Chapitre un
Le module programmé
Le module Python est composé d’une classe. Cette dernière s’initie en définissant les
paramètres des stratégies tel que la période, le type de moyenne mobile et à quels actifs
appliquer le backtesting. Les différents arguments et méthodes de la classe sont décrits
plus en détail dans la documentation du code. Le GitHub lui étant dédié 5 contient toutes
les informations nécessaires à son installation et utilisation, ainsi que des exemples.
La façon dont le code effectue une analyse se déroule comme suit :
1. Téléchargement des prix
2. Définition des variables nécessaires aux calculs des statistiques (balance du
portefeuille, nombre de trade effectués, etc.)
3. Simulation du comportement de la stratégie en itérant sur chaque jour de la série
de prix
4. Réalisation du tableau des résultats et/ou du graphique
Ce procédé est réitéré pour chacun des actifs à analyser.
Le module dépend de 4 bibliothèques Python externes : NumPy, Matplotlib, Pandas et
Pandas-datareader. La première est une librairie fondamentale pour faire du calcul
scientifique avec Python. La seconde permet de réaliser des graphiques hautement
personnalisables. Pandas permet l’analyse et la manipulation de données sous forme
de tableaux numériques et de séries temporelles. Finalement, Pandas-datareader est la
librairie utilisée pour télécharger les séries de prix (en séries Pandas). Cette dernière
fournit des fonctions de requêtes de données provenant de différentes sources. Pour ce
module, celles utilisées sont : FRED (Réserve Fédérale Américaine de données
économiques) pour les monnaies et Yahoo Finance pour les autres types d’actifs.
Cela nous amène à un des défauts majeurs du module : sa dépendance à Pandas-
datareader, la librairie de requête de données. Etant gratuite, rien ne garantit qu’elle
fournît des données de qualité et qu’elle sera indéfiniment fonctionnelle puisqu’elle
dépend elle-même de source de données externes.
Le module de backtesting a été programmé de façon à reproduire le plus fidèlement la
réalité. Cependant, certaines hypothèses qu’il sous-entend peuvent sembler irréalistes.
Premièrement, il part du principe que les achats et ventes sont effectués sur les prix de
clôture ajustés. En réalité, il est impossible d’effectuer des transactions à cette cotation
car elle est calculée à l’aide du prix de clôture et donc en dehors des heures de trading.
Néanmoins, cette cotation prend en compte les opérations sur titre tel que les
versements de dividende, les splits ou encore les augmentations de capital. Il serait trop
complexe d’historiquement reproduire ces événements. Les prix de clôture ajustés
permettent de simplifier la modélisation financière.
Deuxièmement, le principe du « Time Value of Money » n’est pas pris appliqué. Par
exemple, le cash du portefeuille ne s’accroît pas au taux sans risque.
Troisièmement, le module présume que des positions short peuvent être prises en tout
temps et au prix de cotation. En réalité, en fonction de l’actif, il peut se révéler compliqué
de prendre une position de ce type. Il faut, pour la plupart du temps, passer par des
produits tel que des futures ou des options. Cependant, le choix final revient à
l’utilisateur. Il peut désactiver ce paramètre s’il l’estime irréaliste.
Ensuite, concernant les ordres de type « stop-loss » et « take-profit », ils sont
généralement activés dès le moment où la limite qu’on leur a fixée est atteinte. Dans ce
module, étant donné que la simulation se base sur les prix de clôture ajustés (en fin de
séance), la limite ne sera pas exactement respectée. Le module de backtesting ne
reproduira pas exactement leur comportement car il n’a pas accès aux prix « intraday ».
Par exemple, un stop-loss de 5 % est instauré pour une action valant 100 USD. Le
lendemain, en fin de séance, cette dernière vaut 90 USD. Le stop-loss sera activé, pour
une perte de 10 % et non pas 5 %. Le choix de définir ce paramètre revient une fois de
plus à l’utilisateur.
Finalement, le module ne reproduit pas les impacts de liquidité. En effet, comme expliqué
plus tôt, un produit financier à faible volume sera impacté par l’investissement de
montants élevés. Reproduire ce type d’effet relève de l’impossible. C’est pourquoi, c’est
encore une fois à l’analyste de préparer sa stratégie en évitant toutes hypothèses
Les outils informatiques et les données historiques récoltées s’avèrent d’une aide
considérable pour la finance empirique. En effet, le degré d’automatisation élevé qu’ils
apportent ouvre de nouvelles possibilités d’analyse. Aujourd’hui, il est primordial pour
n’importe quel analyste quantitatif de maîtriser un langage de programmation.
Les résultats des stratégies analysées sont contrastés. Sur les actifs analysés, le
croisement de moyenne mobiles s’est avéré être un outil efficace de réduction du risque.
Néanmoins, les taux de réussite des signaux sont faibles. Cela peut s’expliquer par le
fait que les moyennes mobiles sont des indicateurs de tendance uniquement. En analyse
technique, il existe une multitude d’indicateurs qui analysent différentes
caractéristiques : momentum, volatilité, volume, etc. Afin de soutenir les moyennes
mobiles, il aurait fallu les combiner à des indicateurs autres que ceux d’identification de
tendance. En faisant cela, une synergie aurait été créée et une plus grande précision de
signaux aurait peut-être été obtenue.
De plus, l’idéal aurait été de vérifier l’efficacité du croisement de moyennes mobiles dans
tout type de conditions. Il aurait fallu effectuer des simulations de plus grande ampleur
sur de nombreux produits financiers. En revanche, cela aurait nécessité des données de
qualité et donc une source fiable. Aussi, mieux vaut maîtriser l’analyse de quelques
produits plutôt que d’en analyser des milliers et ne plus être en mesure de détecter des
anomalies.
Enfin, l’étude menée dans ce rapport était purement empirique. Des calculs de
significativité statistique auraient pu être réalisés mais le but principal du rapport était de
retracer des performances historiques, par le biais de moyens informatiques.
Dans le taxi qui l’amenait de Maya-Maya à son domicile,
Mbouloukoué voyait Brazzaville s’éveiller. Il y avait peu de
monde dans les rues. Quelques femmes, leur moutête sur la tête,
allaient au marché ou bien des hommes à bicyclette, sans doute
des boys, rejoignaient leur travail. Il était cinq heures et demie du
matin. L’air était frais, et pourtant il semblait à Mbouloukoué plus
lourd que celui qu’il venait de respirer, il y avait à peine quelques
heures en Europe. Le taxi pénétra dans le quartier O.C.H. proche
de l’hôpital. Toutes les fenêtres étaient encore fermées.
Mbouloukoué n’avait pas dormi de la nuit. Il ne dormait
jamais en avion pourtant il n’avait pas sommeil ce matin. Il se
demandait comment il annoncerait la nouvelle à Mbâ. Bien qu’on
fût dimanche il ne voulait pas se présenter chez elle aussi tôt. Il se
mit à des occupations qui pourraient lui faire gagner du temps. Il
se déshabilla, se coucha, se vêtit légèrement. Ensuite il défit ses
bagages, mit de côté un paquet qu’Elo lui avait justement remis
pour Mbâ.
Il se rendit du côté de la poste centrale. Il y avait là une
pâtisserie qu’il connaissait où il pourrait prendre un petit-
déjeuner. Quand il eut fini, il téléphona au 28 72. À sa voix, il sut
que Mbâ était déjà réveillée.
– Toi, Mbouloukoué ? Tu es déjà revenu ?
– Oui, tout à l’heure !
– Alors ?
Elle voulait déjà savoir. Et quoi lui répondre ?
– J’ai un cadeau qu’Elo m’a remis pour toi. Je peux passer ?
– Oui, tout de suite…
Mbâ, Elo et Mbouloukoué étaient nés tous trois au village
Ossio. Ensemble, tous les matins ils avaient traversé la Nkéni et
fait des kilomètres à pied pour aller à l’école de Nganboma. Ils
avaient passé le certificat d’études la même année. Puis ils étaient
venus à Brazzaville. C’est surtout là que leur amitié s’était
fortifiée.
Ensemble ils se retrouvaient pour échanger leurs impressions
de cours.
Mbâ aimait également Elo et Mbouloukoué, comme s’ils
avaient été ses frères.
Elle trouvait Mbouloukoué plus beau. Lui aussi, lorsqu’il
regardait Mbâ ou qu’il avait l’occasion de rester seul à discuter
avec elle, il lui découvrait quelque chose que les autres n’avaient
pas. Les filles qui allaient au collège avec Mbâ ne semblaient pas
beaucoup s’intéresser à ce qu’on leur y apprenait. Chaque jour,
elles allaient au cours un peu avec le même esprit qu’on peut
avoir en allant à une surprise-partie. Elles étudiaient leur
habillement et leur manière de tenir leur cartable, pour que les
hommes qui les verraient passer dans la rue puissent les
remarquer. Elles y allaient aussi pour retrouver des b****s
d’amis. Elles se passaient des romans-photos où il était toujours
question d’un homme aimé par deux femmes et où la plus
méchante finissait toujours par dévoiler ses mauvais desseins, ou
découvrait qu’elle était aimée elle-même d’un autre qui lui
convenait. Elles échangeaient aussi des informations sur le prix
des toilettes et des coiffures. Elles se disaient les filières qui
permettaient d’avoir moins cher les pagnes, le savon qui rend la
peau-ambisée, ou les perruques qui venaient de Kinshasa. Tout
cela pour plaire aux hauts fonctionnaires et officiers de l’armée
qui venaient à la sortie du collège leur fixer des rendez-vous, ou
tout simplement les emporter dans leurs voitures insolentes
« faire un tour sur la route du nord ». Certaines d’entre elles se
vantaient d’avoir un enfant de tel directeur général.
D’autres enfin allaient brûler des cierges à Ste Anne et donner
de l’argent à certains féticheurs infirmes et célèbres pour qu’ils
attirent vers elle quelque jeune cadre qui malgré leur beauté, ne
sortaient qu’avec leur femme. Pour certaines, c’était même ce
gâteau-là qu’il fallait réussir à manger.
Mbâ fuyait ses groupes. Elle avait trop conscience des
sacrifices que représentaient ses études pour sa famille. Et tout ce
qu’elle apprenait en classe l’intéressait. Elle avait été captivée lors
d’un cours de physique quand le professeur rappelant à l’ordre
une condisciple qui ne rendait pas ses devoirs avait fait une
longue digression où elle avait parlé de Marie Curie. Une autre
fois elle avait été fascinée par un personnage féminin d’un roman
qu’elle avait trouvé à la bibliothèque. Elle en avait même appris
par cœur le dernier paragraphe.
« Maintenant ici commence la nouvelle romance. Ici finit le
roman de la chevalerie. Ici, pour la première fois dans le monde,
la place est faite au véritable amour. Celui qui n’est pas souillé
par la hiérarchie de l’homme et de la femme, par la sordide
histoire des robes et des baisers, par la domination d’argent de
l’homme sur la femme, ou de la femme sur l’homme. La femme
des temps modernes est née, et c’est elle que je chante, et c’est
elle que je chanterai. »
Et quand Mbâ parlait à Mbouloukoué et à Elo, c’était toujours
des réflexions sur ce qu’elle voyait. Les trois jeunes gens ne
cessaient d’échanger leur point de vue sur ce qui se passait autour
d’eux. Ils étaient révoltés de la vie de Brazzaville, et c’est avec
émoi qu’ils évoquaient telle ou telle figure parmi les hommes
qu’ils avaient connus à Ossio et qui continuaient de garder à leurs
yeux la vertu des grands symboles moraux. Ils aimaient aller aux
réunions des sections du Parti qu’on venait de créer dans les
quartiers. Dans leur section, notamment, un jeune étudiant qui
venait de rentrer depuis peu de France leur parlait d’hommes qui
s’appelaient Marx, Engels, Lénine, Mao-Tsé-Toung. Ce dernier
était, parait-il, chinois. Cela semblait beau. C’était comme une
bouffée d’air frais passant sur ces vieilles parcelles de la rue des
Batéké et qui annonçait un monde meilleur
Mbouloukoué allait ensuite rôder autour des ambassades des
pays socialistes et en ramenait des revues qu’ils se prêtaient,
qu’ils commentaient et sur lesquelles ils rêvaient. C’était un an
après la révolution. Tout le monde parlait du socialisme
scientifique. Elo, lui, affirmait que c’était le seul avenir qui valait
la peine, mais qu’il n’avait aucune confiance en l’honnêteté de
ceux qui utilisaient le plus ce mot.
Mbâ était préoccupée par le sort de la femme. Elle voulait y
consacrer ses forces. Elle ne croyait pas que ces femmes de la
ville pourraient faire quelque chose pour leurs sœurs. Celles qui
étaient mariées étaient trop timorées pour aller militer. Leur mari
leur demanderait des comptes le soir. Quant aux « grandes
militantes », c’étaient, au fond, de sympathiques ndumba1
de luxe
sachant lire et écrire et qui n’iraient pas se battre pour qu’on
supprime la polygamie. Elle se moquait plutôt de ses femmes
mariées qui s’imaginaient pouvoir garder un mari pour elles
seules. Mbâ pensait d’ailleurs que ces dernières n’avaient pas le
droit d’être libérées. L’émancipation avait un sens pour les
femmes qui, comme sa mère, faisaient tout les jours dix
kilomètres à pied pour aller à la plantation, cultiver la terre et
revenir. Elles y allaient en portant sur le dos une hotte pesant
parfois quarante kilos et dont le bandeau de portage marque
profondément le front. Beaucoup d’hommes n’auraient même pas
pu porter cette charge durant cinq cent mètres. Les mâles
d’ailleurs, quand les femmes étaient au champ, discutaient ou
dormaient dans le village, à l’ombre, la bouteille de molengué2
à
portée de la main. Mais ces femmes auxquelles songeait Mbâ, ne
savaient ni lire, ni écrire, ni mettre en ordre leurs idées. Et elles
auraient peur de parler devant un micro. Il était encore moins
question de les envoyer en délégation à l’étranger parler des
problèmes de la femme. Elles devaient pour le moment se
résigner à travailler, souffrir avant l’âge, et laisser les ndumba
aller disserter de l’émancipation de la femme africaine.
Tout cela séduisait Mbouloukoué, mais il ne l’avait jamais dit
à Mbâ. D’ailleurs il se rendait parfaitement compte qu’elle
1 Courtisane ou bétail.
2 Vin de bambou.
coutait toujours plus volontiers Elo. Celui-ci aimait surtout le
football et c’était toujours avec plaisir que Mbâ le suivait aux
matches où il allait invariablement soutenir avec fougue l’équipe
de « Patronage ». C’est ainsi qu’un soir, en revenant d’un match
au stade Éboué, l’orage les avait surpris en route. Ils avaient juste
eu le temps de se mettre à l’abri. Mbâ s’était plainte d’avoir les
cheveux mouillés alors qu’elle venait de se les dénatter le matin
même. Elo avait la chemise complètement trempée. Il l’enleva. À
chaque fois que le tonnerre craquait, Mbâ ne pouvait réfréner un
mouvement vers le corps d’Elo. Ils étaient seuls sous l’arbre de la
station de bus. Elo percevait la chair de Mbâ qui collait à sa robe
mouillée. Il tressaillit, la serra contre sa poitrine. Elle ferma les
yeux, se blottit contre lui et poussa un soupir. Ils se serrèrent.
Quand la pluie cessa à onze heures du soir, Mbâ ne rentra pas
chez maman Nguelélé où elle logeait. La vieille en voyant sa
nièce arriver à six heures du matin fut surprise, mais ne demanda
pas d’explication.
Par la suite, les relations entre les trois amis continuèrent à être
ce qu’elles étaient. Mbâ et Elo s’arrangeaient pour se retrouver le
soir, sans que Mbouloukoué se sentît en trop. Celui-ci ne se rendit
compte de rien. Tout juste avait-il noté que Mbâ avait changé de
démarche. Il semblait maintenant que ses hanches étaient déliées.
Une flamme qui n’existait pas avant luisait dans ses yeux.
Puis vint le moment des examens. Mbouloukoué toujours le
premier de sa classe fut admis à continuer ses études au lycée.
Mbâ qui voulait rapidement venir en aide à sa famille et à ses
jeunes frères et sœurs s’était présentée au concours d’entrée au
Cours Normal d’Institutrices de Mouyondzi.
Elo avait été reçu à son C.A.P. de soudeur. Il commença à
travailler dans une entreprise à Mpila. Puis un jour il apprit que le
gouvernement organisait un concours pour choisir trois soudeurs
qu’il enverrait se perfectionner en France. Elo se présenta. Il fut
admis. Il devait s’en aller pour deux ans. Il envoya un télégramme
à Mbâ qui réussit à venir passer deux jours à Brazzaville. Les
deux jeunes gens ne s’aimèrent jamais avec autant d’intensité et
de ferveur. Ce furent deux jours et deux nuits de soupirs, de
sourires et de plaisirs au travers des larmes que Mbâ ne pouvait
s’empêcher de verser en songeant qu’on allait lui arracher son
Elo. Ce dernier lui offrit un collier en or qu’il avait payé sur sa
première mise d’équipement à un Sénégalais de l’avenue.
Après le départ d’Elo, Mbâ reçut au début une lettre chaque
semaine. Il lui disait comme elle lui manquait. Puis sa peine
disparaissait. Il lui décrivait tout ce qu’il découvrait en France.
Combien la vie lui était plus facile. Puis il resta deux mois sans
écrire. Et un jour, elle ne reçut plus rien. Elle apprit au bout de
deux ans, par les camarades d’Elo qui étaient rentrés de stage,
qu’il se trouvait à Nantes où il avait trouvé une place dans une
usine.
Maintenant six ans ont passé sans qu’il ne revienne. Mbâ
enseigne dans une école à Bacongo. C’est une institutrice de
qualité. Les parents et les élèves l’aiment beaucoup. Certes parce
que les enfants aiment avoir de jolies maîtresses, mais aussi parce
qu’elle enseigne bien. Souvent les plus jeunes de ses collègues
l’invitent à sortir, mais elle refuse toujours. D’ailleurs comment la
rencontrer ? Elle sort si peu. Après ses cours, elle va chaque soir
enseigner aux adultes qui ne savent pas lire. Elle s’est aussi fait
des amies de certaines de ses élèves adultes. Auprès d’elles, elle
apprend beaucoup. Elle dit à Mbouloukoué que de toute cette
expérience elle compte écrire un livre sur la femme congolaise.
Mbouloukoué est professeur de C.E.G. à Kinkala. Lui non plus
ne s’est pas marié. Il consacre tout son temps à l’étude des
mathématiques qu’il enseigne à ses élèves, et à l’animation des
pionniers dont il a la charge pour la région.
Ce samedi-là, il est venu à Brazzaville voir Mbâ. Il lui annonce
qu’il vient d’être désigné pour aller en France à un colloque sur
l’enseignement des mathématiques modernes. Ils ont, ensemble,
tenté de rencontrer les promotionnaires de Elo pour savoir son
adresse exacte. Mbâ a acheté du poisson salé, de la farine à
foufou, des gombos et des ananas qu’elle remet à Mbouloukoué
pour celui qu’elle attend toujours et qui est là-bas. Elle ne songe
même pas que la France est grande et qu’Elo ne pourrait peut-être
pas rencontrer leur camarade d’enfance. Mbâ a dit à
Mbouloukoué tout ce qu’il devrait dire à Elo. Et tout ce qu’elle