Dans la peau de Sadiya Guiro
Je chante une berceuse à bébé Awa. Ma fille est très belle comme son homonyme. Je ne sais pas mais à chaque fois que la regarde, j'ai l'impression de voir Mèdoune. Ils se ressemblent bizarrement. Il m'arrive de penser à lui par moment. Ce qu'il est devenu maintenant. Mais en fin de compte je m'en fous royalement.
-Vous êtes là mes amours, nous dit Wahab qui me fait sortir de mes pensées
- Oui on est là amorè mio, repondis-je
Il se rapproche et je me rends compte de nouveau à quel point il est si beau dans son blazer noir. Parfois, je me rends compte que le bonheur est si prêt de nous que nous ne le voyons pas.
Il se rapproche pour me faire la bise et fait un grincement de dent avant de tomber à terre.
-Wahab mon coeur dis-moi qu'est-ce-que tu as ? Wahab répond moi. J'etais affolée. Et j'ai crié.
Bébé Awa aussi sûrement apeurée par mes cris a commencé à pleurer comme c'est pas possible.
La première chose à quoi j'ai pensé c'est d'appeler les secours. J'ai pris le téléphone et j'ai composé en flippant.
-J'ai besoin d'aide mon mari s'est évanoui il ne réagit plus, c'était tout ce que j'ai trouvé à dire.
Après 10mn d'attente les secours étaient déjà là et Wahab était toujours inerte. Bon sang, que se passe t-il.
J'ai appelé tata Awa pour qu'elle me rejoigne à l'hôpital. Je n'ai jamais eu cette peur bleue de ma vie. J'ai récité toutes les sourates que je connaissais par coeur pour que ce ne soit rien de grave. Sinon je promet que j'en mourrais.
-Wahab est têtu depuis des mois je ne cessais de lui dire d'aller à l'hôpital pour diagnostiquer son mal de dos, s'indigna tata Awa qui détenait entre ses mains son homonyme. Mais prions pour que ce ne soit rien de grave.
Je ne sais pas ce qui m'arrive depuis tout à l'heure mais j'ai mal au coeur. J'ai le pressentiment que mon monde va s'effondrer. Non Wahab ne peut pas mourir. Non mon Dieu ne fait pas ça.
-Calme toi ma fille il va s'en sortir, me rassura tata Awa qui a ressenti sûrement mon angoisse.
Dans la peau de Abdou Wahab
J'ouvre difficilement mes yeux et je vois un blanc avec une blouse blanche me diagnostiquer l'oeil droit avec sa petite torche.
Je ne me rappelle plus de rien. Et j'essaie de me souvenir quand je vois deux autres médecins s'approchés. Je compris que je suis à l'hôpital.
- Cava monsieur est-ce que vous m'entendez ? Me demande un des deux médecins.
-Oui oui , dis-je en me redressant
-Bon il se trouve que vous êtes tombé en syncope, continue t-il, nous vous avons examiné et nous avons aussi relever du sang ce que nous sommes entrain d'examiner. On a les premiers résultats mais d'ici l'après midi on aura les résultats définitifs.
-C'est grave, demandais-je
- Tu termines d'abord cette perfusion en attendant que nous obtenons les résultats définitifs, me dit-il
Il sort renfermant la porte derrière lui. Je ne sais pas ce qui m'arrive mais je sens que ce n'est pas anodin.
Et ma femme je lui ai sûrement fait peur car je me rappelle que je lui parlais avant de tomber. J'ai besoin de la voir et de lui parler.
4 heures plutard
-Bon Mr N'diaye nous avons reçu vos résultats. Il se trouve que vous souffrez d'une scoliose.
- Quoi scoliose vous dîtes, lui demandais-je
- oui oui c'est le cas, me confirme t-il
Je suis médecin et je sais ce qu'est une scoliose. En effet, c'est est une déformation de la colonne vertébrale qui survient pendant la croissance. Cette déviation de la colonne correspond à une déformation des vertèbres les unes par rapport aux autres selon un axe vertical. C'est elle qui entraîne la gibbosité (bosse du thorax).
-Mais ce n'est pas tout Mr N'diaye, continue t-il
J'ai commencé à avoir peur. Mais fort heureusement que je suis pas novice dans ce domaine. J'ai essayé d'être fort comme la plupart des patients qui sont prêts à tout pour connaître ce qui les tracasse.
-Nous avons aussi trouver la présence de quelques molécules dans votre organisme que nous avons pris le temps de diagnostiquer. Et il se trouve que vous êtes stérile, termina t-il ?
Il a dû confondre sûrement. Moi stérile.
-Stérile vous dîtes moi, demandais-je
- Oui c'est le cas Mr Ndiaye
J'ai éclaté de rire car ça faisait quand même rire. Moi stérile alors que je suis papa.
-Mais moi je suis papa docteur, reprennais-je avec un sourire sarcastique, alors comment cela peut-être possible ?
-Mr Ndiaye nous avons bien examiné les choses mais vous ne pouvez pas faire d'enfant. Alors vous pouvez aller dans un autre hôpital dans n'importe quel laboratoire mais cela ne changera pas les choses. Nous sommes désolés mais vous ne pouvez pas faire d'enfant.
- Sûrement que je suis devenu stérile alors après la naissance de ma fille Awa alors , continuais-je, je vous dis que je suis papa.
- Je suis désolé Mr Ndiaye mais ce n'est pas le cas, finit-il
Oh mon Dieu. C'est quoi ce bordel encore. Comment je peux être stérile et être papa en même temps. Non, il y a sûrement une erreur.
J'essaie de rester calme mais c'est mission impossible. Si je ne suis pas le père de Awa alors cela veut-il dire que ma femme m'a trompé alors ? Non je sais que ce n'est pas possible car ma femme est quelqu'un de bien et elle n'oserait jamais me faire cela.
Ce sont ses résultats de m***e qui veulent semer la zizanie dans ma vie.
Et si c'est moi qui ne voulais pas faire face à la réalité ? Sadiya Guiro a t-elle osé me tromper ?
Ma femme, la femme pour qui j'ai tout sacrifié comment à t-elle pu me faire une chose pareille.
Je ne peux pas m'empêcher de pleurer. Tout ce que je veux c'est disparaître. Cette douleur virulente je ne peux la supporter. Pourquoi ceci m'arrive t-il ?
Je devais rentrer et ma femme et ma tante m'attendaient ? Sadiya Guiro, avec qui m'a t-elle trompé bon sang ?
Dans la peau de Sadiya Guiro
Quand j'ai vu Wahab s'approcher j'étais tellement contente. Je n'avais qu'un seul souhait me blottir dans ses bras. J'ai compris à quel point cet homme est essentiel dans ma vie. Avec le temps, il est devenu non seulement un amour mais il est ma moitié.
Je cours vers lui mais à ma grande surprise, il m'a esquivé. Il est allé parler à sa tante et a déposé un bisou léger sur le front de sa fille.
Si la honte pouvait tuer. Il ne m'a même pas regarder. My god what's happened ?
- Tu nous as fait peur Wahab, dit tata Awa qui heureusement n'a rien remarqué, il faut que tu te reposes. Que t-ont dit les médecins ?
Wahab n'a pas répondu et a fait tout droit prenant la sortie. Qu'est-ce-qu'il a ?
- Mon amour tu es sûr que tout va bien, lui demandais-je.
Silence total de sa part. Et si on lui avait diagnostiqué une maladie très grave. Que Dieu nous en garde. Et ce n'est sûrement ça. Il est bien portant.
Mais alors pourquoi il est devenu désagréable d'un seul coup alors ?
-Essaie de le comprendre peut-être qu'il va très mal, dit tata Awa alors qu'on sortait de l'hôpital. Je te dis quand il était petit, quand tu le vois faire le mou cela veut dire qu'il etait fatigué. Venez je vous dépose et une fois à la maison vous allez parler calmement.
Dans la voiture, Wahab répondait par monosyllabe aux questions de sa tante. Il lui a juste dit que c'était encore son mal de dos. Mais il y a eu plus de peur que de mal. Il commencera sa thérapie la semaine prochaine.
Mais ce qui me tracasse surtout c'est la manière dont il me scrutait. C'est comme si j'étais une inconnue à ses yeux. En tout cas, son geste ne m'a plu.
- Tu comptais me le dire quand est-ce ? Me dit Wahab alors qu'il venait tout juste de s'asseoir sur le canapé de notre appartement.
Il n'est vraiment pas dans son assiette. Je fais tout droit dans la chambre de bébé Awa pour la coucher. Et je suis sortie très rapidement alors qu'elle dormait déjà.
-De quoi tu parles Wahab ? Dis-je en me tenant debout devant lui après avoir couché la petite.
Il émet un faux sourire en froncant les sourcils.
- Alors tu ne sais pas toujours de quoi je parle, fit-il
-Mais dis-moi quelle mouche t-a piqué et balance bon sang ce que les médecins t'ont dit pour que tu sois dans cet état, criais-je hors de moi.
-Il se trouve que je ne suis pas le père de ta fille Sadiya, balance t-il.
Coup de théâtre. Mais qui il joue wala ? C'est une blague de très mauvais goût si c'est le cas.
-C'est quoi encore cette sottise Abdou Wahab Ndiaye Comment ose-tu me dire une chose pareille, criais-je de nouveau
- Arrête ton cinéma please Sadiya Guiro et dis-moi à quel bâtard tu as ouvert tes cuisses ? Me dit-il tout en me fixant.
Je pense qu'il commence à dépasser les bornes.
- Je ne te permet pas de me manquer de respect Abdou Wahab Ndiaye, reprennais-je
J'étais hors de moi. Mais ses yeux cessant de briller entourés de rage n'arrangeaient pas non plus les choses.
- Je suis stérile Sadiya Guiro , dit-il d'un ton sérieux, je ne peux pas faire d'enfant. Je suis S-tè-ri-le tu comprends au moins ça ?
Silence. Silence.
Nom de Dieu. Cela ne peut pas être possible. Non.
-Alors je t'écoute c'est qui le père de Awa, dit-il en quittant son siège.
Je ne pouvais plus me tenir debout. C'est comme si j'étais paralysée. Si ce n'est pas lui le père de mon enfant, alors c'est qui.
-Wahab arrête ce que tu me fais si c'est une blague je te rappelle que jamais je ne te le pardonnerais.
-Est-ce que j'ai l'air de quelqu'un qui blague Sadiya Guiro, crie t-il. Comment tu as pu te jouer de moi de cette manière si répugnante ? Qu'est-ce-que je t'ai fait bon sang pour que tu me poignarde un couteau direct dans mon coeur. Peux-tu imaginer la douleur qui me ronge le coeur. Est-ce-que je t'ai forcé à m'épouser enh arrête-moi si c'est le cas. Qu'est-ce-que je n'ai pas fait pour toi ? Alors arrêtons le cinéma et dis-moi avec qui tu m'as trompé. Et de grâce ne me dis pas que c'est avec Mèdoune.
Voilà ce que j'appelle un vrai coup de théâtre. Les battements de mon coeur me bourdonnaient l'oreille. Il ne joue pas. Mèdoune encore et toujours lui le principal acteur de mes malheurs.
Une semaine avant notre mariage, j'ai couché avec Mèdoune. Et je n'ai jamais pensé que la conséquence serait si lourde. Je jure devant Dieu que je ne savais même pas que j'étais enceinte de lui.
Wahab me fixe toujours attendant une réponse.
-Oui c'est de lui, sortis-je enfin de ma bouche après un long moment d'hésitation.
Tel un crocodile ne sachant pas
mastiquer Wahab tout rouge, était là bouche bée. La colère dans ses yeux.
-Ça se voit que la proie est tellement grosse que des requins s'invitent aux festins, balance t-il en s'asseyant à nouveau.
-Wahab !! je te jure que ...
- Ne jure rien parce que je ne te croirais pas, dixit-il. Tu m'as toujours pris pour un imbécile. Je suis le remplaçant sur le bord de la touche. Tu voulais juste le punir et tu m'as épousé. Tu voulais le faire mal
- Non là je t'arrête, dis-je. Je t'ai aimé pour de vrai. Je ne suis pas avec toi ni pour me venger ni pour punir quiconque. Toi Abdou Wahab je t'ai aimé de toute mon âme. Et tu le sais.
Il lance de nouveau un faux sourire avant de me balancer à la figure
-Ah tu m'aimes de toute ton âme et tu as osé ouvert tes cuisses à Mèdoune alors que tu étais mariée
- Non je ne t'ai jamais trompé durant notre mariage, criais-je à mon tour et la rage commençait à m'envahir. Arrête de m'insulter. C'était avant notre mariage. Tu étais sorti ce jour-là et il était monté quelques minutes après pour m'annoncer son retour sur Dakar.
Je me tais. Et le silence régnait dans l'appartement.
-Je me suis sentie faible à ce moment là et oui j'ai succombé sans le vouloir à...
Il me coupe.
- Tu as succombé a son charme et tu n'avais pas pu te retenir, finit-il
J'ai pas pu m'empêcher de pleurer.
- Alors j'imagine que tu pleures de joie maintenant que tu as son enfant, reprend Wahab
-Non Bébé Awa n'est pas sa fille. Même si Mèdoune est son père biologique toi tu resteras son unique père, c'est toi qui l'a élevé , toi qu'elle a eu voir le premier dans ce monde, tu l'as accueilli et je t'aime Wahab je te jure. L'autre n'a aucun droit sur lui.
- Non arrête moi ça Sadiya. Je ne te crois plus. J'avais confiance en toi. Tu m'avais promis le paradice et j'avoue que j'étais prête à faire l'impossible pour te rendre heureuse. J'ai été naïf. Depuis ce jour au resto où ton flair t'avait indiqué sa présence c'est là où j'aurais dû m'en douter qu'entre nous rien ne sera possible. Mais j'avais refusé de me faire face à cette réalité.
Il s'assoit de nouveau.
-Mais plus jamais tu ne me berneras, continue t-il, nous allons divorcer et la procédure sera entamée dès demain.
Il se lève et sort de l'appart en laissant derrière lui le claquement de la porte qui a fait me rendre folle.
Mon Dieu qu'est-ce-qui est entrain de m'arriver ? J'en ai marre de toutes ses épreuves. Qu'est-ce-que je vais faire maintenant de ma vie.