Se donner chance

2934 Mots
Dans la peau de Khadija Tout est bien qui finit bien. J'ai enfin rejoint mon domicile conjugal. Mon mariage s'est fait dans la plus grande simplicité. Mes amis, mes parents et tous mes proches étaient au rendez-vous. Je suis officiellement Madame Ndao. J'avoue que ça fait flipper. Mon papa a donné ma main à la mosquée. Même si nous n'habitons plus la même maison, cela n'empêche pas de se voir. Et même si je sais que Bakar n'est pas mon vrai père aussi cela ne m'empêche pas de le considèrer comme tel. Je vous raconte. Quand j'étais sur le point de faire les tests ADN avec Papa ma mère nous a convoqué tous les deux. C'est là qu'elle nous a raconté toute la vérité. Qu'effectivement, je ne suis pas la fille biologique de Bakar. Avant qu'ils ne se marient, elle était déjà tombée enceinte de moi d'un autre homme dont elle n'a pas révéler l'identité . Et elle ne pouvait rien dire à mon père parce que je ne sais quoi. Vous comprenez pourquoi je ne veux plus vivre sous le même toit avec cette femme qui prétend être ma mère. J'ai anticipé mon départ parce que je n'arrive plus à la regarder comme une mère. Son égoïsme a encore refait surface. Si elle a osé faire cela, alors je la crois capable de faire pire que ça. Un homme si doux si intentionné si gentil que mon père Bakar comment peut-on oser lui faire tout ce mal ? J'en ai même le coeur meurtri. J'ai un autre soucis qui me taraude l'esprit par contre. Oui j'ai un gros soucis. Comment avouer à mon mari ce que je n'ai jamais osé raconté à ma mère. Ni même à mes amies. Je ne suis pas vierge. Et j'ai fait l'erreur monumentale de ne rien dire à Papis. Je ne savais pas comment le lui dire en fait. Il ne m'a jamais demandé en fait si j'étais vierge ou pas. Et à chaque que Je voulais aborder le sujet avec lui, il me parlait d'autre chose. J'ai été dèviergèe à mes 17 ans. Dans le passé, j'étais tombée amoureuse d'un copain de classe. Elhadji Diallo. On ne sortait pas mais il y avait un picotement d'électricité qui passait entre nous. On passait beaucoup de temps ensemble. On était en classe de première. Et souvent, il venait chez moi pour traiter ensemble des exos. Tout se passait bien jusqu'au jour il m'a demandé de venir chez lui. A mon arrivée, il a fallu qu'il m'embrasse. J'ai répondu à son b****r parce que j'en mourrais d'envie. Et c'est comme ça comme nous l'avons fait. Sans se préoccuper du reste. Nous l'avons fait chez lui a l'absence de ses parents. Et j'avais tellement mal. J'ai vu du sang sur le drap. Tout comme moi, il ne savait pas quoi faire. Nous avons compris que nous venons de franchir un grand pas qui risquerait d'avoir certes de lourdes conséquences mais qui pourrait être fatal pour moi. Et je n'étais pas bête non plus. Je savais que je venais d'être deviergèe. Elhadji m'a raccompagné chez moi. Il m'a dit qu'il me promet de ne pas en parler à personne. Après cela, j'en voulais à tout le monde. Surtout à maman. Comment une mère digne de ce nom pourrait ne pas remarquer quand sa fille, sa chaire, va mal. Je sais que vous vous direz Khadija ne rejette pas la faute sur ta mère. Mais j'aurais bien aimé qu'elle me prête un peu d'attention. Je ne sais pas pourquoi ma mère était si dure avec moi. C'est comme si elle me détestait. Et quand elle m'a dit que je n'étais pas sa fille de Bakar alors là j'ai compris que peut-être je lui rappelais mon père biologique ? Il l'a peut-être abandonné quand il a su qu'elle était enceinte ? Même si tel est le cas, cela ne doit pas être une raison de de détester sa propre fille. Personne n'a le droit de détester sa mère Je le sais. Mais aussi on a le droit de ne pas l'apprécier. Et c'est mon cas. Heureusement, que je ne suis pas tombée enceinte. Par la suite, j'ai pris mes distances avec Elhadji. Il voulait se rapprocher mais je ne lui ai pas permis car j'avais honte. Ils ont déménagé l'année suivante et ça a coïncidé avec l'année d'obtention de notre bac. J'ai rejoint l'université de Dakar et lui il est allé poursuivre ses études en France. Et nous avons perdu tout contact. Jusqu'à l'heure où je parle, je n'ai jamais eu de ses nouvelles. Comment raconter à Papis tout cela. Et j'ai peur de sa réaction. Je sais que c'est quelqu'un qui est libre d'esprit mais acceptera t-il que sa femme ne soit pas vierge. Quand Papis m'a rejoint il était presque 01 heures du matin. Il m'a retrouvé assise dans le sofa du salon. - Tu n'es pas encore couché ? Me demande t-il en se rapprochant me faisant une bise sur mon front. - Non je t'attendais et toi tu étais où ? Dis-je à mon tour - Je deposais quelques amis chez eux comme il faisait tard. - Ah d'accord, finis-je - Et toi qu'est-ce- qui se passe tu n'as pas l'air d'aller bien on dirait ?, Dit-il en s'asseyant devant moi. -Il faut que je te parle d'une chose, dis-je en prenant mon courage à deux mains. Tu sais Papis, je voulais t'en parler depuis longtemps mais je ne savais pas par où je devais commencer. Et je ne sais comment tu vas le prendre. Je me tais ne sachant pas si je suis entrain de commettre une bourde ou non. -Mais qui y a t-il ma chérie tu me fais peur là , dit-il en me fixant -Je suis pas vierge Papis. Et silence. Silence. Silence. Il se lève et je pris peur. -C'est pourquoi tu t'angoisses Khadija, dit-il. Je ne dis rien. -Vas-y répond moi. C'est pour ça tu n'arrêtes pas de froncer tes sourcils. Tu vas finir par avoir un mal de tête mon amour. Moi je ne t'ai pas épousé pour ta virginité, continue t-il. Je m'en fous de cela. Je t'ai épousé parce que je t'aime. Chacun a un passé. Alors ne t'en fait pas pour ça. Et je te promet que jamais cela ne sera un obstacle face à notre amour. C'est ça la honte. En fait, je ne suis pas surprise de sa réaction mais j'en ai vraiment honte. Si je savais, jamais je ne me donnerais avant le mariage. Cet homme magnifique devant moi mérite ce cadeau. Alors un conseil je sais que chacun est libre de faire ce qu'il veut de sa vie, mais avant d'agir réfléchissons-y à un million de fois s'il le faut car nos erreurs peuvent nous rattraper à n'importe quel moment. J'ai regretté de l'avoir fait avant le mariage. Et si c'était à refaire je vous le jure que jamais je ne le ferais pas. C'est le lendemain après notre petit dej que nous l'avons fait. Et c'est encore douloureux comme la première fois. Je dirais plus même. Le surlendemain, mon mari a appelé ma mère et sa soeur pour leur dire qu'il était content de sa femme comme le veut la tradition. Et j'ai encore eu honte. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour cet homme qui ne cessera jamais de me surprendre. Je promet devant Dieu que je lui serais reconnaissante jusqu'à mon dernier souffle. Les jours passent et je ne me pleins pas à côté de mon mari. Il me satisfait sur tous les plans. Il est tout juste merveilleux. Parfois, les week-end même en cuisinant, il m'aide. Il est présent. Notre vie sexuelle aussi est très pimentée. Notre couple est très organisé. Chaque fin de semaine, nous partons au resto pour changer d'air un peu. Il nous arrive parfois, d'aller rendre visite à ma mère mais je ne préfère pas trop. Sala ma soeur passe me voir de temps en temps et mon papa Bakar il vient aussi me voir chaque fois qu'il le peut. Sadiya ne m'a pas appelé ni pour me souhaiter un heureux ménage ni pour me féliciter. Et c'est tant pis. Je ne lui en veut pas du tout. Mais je trouve vraiment dommage la fin de notre amitié. Elle m'en veut parce que j'ai épousé le meilleur ami de son ex mari. C'est ce qu'elle a dit à Mame Anta. Mais j'aurais préféré qu'elle m'en parle directement. Je regrette vraiment son comportement et son état d'esprit si bas. Bamba, l'ami journaliste de mon mari vient souvent à la maison. Mèdoune n'est jamais venu lui. Il a par contre appelé Papis. Déjà que nos relations n'était pas très bonnes je ne veux même pas qu'il vienne. Mais je préfère que tout soit ainsi jusqu'à la fin. J'aime bien la tournure que ma vie a pris du jour au lendemain. Que demander de plus alors. Dans la peau de Sadiya Guiro Instantanément, je me sens aussi douce, soyeuse et lisse que le satin dont est faite ma fabuleuse robe blanche. Je suis sur le point d'aller à la mairie avec Wahab pour notre mariage. Avec sa tante, et nos deux témoins qui sont de sa famille. Sa petite soeur vivant aux pays de l'oncle Sam Marema Ndiaye est venue en France il y a de cela une semaine pour assister au mariage. Elle est vraiment adorable. Wahab ne cesse jamais de me rappeler à quel point il m'aime. Et oui moi aussi je l'aime. Vous allez trouver certainement bizarre ce que je vous dis. Mais tel est le cas. J'aime Abdou Wahab Ndiaye. Je ne l'aime pas comme j'aime mon premier mari dont je ne voudrais même plus citer le nom. Mais je l'aime à ma manière. J'ai compris que la vie est un choix. Soit rester comme on est, soit être du côté du changement. Et j'ai choisi le changement. J'ai lu quelque part que le progrès est impossible sans changement. Et ceux qui ne peuvent jamais ni changer d'avis ne peuvent ni changer le monde ni même se changer eux-mêmes. J'ai compris aussi que la vie est une lutte de chaque instant. Et que désormais la moindre erreur est fatale. J'ai décidé de me marier avec le docteur non pas par reconnaissance certes, mais je me marie avec lui par amour. Oui, la volonté d'essayer avec lui est là et tout ce qui me reste à faire c'est de concrétiser ses voeux. J'ai commis d'énorme erreur jusque là. A cause de mon égoïsme, je suis déjà tombée dans le piège à un de ses tests stupides que vous connaissez déjà. Alors à partir de cet instant j'ai décidé d'ouvrir un nouveau chapitre de ma vie. Je laisse derrière moi, les rancunes, la méchanceté et toutes les choses négatives qui peuvent m'empêcher d'avoir une vie épanouie. Je trouve craquante cette façon qu'ont les chaussures de mon futur mari de couiner quand il marche. Je suis toujours aveugle mais j'arrive à reconnaître son pas depuis un kilomètre à la ronde. Et quand ses pas venait à ma direction, mon coeur bondissait. Alors vous pigez ou pas que je fais plus que des efforts. Tout s'est bien passé. Je suis devenue officiellement Madame N'diaye. Nous sommes tous retournés à notre appart. Nous avons fait la fête et la journée a été belle. - Je suis dingue de ta peau c'est pourquoi je n'arrête pas de te toucher, me dit Wahab alors qu'on était assis sur le canapé. Tout le monde était parti. - Et tu n'arrêtes pas non plus de me pincer... continuais-je en souriant. Il me caresse le bras. Et se rapproche. - Je t'aime tellement, me dit-il -Moi aussi je t'aime tellement, fis-je Il m'embrasse. Et quand je pense que j'ai été à deux doigts de perdre cet homme si magnifique. Oh que suis bête. Il me soulève du canapé et je sais qu'il prenait la direction de sa chambre. De notre chambre désormais où il me dépose et m'enlève ma robe. Il m'embrassa longuement. Et il me chuchote à l'oreille : -Détend toi amorè mio parce que la nuit sera longue. Ce qui me fit rire d'ailleurs. Et comme promis, la nuit a été très longue, entre promesse, passion, mais surtout amour. Il m'a fait l'amour comme un Dieu. Et c'était agréable. Les jours passaient et rien à signaler. J'aimais Wahab. Et avec lui, j'ai compris que le mariage n'était pas seulement du s**e, mais c'était plus que ça. Le mariage c'est de la patience. C'est aussi aider son conjoint, être présent dans sa vie, mais aussi et surtout de la reconnaissance. Wahab doit retourner au Sénégal pour reprendre son boulot. Et moi aussi je voudrais retourner chez moi. Wahab n'aime pas que je retourne au pays mais il le faut. Il ne cesse de me répéter que je dois attendre que je retrouve la vue d'abord. Ce matin, en me réveillant je ne me sentais pas bien. Et Wahab a insisté de m'amener à l'hôpital. Il aime trop diagnostiquer, ses histoires de on y va à l'hôpital et oh et j'avoue que ça m'énerve. On est là à attendre le médecin pour les résultats. Et Wahab ne cessait de me caresser le bras. On parlait jusqu'à ce que le médecin entre. -J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer, nous dit-il. Madame vous êtes enceinte. Toutes mes félicitations. Moi enceinte. J'ai failli m'evanouir. Et comment aurais-je pu ne pas m'en douter. Avec ses nausées à n'en plus finir et l'estomac qui me faisait si mal. -Enceinte, répèta Wahab, vous dîtes ? - Oui oui elle est enceinte de 6 à 7 semaines. Félicitations vous allez être bientôt des parents. Wahab était tellement content. Je suis contente aussi mais j'avais peur. Comme la vie peut nous réserver des surprises. - Tu t'imagines amorè mio, reprend Wahab, je vais être papa. Je ne l'ai jamais senti aussi heureux qu'aujourd'hui. Comme toujours, il m'a encore fait un tas de cadeau. Avec lui, c'était cadeau sur cadeau. De jour en jour, il était plus présent dans ma vie. Et oui je suis heureuse de porter son enfant. Notre enfant. Cet être qui nous liera à jamais. Bientôt je vais accoucher. Et oui je connais déjà le s**e de notre bébé. C'est une fille. Seulement, ce qui me pince le coeur c'est de savoir que je ne verrais pas ma fille quand elle naîtra. Je suis contente de ma vie. Et je remercie le bon Dieu qui a facilité le changement. Merci à toi mon Dieu un milliard de fois. -Poussez Madame, encore on voit le bébé il arrive. J'étais à bout de force. Je n'en pouvais plus des efforts que je forcais. Je suis fatiguée. Même la présence de mon mari ne m'a aidé à me sentir bien. Trou noir. Dans la peau de Abdou Wahab Sadiya à accouché d'une magnifique petite fille. Mais elle est inconsciente en ce moment. Et oui j'ai peur. C'est vrai qu'elle a assez soufert avec la grosesse et l'accouchement à été long. Je panique car elle ne se réveille toujours pas. Je prie Dieu de tout mon coeur. Que ma femme se réveille. Je panique et je ne peux pas m'en empêcher. -Monsieur vous pouvez entrer votre femme vient de se réveiller, me dit une dame qui venait de sortir. Oh je n'en croyais pas. J'ai couru tout ce que j'ai pu. Et quand je suis entré dans la salle d'accouchement à nouveau j'ai vu Sadiya poser un bisou léger sur le front de notre fille. Et elle m'a ensuite fixé comme si elle me voyait pour de vrai. -Approche mon amour, dit-elle. Je pensais que c'était encore son flair. - Je vois maintenant, continue t-elle, mon amour j'ai retrouvé ma vue. Je te vois Wahab. J'étais bouche bée. Les mots ne sortaient pas. Mes larmes coulaient à flot. Je n'y croyais pas. C'était magique. -Sadiya je savais que tu allais t'en sortir, dis-je en la prenant dans mes bras. Tu vois tout est fini maintenant. -Merci Wahab merci pour tout, dit-elle en pleurant. C'est grâce à toi si tout ceci s'est réalisé. Notre fille m'a redonné la vue. Tu t'imagines. J'ai vécu des émotions fortes avec la naissance de ma fille. J'ai décidé de lui donner le nom de Awa N'diaye, ma fille sera l'homonyme de ma tata Awa. Je voudrais aussi rendre un vibrant hommage à ma tante si exceptionnelle pour sa gentillesse, sa présence et pour tout. Et je voudrais que ma fille lui ressemble tellement elle est formidable. Sadiya quant à elle, elle est tout simplement heureuse. Elle est au petit soin de son enfant et je ne suis pas laissé en rade. Et je l'aime tout simplement. Notre fille va voir bientôt un an. Et nous avons décidé de fêter son anniversaire au Sénégal. Il est temps que nous retournons tous comme le souhaite ma femme. Elle a envie de revoir sa famille, ses amis. J'ai déjà acheté une maison surprise à Nord-foire pour nous trois. Sadiya m'a un jour dit qu'elle aimerait bien habité ses beaux quartiers. J'ai trouvé Sadiya dans le salon pour lui annoncer que nous rentrons la semaine prochaine. -Vous êtes là mes amours, dis-je en me rapprochant - Oui amorè mio on est là, repond t-elle avec un sourire qui met en exergue son visage rayonnant. Quand je m'appretais à lui faire la bise mon mal de dos recommence. Et il devient cette fois-ci pire que d'habitude. Je m'ecroule sur le sol et c'est là que j'ai commencé à voir du noir. Trou noir.
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