Chapitre vingt-trois : Vincent

877 Mots
Depuis cette conversation avec Gabriel, tout a changé. Ce n’est pas qu’il m’a pardonné d’un coup, ni qu’il a accepté de me laisser revenir pleinement dans sa vie, mais il m’a donné une chance. Une chance de prouver que je suis sérieux, que je tiens à lui plus que je n’ai jamais osé l’admettre. Et cette chance, je ne compte pas la laisser passer. Au bureau, je fais tout pour rester concentré sur notre travail, mais c’est de plus en plus difficile. Chaque moment passé à côté de lui me rappelle à quel point j’ai envie d’être proche de lui, de sentir cette alchimie brûler à nouveau. Ce feu, je le sens en permanence, surtout dans les petits gestes du quotidien. Je sais que Gabriel n’est pas encore prêt à tout accepter, mais je ne peux m’empêcher de chercher cette proximité, de tenter des gestes de tendresse, même infimes. Ce matin, alors que nous sommes en train de préparer une réunion importante, je me tiens derrière lui, expliquant quelques détails sur le dossier que nous devons présenter. Mon visage est si proche du sien que je peux sentir la chaleur qui émane de sa peau. L'odeur subtile de son parfum me trouble, et je suis incapable de me retenir. Je me penche légèrement, mon souffle frôlant son oreille, et je vois son corps se raidir, ses épaules se tendant imperceptiblement. "Est-ce que tu peux ajouter cette note dans l’ordre du jour ?" dis-je doucement, presque en murmure. Gabriel frissonne sous ma voix. Je le sens hésiter un instant, puis il hoche la tête sans un mot. Il fait de son mieux pour rester concentré, mais je vois ses doigts trembler légèrement sur le clavier. Je sais que ma présence le trouble autant qu'il me trouble. Je recule lentement, et juste avant de m'éloigner complètement, ma main effleure légèrement son dos. Un geste presque imperceptible, mais suffisamment pour que je sente la tension parcourir son corps. Je ne devrais probablement pas être aussi tactile, mais je ne peux pas m’en empêcher. Cette envie de le toucher, de sentir sa présence, est presque irrésistible. Il ne dit rien, mais je vois dans ses yeux cette lueur familière, cette alchimie qui n'a jamais vraiment disparu. Pourtant, il essaie de cacher ce qu'il ressent. Mais moi, je sais qu'il le ressent aussi. Je le sens à chaque geste, à chaque frisson qu'il ne peut réprimer. Un peu plus tard, Gabriel se lève pour aller faire des photocopies. Je l'observe discrètement, mes yeux suivants chacun de ses mouvements. Sa manière de se déplacer, la fluidité de ses gestes, tout chez lui m’attire comme un aimant. Je me lève également, prenant un prétexte pour aller vers lui. "Tu vas gérer cette réunion sans problème," dis-je en passant derrière lui, ma main effleurant doucement le bas de son dos. Ce simple contact suffit à déclencher une vague de chaleur en moi, et je vois son corps se tendre à nouveau. Il ne se retourne pas, mais je sens qu’il est conscient de chaque geste que je fais, de chaque contact que je cherche à établir. Il essaie de rester distant, mais je sais que je l'atteins. Petit à petit. De retour à nos bureaux, je lui tends un stylo pour prendre des notes. Et là encore, je ne peux m’empêcher de prolonger le contact, de laisser mes doigts frôler les siens un instant de trop. Il lève brièvement les yeux vers moi, surpris, mais il ne dit rien. Ce simple contact, ce geste presque anodin, est chargé de bien plus que ce qu’il laisse paraître. Il me regarde, et pour un instant, je vois dans ses yeux quelque chose qui ressemble à un mélange de confusion et de désir. Mais il détourne rapidement le regard, reprenant son air professionnel. Je ne le force pas, je ne pousse pas plus loin. Je sais que je dois être patient, que tout cela prendra du temps. Mais je ne peux m’empêcher de savourer chaque frisson, chaque geste, chaque réaction qu’il ne peut cacher. Plus tard dans l’après-midi, alors que la journée touche à sa fin, je me retrouve à nouveau près de lui. Il est concentré sur son travail, ses yeux fixés sur l'écran de son ordinateur. Je m'approche une nouvelle fois, cette fois sans prétexte, juste pour être près de lui. Mon regard se pose sur ses mains, sur ses épaules tendues. Je me penche légèrement, comme plus tôt dans la journée, et je murmure doucement : "Merci pour aujourd’hui, Gabriel. Tu as fait un excellent travail." Je sens à nouveau ce frisson parcourir son corps, cette réaction involontaire qu’il ne peut réprimer. Il ne me répond pas tout de suite, mais je sais que je suis en train de briser peu à peu cette carapace qu’il a construite autour de lui. Je m’éloigne, laissant derrière moi cette tension suspendue, cette promesse non dite qui flotte dans l’air. Gabriel essaie de jouer son rôle, de rester professionnel, mais je sais qu’il ressent la même chose que moi. Et à chaque geste, chaque contact, je sens que je me rapproche un peu plus de lui. Je n’ai jamais été aussi sûr de ce que je veux. Et ce que je veux, c’est lui. À tout prix.
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