Chapitre 15

2938 Mots
Dans le train j'étais assise juste à coté d'Iris. Il y avait assez de monde alors on devait se tasser et je sentais sa cuisse frôler la mienne. Il m'arrivait aussi de frôler la cuisse de Lucas dans les transports et je ne ressentais rien c'était juse normal quand on avait pas assez de place de se tasser. Alors pourquoi est-ce que avec Iris mon cœur se mettait à battre plus vite que d'accoutumée? Sentant que j'étais gênée Iris se contenta de faire la conversation tandis que je fixais sa cuisse avec insistance. J'hésitais à me lever plusieurs fois pour mettre fin à cette gêne mais je n'osais pas bouger. J'avais beau ne plus arriver à parler je voulais rester à côté d'Iris encore des heures. Je fus même à moitié déçue quand nous arrivâmes à destination mais l'excitation à l'idée d'être au salon du livre reprit vite le dessus. Je décidais d'oublier pour ne serait ce que quelques heures ce qui allait se passer ce soir et profiter à fond de cette sortie avec ma nouvelle amie. Et c'est ce que je fis. Avec Iris nous allâmes à chaque stands sans exception et discutâmes avec de nombreux écrivains. C'était à chaque fois le même schéma. Nous qui écoutions avec intérêt et administration puis d'un coup Iris qui parlait de mes talents d'écrivaine alors gênée de l'intérêt qu'on me portait je lui retournais le compliment. Un des auteurs eut l'air de particulièrement intéressant Iris alors j'essayais de m'éloigner discrètement pour lui acheter son œuvre. Hors du coin de l'oeil Iris me sentit m'éloigner et par réflexe m'attrapa le bras et me tira vers elle pour éviter qu'on se perde. Ce contact soudain eut pour effet de faire paniquer mon pauvre petit cœur et je portais les mains à mes joues sentant qu'elles avaient chaud. Je m'éloignais donc d'Iris et retirais mon pull me disant que ça devait être cela. Nous avions parlé à tant de personnes que je ne me rendis pas compte de ma vitesse à laquelle le temps était passé et je fus sincèrement déprimée quand ils annoncèrent que le salon allait bientôt fermer ses portes et que nous devions partir. Iris me sourit de toutes ses dents quand nous passâmes les portes de sortie et ne me lâcha pas d'une semelle jusqu'à chez moi ce pour quoi je lui étais très reconnaissante. Tout comme à l'allée elle continua à faire la conversation sans problème. Je ne l'avais encore jamais autant entendue parler. Elle me demanda même souvent mon avis pour m'empêcher de me perdre dans mes pensées. Il ne restait pas beaucoup de temps avant le dîner alors Iris resta chez moi jusqu'à ce dernier. Elle avait pris avec elle quelques tenues et dans l'heure qu'il nous restait me demandait laquelle était la plus appropriée pour l'occasion. Tout comme la dernière fois que je l'avais aidée à s'habiller je n'avais pas les mots. Le corps d'Iris était tout simplement parfait et je la voyais mal-être moche dans une tenue. Je ma conseillais cependant du mieux que je pouvais avant qu'elle ne me demande ce que moi j'allais porter. Je n'y avais pas vraiment réfléchie et avait même compté garder ma tenue de la journée. Je voulais attirer le moins d'attention possible. Mais Iris ne l'entendait pas de la même oreille. "Je vais te choisir une tenue. Dans la vie il est toujours important de bien s'habiller. Même si on n'en a pas envie. C'est en soignant notre apparence tous les jours que nous allons petit à petit prendre confiance en nous même." Voyant que je grimaçais elle ajouta: "Et puis quand tu t'habilles c'est pour toi et toi toute seule. Ne laisse jamais personne changer ton apparence pour toi. Sinon tu deviens son esclave." Iris avait évité le sujet toute la journée mais je sentais parfaitement à qui cette phrase faisait référence. Est-ce que je voulais être l'esclave de Théo? Bien sur que non. Le regard d'Iris était tellement insistant que je finis par me changer. Tandis qu'elle était le dos tourné pour le laisser de l'intimité je lui demandais si elle aussi s'habillait simplement pour être bien dans son corps. Iris répondit honnêtement: "J'admets que voir le regard que tu me portes quand je me change me donne des frissons mais oui la raison principale pour laquelle je soigne mon apparence est pour moi-même." J'eus un sourire timide. Iris avait déclaré cela d'un ton nonchalant alors je ne comprenais pas pourquoi mon cœur s'emballait de nouveau. Je devais être vraiment stressée. L'heure du dîner finit par arriver et les invités toquaient à la porte chacun leur tour. Lucas fut évidemment le premier arrivé et je fus soulagée de le voir. Puis les autres invités arrivèrent au compte goutte et à chaque fois que j'entendais toquer je ne pouvais m'empêcher je sursauter. Lucas remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas. En effet ce n'était pas bien dure. J'étais  en stresse total et marchais de haut en bas dans la cuisine. Heureusement que mes frères étaient dans le salon sinon ils auraient eu aussi vu que quelque chose n'allait pas. "Ça va Mal? me demanda Lucas. -Oui, oui." Je sentais qu'il voulait insister mais ce n'était clairement pas le moment et il le sentit. Mes frères allaient ouvrir la porte à chaque nouvelle arrivée et passaient dans la cuisine pour nous présenter leurs rendez-vous de la soirée les uns après les autres. Cependant dans mon état de stresse je n'avais retenu aucun prénom. Je m'en voulais horriblement de ne pas écouter quand mes frères me présentaient leurs copines mais je n'y arrivais pas. Je voulais être à l'écoute mais mes yeux n'arrêtaient pas d'aller vers la porte d'entrée redoutant l'instant fatidique où j'allais croiser son regard. Soudain ce moment vint. Nous entendîmes toquer et sans attendre que l'on vienne leur ouvrir Manoé entra suivit de près par toute sa b***e. Théo fut le dernier à entrer et il s'arrêta pile devant la porte cherchant quelqu'un du regard. Mon sang se glaça quand il me vit et que je me rendis compte que c'était moi qu'il avait cherché. Il vint directement dans la cuisine ce qui n'avait pas échappé à Lucas mais il ne dit rien. Théo salua vite fais les autres avant de vouloir m'enlacer mais Iris me tira vers elle d'un coup prétextant que je devais l'accompagner aux toilettes. Je la suivais donc reconnaissante quand soudain je me rendis compte que quelqu'un d'autre nous suivait. Je me retournais le cœur dans la gorge mais fut soulagée de voir que ce n'était que Lucas. "Bon, Mal. Tu veux bien m'expliquer ce qu'il se passe? -Rien. -Rien? Tu es sûre? Tu es bizarre depuis quelques temps. -Non, tout va bien. -Écoute. Je ne te force à rien mais saches que si tu veux me parler je suis là. On se connaît depuis quoi? Toujours? Est-ce que ne serait-ce qu'une fois j'ai trahi ta confiance?" Je n'en pouvais plus de cette pression. Les larmes me venaient aux yeux mais je n'avais pas les mots pour lui expliquer. Pas tout de suite. Plus tard. Tout de suite je voulais juste que ce repas se termine une bonne fois pour toute. Iris comprit parfaitement mes pensées et les traduis à Lucas avec autant de douceur dont elle était capable. "Elle t'expliquera demain. Laisse lui le temps." Lucas hocha doucement la tête. "Bien sur. Autant de temps que tu veux, Mal. Je t'aime tu le sais ça?" Je hochais la tête à mon tour avant de l'enlacer tendrement. Lucas fit signe à Iris de se joindre à notre étreinte et nous restâmes ainsi jusqu'à ce que je me calmes. Ensuite nous redescendîmes avec les autres et Mathieu vint nous voir. "Camille m'a donné votre bœuf bourguignon. Il était vraiment succulent merci beaucoup. -Tout est grâce à Iris. On ne faisait que suivre ses directives. -Eh bien vous pouvez être fières de vous. -Merci." Suite à ce court échange Mathieu nous proposa de prendre place autour de la table. Je choisis donc une chaise aussi éloignée que possible de Théo mais ce dernier s'approcha pour se mettre à côté de moi. Hors mes amis étant plus rapides m'entourèrent formant un rempart impénétrable. Cela sembla irriter Théo l'espace d'une seconde avant de se mettre à sourire. Ce dernier n'avait rien se rassurant. Un sourire empli d'amusement et de malice. Je n'avais qu'une envie : me cacher sous la table et y rester. À part la présence pesante de vous savez qui, le repas se passa très bien. Avec le recul je me sentais mal de ne pas plus avoir participé de la conversation ou profité de l'ambiance générale mais j'en étais incapable avec cette présence machiavélique non loin de moi. Je n'avais aucun souvenir des filles que mes frères avaient invitées. Je n'aurais même pas pu le reconnaître dans la rue si je les croisais. Je ne m'en rendis pas compte mais je passais la plupart du repas à phaser sur mon assiette à moitié remplie. Maxence me demanda même si tout allait bien vu le peu que je mangeais et je me pus m'empêcher de regarder vers Théo. Le sourire de ce dernier s'élargit et j'annonçais que je devais aller aux toilettes avant de me lever de table et de partir. Iris me proposa de m'accompagner mais j'insistais pour y aller seule. J'avais besoin de passer un peu d'eau sur mon visage. Les autres ayant fini leurs plats devaient profiter de mon départ pour ramasser les assiettes et passer aux dessert. Je le savais car j'entendais les chaises être poussées ainsi que le bruit des couverts sur les assiettes. Je fermais la porte de la salle de bain à clef et me regardais dans le miroir un moment. Je ne voulais pas non plus rester trop longtemps aux toilettes alors je tirais la chasse dans le vide avant de sortir. Je crus que j'allais m'évanouir quand je vis sa silhouette devant la porte. Il m'avait suivie jusqu'à la salle de bain et arborait un sourire plus large que jamais. Je ne l'avais encore jamais vu comme ça et j'ignorais ce qu'il allait m'arriver mais une chose était sûre. Rien de bien. Je voulais fuire aussi loin que possible mais il bloquait la seule issue et même s'il n'avait pas été là j'aurais été trop paralysée par la peur pour courir. Je restais donc immobile à le fixer droit dans les yeux priant pour qu'il se mette à rire d'un coup en disant que c'était une blague et qu'il parle de ma vie. Mais il n'en fit rien. Au contraire. Il s'avança vers moi en posant sa main sur ma joue. Il dit quelque chose mais je n'en avais rien entendu tellement les battements de mon cœur prenaient de la place dans mes oreilles. Je voulais pleurer. Je sentais les larmes me nouer la gorge et ça me faisait horriblement mal car elles n'arrivaient pas à sortir. Théo posa une main sur ma hanche tandis que l'autre descendait doucement vers ma poitrine. Le sentir me toucher ainsi réveilla enfin mon corps et je le giflais. Après la seconde de surprise passée il se mit à rire. "Tu es plus coriace que je ne l'aurais pensé. Je ne suis pas déçu." Je le poussais et essayais de m'enfuir mais il était nettement plus fort que moi. Il plaqua mon dos contre son torse tandis que ses mains descendaient doucement vers mon intimité. Je me mis à hurler alors il plaqua sa main sur ma bouche avant de me susurrer à l'oreille: "Ne hurle pas voyons. Tu ne veux quand même pas qu'ils viennent nous déranger." Si c'était exactement ce que je voulais. Je voulais que toute la Terre nous dérange. Je voulais qu'il arrête de me toucher. Je voulais qu'il meurt. Qu'il meurt dans la pire des souffrances possible. Tandis que je fermais les yeux en pensant cela je sentis Théo me lâcher d'un coup. Je rouvrais donc les yeux surprise et me rendis compte que Manoé était là. Debout devant la porte de la salle de bain. Je n'attendis pas une seconde de plus et courrais me réfugier dans ses bras parcourue de spasmes. Les yeux de Manoé allaient et venaient de Théo à moi essayant de mettre les pièces du puzzle en place. Quand il comprit il entra dans une colère noire. Je ne l'avais encore jamais vu comme cela. S'il n'avait pas été mon frère il m'aurait fais peur. Théo leva les bras en signe de paix. "Et t'inquiète. On faisait que s'amuser. -Toi..." La voix qui sortait de la gorge de Manoé était un râle inhumain et Théo perdit immédiatement son sourire sentant qu'il était en danger. Comme il me tenait dans ses bras Manoé réagit moins vite que Théo qui eut le temps de sortir de la salle de bain et se mettre à courir vers la sortie. Manoé me lâcha immédiatement et lui courut après en lui hurlant qu'il était un homme mort. Quant à moi je m'effondrais. Je ne pouvais plus rester debout après tout ça. Je restais donc quelques secondes au sol essayant de calmer ma respiration quand j'entendis quelqu'un monter. Lucas me prit immédiatement dans ses bras et m'aida à me relever sans un mot. Nous descendîmes doucement vers le salon où Manoé était retenu tant bien que mal par trois de mes frères tandis qu'il hurlait les pires insultes possibles à un Théo couché le nez dégoulinant le sang. Son nez avait même dû être cassé vu sa position étrange. "Lâchez moi! C'est lui que vous devriez tenir tant que je lui fais la peau! Il a touché Mal! Cet enfoiré voulait la v****r!" Un silence de mort s'abattit sur la salle et tous les regards se portèrent sur moi. Me voyant les joues trempées de larmes mes frères lachèrent immédiatement Manoé et se jetèrent eux aussi sur Théo telles des bêtes assoiffées de sang. Mathieu eut beaucoup de mal à les arrêter mais avec l'aide des autres membres de la b***e ainsi que des filles ils finirent par y arriver. Théo ne ressemblait plus à rien à présent et Mathieu était rouge de colère. "Vous êtes complètement malades? On n'a pas le droit de frapper les autres. Surtout jusqu'à la mort. S'il porte plainte vous allez être dans de beaux draps. -Mais cet enfoiré a- -Je sais. Je sais. Et au fond de moi je souhaite sa mort mais en le défigurant on s'abaisse à son niveau. Nous allons régler ça par la loi. Il passera sa vie derrière des barreaux et croyez moi c'est pire que de le tuer tout de suite." Mes frères se calmèrent petit à petit mais ne lachèrent pas Théo des yeux une seconde. Quand ils furent lâchés ils formèrent même un rempart autour de moi quelques-uns d'entre eux posant une main dans mon dos ou sur mon épaule pour que je sente leur soutiens. J'avais envie de pleurer devant cette scène. J'étais tellement soulagée et touchée mais pourtant aucune larme ne coulait. J'en avais marre de pleurer. Soudain je me rendis compte qu'Iris avait disparue. Lucas remarqua immédiatement que je la cherchais et me dit que quand je m'étais levée elle avait annoncé quelle devait rentrer d'un coup et elle a demandé spécialement à Manoé d'aller m'annoncer son départ. Je souris. Décidément les anges gardiens existaient. Et Iris était le mien. Théo mit du temps avant de pouvoir se relever. Mathieu appela à la fois une ambulance et une voiture du police qui l'accompagna à l'hôpital. Cependant avant de partir il m'étreignit longtemps et me dit à quel point il m'aimait. Il ne voulait pas m'embêter avec ma déposition ce soir alors il allait m'en reparler après une bonne nuit de sommeil. Lucas insista pour rester dormir à la maison avec moi et j'acceptais. Je n'avais pas vraiment envie de dormir seule ce soir. De toute façon je n'en aurais pas eu l'occasion puisque mes frères décidèrent de dormir tous ensemble dans le salon. Camille décida aussi de rester avec nous tandis que Manoé allait accompagner Mathieu à l'hôpital. Tout le monde était aux petits soins avec moi mais je n'en avais sincèrement pas besoin. Je ne me sentais pas mal du tout. Au contraire. J'étais soulagée. C'était enfin fini. Théo allait finir derrière des barreaux Mathieu me l'avait assuré et je n'allais plus jamais avoir à entendre parler de lui. Je passais donc une assez bonne soirée étrangement. Nous dormâmes tous à même le sol et restâmes éveillés des heures pour discuter. Mes frères racontaient des histoires d'horreur et nous riions aux éclats. J'étais seulement triste que nous ne soyions pas au complet. De plus j'avais écris à Iris mais elle ne m'avait pas répondue et ça m'embêtait. Très légèrement certes mais quand même. Iris avait toujours été là pour même. Et ce soir plus que n'importe quand. Elle avait fais exprès de partir pour avoir une excuse pour envoyer Manoé me voir et elle devait maintenant aussi avoir une bonne excuse pour ne pas me répondre. Peut-être voulait-elle que je profite de ce moment avec ma famille. Peut-être estimait-elle que j'avais besoin de calme. Sauf que je voulais qu'elle me réponde. Je finis par m'endormir assez vite et je dormis longtemps et profondément. En me réveillant le lendemain je me sentais calme et reposée. Or cela ne dura pas bien longtemps. Tout le monde était déjà réveillé à part moi et je sentais dans l'ambiance générale que quelque chose n'allait pas. Lucas qui était resté assis à côté de moi fut celui qui m'annonça la nouvelle. Je n'en crus pas mes oreilles. Théo était mort.
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