Pas de chance...

2601 Mots
Dans la peau de Sadiya Par la suite, Wahab et moi nous nous sommes beaucoup rapprochés. Pour le mariage on s'est mis d'accord attendre encore un peu. J'aime bien le picotement de cette électricité qui passe entre nous en ce moment. Abdou Wahab est trop aimable. Je ne peux même pas vous décrire à quel point. Il est tout le temps à mes petits soins. Il est le genre d'homme dont rêve chaque femme. Beau, sexy, gentil, adorable mais aussi très naturel et simple. On revient comme ça de l'hôpital. Aujourd'hui, Mr Gondard nous a donné de très bonne nouvelle. Toutes mes brûlures ayant provoquer mes lésions oculaires durant ses quelques années et aboutissant à une très grave perforation du globe sont sur le point d'être guerries. Je peux revoir du jour au lendemain. Et cela m'a encore donné de l'espoir. Comme vous le savez l'espoir fait vivre. -Ce soir nous irons prendre un pot juste à côté il y a un resto pas loin d'ici, me dit Wahab qui me prend la taille. J'ai déjà fait une réservation pour ce soir. -D'accord , dis-je avec un sourire . Il met ses mains autour de ma taille me serre contre lui et je sens la chaleur de son corps. Ça fait du bien de se sentir aimé. Ses mots de la dernière fois m'ont beaucoup touchés. Dans un couple certains ont besoin d'être aimés. Avec Mèdoune c'était le contraire c'est moi qui l'aimais et lui jamais je ne saurais ce qu'il ressentait pour moi. Mieux vaut ne pas le savoir d'ailleurs. Il était 18 heures et Abdou Wahab m'avait sorti mes habits. C'est lui qui gère mes fringues, qui me dit ce que je dois porter et toutes mes lunettes c'est lui qui les a achetées. -C'est une robe moulante trois quarts et une veste que je t'ai préparé mon amour, me dit-il -Robe moulante waouh ? Dis-je -Oui avec un blazer tissé droit modèle avec col, revers et boutonnage devant avec des poches passepoilées à rabat devant et des boutons décoratifs en bas de manche, dis-moi est-ce-que que tu aimes ? me dècrit-il ce que je dois mettre pour notre sortie. -J'adore même, dis-je en me blotissant dans ses bras, je fais entièrement confiance à mon styliste. Il en profite pour me voler un b****r. Ce qui me plaît bien. Arrivé le soir, on prit sa voiture et c'était trop cool. Il a mis une musique de Youssou N'dour douce dont j'écoute attentivement les paroles. La chanson disait qu'il ne faut pas croire à tout ce que l'on nous dit. De prendre toujours le temps de vérifier si l'information est réelle ou non car si Dieu nous a donné un esprit sain et une intelligence voilà ce à quoi ils servent. Malheureusement ce qui n'est plus le cas. On se permet de dire du n'importe quoi sur l'autre sans en être sûre. Et voilà seulement en 10mn de route on était arrivé déjà dans ce resto dont je ne peux pas vous décrire. Mais je sens que c'est un très bel endroit. Il me parlait de sa vie, de ses projets jusqu'à ce que je sens la présence de l'autre homme. Parmi mille personnes, j'arriverai toujours à le distinguer. Sans le voir je sais qu'il est ici présent. -Il est là je le sais, dis-je en panique -Il est là ? De qui parles-tu ? Me questionna Abdou Wahab -Mèdoune je sais qu'il est ici ? Je sens sa présence depuis ici, lui repondis-je Dans la peau de Abdou Wahab Ndiaye -Sadiya moi je ne sais pas de quoi tu parles vraiment ? Je sais que Mèdoune est là!!! tu veux dire quoi par là ?, lui demandais-je avec une mine désolée. Elle se tait un moment avant de me dire : -Je te dis qu'il est ici dans ce restaurant, marmona t-elle -Je ne le vois pas moi. Et comment sais-tu qu'il est là ? Demandais-Je offusqué. Je suis sous le choc. Elle ne voit pas et pourtant elle a raison Mèdoune est bel et bien ici présent avec nous. -Son parfum est unique, me dit-elle, je le sens depuis ici. Ce qui me rend jaloux d'ailleurs. Son flair est-il si développé que ça ? Ce qui me fait plus de mal dans toute cette histoire c'est qu'elle a raison. Mèdoune était là dans ce resto. Et il nous a suivi. -Je ne sais pas de quoi tu parles Sadiya et vraiment cette situation me met vraiment mal à l'aise, lui dis-je tout en essayant de rester calme. Ce qui est mission impossible. -Mais dis-moi est-ce qu'il est là oui ou non ? Persiste t-elle - Et toi qu'est-ce-que tu préfères qu'il soit la ou non ? Demandais-Je - Non c'est juste une question tu sais qu'il ne m'intéresse plus ? Me dit-elle. Je sais qu'elle ment et qu'elle préférait que son Mèdoune soit là. Je ne sais pas quoi lui répondre. Ma conscience me souffle dis-lui la vérité. - Tu vas où Wahab ? Me demande t-elle quand je me levais. -Je vais voir si ton Mèdoune est ici où pas , dis-je d'un ton un peu dur. - Non n'y vas s'il te plait et oublie ce que je viens de dire je crois suis entrain de devenir folle, me dit-elle. Je ne l'écoute pas et file tout droit vers Mèdoune qui était assis au fond. -Qu'est-ce que tu fais là Mèdoune ? Quand t-est-ce-que tu vas nous foutre la paix ?, lui demandais-je -Ah regardais-moi ça, dit-il en monosyllabes , d'abord tu t'accapares de ma femme. Tu ne prends plus mes appels pour me donner de ses nouvelles et maintenant que j'ai utilisé mes propres moyens et que je vous ai retrouvé tu oses me demander ce que je fais ici mec ? - Tu ne vois pas que tu te diabolises toi-même ? Reprennais-je. Tu n'as pas honte de dire que tu es venu voir ta femme ? Tout le mal que tu lui as fait ne t'a pas suffit. À cause de toi elle est là aujourd'hui pour se soigner. Elle veut refaire sa vie et pourquoi tu ne lui lâche pas les baskettes ? -Pour qui est-ce que tu te prends pour me demander de lui lâcher les baskettes ? Crie t-il. Wahab moi j'avais confiance en toi et tu m'as roulé dans la farine. Tu penses que je ne sais ce à quoi tu es entrain de jouer ? Même si je lui ai fait du mal je suis prêt à tout pour me racheter. -Mèdoune n'oublie pas qu'un bout de bois peut rester longtemps dans un fleuve, ce n'est pas pour ça qu'il va se transformer en crocodile, lui dis-je. Tout ce que tu dis, ce que tu ressens n'est pas là vérité. Tu as fautè sur toute la ligne. Sadiya t'avais donné une chance et tu ne l'as pas saisi. Et maintenant qu'elle a tourné ta page, tu refuses de l'admettre ? -C'est elle qui te l'a dit , me demande t-il, Wahab tu penses que j'ai des leçons à recevoir de toi. Non mais je rêve. Tu es un imbécile de la pire espèce ? Moi j'ai fait du mal à Sadiya dis-tu ? Et toi tu penses que tu vaux mieux que moi ? L'histoire avec ton Mia je suis au courant. Vous devez vous marier d'ailleurs ? - Et toi tu viens lui dire que tu as fait libéré ta soeur de prison ? Dans mon fort intérieur je sais que je n'ai pas à rougir, dis-je dans un ton sec, avec Mia c'est un sujet que tu ne maîtrises pas alors si tu veux savoir ce qu'il en est demande-moi. Heureusement que tu n'es pas juge sinon tu serais un juge très très incompétent. S'il te reste encore qu'une once d'honnêteté éloigne-toi de Sadiya et arrête de jouer les caïd. Tout ce que tu sais faire c'est briser le coeur des femmes. Ta première victime est en morte et la deuxième en a perdu la vue. Il est grand temps que tu te comportes toi comme un gentleman. Tu as joué et tu as perdu. Dernière chose, arrête de nous suivre. Là je sentais que la tension était dans son comble. Je montais en créneau. -Abruti tu m'écoutes maintenant toi tu ne m'intéresse pas, Reprend-il. Moi si je suis là c'est pour ma femme et non pas toi. Je décide de ne plus l'écouter parce que je vois qu'il ne mérite pas que je lui accorde plus d'importance. Je pense que j'ai été suffisamment clair avec lui. Je rejoins Sadiya de nouveau . Heureusement qu'elle n'a rien attendu de ce qu'on se disait. J'espère qu'elle ne me dira pas cette fois-ci aussi qu'elle à tout entendu parce que là je risquerais vraiment de m'énerver. -Je suis désolée Wahab, me dit-elle avec une mine triste et très honnête. -On rentre, repondis-je en durcissant le ton, parce qu'il se fait tard et en plus j'ai des choses à faire demain. Je l'aide à se relever et je vois Mèdoune toujours nous fixait. On avance et Sadiya s'arrête juste dans le rangé où est assis Mèdoune. C'est en ce moment que j'ai compris qu'elle avait Mèdoune dans la peau. Ceci ne pouvait pas s'expliquer par le simple hasard. Moi-même je compris en ce moment que ce serait inutile d'essayer avec elle quoi que ce soit. Malgré mon amour pour elle, j'ai décidé de tourner sa page. Il faut savoir lâcher prise pendant qu'il est temps. Une fois rentrée, je file tout dans ma chambre après lui avoir demandé si elle voulait quelque chose. Je n'avais pas envie de parler. Je vous dis je ne suis pas un adepte des faire semblants. Quand quelque chose me fait mal, j'en parle et je passe à autre chose. J'entend des tocs à la porte alors que j'etais déjà couché. C'est sûrement Sadiya. Nos chambres ne sont trop pas éloignées , son mémoire s'est habitué à la distance. Elle peut venir facilement. J'ouvre et je la vois avec sa canne. - Tu as besoin de quelque chose Sadiya , lui demandais-je -Est-ce-que tu es fâché contre moi ? Me demande t-elle en se penchant sur le côté de la porte. -Devrais-je ? lui balance-je -J'ai besoin que tu me comprennes un peu, dit-elle, tu as en face de toi une fille qui a été manipulée, trahie et traumatisée .Grâce à toi j'ai pu digéré toute cette douleur et puis... Je la coupe. -Sadiya tu sais moi je n'ai rien contre toi et avant tout je te considère comme ma petite soeur. Si je te dis que je ne suis pas fâché contre toi je mens. Je pensais que tu voulais recommencer à zéro mais je me suis rendu compte moi-même que tu ne voulais pas avancer. Je vois que tu aimes Mèdoune toujours et ça je n'y peux rien. Je ne voudrais pas être un barrage pour vous deux. Je ne te force à rien. S'il y a bien une chose dont je suis parfaitement d'accord c'est que l'amour ne se commande pas. Alors tu n'as pas à te justifier avec moi. Elle ne dit rien et se penche toujours devant la porte. -Il se fait tard vas te coucher. Moi je ne t'en voudrais jamais, continuais-je. Quoi qu'il en soit je serais toujours là pour toi. -En tout cas sache que je suis t'apprécie bien, et jamais je ne te ferais de mal finit-elle. J'aurais bien aimé qu'elle remplace le mot apprécie par un "Je t'aime". J'avoue que ça m'aurait beaucoup plus. Mais ça se voit qu'elle n'est pas encore prête pour ouvrir son coeur à un autre. Peut-être aussi que je vais trop vite en besogne. Je suis couché mais je peine à trouver le sommeil. Rien est pire que d'être animé par un sentiment d'humiliation. Ce que m'a fait Sadiya n'est pas anodin. Je me rappelle quand j'étais à la fac médecine alors qu'on était en plein cours, Tanor un promotionnaire a l'époque, attire l'attention des étudiants. Il se lève de sa place et rejoint le prof. Après avoir chanté les louanges du professeur, il lui fait un cadeau d'une patte dentifrice avec une brosse à dent. Il fallait voir la tête du professeur en ce moment là. Il s'était fait humilié de la pire espèce. Hey ce jour là le prof a vu rouge. Tanor qui se faisait humilié tout le temps par le prof a pris sa revanche. Et le prof a par la suite refusait de continuer les cours pour cette-année et à écrit une lettre à l'administration pour que toute la classe soit sanctionnée par le conseil de discipline. Aujourd'hui je me vois à la place du professeur. Je suis à mon tour humilié. On dirait que c'est la malédiction du prof qui s'abat sur moi parce que j'avais tellement rigolé ce jour-là que j'en avais même le ventre qui faisait mal. C'est pourquoi il nous ne faut jamais rire du malheur d'autrui. Le lendemain je me suis réveillé tôt comme d'habitude et j'ai pris un bain chaud. Je trouve Sadiya assisse. Dis- donc elle s'est levée tôt ce matin aujourd'hui. -Bonjour, dis-je en lui faisant la bise , tu es matinale aujourd'hui. J'essaie d'être aimable le maximum possible avec elle. Et je ne voudrais surtout pas qu'elle se gêne par rapport à l'incident d'hier si je peux l'appeller ainsi. -Bonjour comme tu m'as dis hier que tu devais sortir tôt le matin, j'en profite pour te tenir compagnie avant que tu ne partes. -Ah comme si je m'en allais pour toute la vie, dis-je en taquinant, je n'en ai pas pour longtemps. - Depuis quand tu es méchant, dit-elle - Je te taquine seulement je suis heureux de cette importance que m'accorde la grande princesse. -Heureusement que la grande princesse a le sens de l'humour sinon j'allais te faire les gros yeux, dit-elle - Et montre-moi comment tu fais les gros yeux ? Dis-je Elle me fixe d'une manière qui me fait marrer, elle a les yeux à moitié fermés et à moitié ouverts et son geste met en exergue sa beauté et sa douceur. Je l'aime vraiment. -Waouh j'ai peur quand la grande princesse me fait les gros yeux. Ok j'y vais je n'en aurais pas pour le longtemps, lui dis-je après avoir débarrassé la table. Je reviens dans une trentaine de minute et on ira chez tata Awa ok. -D'accord ça marche , répond t-elle Elle m'accompagne jusqu'à la porte et je lui dépose un bisou léger sur le front. Dans la peau de Sadiya -Allez à tout l'heure je t'aime aussi bye bye, dis-je à Abdou Wahab. A partir de cet instant je réalise que j'ai des sentiments pour lui. Il est à peine sorti et je met de nouveau à rêvasser. Je me vois déjà marié avec lui. Si ce n'est pas déjà fait d'ailleurs. Déjà on partage tout depuis longtemps, on habite sous le même toit. Alors qu'est-ce-qui nous reste à faire ? f***********r. Et pour cela on doit légaliser la relation c'est-a dire sceller l'union. Aller à la mosquée et à la mairie. La sonnerie de l'appartement me fait sortir de mes pensées. Waouh, c'est sûrement Wahab qui a oublié quelque chose. Il a l'habitude d'ailleurs. Je me sers de ma canne et j'ouvre la porte de l'appartement. -Qu'est-ce-que tu as encore oublié, lui dis-je tout juste après avoir ouvert la porte. Il ne dit rien et je compris que ce n'est pas Wahab mais encore lui. -Qui est là ? Dis-je en paniquant -Sadiya c'est Mèdoune. Décidemment.
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