Chapitre vingt-huit : Gabriel

929 Mots
Je n’arrête pas de repenser à cette soirée. À ce moment où, assis entre les jambes de Vincent, tout a semblé si simple, si naturel. Nos corps se sont trouvés sans effort, comme s’ils avaient toujours été faits pour se rejoindre. Mais c’est ce b****r, doux et tendre, qui reste gravé dans mon esprit. La sensation de ses lèvres contre les miennes, la manière dont nos langues se sont doucement enroulées l’une autour de l’autre, comme une danse sensuelle, a réveillé quelque chose en moi que j’avais essayé d’ignorer. Et pourtant, même dans cette intimité, même dans cette chaleur réconfortante, je sens encore cette pointe de doute. Un doute qui refuse de disparaître, malgré tout. Parce que, malgré la douceur de Vincent, malgré la façon dont il me regarde comme si j’étais la seule personne qui compte, je ne peux pas m’empêcher de me demander… **Et si tout s’effondrait à nouveau ? ** Alors que je suis de retour dans mon appartement, partagé avec mon colocataire, les lumières basses et l’atmosphère calme, je me laisse tomber sur mon lit, épuisé par le tourbillon d’émotions que je ressens. Le silence de la pièce est apaisant, mais mon esprit est trop agité pour me laisser sombrer dans la tranquillité. Vincent… Je n’arrive pas à le sortir de ma tête. Ce n’est pas seulement à cause du b****r ou de la manière dont il m’a tenu, avec tant de délicatesse, comme s’il craignait que je me brise. Non, c’est bien plus que ça. C’est cette alchimie entre nous, cette connexion inexplicable qui ne cesse de grandir chaque fois que nous sommes ensemble. Même quand nous essayons de l’ignorer, elle est là, persistante, presque tangible. Je ferme les yeux, essayant de calmer mon esprit. Mais aussitôt que mes paupières se ferment, les souvenirs reviennent en force. Le cinéma, ses doigts caressant les miens avec une telle tendresse que cela en était déconcertant. Puis, plus tard, chez lui… ce moment où nos corps étaient si proches que je pouvais sentir la chaleur de son souffle contre ma nuque. La manière dont mon cœur a battu si fort que j’avais l’impression qu’il allait éclater. **Et ce b****r. ** Je revois son visage, ses yeux fixés sur moi, remplis de cette même incertitude que je ressens. Mais il n’y avait pas que de l’incertitude dans ses yeux. Il y avait aussi quelque chose de plus profond, quelque chose que je n’ose même pas nommer encore. Et malgré la peur, malgré les doutes, je me suis laissé aller. Nos lèvres se sont rencontrées, et dans ce b****r, j’ai senti tout ce que nous avons gardé enfoui pendant si longtemps. Je me retourne dans mon lit, incapable de trouver une position confortable. Mon corps est encore tendu, comme s’il était toujours en alerte, incapable de se détendre après ce moment. Je peux encore sentir ses lèvres sur ma nuque, ce frisson qui m’a traversé à ce simple contact. Et pourtant, malgré tout cela, une partie de moi se retient toujours. Pourquoi est-ce que je ne peux pas simplement me laisser aller ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à oublier cette crainte qu’il me repousse à nouveau, qu’il décide soudainement que tout cela est une erreur ? Je me redresse dans mon lit, passant une main sur mon visage. J’ai besoin de comprendre ce que je ressens vraiment. Une partie de moi est encore en train de se protéger, comme si je devais absolument garder mes distances pour ne pas être blessé une fois de plus. Mais une autre partie, celle qui bat plus fort à chaque regard de Vincent, à chaque contact, est en train de lâcher prise. Cette partie-là veut se laisser aller, veut croire en lui, croire qu’il est sérieux cette fois, qu’il est prêt à affronter tout ça avec moi. Je me lève finalement, incapable de rester immobile plus longtemps. Je fais les cent pas dans mon appartement, essayant de démêler mes pensées. Mon colocataire dort déjà, le silence dans l’appartement est presque étouffant. Mais mes pensées sont trop bruyantes. Je repense à tout ce qu’il m’a dit. À sa promesse de se battre pour moi, de ne plus fuir. Je l’ai entendu dire cela, et je veux y croire. Mais ce n’est pas aussi simple. L’avoir entendu et le voir agir, c’est différent. Pourtant, chaque jour, chaque geste de Vincent me montre qu’il est sérieux, qu’il ne veut pas me laisser tomber cette fois. Et c’est ce qui me fait le plus peur. **Et si je me trompais à nouveau ? ** Je m’arrête devant la fenêtre, regardant les lumières de la ville briller dans la nuit. Cette incertitude est insupportable. Mais au fond de moi, je sais que je dois lui faire confiance. Je dois lui donner une chance, parce que, malgré ma peur, je veux essayer. Je veux savoir où cela peut nous mener. Je me laisse finalement tomber sur le canapé, épuisé par mes propres pensées. Je ferme les yeux, espérant que le sommeil finira par m’emporter. Mais même dans la noirceur, même dans le silence, je sens encore la chaleur de Vincent autour de moi, comme s’il était toujours là. Demain, je le reverrai. Et je devrai faire face à tout cela. À nous. À cette tension qui ne cesse de grandir. Mais pour l’instant, je laisse mon esprit vagabonder, perdu dans ces souvenirs, dans cette tendresse que j’ai ressentie plus tôt dans la soirée. Et, pour la première fois depuis longtemps, je sens un léger sourire naître sur mes lèvres avant de sombrer enfin dans le sommeil.
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