3. Direct

2009 Mots
Pdv Florinda    Le lendemain    Hey waye, beuri wakh bakhoul (parler trop vite n'est pas bon). J’étais en mode « wouye yaye ?? » (« punaise ». Sincèrement, j’étais tentée d’envoyer un sms à Jean-David pour annuler notre rencontre. Mais j’imaginais déjà l'appel qu’il me passerait pour me traiter de « tapette ». J’avais vraiment honte de moi. Même Jean-David avait remarqué ma timidité chaque fois qu’il était dans les parages. Je m'en voulais d’être encore intimidée par lui. C’était ainsi depuis l’adolescence. Je pensais que j’avais acquis de l’assurance avec ma réussite professionnelle. J’étais experte dans mon domaine, une vraie manager parmi mes collègues, mais je tremblais littéralement dès qu’il était dans la même pièce que moi. ??‍Je me sentais ridicule. Le plus ridicule, c’était qu’il pensait que j’étais timide en général, alors que c’était juste lui qui m'intimidait comme ça. Je n’étais plus vraiment timide depuis mon arrivée au lycée, mais il n’avait pas remarqué ce changement , parce que j’avais toujours été gauche en sa présence. Là, je devais honorer mon « défi », alors envie ou pas, je devais me lever et m'habiller avant qu’il n’arrive. Il avait dit qu’il passerait me chercher vers 20h30. Il était déjà 19h30. Prenant mon courage en main, je quittai mon lit et pris une douche rapide, puis je commençai ma routine de préparation. Je venais de finir ma routine de maquillage, quand Carine vint m’annoncer que Jean-David était déjà là. En jetant un coup d’œil, je vis qu’il était que 20h15. Pourquoi il arrivait aussi tôt ? Punaise, je dus un peu accélérer un peu mon pas. Je mis une robe droite de couleur rouge avec des talons aiguilles, pas trop hauts. Une perruque à la coupe carrée de couleur noire me donnait un côté glam-chic. Je le retrouvai en pleine discussion avec ma mère et ma sœur. Il était habillé d’un Lacoste blanc et d’un Jean bleu avec une superbe paire de chaussures blanches. Simple, mais à croquer comme toujours.    Moi, pour mettre fin à cette discussion bien trop animée à mon goût : Bonsoir, Jean-David, je suis prête.    Jean-David : Tata, je vais y aller, mais je reviendrais pour qu'on discute de ton projet.    ?? De quel projet, ils parlaient ?    Maman : Mon fils, je t’attends avec impatience.   Jean-David : Non. Je vais prendre votre numéro auprès de Flo et je vous appellerai pour voir votre disponibilité. Je passerai et on discutera cela me fera plaisir de soutenir ce projet.    Maman : Dieu te le rendra mon fils. Il te le rendra.    Jean-David : Amen, Tata.??    Moi : Maman, on y va. Je ne vais pas rentrer tard.    Maman : OK.    Dans la voiture de Jean-David, je repensai inlassablement aux au projet dont il avait promis un soutien à ma mère.? De quoi il s’agissait ? Et d’où ma mère avait l’audace de lui demander un soutien financier ? C'est vrai, ils se connaissaient. Depuis l’enfance, il passait souvent à la maison avec le groupe et il était invité à tous mes anniversaires. Et aux événements familiaux. Ce n’était vraiment pas un inconnu pour ma mère. Mais enfin, me laisser pour oser lui demander à lui un soutien financier, c’était gênant. Et je n’osais même pas demander à Jean-David quel service elle lui avait demandé à cause de ma timidité légendaire. Arrivés devant un restaurant huppé, il demanda une place tranquille et discrète. On s’installa dans un endroit placé prêt de la baie vitrée. L’endroit était magnifique.     Moi, admirative : Cette vue est magnifique.    Jean-David : Oui. C’est magnifique. Je voulais t'amener dans le genre d’endroits que tu as l’habitude de fréquenter.    ?? Pourquoi la tonalité de cette phrase me semblait sarcastique ? Quel reproche voulait-il me faire derrière?     Moi, gênée : Je ne fréquente pas ce genre d’endroits à outrance.     Jean-David : Ah. Je pensais que tu aimais aller à ce genre de places, vu combien ta tenue est chic.    Aussitôt dans ma tête, ce fut le Niagara. Il n'aimait pas ma tenue ? Je baissai ma tête honteusement.    Jean-David, comme s’il avait eu dans mes pensées : Elle est belle, ta tenue, Flo. Elle est vraiment chic. Mais j’ai dû surcoter notre rendez-vous. Tu me donnes l’impression d’être à une réunion d’affaires. Ta tenue est magnifique. Crois-moi, tu es resplendissante. Mais ce n’est pas la Flo-là que j’espérais voir. J’avais envie de voir la vraie Flo, pas celle qui se présente à son poste à la banque en semaine.    J’étais vraiment en panique. Ces paroles étaient à la fois merveilleuses et inquiétantes pour moi. Elles avaient un sens trop ambigu et moi, je ne devais vraiment pas les interpréter comme il les pensait.    Moi, pour faire comme si je n’étais pas stressée : Pourtant c'est la vraie Flo que tu as en face de toi dé. C’est juste qu’elle a énormément mûri et tu n’étais pas là pour voir son changement. Tu ne pouvais pas t'attendre à voir arriver la Flo de tes 15 ans. Elle n’est plus. C’est une femme de 10 ans qui est là à sa place.    Un serveur déposa nos boissons commandées.    Jean-David, après son départ : C'est dommage que la Flo de 15 ans ne soit plus, c’est elle que j’appréciais réellement.     Cette remarque me fit perdre toute mon assurance. Je pris ma boisson et la sirota honteusement.    Jean-David : La Flo des 15 ans, elle ne faisait pas tous les chichis que fait celle qui a 10 ans de plus. Regardes-moi Flo.    Je levai les yeux en déposant mon verre.    Jean-David, dans les yeux : Tu n'as pas besoin de ces cheveux naturels, ce make-up de star pour sortir dîner avec moi. Pourquoi tu n'es pas en jean, sandales avec tes propres mèches ? Regardes, je ne suis pas en costume moi. Hier, ta tenue en wax, ça allait, même si je te trouvais trop sur ton 31 ans pour un simple dîner chez Alice. Mais là, tu es carrément en mode d’affaires.    Un peu dos au mur, je ne savais vraiment pas quoi dire.  Jean-David : Pardon. Mais tu sais que j’ai toujours apprécié dire la vérité aux gens.     Moi : Jeannot, je ne suis plus une ado.     Jean-David : Je le sais. Je ne te demande pas d’être en mode ado. Je te demande de ne pas jouer le même rôle de la femme d’affaires que tu joues avec les autres. J'ai envie de côtoyer la Flo qui est à l’intérieur. L’extérieur est très joli, mais si tu restes aussi superficielle comme ce beau paysage, je passerai à côté de celle qui est à l’intérieur qui est diamétralement opposée à la diva qui est physiquement là.    Non. Mais moi, une diva ?    Ma voix intérieure : ?? Walay, yow Jean-David yap nala deug. Nena la (non. Jean-David ne t’a pas respectée. Il t'a dit) « la diva qui est là physiquement ». ??    Moi, un peu irritée et voulant comprendre pourquoi tous ces reproches : Jeannot ? Quel est l’intérêt d’un tel discours ? Est-on vraiment dans ce restaurant pour parler de mon look de « diva » ?    Jean-David : Non. Pardon. Je ne critique pas ton look. En fait, je vais aller droit au but. En fait, nous sommes là, parce que j’aimerais tenter un bout de chemin avec toi, mais tu vois tu es trop dans la superficialité. Je veux juste qu’on perde moins de temps. Je rentre dans deux semaines. Amouma temps diay nekh bi (je n’ai pas le temps de faire le jeu de la séduction). Tchi foula la bok (je vais droit au but).    J’eus l’impression que mon cœur avait arrêter de battre, tellement je ne sentais plus mon rythme cardiaque. Je devais avoir un vrai problème d’audition.  Je restai silencieuse.    Jean-David, prenant ma main : Flo, yag na bayi fo (ça fait longtemps que je ne joue plus en amour). Tu me connais depuis l’enfance. J'ai toujours été un homme sérieux. J’ai connu la douleur du veuvage. J’ai une fille de 5 ans. Vraiment, je n’ai aucune envie de collectionner des filles et de m’amuser avec toi. Tu es une amie avant tout pour moi. Donc ce n’est pas à toi que je vais tek deal (faire des plans foireux). Le truc doit te prendre au dépourvu , mais pitié, ne viens pas me dire que tu repousses mes avances avec des excuses du genre qu'on est des amis. Ce ne sera pas valable pour moi. La seule objection que je pourrais accepter, c'est que je ne te plais pas en tant que mec rek. Tu n'es pas obligée d’être intéressée par moi. Tu dois en voir des plus craquants que moi à ta banque.    J’avais envie de rire. Des plus craquants ? Non. Personne ne peut être plus craquant que lui.    Jean-David : Dis quelque chose, Flo. Situes-moi.    Moi, retirant ma main : Tu me prends au dépourvu, Jeannot.    Jean-David : Je le sais. Mais ça fait un moment que je pense à me mettre avec toi. Mais tu le devines, le décès de ma femme n'a pas été facile à gérer pour moi. Il me fallait du temps pour que je me relève. Tu sais, ce n’est pas la première fois que je connaissais le deuil. Après le décès de mes parents, je ne pouvais pas accepter de perdre ma femme aussi jeune. Mais j’ai fini par me relever. C’est fait. Je suis prêt à reconstruire une nouvelle histoire pour moi et pour ma petite Roxie.    Moi : Es-tu vraiment prêt avec cette bague ?    J’avais remarqué qu’il était en train de rouler nerveusement la bague qu’il avait au doigt. C’était sûrement son alliance. Il me fixa du regard. J’étais vachement intimidée, mais cette bague me faisait ressentir un truc trop douloureux. Il me fallait comprendre. Il finit par sourire.    Jean-David : Je n’ai pas encore le courage de l’enlever. Mais je suis prêt à refaire ma vie. La place est vide. Il ne tient qu’à toi de la saisir.    Moi : Tu vas retourner à Paris et moi, je serais ici.    Jean-David : Et alors ? On a deux semaines. Profitons pour nous voir au maximum. Même à distance, si chacun y met du sien, ça va le faire.    Moi : Est-ce que tu peux me donner deux semaines de réflexion ? On se voit, on discute et avant de rentrer, je te donnerai une réponse claire et nette.    Jean-David : Ok.    *************  Pdv Jean-David    Une heure plus tard    Je venais de déposer Flo chez elle et j’étais frustré, je pensais qu’elle aurait donné un « oui » direct à mes avances. J’avais pourtant sorti mon jeu de séduction. Ça aurait dû marcher. Elle était toujours intimidée par moi, mais elle avait su résister à mon jeu de contrôle. C’est vrai qu’elle avait changé. La Flo des 15 ans, je l’aurais bouffé d'une seule bouchée. Elle avait maintenant 28 ans. Là, avec plus de maturité, elle essayait de calmer mes ardeurs. Je n’étais pas vraiment pressé de me mettre en couple avec elle. Je n’étais pas du tout amoureux. Mais je ne voulais pas non plus perdre mon temps. Je rentrais dans deux semaines et je voulais vite avancer dans la relation pour Roxie qui avait besoin que je sois dans un foyer stable pour s’épanouir.    Ma voix intérieure, seytané à souhait : Non. Mais sérieux, tu veux l’épouser pour ta fille ? Tu veux en faire une baby-sitter ? J'hallucine.    Moi : Eh, Seytané, calmos. Ce n’est pas non plus comme si j’allais faire d’elle Cendrillon. Je te rappelle que je lui permettrai de quitter le pays. Elle aura un toit, un boulot et surtout elle vivra avec l’homme qu’elle a toujours aimé. Arrêtes tes remarques seytané.    Ma voix intérieure : Et tu penses qu’elle ne va pas réaliser que par contre, toi tu vis toujours sous l’ombre d’un autre amour ?    Moi : Elle s'y fera. Ce n’est pas comme si j’irais chaque soir rejoindre sa rivale en douce. Personne ne fait une crise de jalousie pour une rivale couchée au cimetière. 
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER