II Où le malheur de Tibério ne fait plus de doute pour Tibério lui-mêmeIl ne faut pas oublier que la raison de la lâcheté de Tibério tenait tout entière dans ceci qu’il ne croyait point la Chiffa coupable. Il la savait coquette à l’extrême, avide des hommages même les plus vulgaires, mais il n’imaginait point qu’elle pût oublier ses devoirs. Cette idée l’avait toujours sauvé des pires brutalités et des plus méchantes résolutions dans ces minutes tragiques où l’homme ne se sent plus séparé du monstre que par un geste et où il a déjà le goût du sang. Si bien que ce moment-là passé, quand il se croyait revenu à la saine notion des choses. Tibério non seulement pardonnait à là Chiffa, mais encore ne gardait guère de rancune à ses amoureux. Comme elle les avait enhardis sans bénéfice pour eux


