Une troisième rive…Sweeney avait pris place sur une chaise métallique aussi large qu’inconfortable. Le dos tourné à la fenêtre, pour tenter d’ignorer la grisaille écossaise, il s’était assis à la droite de sa tante. Allongée sur son lit d’hôpital, la vieille dame avait le teint cireux, et ses bras, plus maigres que jamais, reposaient immobiles au-dessus des draps. Le jeune homme balaya la chambre du regard, contemplant la porte beige et anonyme qui séparait sa tante du service de cancérologie. Puis il remarqua : – Tiens, ils ont installé un second lit ? – Oui, lui confirma tante Midge. L’infirmière m’a prévenue qu’une dame arrivait dans la journée. Ils l’opèrent ce matin. – Ah ? répondit Sweeney, tout en espérant déjà que le moral de la nouvelle occupante ne viendrait pas altérer celui


