Théo était mort. Il n'y avait pas de doute à cela. Mathieu et Manoé l'avaient tous les deux vus de leurs propres yeux à l'hôpital. Personne ne s'était attendu à ce que quelqu'un puisse le tuer surtout que personne à part nous ne savait qu'il allait à l'hôpital alors à part des menottes il n'avait pas été placé sous surveillance. Visiblement les menottes avaient eu sa perte.
Mathieu et ses collègues étaient débordés et la télé ne parlait que de ça. La mort brutale d'une des stars préférées du pays. Personne ne savait qui il était vraiment. Il n'allait jamais pouvoir se repentir en prison. Il était mort. C'était fini.
Personne ne comprenait ce qu'il s'était passé. D'après la police ça aurait été une fane dérangée de Théo qui en l'ayant aperçu dans l'hôpital en avait profité pour le tuer. Mais la question se posait de comment elle avait bien pu faire. Aucune caméra n'avait capturé le moment du meurtre et pourtant la scène de crime était assez brouillonne. Mathieu avait le sentiment que le tueur était le même que celui qu'ils cherchaient depuis des mois mais personne ne voulut l'écouter.
Apparemment ils avaient trouvé des empruntes digitales sur la scène du crime et comptaient suivre cette piste même si Mathieu leur avait dis qu'il pensait que c'était une fausse piste. Quelque chose n'allait pas. Comment le tueur avait pu être assez maladroit pour laisser ses marques et pourtant échapper à toutes les caméras? Le tueur voulait qu'on croit que ce meurtre avait été commis par quelqu'un d'autre. Mais pour quelle raison?
Mathieu ne me le révéla que des années plus tard mais ce soir là il se dit que l'explication la plus logique était qu'Iris était la tueuse. Or il avait très vite abandonné cette hypothèse comme elle n'était qu'une enfant et par dessus tout mon amie.
Tandis que Mathieu se posait des questions sur l'identité du tueur, les autres et moi pensions que c'était juste une fane complètement folle qui était à l'origine de l'attaque. Peu importe qui l'avait tué. Nous étions tous sous le choc. Pas parce que nous tenions à lui mais parce que depuis notre mère nous n'avions jamais été aussi proches d'une mort. Et surtout nous n'avions encore jamais été aussi proches d'un meurtre. C'était inquiétant.
Tous les meurtres de la ville m'avaient travaillée jusque là mais celui là était différent. Je ne connaissais pas les autres victimes et je me disais qu'ils étaient des personnes innocentes qui auraient mérité mieux. Mais et si je m'étais trompée? Et s'ils étaient tous comme Théo et que le meurtrier ne faisait que nous aider dans l'ombre?
Je secouais la tête. Je ne pouvais quand même pas trouver des raisons pour un meurtre. Il n'y en avait pas. Mais imaginons que c'était ça l'idée du meurtrier. Certaines personnes auraient pensé qu'il avait raison. Certaines personnes auraient été horriblement soulagées de la disparition de leur bourreau tandis que d'autres auraient été dégoutés qu'il n'ait pas eu la punition qu'il méritait.
Personnellement je faisais partie de la deuxième catégorie. Je m'en voulais horriblement de penser ainsi mais j'étais déçue qu'il soit mort. C'était trop simple. Je ne voulais pas vraiment qu'il souffre juste qu'il soit puni par la loi parce que il le méritait.
Mais surtout je ne pouvais pas me réjouir de sa mort alors que je l'avais souhaitée même pas quelques heures avant. Je savais que je n'avais rien à voir avec sa mort mais je ne pouvais quand même pas arrêter de me sentir coupable. J'avais souhaité de toute mon âme qu'il meurt et voilà qu'il l'était vraiment. Mort.
Il avait beau être une mauvaise personne il avait sûrement des personnes qui l'aimaient plus que tout au monde et maintenant ces personnes devaient faire son deuil. Il aurait été dure de le voir en prison pour eux mais c'était toujours mieux que de le savoir mort. Assassiné.
Je passais donc la journée avec ce sentiment de culpabilité qui refusait de me lâcher. Théo m'avait certes agressée sexuellement et avait failli me v****r mais j'avais l'impression que je l'avais tué. Pas que j'estimais que le tuer aurait été pire que son acte mais je ne voulais pas m'abaisser à son niveau. J'avais l'impression d'être comme lui et ça me dégoutait.
Pendant toute la journée j'avais son sourire machiavélique ancré dans la rétine et je n'arrivais pas à m'en défaire. Parfois je me regardais même dans le miroir de peur que je souris comme lui. Mais à chaque fois tout ce que je voyais était une fille pâle et apeurée.
Lucas resta chez nous toute la journée ne voulant pas me laisser seule dans ce moment. Manoé et Mathieu étaient rentrés et nous nous assîmes tous dans le salon pour discuter calmement des événements.
Mathis posa sa main sur la mienne les yeux brillants.
"On t'aime plus que tout au monde, Mal. Tu le sais n'est-ce pas?"
Je lui souris avant de poser ma main sur la sienne. Manoé quant à lui n'osait pas me regarder.
"Je suis heureux qu'il soit mort."
Il se prit un coup v*****t sur l'épaule de la part de Camille.
"Ne dis pas ça. Personne ne mérite de se faire assassiner.
-Si. Théo. C'était une ordure."
Il se tourna enfin vers moi et chuchota presque le reste de sa phrase.
"Je suis tellement désolé, Mal... Si je n m'étais pas lancé dans la musique jamais...
-Non. Ce n'est pas ta faute. Pas le moins du monde. J'aurais dû t'en parler avant.
-Pourquoi tu ne l'as pas fais?
-J'avais peur que ça détruise ta carrière ou que ça te mette dans une position difficile."
Il rit tristement avant de me serrer dans ses bras.
"Je m'en fou de ma carrière. Rien n'est plus important que toi Mal. Si tu me le demandais je quitterais la musique sans remord. Je l'aurais fais simplement si tu me disais de le faire sans raison alors si en plus tu as une raison... S'il te plaît ne te sens plus jamais obligée de me cacher quoi que ce soit."
Sur ceux nous nous mîmes tous à pleurer. Les deux seuls exceptions étaient Mathieu et Lucas mais le reste du groupe se mit à pleurer à chaudes larmes pendant un long moment. Puis quand Maxence remarqua à quel point Manoé était moche quand il pleurait il se mit à se moquer de ses yeux rougies ce qui fit exploser une bagarre entre les deux ainsi que des rires dans l'assemblée.
Personne n'est allé à l'école ou au travail aujourd'hui et tout le monde fut très compréhensif de notre absence. Le soir venu cependant Lucas dû rentrer chez lui. Je me préparais donc à dormir seule et me couchais. Cependant à cause de mes cauchemars dans lesquels je me voyais tuer Théo je fus réveillée en sursauts à quatre heures de matin. Sentant que je n'allais plus pouvoir dormir j'allumais mon téléphone et quelle fut ma surprise quand je vis que j'avais un message d'Iris datant d'il y a quelques minutes.
Iris: Tu n'arrives pas à dormir? Ça te dirait de te promener avec moi?
Il ne fallut pas me le dire deux fois. Je lui répondais et je ne pris même pas la peine de m'habiller que je dévalais les escaliers tout en essayant de rester silencieuse. Iris était déjà devant ma rue et je la rejoignais me sentant comme dans un rêve. Je lui souris de toutes mes dents et lui demandais comment elle avait su que j'allais faire des cauchemars.
Iris eut un petit sourire triste.
"J'ai vu à la télé. Ça va?"
Je lui souris et me mis à marcher.
"Ça va. Je n'arrive juste pas à croire qu'il est vraiment mort.
-Tu dois être soulagée.
-Je ne sais pas. Je l'étais. Énormément quand il s'est fais emmener à l'hôpital. Mais je ne voulais pas non plus qu'il meurt. Fin je l'ai souhaité quand...
-Lucas m'a racontée.
-Merci d'avoir envoyé Manoé.
-C'était à lui de régler ça."
Je hochais la tête.
"J'ai l'impression que c'est ma faute s'il est mort...
-Pourquoi ça?
-Je ne sais même pas... Je sais que c'est faux et que je suis pitoyable mais c'est ce que je ressens.
-Ne t'excuses jamais pour tes sentiments. Tu ne seras jamais pitoyable à mes yeux."
Je souris de plus belle.
"Merci. Je dois t'avouer que je ne sais plus trop quoi faire à présent. J'étais tellement effrayée à l'idée de ce repas que c'est tout ce que j'arrivais à voir. Mais maintenant qu'il est fini... C'est comme si ma vie n'avait plus aucun sens alors que tout reprend comme avant au contraire.
-Théo a beau être mort. Le Soleil continuera à se lever et se coucher comme si de rien n'était."
Je soufflais longuement pour faire sortir toute l'air présente dans mes poumons avant d'inspirer un grand coup.
"J'ai toujours aimé les couchers de Soleil.
-Je préfère l'aurore."
Nous continuâmes à marcher jusqu'au lever du soleil et après avoir admiré le ciel Iris décida de me raccompagner chez moi.
"Je suis désolée à cause de moi tu n'as pas pu dormir.
-Je n'étais pas fatiguée de toute façon.
-Encore merci.
-A tout à l'heure."
Et tout comme Iris l'avait prédis ma vie reprit comme si de rien n'était. Tous les matins j'avais du mal à accéder à la salle de bain et tous les soirs je mangeais avec la famille pleine d'énergie. Surtout en ce moment pour éviter de penser à la date qui se rapprochait à grands pas.
Tous les jours j'allais au lycée avec Marcus et Lucas et j'y retrouvais Iris. Nous continuions à lire et écrire et nous allâmes même à de nombreuses soirées mais personnellement j'avais arrêté de boire tandis que Lucas continuait à enchaine les verres en restant cependant raisonnable évidemment.
Les semaines passèrent avec moi passant toujours autant de temps avec les personnes que j'aimais. Les mois passaient et les meurtres stoppèrent brusquement ce qui avait surpris tout le monde mais nous n'allions pas nous en plaindre. Les années passèrent même tandis que nous continuions notre vie paisible.
Deux années passèrent plus exactement. Lucas, Iris et moi avions eu notre bac avec mention très bien et nous étions partis en vacances tous les trois puis avec toute ma famille la deuxième semaine à la plage. Je n'avais encore jamais été aussi heureuse de toute ma vie.
Camille et Mathieu s'étaient mariés peu après notre entrée à l'Université et nous avons tous fais de notre mieux pour leur organiser le plus beau mariage de l'histoire. Après leur Lune de miel ils nous annoncèrent qu'ils n'allaient pas avoir leur propre appartement mais que Camille allait venir vivre avec nous pour de bons. Nous nous sentions mal voulant leur offrir toute l'intimité et le confort qu'ils méritaient mais ils affirmaient que c'était ce qu'ils souhaitaient.
Lucas et moi étions dans la même licence et Iris était dans la même fac que nous donc nous passâmes autant de temps ensemble qu'avant. La fac n'étant pas loin nous pûmes rester vivre chez nous donc même après être entrés à la fac nos vies ne changèrent pas vraiment. Cela ne me dérangeait pas. Cette continuité était rassurante.
Lucas s'était inscrit dans une association de photographie malgré quelques réticences et j'avais bien fais de le pousser à y aller car parmi les membres il s'est trouvé une petite amie. Une certaine Charlotte que j'appréciais vraiment beaucoup. Je n'avais encore jamais vu de fille aussi gentille mais pas que. Elle était complètement folle mais c'en était amusant. Elle trouva très vite sa place dans notre groupe et nous étions contents de la connaitre. Surtout Lucas évidemment.
Certains de mes frères aussi on trouvé des copines depuis. Marcus s'était mis en couple deux fois en deux ans et s'était de nouveau retrouvé célibataire. Mathis avait intégré son école d'ingénieur où il avait beaucoup de succès mais il n'était intéressé par personne pour le moment. Enfin c'était ce qu'il disait mais nous voyions bien qu'il souriait bêtement quand il recevait des messages d'une certaine personne.
Manoé était en couple depuis trois mois et semblait heureux ce qui nous faisait chaud au cœur. Leur b***e était devenue encore plus connue à cause de l'histoire de meurtre ayant eu lieu sur un de leurs anciens membres. Et encore plus après que tout le monde ait appris quel genre de personne Théo avait été. Manoé a attendu quelques temps avant de le révéler pour que les familles puissent avoir un temps de deuil. Il est même allé les voir en personne pour leur en parler avant de le dire au grand public et je trouvais que c'était une bonne idée.
Maxence était en couple depuis presque un an avec la même fille qu'il avait ramené au fameux dîner qui avait eu lieu deux ans avant.
Et moi? J'allais répondre à cette question très vite. Pour cela je vais vous raconter quelque chose qui s'est passé un soir alors que nous étions invités à une soirée étudiante à la fac.
Lucas et Charlotte étaient partis une heure plus tôt qu'Iris et moi parce que Charlotte devait réviser un contrôle le lendemain. Je n'étais pas des plus déçue à l'idée de passer du temps seule avec ma meilleure amie surtout dans un tel contexte.
La musique englobait tous nos sens et nous laissions aller nos corps au rythme du son. Tandis que je faisais cela je faisais de mon mieux pour faire en sorte d'effleurer le corps d'Iris le plus de fois possible. Elle avait vu clair dans mon jeu et avec un petit sourire en coin posa ses mains sur mes hanches. Je fis de même et nous continuâmes à danser ainsi plus proches que jamais.
Je pouvais sentir son haleine sur mes lèvres ce qui fit naitre un sentiment agréable dans mon bas ventre. Une pensée me rendait folle là tout de suite et c'était de goutter ces magnifiques lèvres. Je m'étais promis que c'était ce soir que je prenais mon courage à deux mains pour le faire. De plus c'était le contexte parfait.
Mais je ne le fis pas. Tout simplement parce que c'était bien trop agréable de danser avec elle comme ça. Cette tension entre nous me tuait mais en même temps je ne voulais pas que ça s'arrête. Je n'avais encore jamais voulu être en couple de toute ma vie donc je devais y aller lentement.
Comme vous l'aurais deviné je ressentais quelque chose pour Iris. Et ce quelque chose était bien plus que du désir. J'en éprouvais aussi mais j'avais de réels sentiments à son égard. Je m'en était rendue compte quelques mois avant cette soirée et depuis je ne vivais que pour penser à ma meilleure amie. Je la voyais dans mes rêves autant que dans la réalité et à chaque fois mon cœur battait la chamade.
Nous étions devenues de plus en plus proches au fil des mois et maintenant que j'y repensais je me rends compte que dès le début j'avais ressenti quelque chose pour elle mais je n'aurais jamais cru qu'une fille allait me plaire un jour. Par défaut je partais du principe que j'étais hétérosexuelle et quand je voyais des hommes à la télé il y en avait certains que je trouvais attirants mais finalement ma sexualité était plus complexe que cela.
Dès le début j'avais été attirée par Iris mais cela ne valait rien face à ces deux années d'amitié où elle a toujours été là pour moi sans exception. J'étais amoureuse de cette fille. Je le savais et apparemment ça se voyait beaucoup. Tous mes frères avaient été au courant avant moi et quand je l'avais annoncé à Lucas dans ma frustration de ne pas arriver à me décider à embrasser Iris, il avait été plus emballé que surpris. Étant déjà en couple avec Charlotte il avait hâte de faire des double dates avec nous. Il était donc celui qui me poussait le plus à me confesser.
Pourquoi est-ce que je devais être celle qui devait se confesser? Parce que c'était clair qu'Iris attendait que je le fasses. Elle avait été honnête avec moi dès le début au sujet de ses sentiments mais à l'époque je n'avais pas encore été consciente de mes émotions. Comme je n'avais encore jamais eu d'amies fille je pensais que ce que je ressentais pour Iris était juste ce qu'on ressentait pour une amie. C'était quand Charlotte a finalement rejoint le groupe que j'ai compris que ce n'était peut-être pas le cas. Une fois que j'avais compris ça tous mes sentiments précédents faisaient sens et j'étais apaisée à l'idée de les avoir compris. Quoi que cet apaisement se suivit très vite d'une surinterprétation maladive, à du stresse, de l'hyperactivité et pleins d'autres choses quand je pensais à Iris.
Nous étions donc l'une en face de l'autre à danser parfaitement apaisées et nous continuâmes de le faire jusqu'à l'aube. Je sentais que j'allais même continuer à danser avec Iris dans mes rêves une fois rentrée.
Nous allâmes donc chercher nos vêtements et Iris m'aida à enfiler mon manteau en prenant soin d'effleurer mes bras nus ce qui me donna la chaire de poule.
Or en sortant de la salle nous fûmes une rencontre pas des plus agréables. Cela arrivait assez souvent malheureusement donc je n'aurais pas été plus choquée que cela mais cette personne était unique en son genre. Dans le mauvais sens du terme.
Je ne vais pas lui donner la parole mais seulement vous faire un résumé des syllabes qui sont sorties de sa bouche puante d'alcoolique.
Il a commencé par nous saluer de la manière dont le ferait un vrai gentleman c'est à dire nous siffler et nous signaler à quel point nous étions charmantes. Ensuite il nous demanda nos numéros mais comme nous avions décliné son offre il nous proposa de nous raccompagner chez nous. Nous refusâmes ce qui ne lui plut pas et il commença à nous insulter ce qui est la réaction la plus logique à avoir.
A ce stade nous nous en fichions et étions plus blasées voir amusées que gênées par cette personne mais quand il vit ma coque de téléphone qui était une coque portant le logo de la b***e de Manoé en grand il se mit à nous parler de ça. Il nous demanda si nous étions fanes de ce groupe mais ne nous laissa pas le temps de répondre et enchaina sur la mort tragique d'un de leurs membres deux ans auparavant. Je me figeais immédiatement et sentis Iris faire de même. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas pensé à cette personne ou aux meurtres en général et cet homme venait de tout gâcher.
Mais encore ça allait. Ce qui me choqua vraiment fut quand il déclara:
"Vous avez entendu qu'apparemment il aurait agressé sexuellement une jeune lycéenne? Elle a sûrement exagéré les fais. Je suis sûr qu'elle a mérité tout ce qui lui est arrivé."
Nos mentons avaient presque touché le sol et j'ignorais si je devais rire ou pleurer. Je ne fis cependant aucun des deux quand je vis qu'Iris allait frapper cet homme en plein visage. Je l'attrapais au dernier moment et la tirais loin de cet enfer. Cependant arrivées à la gare Iris m'annonça en fouillant dans son sac qu'elle avait perdu son téléphone.
Elle se mit donc à courir en empruntant le chemine inverse en me criant de ne pas la suivre et de prendre le train. Évidemment je ne le fis pas. J'étais bien trop aveuglée par mes sentiments pour cela. Je me disais que cela me donnait encore plus de temps en tête à tête avec Iris. Quoi que même si elle avait été juste une amie j'aurais fais la même chose. Je ne l'aurais pas laissée prendre le train toute seule en pleine nuit.
Je faisais donc moi aussi le chemin inverse en marchant plus vite que d'habitude et quand je passais devant la ruelle d'où était sorti l'homme étrange je tournais la tête par réflexe. Je n'aurais peut-être pas dû car ce que je vis me glaça le sang.
Deux silhouettes se tenaient là. Une d'entre elles agenouillé tandis que l'autre plus fine la surplombait de toute sa hauteur. Celui debout tenait un couteau dans sa main. Je le remarquais immédiatement à sa manière de briller dans l'obscurité. Je reconnus même l'objet avant de reconnaitre les silhouettes.