Chapitre vingt-sept : Vincent

982 Mots
L'invitation est sortie de ma bouche presque sans que j'y réfléchisse. Je voulais simplement passer plus de temps avec Gabriel, faire quelque chose de normal, de simple, pour nous rapprocher sans pression. Alors, quand je lui ai proposé d’aller au cinéma, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais il a accepté, et cette petite victoire m’a suffi pour me sentir confiant. Nous avons choisi un film romantique – **3 mètres au-dessus du ciel** – et même si c’était un choix audacieux, j’espérais que cette soirée pourrait être une étape de plus vers ce que nous essayons de construire. Le cinéma est un lieu parfait pour être proche sans trop en dire. Les lumières tamisées, l'obscurité qui nous enveloppe, tout semble plus simple ici. Assis côte à côte, je sens Gabriel à quelques centimètres de moi, ses mains posées sur ses cuisses, légèrement tendues. Moi, je suis nerveux, mais déterminé. Il m’a dit qu’il voulait essayer, qu’il voulait me faire confiance, et ce soir, je vais tout faire pour lui prouver qu’il peut. Dès que les lumières s'éteignent et que le film commence, je glisse doucement ma main vers la sienne. Nos doigts se frôlent d’abord, et je sens Gabriel tressaillir légèrement, mais il ne la retire pas. Lentement, je prends sa main dans la mienne, la serrant doucement, presque comme si je craignais qu’il ne se retire à tout moment. Il ne le fait pas. Ses doigts se relâchent un peu, se mêlant aux miens, et ce simple geste me fait sourire dans le noir. Au fur et à mesure que le film avance, je caresse doucement sa main avec mon pouce, de légers mouvements circulaires, essayant de lui montrer à quel point je tiens à lui, à quel point je suis heureux qu’il soit là, avec moi. Je sens sa tension se dissiper peu à peu, et quand je jette un coup d'œil dans sa direction, son visage est calme, concentré sur l’écran, mais je sais qu’il est conscient de chaque geste, de chaque caresse. Après le film, je me tourne vers lui avec une idée qui trotte dans ma tête depuis le début de la soirée. "Tu veux venir boire un verre chez moi ? Juste pour continuer la soirée tranquillement." Il hésite un instant, comme s'il réfléchissait à ce que cela pourrait signifier, à ce que cela pourrait déclencher. Mais il finit par hocher la tête doucement, un sourire timide aux lèvres. "D’accord." Nous sortons du cinéma et prenons le chemin de chez moi. L’air frais de la nuit me permet de reprendre mes esprits, mais je sens que mon cœur bat toujours aussi vite. Gabriel me suit sans un mot, et je peux sentir une sorte de tranquillité entre nous, une complicité silencieuse. Chez moi, nous nous installons dans le salon, et tout se fait naturellement. Gabriel s'assoit entre mes jambes, son dos appuyé contre mon torse. C’est un geste qui semble tellement intime, mais en même temps, tellement naturel. Il n’y a pas de tension palpable, juste ce confort de savoir que nous sommes là, ensemble, sans pression. Je glisse mes bras autour de lui, l’enveloppant doucement, et je sens qu’il se détend encore plus. Ma tête repose légèrement sur son épaule, et nous restons ainsi pendant quelques minutes, profitant simplement du calme. Puis, sans vraiment réfléchir, je pose un b****r léger sur sa nuque. Gabriel tressaille sous ce contact, mais au lieu de s’éloigner, il tourne lentement la tête dans ma direction. Nos regards se croisent, et dans ce silence, je sens toute l’alchimie qui brûle entre nous, cette connexion que nous n’avons jamais pu éteindre, même en essayant. L’air semble devenir plus dense autour de nous, chaque seconde s’étirant alors que nous restons à nous regarder, incapables de détourner les yeux. Mon cœur bat si fort que je suis sûr qu'il peut l’entendre. Et alors, doucement, sans précipitation, nos visages se rapprochent. Nos lèvres se touchent enfin, d'abord timidement, puis avec plus de certitude. Le b****r est doux, lent, presque comme une découverte. Nos langues se rencontrent, s’entrelacent dans une danse lente et sensuelle. Ce n’est pas un b****r passionné, précipité, mais quelque chose de plus profond, de plus significatif. Chaque geste, chaque mouvement de nos lèvres est empreint d’une tendresse que je n’ai jamais ressentie ailleurs. Je sens Gabriel se relâcher encore plus contre moi, et je me rapproche un peu plus, savourant chaque instant, chaque frisson qui parcourt mon corps à son contact. Nous restons ainsi, l’un contre l’autre, nos bouches se cherchant doucement, nos respirations se mêlant. Mais les choses n'iront pas plus loin ce soir. Nous savons tous les deux qu’il n’est pas encore temps pour cela, et je suis prêt à attendre. Ce b****r, cette connexion que nous partageons maintenant, est déjà plus que ce que j’avais espéré. Plus tard dans la soirée, je le raccompagne à son appartement, celui qu'il partage avec un colocataire. Le trajet en voiture est silencieux, mais ce n’est pas un silence gênant. C’est un silence confortable, plein de cette proximité que nous venons de partager. Arrivés devant chez lui, je coupe le moteur, et pendant un instant, nous restons là, dans l’obscurité de la voiture, sans parler. Gabriel me regarde, et je vois dans ses yeux cette même hésitation, cette même envie de continuer, mais aussi cette retenue qui l'a toujours caractérisé. "Merci pour cette soirée," dit-il finalement, sa voix douce et sincère. "Merci à toi," je réponds, mes doigts frôlant une dernière fois sa main. "On se voit demain ?" Il hoche la tête, un léger sourire aux lèvres, puis sort de la voiture. Je le regarde entrer dans son immeuble, et pendant un instant, je reste là, perdu dans mes pensées. Ce b****r, ce moment partagé… c’était bien plus que ce que j’aurais pu espérer. Je démarre la voiture, le cœur léger, certain d'une chose : nous avançons. Ensemble.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER