7. A la maison

2044 Mots
Pdv Jean-David    Le lendemain    L'avion se posa sur le tarmac et je lançai un sourire de satisfaction à Roxie. Elle avait quand-même pu me laisser dormir pendant des heures. Je pensais qu’elle resterait débordante d'énergie jusqu’à l’arrivée, mais elle s’était vite endormie juste après le dîner offert pendant le vol. Elle ne s’était réveillée qu’il y a une trentaine de minutes. Ça m'avait donné un long temps de répit.   Lorsque l’avion se stoppa, on prit nos affaires et quittèrent ce grand oiseau en métal. La température annoncée par le pilote nous obligea à mettre nos manteaux pour affronter le froid. On passa la douane, puis on alla chercher nos grandes valises. Je pris alors le temps d’appeler mes beaux-parents pour les situer.    Maryse, ma belle-mère : Allô, Jeannot.    Moi : Allô, Maryse ! Ça va ?    Maryse : Oui. Et toi ? Vous êtes arrivés ?    Moi : Oui. On vient de récupérer nos valises.    Maryse : On est à l’accueil. On vous attend.    Moi : Ok. On arrive.    Je raccrochai.    Moi, à Rosie : On y va, ma puce. Papy et Mamy sont là.    Rosie, excitée : Chouette !    On avança avec notre chariot vers la sortie.     Une voix féminine : Jeannot, Rosie.    Je vis celle qui nous appelait nous faire de grands signes de la main. Roxie, la reconnaissant courut vers elle. Elle ouvrit ses bras et la petite sauta joyeusement sur elle. La femme, de taille moyenne, habillée d'un manteau noir sous lequel on ne voyait que son pantalon était à côté d’un homme en manteau noir, un peu en embonpoint. Tous deux, étaient de type caucasien et d'un certain âge.    Roxie : Mamie.    Maryse : Ma puce ! Te voilà enfin !    Elle la souleva et l'embrassa avec beaucoup de joie.     Cyril, son grand-père : Ma Roxie !    Roxie : Papy !     Il l'embrassa, mais la laissa dans les bras de sa femme.    Maryse : As-tu fait un bon voyage ?   Roxie : Oui.    Maryse : Bonjour, Jeannot !    Moi : Bonjour, Maryse ! Bonjour, Cyril !    Cyril : Bonjour, Jeannot ! As-tu fait un bon voyage ?    Moi : Oui.     Maryse : Est-ce qu’elle a été sage ?    Moi : Très sage !    Cyril : Je pense qu’on peut partir.    Moi : Oui. Bien sûr !    Roxie descendit des bras qui l'avaient portée. Poussant toujours le chariot, je les suivis vers leur voiture installée dans le parking. On plaça les valises dans le coffre. Je m'installai à l’arrière avec ma fille et le couple âgé se plaça à l'avant.    Maryse, pendant le trajet : Ma puce, si tu vois la jolie chambre qu'on t’a faite chez nous et chez ton papa !    Roxie : Ah oui ? Je peux la voir.    Maryse me regarda pour voir qu’elle était mon avis.  Moi : Elle peut rester quelques jours avec vous. Ça ne me gêne pas.    Roxie, excitée : Merci, Papa !    Maryse : Tu es sûr que ça ne te dérange pas ?    Moi : Non. Ça ne me dérange vraiment pas. Je l'ai eu pendant toutes mes vacances au pays. Je peux vous laisser profiter un peu d’elle. Ça me donnera quelques jours de répit.    Maryse : Merci. On te dépose chez toi et après on l’amène avec nous.    Moi : Ça me va !    Je n’étais vraiment pas réticent à la leur laisser quelques jours. J’avais moi-même besoin de me poser et retrouver mes marques après presque un mois d’absence et c’était une bonne chose que la petite prenne d’abord ses marques chez ses grands-parents.  Elle les connaissait déjà, ils venaient presque tous les deux ans lui rendre visite à Dakar. Mais elle ne connaissait pas le reste de sa famille maternelle. Je savais déjà que ça allait être la fête pour elle, là-bas. Je voulais cela pour elle aussi. Il était temps qu’elle évolue parmi eux. C’était la seule enfant que leur fille Chloé leur avait laissée. Ils espéraient qu’un jour, je la ramènerai enfin vivre près d'eux. Pendant des années, ils ne m'avaient pas trop reproché ouvertement d’avoir laissé ma fille dans les bras de ma famille. Cependant, subtilement ils essayaient de me faire comprendre qu’ils seraient prêts à la prendre chez eux, s’il me semblait impossible de l’élever seul. Mais cette année, ils avaient eu le courage de me faire remarquer qu’il serait plus prudent de reprendre ma fille et de l'inscrire ici. J’avais accueilli de bonnes oreilles, ce conseil. J’avais moi-même l'envie de l’avoir à mes côtés. Je savais que je ne serai pas seul à prendre soin d'elle ici.    Je fus déposé à mon appartement avec mes valises et ils me quittèrent tous les trois. Seul dans mon appartement, je fus content de retrouver tout bien rangé et entretenu. Maryse avait veillé sur les lieux, ça se voyait. Elle m’avait trouvé une femme de ménage qui passait une fois par semaine pendant mon absence. C’était juste pour cette période. Je savais me débrouiller seul, d’habitude, quand je suis là. Je pris une bonne douche chaude avant de plonger dans mes draps. J'envoyai des SMS à ceux que j’avais laissés à Dakar pour les rassurer que j’étais arrivé à destination sans encombre, puis je me laissai tomber dans les bras de Morphée.  ***********  Pdv Florinda    L’après-midi, à Dakar    Je quittai le salon pour m’isoler dans ma chambre avant de l’appeler. Jeannot venait de m’envoyer un message pour me dire de l’appeler, quand je serai disponible. Je fus un appel vidéo directement.    Moi, lorsqu’il décrocha : Allô, Bae !    Jeannot : Allô, mon Cœur ! Ça va ?    Moi : Oui. Et toi ?    Jeannot : Ça va. Je suis en mode hibernation. J'ai dormi pendant des heures.    Moi : Et ta fille ? Elle s’adapte ?    Jeannot : Je pense. Oui. Elle est directement allée chez ses grands-parents, elle n'est pas avec moi.  Moi : Ah oui ?    Jeannot : Oui. Elle n’est même pas descendue de la voiture. Je les ai laissés l'amener. Elle va faire quelques jours là-bas.    Moi : Du coup, tu es tout seul chez toi.   Jeannot : Je suis habitué, moi. Je préfère d’ailleurs qu’elle puisse s’acclimater à ce nouveau pays là-bas. Ici, on serait que tous les deux. Chez eux, elle sera dans une ambiance familiale. C’est sûr que tous ses oncles et tantes, cousins et cousines vont passer la voir. Ça aurait été traumatisant qu’elle quitte l’ambiance familiale de Dakar pour directement se retrouver avec moi dans ma bulle solitaire comme ça.    Moi : Mais ça se passe bien chez eux ?    Jeannot : Je suppose. Mais je vais appeler après ton coup de fil pour voir si ça va. Mais tu sais elle connait déjà quelques-uns. Ses grands-parents ont l’habitude de venir la voir et ils l’appelaient tout le temps. Ses oncles et tantes aussi. Je sais que ça va bien se passer. Mais j’appellerai quand-même.    Moi : Ok. Et tu ne vas pas sortir de chez toi ce soir ?    Jeannot : Oh. Non. Je vais rester tranquillement dans mon appartement. Il faut que je profite de mes derniers jours solitaires avant que Roxie ne revienne. Et toi ? Tu as prévu quelque chose pour ce soir ?    Moi : Non. Moi non plus, je ne pense pas que je vais sortir.    Jeannot : C'est mieux, hein. Il faut que je sente que je te manque un peu.    Je ris, amusée.    Moi : Bossi tokolé rognone ma gueuneu contane (si tu verses des larmes, j'en serais encore plus soulagé).     Je ris de plus belle.  Moi : Dioy na sank. (J'ai déjà pleuré).  Jeannot : Lolou fékéwoumako. Dioyateul, ma guiss (je n'ai pas vu cela. Pleures encore.)    Moi : ????    Jeannot : Ya ngui ré au lieu nga dioy (tu ris au lieu de pleurer).    Moi : ????    Jeannot : Pff !    Moi : Même si tu ne me vois pas pleurer, saches que tu me manques vraiment.    Jeannot : C'est vrai, ça ?    Moi : Très vrai !    Jeannot : Je te crois sur parole.    On parla encore une dizaine de minutes avant qu’il annonce qu’il allait raccrocher pour aller faire quelques courses, son frigo était vide. On se promit de se rattraper plus tard. Je venais à peine de raccrocher que mon téléphone sonna de nouveau. C’était Serge. Je soufflai d’irritation, mais décrochai quand-même.     Moi : Allô !     Serge : Allô, Bae ! Ça va ?    Moi : Oui. Ça va ! Et toi ?   Serge : Ça va. Tu es chez toi ce soir ?  Moi : Oui.     Serge : Ok. Je vais passer un peu plus tard, alors.    Moi : Ok.    Ça tombait bien. Il fallait que je clarifie certaines choses avec lui. Il fallait que je mette de l’ordre maintenant.    **********    Quelques heures plus tard    Serge arriva juste avant l’heure du dîner avec les mains pleines. Du coup, on inséra ce qu’il avait apporté dans le menu.     Serge, après le dîner sortit quelques billets de sa poche et tendit le sachet qu’il avait depuis son arrivée.    Serge : Tata, ça c'est un petit cadeau que Maman m'a demandée de vous apporter. C’est un cadeau de son voyage au pays. Les billets, c'est pour que vous puissiez vous confectionner une belle tenue.    Mouni (qu’est-ce qu'il venait de dire) ? Je le regardai, surprise. Ma mère prit les présents en souriant à pleines dents.    Maman : Merci, mon fils. Tu remercieras ta mère de ma part. Mais il faudra aussi me donner son numéro, je la remercierai aussi moi-même.  Serge, sourire aux lèvres : Oui. Bien sûr ! Je vous passerai son numéro.    Il dit que quoi ? Il va passer le numéro de qui à ma mère ? Je me sentais vraiment mal à l'aise. J’étais censée couper la relation avec lui, aujourd’hui, pas resserrer un peu plus les liens entre nos deux familles. Sa famille me connaissait et la mienne le connaissait aussi. Sa sœur jumelle aussi n’était plus une inconnue pour ma maisonnée, mais je voyais un peu ce que sa mère voulait commencer à faire. Les teranga (présents) pour faire bonne impression à ma mère, je ne les avais pas vus venir. C’est vrai qu’il m’avait dit qu’elle était partie rendre visite à sa famille au pays pendant quelques semaines, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle offre spontanément un cadeau à Maman.    Serge, me tendant un autre sachet : Ça, c'est pour toi, Flo. Toujours de la part de Maman.    Je pris le sachet, gênée.    Moi : Merci.    Maman : Serge, c'est vraiment gentil. Je vais faire une très belle tenue et j’aurais grand plaisir à te la montrer.    Il sourit, fièrement.    Serge : J’appelle tout de suite, Maman. Vous pourrez la remercier tout de suite.      Il sortit son portable et composai.    Serge : Allô, Ma. C’est la mère de Flo qui veut te parler.    Il passa l'appareil à ma d’Argonne et elles partagèrent des mots de bonnes civilités qui m'inquiétèrent vraiment. Comment après une telle discussion téléphonique, je pourrais ce soir annoncer notre rupture. Avant de raccrocher, le téléphone passa aussi entre mes mains et je fis aussi mes remerciements. Silencieusement, je le vis lui donner le numéro de sa mère et je me résolus à reporter pour une autre fois mon annonce. Du coup, il passa une bonne partie de la soirée à discuter joyeusement alors que ce n’était pas ce que j’avais prévu pour lui. Quand il se décida à rentrer, je l’accompagnai à sa voiture.    Serge, en descendant les escaliers : J’ai passé une belle soirée.    Moi : Si, si !    Serge : Mais tu m’as paru bien silencieuse. Quelque chose te préoccupe ?    Moi : Je suis juste KO rek.    Serge : Ok. Alors reposes-toi bien ce soir.    Moi : C'est ce que je compte faire.     On arriva devant sa voiture.    Moi : Salues-moi, Serena.    Serge : Bien sûr. Et surtout dis à Cécile de ne pas m'en vouloir si je ne lui ai pas donnée un cadeau, elle aussi. Tu peux toujours lui offrir un restant du tissu que tu as reçu. C’est sûr que tu n'auras pas besoin de tous les 6 yards.     Moi : Ne t’inquiète pas. Ça ne va pas la frustrer.    C’était plutôt moi qui suis frustrée. Il me faudra attendre un autre jour pour la sincérité.   
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