Tout reprendre

2379 Mots
Quelques jours plutard Dans la peau de Mèdoune Ma situation avec Sadiya ne s'améliore toujours pas. D'ailleurs je ne m'attendais pas du contraire. Et sur ce j'ai pris une décision fondamentale. Je retourne au Sénégal pour toujours. Je suis fatigué de cette tristesse qui est sur le point de ruiner ma vie. Je suis là à attendre et elle ne m'entends pas. Pourquoi devrais-je m'enfermer dans ce spirale infernale ? Non je dois me ressaisir. Je retourne au Sénégal. Je ne peux pas tout abandonner. Je sais que si je continue la vie que je mène ici, cet amour pour Sadiya me ruinera. Alors mieux vaut m'en aller loin d'elle pour toujours. Mais avant de m'en aller, j'irais la voir pour une dernière fois. Je dois être prudent. Il ne faut pas que je tombe sur ce docteur de m***e. Quand je pense qu'ils ont peut-être déjà couché ensemble. J'ai le coeur brisé. Deux ans ensemble à vivre dans le même toit. Est-il possible que rien ne se soit passé entre eux. Je suis jaloux, oui jaloux de cet imbécile. Je suis en bas de leur immeuble attendant que ce docteur sorte seul pour que je puisse aller lui parler seul. Deux heures à attendre dans ce froid glacial, p****n qu'il sorte. Je pense que suis venu au mauvais moment. J'ai failli remettre la visite un autre jour. Quand je m'apprêtais à retourner chez moi, j'ai vu le docteur sortir seul et s'approcher d'une voiture garée à quelques mètres de l'immeuble. J'en ai profité pour monter. J'ai sonné et je sens mon coeur battre plus fort. -Mon amour c'est toi.... tu as encore oublié quelque chose.......c'est ça ? , dit Sadiya toujours aussi rayonnante avec un air joyeux. Elle l'a appelé "Mon amour ". J'ai failli en tomber des nues. -Donc vous êtes ensemble ? lui demandais-je. Ça se voit que j'ai perdu sur toute la ligne. -Toi encore ? dit-elle avec un air désolé Comme toujours elle m'a encore reconnu facilement. -Oui et je veux que tu m'écoutes pour une dernière fois, lui suppliais-je, Je suis là pour te dire que je retourne au Sénégal. Mais cela ne veut pas dire que je t'abandonne. Je me haïrais si je t'abandonne à la première difficulté. - Je n'ai rien à foutre de ton départ ou non, crie t-elle, je n'ai rien à foutre de toi. Tout ce que je veux c'est que tu sors de ma vie. Ce n'est pas trop demandé non ? Elle commençait à devenir hystérique. Par contre son ton me montre qu'elle m'aime encore. Elle est trahie par son amour à mon égard. Je ne suis pas bête. Quand une meuf est red dingue de toi, on pas besoin d'être un pro ou un expert en la matière pour le savoir. - Je sais que tu m'aimes encore, dis-je en me rapprochant d'elle. Je le sens. Alors je m'en vais pour te laisser du temps. Mais sache que mon coeur fait noir. Et comme on le dit le temps est l'aiguille qui siture les plaies du coeur. Je vais te laisser plus de temps pour t'en remettre définitivement. Par contre, sache qu'en ce moment, même les soleils couchants me paraissent ternes, si tu n'es pas là pour m'éclairer la lanterne et ranimer en moi cette flamme éteinte qui s'est noyée alors je n'ai plus une raison de vivre. Je m'en vais te laisser refaire ta vie. Mais n'oublie jamais que je t'aime et c'est pour de vrai. Elle était là et ne disait rien. Je me rapproche encore d'elle et dépose un b****r léger sur son front. Je vois que ses cheveux ont poussé. Elle était encore plus belle malgré tout. Comment ai-je sous-estimer cette beauté dans le passé ? Elle m'attrape par le bras et nos mains entrent en contact. Trêve de parole. Je l'embrasse et je fus surpris quand elle a répondu à mon b****r. Je l'entendis pleurer. Et j'avoue que cela m'a encore brisé le coeur. - C'est trop tard Mèdoune, dit-elle en éclatant en sanglot -Non rien est encore tard, lui dis-je, tout est encore possible. Repartons dans de nouvelle base. Je sais que je n'ai pas été trop catholique avec toi mais l'erreur est humaine. Je me suis excusé et je continuerais à le faire jusqu'à ce que tu me pardonnes. Je l'embrasse à nouveau. Et cette fois-ci le b****r devient plus long. Elle en avait envie tout comme moi. Et c'est nos sentiments qui nous guidaient. Nous sommes passés à l'acte sans hésiter. Ce désir ardent de l'un pour l'autre me donne envie de mourir dans ses bras. On a encore fait l'amour. Oui on l'a fait sur le canapè. C'etait pas prévu je le sais, mais quand les sentiments commandent, on y peut rien. - Je vais me marier avec le docteur, me dit-elle. C'est comme ci je venais de recevoir un coup de fouet en pleine gueule. - Non ne le fait pas mon amour, arrivais-je à sortir de ma bouche. Tu vois pas que nous nous aimons toujours. - Ce sera la dernière fois que nous le ferons, dit-elle. Il s'est passé beaucoup de chose et entre toi et moi plus rien n'est possible. C'est de l'histoire ancienne. À Abdou Wahab je ne peux pas lui faire cela. On n'est pas fait pour être ensemble toi et moi. - Non faut pas dire cela, dis-je, c'est dans ton imagination. Mais il suffit que tu le veuilles pour que ... Elle me coupa. - Non j'avais déjà pris une décision dans le passé et me voilà entrain de subir les conséquences. Je ne peux pas refaire la même erreur, assène t-elle. - Tu n'es pas obligé de t'affliger cette douleur, essayais-je de la raisonner. Tu te maries avec lui alors que tu ne l'aimes pas pourquo - Quand tu m'as épousé tu ne m'aimais pas et pourtant les choses ont changé, crache t-elle. - Ne dit pas ça, dis-je Elle se lève et cherche ses habits avec sa main. -Il faut que tu partes avant que Wahab ne revienne, dit-elle, nous deux ce n'est plus possible. Va t-en je ne veux plus que tu revienne. Au moins, je sais que nous avons franchi un grand pas. Donc tout est encore possible. - Ne te marie pas, lui dis-je pour la unième fois. Tiens voici mon numéro tu peux le cacher quelques part. Contacte-moi quand tu voudras. Je lui met la carte dans sa poche. Je sors tout en sachant que mes efforts ont payé. Je m'en vais lui laisser un peu de temps. Dans la peau de Abdou Wahab Quand Sadiya m'a dit qu'elle voulait se marier avec moi, je ne la croyais pas. Mon rêve le plus cher a toujours été de me marier avec la femme que j'aime. Quand j'ai vu Sadiya pour la première fois, il y avait une force vive qui jaillissait en moi. Sadiya, une femme douce, posée, belle avec son teint tellement naturel. Elle a toutes les caractéristiques d'une belle femme africaine. Je l'adore. Je suis chez ma tante Awa pour lui parler des préparatifs de mon mariage. -Wahab es-tu sûr que te marier avec cette fille est une bonne idée, me dit-elle en se repositionnant sur le canapé. - Pourquoi cette question tata mais nous nous aimons et c'est l'essentiel, repondis-je -J'ai vu Mia et elle m'a expliqué beaucoup de chose concernant Sadiya et sur son ex mari, continue t-elle. -Oui et ?, demandais-je -Il paraît que la fille est toujours amoureuse de son ex mari, renchérit-elle. Et puis tu es encore jeune et tu peux te trouver une épouse digne de ce nom. -Donc tu veux dire que Sadiya n'est pas digne de ce nom ? Tata olof Ndiaye nèna Kousa woudji di sangue do sète, reprennais-je, Mia ne sera pas un barrage entre Sadiya et moi. Qu'est-ce-que tu appelles une femme digne de ce nom ? Dis-moi ? Parce qu'elle ne voit pas si c'est ce à quoi tu fais référence alors tata là tu me déçois. Je veux épouser Sadiya parce que j'aime sa simplicité, sa sincérité et sa bonne attitude. Toi mieux que quiconque sait les raisons pour lesquelles je ne peux faire d'elle ma femme. Quand je voulais faire d'elle ma femme, ne m'a t-elle pas laissé ici pour aller se marier avec un autre. Parce que je n'avais rien à l'époque. Non je ne peux pas me remettre avec elle comme si de rien n'était. Fattè khadioufi nak. Je vous explique quand ma mère est décédée, il y a de cela deux ans de cela et ça à coïncidé avec le divorce de Mia. Elle était venue me présenter ses condoléances avec sa famille. Par la suite, elle a essayé de nouer des liens avec les membres de ma famille. Et tante Awa, petite soeur de ma mère était à l'époque à Dakar. Elles se sont connues et quand Mia venait parfois en France elle lui rendait visite. Elle a voulu acheter je dirais certains membres de ma famille pour m'avoir. Mais je lui en veux de m'avoir abandonné pour un autre. Je ne peux pas pardonner cette trahison. -Alors pour votre mariage vous avez retenu quelle date ? demande t-elle ? -Pour la semaine prochaine inchallah, dis-je. J'ai déjà parlé avec sa mère et je suis venu pour te donner son numéro pour que tu l'appelles, dis-je - Ok je vais appeler sa mère pour lui parler inchallah. Et je demande d'aller voir Mia comme elle est ici en ce moment pour lui parler sérieusement, me dit-elle. C'est ce que je comptais faire d'ailleurs. - Ne t'inquiète pas pour ça Tata je vais aller lui parler inchallah, finis-je. Je me lève et mon mal dos recommence. Je grince de douleur ce qui fait flipper tata Awa. Elle vient à mon secours et je la rassure. - Oui oui tata cava c'est juste temporaire, lui rassurais-je. Je pense que j'irais voir la semaine prochaine le médecin parce que ça commence à être sérieux là. En 30 mn de route seulement, j'ai rejoint Mia au Cafè de Paris près de chez elle. Je sais que ce ne sera pas facile avec elle mais je lui dois quand même la vérité. -Dis-moi pourquoi tu mas fait rêvé Abdou Wahab? dixit Mia avec un ton élevé. Pourquoi tu me fais ça à moi ? Je t'ai aimé de toute mon âme et voilà comment tu te remercies aujourd'hui. -Mia essaie de me comprendre, dis-je tout en essayant de ne pas la blesser. Moi je t'aimais pour de vrai. Et tu as été la première à me briser le coeur. Essaie de comprendre.... - Je ne peux pas comprendre. Je t'ai aimé de toute mon âme. J'ai tout fait pour te plaire. Et voilà comment tu me remercies aujourd'hui. Tu es là quoi, tu m'annonces ton mariage sans aucune gêne, continue t-elle en sanglotant. -Mia je t'ai toujours dit qu'entre toi et moi il ne pouvait rien ni avoir, dis-je, ce n'est pas de ma faute si on en est arrivé là. Je te souhaite d'avoir quelqu'un qui saura t'aimer comme tu le mérites. Je suis désolé pour tout. Te faire du mal n'a jamais été mon intention. Même quand tu es divorcée je t'avais déjà prévenu. Tu as voulu rester avec moi et pas moi. Je n'avais plus rien à dire de plus. Je me sens coupable et trop même. Mais je suis désolé, il faut qu'elle sache la vérité. Elle est partie sans me dire un mot de plus. J'imagine qu'elle doit se sentir très mal. Dans la peau de Sadiya Guiro Je ne me suis jamais sentie aussi mal de ma vie. Comment j'ai pu faire ça à Abdou Wahab. A quelques jours de notre mariage, je l'ai trompé. Et aujourd'hui, il a manqué une scène qui risquerait de le détruire latéralement à vie. J'aime toujours Mèdoune, mais je ne pourrais jamais trahir Abdou Wahab. Le téléphone sonne et me fait sortir de mes pensées. -C'est Maman ma petite chérie, entendis-je depuis l'autre bout de fil -Ah maman c'est toi suis contente de t'entendre, lui dis-je On a parlé longuement au téléphone et elle m'a fait savoir que tata Awa l'a appelé pour parler de mon mariage avec Wahab. Elle est très contente d'ailleurs. Elle m'a dit que si tout se passe bien d'ici jeudi prochain je serais officiellement Madame Ndiaye inchallah. Ce qui me fait flippé d'ailleurs. Quand elle était sur le point de raccrocher, elle me fait savoir que -Mèdoune a fait sortir sa soeur de prison et que Seynabou est libre comme l'air - Non mais maman c'est pas possible, dis-je affolée en me levant du canapé. Comment est-ce possible ? -Son frère je veux dire ton ex mari a été son avocat et a présenté au tribunal des papiers soutenant que la femme est une folle allienè, dit-elle. Alors comme ça Wahab ne t'a rien dit il le sait pourtant. Comment Mèdoune a t-il pu me faire cela encore une fois. Moi qui le croyais si sincère. Je me suis écroulée sur le canapé. J'ai encore pleuré comme c'est pas possible. Comment j'ai pu le laisser me toucher encore une fois, me f***********r. Je suis maudite. Quand Wahab est rentré, j'essayais de faire bonne figure mais je vivais un drame intérieur. Il en a même fait la remarque. -Quoi tu as l'air bizarre depuis tout à l'heure, dit-il. Que se passe t-il ? - Pourquoi tu ne m'as-tu pas dit que Mèdoune avait fait libérer sa soeur, repondis-je -Qui te l'a dit ?, demande t-il -Encore Mèdoune, dit-il, que veux-tu que je dise. Je savais que tu allais réagir comme ça et j'ai préféré ne rien te dire. - Je mérite de savoir au moins, sortis-je - Tu sais quoi toute cette histoire commence à me souler, crie t-il, je ne sais pas pourquoi tu refuses de tourner la page des gens qui ont voulu te tuer. J'ai une dure journée aujourd'hui, je vais me reposer un peu dans ma chambre. Je ne peux lui dire que Mèdoune est passé sinon il en mourrait. Je le garderais pour moi-même. Je sors la carte qu'il m'avait laissé et je l'ai jeté car je sais que plus jamais je ne le rappellerai.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER