Chapitre 2 : Un si bon week-end !-2

2007 Mots
–Le principal est que tu m’aies sauvée ! Car maintenant je ne suis vraiment pas déçue, c’est superbe. –Bon ! on a un sac de moins ! Il y avait quoi dedans chérie ? –Des affaires de rechange, des biscuits, des casseroles, et une partie de la nourriture ! –Bien, on fera attention, on mangera moins, ce qui laissera du temps pour nous deux hein ma puce ! –Oui je vois où tu veux en venir John, on verra plus tard ! Elle avait repris son joli sourire qui le faisait toujours craquer. –Alors, où veux-tu que j’installe notre campement ! –Heuu ! Près du gros rocher là-bas si tu veux bien, en face de la plus petite des grottes. Pendant que tu montes la tente, je vais faire un tour, ça ne te dérange pas John ? Il y a tellement de jolies fleurs ! –Non pas du tout, mais fais attention à 70 mètres derrière toi, c’est le vide sois prudente, ne t’approche pas du bord ! –J’ai déjà eu la peur de ma vie, je ne vais pas recommencer une deuxième fois ! John entreprit le montage de la tente rapidement, pendant que Ketty commençait à découvrir le parterre de fleurs sauvages. Ketty était passionnée par la botanique, elle regardait des edelweiss poussant dans les fissures de la roche, elle en cueillit une pour la mettre dans ses cheveux. La tente montée John rejoignit Ketty en courant et la serra dans ses bras lui déclarant : –Je suis l’homme le plus heureux du monde avec toi, je t’aime ma chérie. –Je t’aime aussi John, et je suis aussi la femme la plus heureuse, ils s’embrassèrent longuement comme s’ils venaient de se retrouver après une longue absence de l’un et l’autre. Main dans la main, ils se promenèrent admirant les fleurs qui s’étalaient devant eux. Parmi elles, se trouvaient des aconits d’un bleu violet sur de longues tiges, faisant penser à une grappe pleine de clochettes. Plus loin des perce-neige montraient leurs belles couleurs blanches, ainsi que de la joubarbe, une très jolie fleur rose dont les pétales sont curieusement détachés qui en font là une caractéristique unique. Ketty était émerveillée par tout cela. –John ! Tu veux savoir l’origine du nom de la joubarde en latin ! –Oui, je veux bien ! Mais tu connais le latin toi ? –Ce sont des sempervivum montanum ! Tu vois mon chéri ! j’ai encore de petits secrets, cela prouve que je peux encore te surprendre. Juste après, elle se mit à courir, incitant John à la poursuivre. C’était une bonne sportive, surtout à la course à pied. John n’avait pas trop envie de se fatiguer à la rattraper vu l’avance qu’elle avait prise rapidement, alors il chuta sur le sol et fit semblant d’être blessé. –Haar ! Je me suis foulé la cheville ! Aussitôt Ketty arrêta sa course pour revenir sur ses pas, paniquée, croyant qu’il s’était fait mal. Une fois vers lui, elle se pencha en avant pour regarder sa cheville, quand John la saisit par la taille la faisant tomber à son tour. –Ce n’est pas du jeu John, tu as triché ! –Je suis bien obligé, tu cours plus vite que moi, dit-il en riant à gorge déployée. –Ce n’est pas drôle John ! J’ai eu peur, j’ai cru vraiment que tu t’étais fait mal. –Je te demande pardon Ketty, c’était une ruse pour te faire revenir vers moi. Après un long moment passé sur l’herbe à parler projets, ils se relevèrent pour se rendre vers l’entrée de la grotte qui était en face du campement. Elle avait une ouverture très haute, au moins dix mètres, comparé aux autres qui avaient en moyenne quatre à cinq mètres de hauteur. –Bon, tu es prête pour aller voir enfin ces fameuses grottes que l’on désirait tant voir ! –Oui, John ! Mais crois-tu que ce soit une bonne idée ? C’est sûrement dangereux à l’intérieur ! Peut-être qu’il y a des bêtes ! –Non ne crains rien je suis là ! Je suis la seule bête qui peut te croquer ! Allez ! depuis letemps que je voulais voir cela ! Tu vas pas me lâcher au dernier moment quand même ! –Non, bien sûr, j’ai envie aussi, je te suis, mais au moindre truc qui me fait peur, on sort d’accord ! –Très bien madame à la moindre petite bébête, j’interviens et te sauve encore une fois. –Arrête de faire l’idiot, je suis sérieuse, j’ai horreur des bestioles, tu le sais bien pourtant ! John prit Ketty par la main, direction la galerie de la grotte. Au fur et à mesure qu’ils s’avançaient, Ketty ressentait une drôle de sensation ! Oppressée, la respiration haletante, comme s’il ne fallait pas y aller ! En pénétrant à l’intérieur, une odeur de moisi était présente et fortement désagréable, les parois étaient humides certaines étaient couvertes d’acide humique provenant de l’humus dû aux infiltrations des eaux de pluie où aux fontes des neiges des sommets, contenant des agents corrosifs comme le gaz carbonique. Ensuite ce fut au tour de la lumière de perdre de son intensité, faisant de plus en plus sombre. Le froid également survint à peine à trente mètres de l’entrée. Quand tout à coup, ils furent surpris par l’arrivée d’un homme accourant face à eux, revenant des profondeurs de la grotte ! Il donnait l’impression que quelque chose le poursuivait. John prit Ketty par la taille en la mettant immédiatement derrière lui, afin de la protéger. L’homme s’arrêta net devant lui et cria : –N’allez pas plus loin, il n’y a que des mauvaises choses là-bas ! D’un geste vif, il saisit le bras de John, le poussant en arrière de toutes ses forces. –PARTEZ ! dit-il de nouveau encore plus fort. Il était pitoyable, avec des habits à moitié déchirés, une barbe de trois jours. Sa respiration était saccadée, on pouvait voir la peur dans ses yeux ! Ne voyant aucune réaction de John et de Ketty, il passa devant eux sans demander son reste. John et Ketty le suivirent jusqu’à la sortie. Une fois dehors l’homme resta immobile, heureux de retrouver la lumière du jour, il reprenait son souffle penché en avant comme un marathonien qui venait de finir sa course. John le regardait sidéré, voir un homme dans cet état était lamentable, il avait une tête de déterré. –Avez-vous de l’eau, de l’eau ! demanda-t-il en regardant John, avec des yeux sortant des orbites. –Oui ! Calmez-vous, il n’y a personne derrière vous, ne vous inquiétez pas. –De l’eau, je veux de l’eau ! –Bien sûr, venez, je vais vous en donner. Il suivit John qui restait sur ses gardes au cas où il lui sauterait dessus. –Tenez buvez, cela va vous faire du bien. Il saisit le verre d’une main tremblante, et le but d’un trait, tout en faisant couler de l’eau sur son torse. –Encore ! dit-il lui redonnant le verre. Il buvait comme s’il venait de traverser un désert ! À la lumière extérieure, son visage était étrange ! On devinait une peau très claire malgré la saleté repoussante qu’il avait sur lui ! Des yeux vert foncé et des cheveux très blonds presque blanc, pourtant il ne donnait pas l’air d’une personne de plus de quarante ans. Il était particulièrement grand, fin de taille, ses habits ressemblaient à une sorte de pyjama. « C’est sûr, pensa John, il n’était pas du tout du pays ! » –Que vous est-il arrivé dans cette grotte ! Pourquoi étiez-vous à l’intérieur seul ? L’homme, l’air complètement hagard, restait là sans bouger, plus aucun mot ne sortait de sa bouche. John insista de nouveau sur sa question, quand celui-ci rentra dans une rage folle, il lâcha le verre, prenant la fuite en courant les bras en l’air comme s’il avait un grizzly à ses trousses. –Aaaahh ! John, surpris, resta sidéré devant cette situation, le regardant courir comme un dératé, il lui lança : –Revenez ! nous ne vous ferons aucun mal, c’est dangereux là-bas ! Mais il disparut au bout de quelques minutes sans se retourner au détour du chemin d’accès. Ketty n’était pas rassurée, le choc la fit sangloter, l’émotion de la surprise sans nul doute. John la blottit dans ses bras pour la réconforter, en essayant de dédramatiser la situation. –Il avait l’air complètement perdu, ne t’en fais pas chérie, peut-être avait-il bu de l’alcool ! Il s’est endormi dans la grotte et à son réveil, il a dû être effrayé de se retrouver dans le noir de la galerie ! C’est l’explication la plus plausible que je vois, dit John à sa femme. Sur ces mots Ketty était un peu mieux, et s’essuya les larmes de ses joues, ce qui lui enleva le fard qu’elle avait appliqué avec soin le matin même. –Nous allons rentrer si tu veux ! Je ne veux pas que tu restes en ayant peur ! dit John. –Non ne gâchons pas notre week-end, ce serait dommage, allons vers la tente. À leur campement Ketty dit à John : –Je vais me changer, je commence à avoir froid. –Très bien, moi je vais aller chercher du bois pour faire un feu, je n’en ai pas pour longtemps. –D’accord John, mais je ne tiens pas à rester toute seule trop longtemps après ce qui s’est passé ! –Ne t’inquiète pas, je ne vais pas très loin, juste là autour. À son retour, John regarda sa femme, elle avait revêtu une jolie tenue de sport de couleur noire, mettant en valeur ses formes féminines, qui firent écarquiller les yeux de John comme s’il la voyait pour la première fois. Elle avait également préparé un coin repas avec une jolie nappe rouge sur l’herbe bien verte, sur laquelle elle avait déposé les couverts et des fleurs coupées dans un verre. John fit rapidement un feu, il était très doué pour ce genre de choses, il avait été scout pendant quinze ans, ce qui n’est pas rien dans le milieu. L’après-midi touchait à sa fin, le soleil commençait à faiblir, la nuit tombante faisait son apparition, car en montagne le jour durait moins longtemps que dans les plaines. John en profita pour prendre quelques photos, avant de manger le bon repas qu’elle avait préparé avec le reste du stock ! Il fut digne d’un roi, même en camping sauvage sa cuisine était excellente. La soirée prenait un air romantique, enlacés tous les deux près du feu qui crépitait, ils se regardaient dans les yeux scintillants de bonheur sous un ciel rempli d’étoiles. Après avoir parlé de l’avenir, ils décidèrent d’aller se coucher, la nuit s’annonçait plutôt fraîche et le vent s’était levé. Heureusement, John avait emporté une couverture supplémentaire connaissant Ketty si frileuse. À trois heures du matin, ils furent réveillés par un grand coup de tonnerre ! Rien n’avait présagé des intempéries de la sorte, le vent se mit à souffler de plus en plus fort, claquant la toile de la tente. John alla voir à l’extérieur, l’obscurité y régnait, rien ne filtrait tellement le noir était intense. Il ressentait le souffle du vent tournoyer autour de lui, il décida d’agir au plus vite. –Lève-toi Ketty ! il faut aller se mettre à l’abri ! C’est un cyclone ! Nous ne pouvons pas rester là ! –Oh ! mon Dieu, qu’allons-nous devenir ! Je suis terrifiée John ! –Ne crains rien, allons dans une des grottes se réfugier, c’est l’endroit le plus sûr pour l’instant. Il prit Ketty par le bras pour ne pas la perdre, tout en essayant de trouver l’entrée d’une grotte dans ce noir complet. L’atmosphère devenait oppressante, le vent sifflait sur la roche rendant l’endroit aussi lugubre que de visiter un château hanté en plein orage. Ketty, bouleversée par les événements, s’agitait de plus en plus. Soudain un éclair qui était rare lors d’un cyclone surgit, éclairant un bref instant les alentours. –Là, l’entrée ! John, l’entrée de la grotte, est là ! Son instinct de survie et sa peur plus forts que tout, elle se libéra de la main de John pour se mettre à courir droit devant où elle avait vu un bref instant l’entrée de la grotte, sans savoir le danger qu’elle encourait en cas de mauvaise direction. –Ketty ! Attends-moi ! Tu vas te perdre comme ça ! La suivant aussitôt, il la rattrapa de justesse et tous deux arrivèrent à la grotte sains et saufs, ils étaient enfin en sécurité et l’abri pour le reste de la nuit. Mais peu de temps après, Ketty se mit à frissonner, ses habits étant trempés et le vent qui s’engouffrait dans la galerie n’arrangeait pas les choses. –Mon Dieu, que j’ai froid John ! Clac, clac ! dit-elle, tremblante comme si elle allait faire une crise d’épilepsie ! –Ne bouge pas, je vais aller te chercher ton sac de couchage. À ces mots elle lui répondit : –Non reste ici, la tempête est trop violente, ça va passer chéri ! –Ne t’en fais pas, je vais faire vite, il ne faut pas que tu restes mouillée, tu vas attraper froid, je ne veux pas que tu tombes malade. Sortant sous la pluie battante, avec le vent qui redoublait de violence, celui-ci le poussa aussitôt sur le travers, le portant à plusieurs mètres de l’entrée tel un fétu de paille. Un second éclair d’une intensité incroyable jaillit, aveuglant John un instant, pour la première fois depuis fort longtemps, il avait ressenti la même peur, que lorsqu’il était parti avec son régiment dans un conflit de plus de six mois sur un autre continent. La toile de tente près du gros rocher avait disparu, plus rien ne subsistait du campement, tout avait été balayé par la force du vent.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER