l’arrivée de Renaud à la Martinique. Ces trois mois avaient été parfaitement employés à conquérir pied à pied l’affection, le dévouement, l’enthousiasme des habitants. L’autorité du prince avait complètement effacé celle du marquis de Caylus. Le prince commandait seul, à lui seul


