Chapitre 2 : Un si bon week-end !-3

1032 Mots
Il se baissa pour retrouver le stock de bois qu’il avait fait pour lui faire un feu, mais en vain, disparu également. À quatre pattes, les mains au sol, il tâtonnait pour chercher des morceaux de bois, tout en résistant au vent qui essayait de le soulever pour l’emporter dans son tourbillon ! La pluie frappait son visage violemment, les gouttes d’eau semblaient être aussi dures que de la grêle l’empêchant d’ouvrir ses yeux correctement. Il était maintenant totalement plaqué au sol, le moindre mouvement demandait des efforts incroyables, ses mains se crispaient en tenant des touffes d’herbes qui s’arrachaient à cause du sol détrempé par la pluie. Il commençait à se demander s’il allait s’en sortir, la terre devenait boueuse, n’ayant plus de prises, allongé il glissait comme un patin à glace, l’emportant comme un pantin de plus en plus loin, il n’arrivait pas à contrôler sa dérive, pensant que le ravin ne devait plus être très loin. Au prix d’énormes efforts, il s’agrippa à une petite roche tentant de souffler un peu. Tout autour de lui n’était que nuit noire, ce qui l’empêchait d’avoir le moindre repère. Dix minutes venaient de s’écouler, il luttait toujours sans relâche contre le vent les bras serrés sur son caillou qui était devenu sa bouée de sauvetage. Lorsque d’un coup net le souffle du vent s’arrêta, déroutant John ! Il comprit qu’il était en fait dans l’œil du cyclone, l’occasion était trop belle, il se releva tant bien que mal en marchant les bras en avant tel un aveugle cherchant son chemin sur une sorte de patinoire où au moindre geste, il glissait à terre. John s’énervait balançant ses bras en avant puis en arrière, en hurlant son désespoir de retrouver sa bien-aimée, il décida de marcher plus vite, mais encore une fois il tomba sur un terrain qui devenait un vrai bourbier. Sa détermination lui faisait honneur, mais le vent après une pause de courte durée, recommença à reprendre de la vigueur. Il avançait penché en avant contre l’effarant souffle du cyclone et un instant plus tard, il se cogna la tête sur une paroi rocheuse. Il la toucha pour voir si ce n’était pas un mirage, non, il avait réussi à atteindre le bon côté, il reprit bon espoir. Continuant d’être sur le bon chemin, il en oublia de prendre du bois. Perpétuellement dans la noirceur de la nuit sans fin, il mit ses mains contre la roche, pour se guider tout du long, afin de ne pas manquer l’entrée de la grotte. Ses efforts furent récompensés cinq minutes plus tard, il était dans l’une d’elles. –Ketty ! Je suis là où es-tu ! criait-il confiant. Rien, absolument rien, pas une âme qui ne répondait à son appel ! Il se sentit de nouveau seul, tel un petit enfant que l’on oublie par mégarde dans une allée d’un supermarché. –Je ne dois pas être dans la bonne, bon sang ! il y en a cinq de ces fichues entrées ! Il va falloir que je les fasse toutes hein ! Dites-le-moi, qu’ai-je fait pour mériter cela ! Sa dérive l’avait emporté plus loin de ce qu’il avait pensé au départ. Deux grottes venaient d’être faites quand séance tenante, un flash lumineux qui n’avait rien à voir avec un éclair déchira la nuit par son éclat en une fraction de seconde puis disparut. Cela semblait sortir tout droit des entrailles de la grotte suivante ! –Qu’est-ce que c’était ? Au bout d’effort acharné la rage au ventre, il entra dans la suivante, pour crier : –Ketty, Ketty je t’en prie réponds-moi ! Rien pas un son ! S’enfonçant un peu plus dans la grotte, en ayant allumé son briquet, il pensait qu’elle était peut-être blottie dans un coin épouvantée. Avançant à petits pas droit devant lui, il mit son pied droit sur quelque chose de mou, regardant en direction du sol, il découvrit une chaussure sous son pied, qui semblait être celle d’une femme ! La prenant dans sa main, abasourdi la regardant de plus près, il constata, que c’était bien l’une des chaussures de sa Ketty ! –Oui c’est bien ça ! C’est la sienne ! Mais où es-tu ? Il redoubla ses appels. Il avait les pensées les plus folles ! « Ce n’est pas le moment de craquer, pensa-t-il, il faut que je réfléchisse ! » Sa décision fut de s’engager beaucoup plus loin dans la galerie, croyant peut-être qu’au lieu de vouloir sortir, elle s’en était allée en sens inverse prise de panique ! Mais le briquet qu’il tenait dans sa main depuis à peine une minute lui brûla les doigts, car la chaleur s’était répandue sur le briquet en métal, devenu trop chaud, il le lâcha instinctivement sur le sol. « Quel idiot ! se dit-il, c’est malin, il va falloir que je le retrouve maintenant ! » Il ne mit pas longtemps à le retrouver grâce à sa chaleur. L’unique façon de chercher correctement était d’y voir clair, alors il eut l’idée de faire une torche. Il revint sur ses pas, pour chercher du bois à l’extérieur. Mais pas question de retourner aussi loin, il ne voulait pas se perdre une nouvelle fois. Mais la chance cette fois-ci était au rendez-vous, le vent avait faibli, à l’évidence le cyclone s’éloignait, il put trouver des branches d’un arbre que le vent avait dû arracher en amont et fait virevolter au pied de la grotte. Il frappa les branches sur la roche afin d’enlever l’excédent d’eau. Avec dextérité, il confectionna une torche attachant les ramifications de bois entre elles avec les lacets de ses chaussures, il enleva son parka pour prendre son tee-shirt qui était encore un peu sec. L’enroulant tout autour de la torche également et après plusieurs tentatives, il réussit enfin à l’allumer, au moment où il n’y croyait plus. Sans attendre, il se mit en route en répétant sans cesse son prénom. L’écho renvoyait le son de sa propre voix sans suite. Au bout de six minutes la torche perdit de sa luminosité pour finir par s’éteindre, le replongeant de nouveau dans le noir ! N’y voyant plus rien, et complètement désorienté, il ne fit que trois pas de plus, pour finir par chuter dans une crevasse d’une hauteur d’au moins deux mètres. Au moment de l’impact sur le sol, John sursauta, ouvrit les yeux comprenant qu’il avait encore fait son horrible cauchemar, pour finir les larmes aux yeux. –Je n’en peux plus, se disait-il, hanté par sa disparition, il faut que ça cesse, je vais devenir dingue, il faut savoir ! Oui, savoir ce qui lui est arrivé aux grottes ! Sa seule façon d’aboutir à une réponse, c’était de reprendre l’enquête abandonnée par la police six mois après sa disparition, surtout que les investigations n’avaient abouti à aucune piste. –Oui, c’est la meilleure chose à faire, demain je retourne aux grottes ! et je jure que j’y mettrai tout le temps qu’il faut, mais je ne renoncerai pas cette fois-ci.
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