1. La remise des diplômes
« Petite amoureuse… connais-tu ton homme ? »
Très tôt ce matin-là…
Alors que je dormais encore profondément, ma mère entra dans ma chambre. Elle s’assit sur mon lit et me caressa les cheveux.
— Bonjour maman, lui dis-je en souriant, à moitié réveillée.
— Bonjour chérie. Il est temps de te lever. Aujourd’hui est le plus grand jour de ta vie. Tu vas recevoir le diplôme le plus important qui soit. Beaucoup de femmes n’ont pas cette chance. Tu es vraiment chanceuse.
— Maman, je ne l’ai pas encore reçu, alors arrête d’être si émotive. Je ne sais même pas si mon nom figurera sur la liste de ceux qui ont réussi. Je te rappelle que j’ai dû repasser deux matières, lui répondis-je en m’asseyant sur le lit.
— Si ton nom n’est pas sur cette liste, où veux-tu qu’il soit, chérie ?
— Maman, il y a deux listes, d’accord ! Une pour ceux qui ont réussi, l’autre pour ceux qui ont échoué. Si je ne suis pas sur celle des réussites, alors je serai…
— Attention ! m’interrompit-elle. Ne te sous-estime pas, chérie. Moi, j’ai confiance en toi. Tu auras ton diplôme, et aujourd’hui même. Pas l’année prochaine.
— Je suis du même avis que maman, déclara mon petit frère en s’asseyant près de moi. Il me fit un bisou sur la joue. Ma grande sœur est la meilleure.
— Et moi aussi, renchérit Arnaud, mon frère aîné. Ma petite sœur a toutes les qualités pour devenir l’une des plus grandes traductrices ou interprètes d’Afrique et du monde entier.
Arnaud déclara cela avec fierté.
— Ce talent se voit sur toi à des milliers de kilomètres, Cathy ! Et je te jure qu’après ton diplôme, tu auras du mal à choisir parmi les offres d’emploi, parce qu’il y en aura vraiment beaucoup sur le marché pour toi.
— Tu vois, tout le monde ici te fait confiance, sauf toi. Apprends à croire en toi.
Je gloussai avant de sourire devant leur soutien. Après cela, ma mère me demanda de me préparer pour l’occasion. J’entrai dans la salle de bain et pris un bain chaud.
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— Salut papa, dis-je en m’asseyant à table.
— Catherine !
— Papa ! Je souris.
— Viens faire un câlin à ton vieux père. Tu me rends fier, ma fille. Je suis très heureux aujourd’hui.
Je lui fis un câlin et allai m’asseoir.
— Aujourd’hui, nous irons avec toi au campus. Je veux vivre ce moment avec toi. Je veux te voir prendre le micro et t’écouter prononcer ton plus beau discours devant un vaste public.
— Je sais, ce sera stressant, mais j’ai confiance en ma petite fille. Je sais qu’elle nous comblera par son plus beau discours. N’est-ce pas ?
— Écoute, papa…
— Non, vas-y, lis le premier paragraphe de ton discours, pour voir. Je meurs d’envie d’entendre ta belle voix dans le micro.
— Papa !
— Quoi ?
— Hmmm…
— Non ! Ne me dis pas que tu ne l’as pas préparé ! Pitié !
— Je suis désolée.
— Pourquoi ? Pourquoi n’as-tu pas préparé un discours, chérie ?
— Je n’ai pas confiance. J’ai dû repasser deux épreuves, alors…
— Chérie, tu as repris ces deux matières, non pas parce que tu le voulais, et ce n’est pas non plus par manque de connaissances. Tu étais malade.
— Ça ne change rien, papa. Je les ai reprises, c’est tout. Et quand on reprend une matière, cela fait baisser tes pourcentages et tes chances de réussite diminuent aussi.
— Alors tu penses vraiment que tu n’auras pas ce diplôme ?
— Je n’en sais rien. Je n’ai juste pas une confiance totale.
— Prépare rapidement un discours, chérie, et nous parlerons de la suite après, m’ordonna-t-il.
— Pas maintenant, déclara Arnaud en nous rejoignant. Nous devons partir. La cérémonie commence dans quinze minutes.
— Arnaud, s’il te plaît, juste cinq minutes, d’accord. Laisse-lui le temps de mettre quelque chose sur le papier.
— Papa… n’insiste pas, d’accord. J’ai dit que je n’avais pas confiance.
— Et moi, je dis que j’ai confiance.
— Si tu as confiance, papa… tu devrais aussi avoir confiance qu’il arrive qu’elle soit diplômée et qu’elle dise quelque chose, même si c’est oralement.
— Catherine peut le faire, déclara joyeusement mon petit frère.
— Oui, vous avez certainement raison, admit mon père. De plus, cinq minutes pour préparer un discours, c’est très peu, ajouta-t-il.
— Alors, en route pour la remise des diplômes, déclara Arnaud.
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Sur le campus, une multitude d’étudiants défilaient. J’avais le cœur serré. J’étais stressée. Allais-je obtenir ce diplôme qui avait conduit ma famille dans ce vaste campus ?
Je marchais lentement, mais ma mère me prit par le bras.
— Catherine, n’aie pas peur. Tu vas l’avoir.
— Et si je ne l’ai pas, maman ? Est-ce que papa va me jeter hors de la maison ? Il a dit qu’à l’âge de 25 ans, je ne vivrais plus sous son toit.
— Ma chérie, ton père t’aime trop pour te jeter dehors parce que tu as échoué. Il a simplement dit cela pour t’amener à travailler dur, d’accord ! N’aie pas peur, me rassura-t-elle.
Je poussai un petit sourire aux coins des lèvres et m’assis à ses côtés. Nous étions dans un amphithéâtre, et l’adrénaline montait en moi.
Quelques heures plus tard, les responsables de la faculté arrivèrent. Nous nous levâmes pour les accueillir. Nous exécutâmes l’hymne national avant de nous asseoir.
Le recteur prit la parole pour souhaiter la bienvenue aux parents et aux étudiants, puis il aborda le sujet qui nous réunissait. Mon adrénaline grimpa encore.
Ma mère posa sa main sur les miennes, crispées sur mes cuisses.
— Ça va aller.
Je lui souris.
Le doyen de la faculté prit la parole pour lire les noms des gagnants. Je commençai à transpirer abondamment. Il annonça à tous que seulement cinq personnes avaient été retenues pour cette partie et qu’ils étaient déjà prêts à travailler sur le terrain. Je transpirais encore plus. Les années précédentes, ils étaient souvent une vingtaine. Pourquoi seulement cinq cette année ?
— Respire, Catherine ! me dit ma mère. Tout ira bien. Ton nom est sur cette liste. J’ai confiance.
Je lui souris.
Le doyen commença la lecture par la cinquième personne. C’était un garçon. Les parents applaudirent et poussèrent des cris de joie. Il se tint debout, le sourire aux lèvres.
— Tu seras la deuxième personne, me chuchota mon grand frère après qu’on eut appelé le nom de la troisième. C’était une fille.
Je souris nerveusement…
On appela le deuxième nom : c’était un garçon. Mon dos devint glacial. Alors, je n’y suis vraiment pas ? me demandai-je intérieurement.
— Enfin, le top des cinq, dit monsieur le doyen. Il marqua une petite pause pour faire durer le suspense.
Au nom du Seigneur, je fis un signe de croix.
— Il s’agit de Mlle Bintcha Catherine. Elle est la meilleure, elle le mérite, elle est excellente.
— Waouh ! crièrent joyeusement mes parents.
— Oh mon Dieu ! m’exclamai-je, incrédule, en me levant lentement de mon siège.
Je fermai la bouche avec mes deux mains. Mon corps entier tremblait.
— Vas-y, chérie… cria joyeusement mon père.
Je me décidai à monter sur scène. Je marchai, le corps tremblant. Je me tins près de mes camarades.
Nos parents n’arrêtaient pas d’applaudir, et je souriais de bon cœur.
Nos diplômes nous furent remis par d’importantes personnalités de notre société. Comme j’étais la meilleure, on me demanda de faire un discours.
Je pris le micro et je ris. Je vis la peur dans le regard de ma mère. Elle savait que je ne m’étais pas préparée. Mais lorsqu’on est heureuse, le discours se forme généralement dans notre esprit. Il suffit simplement de savoir comment le faire sortir.
Je ris dans le micro :
— Bonjour à tous ! commençai-je. Vous savez quoi… je ne me suis pas préparée pour cette épreuve. Non pas parce que je ne me croyais pas à la hauteur, mais parce que j’ai traversé des moments difficiles qui m’ont amenée à douter.
— Heureusement, j’avais ma famille et mes amis à mes côtés, qui croyaient en moi. Je tiens à leur dire merci. Et merci à l’établissement pour cette merveilleuse opportunité qu’il nous offre.
— Cela prouve le mérite, et je vous promets que l’éducation que nous avons reçue de vous ne s’éteindra jamais. Nous en ferons un exemple qui portera le flambeau de cet établissement partout dans le monde, et un exemple pour nos cadets, qui y arriveront à leur tour dans cette école. Je vous remercie.
Ils applaudirent, et je sentis plusieurs frissons parcourir ma peau.
— Mlle Catherine, me salua mon professeur de traduction. Voici une liste d’entreprises qui recherchent un talent comme le vôtre. Jetez-y un coup d’œil et, dès que possible, déposez votre candidature.
— D’accord, dis-je, le sourire aux lèvres, en récupérant le dossier.
— Vous serez embauchée.
— Je n’en doute pas une seconde, répondit mon père. Il prit la main du professeur et dit : Merci encore, monsieur !
— Elle le mérite. Elle est brillante.
À la maison, c’était la fête. Mon père avait invité le voisinage à célébrer avec nous. Ce fut une magnifique fête.
Après la fête, je me mis à fouiller dans le document : les noms des entreprises susceptibles d’avoir besoin de mes services. Bien qu’il y en eût une cinquantaine, mon attention s’attarda uniquement sur « White Angel Entreprise ». Je décidai de travailler avec eux, s’ils m’embauchaient.