Chapitre 12

1373 Mots
Ritah était toute rouge de colère. Elle d’habitude si douce n’arrivait pas à se concentrer sur son travail et manier une seringue avec habileté comme à son habitude. Le tremblement fiévreux de ses doigts l’exaspérait et montrait son trouble. Depuis trois jours qu’elle avait perdu le sourire et se terrait dans un mutisme qui l’éloignait de tous. Elle ne faisait que penser au fait que la femme de Tognawo et son beau-père complotaient un moment plan contre lui. «  Nous réussirons » Que sous-entendait cette déclaration? se questionnait-elle inlassablement. Ritah ne comprenait sachant très bien que ce n'était pas ses affaires, ne pouvait tout de même pas faire comme si de rien n'était, d'autant plus que celui qu'elle aimait pouvait-être en danger.. Se décidant soudain, elle composa lentement le numéro qu’elle avait griffonné en hâte sur un bout de papier. Des secondes s’écoulèrent avant qu’une faible voix ne se fasse entendre à l'autre bout du fil. -           Allo ! -          Oui allo ! Suis-je bien là chez le chirurgien Faye ? Puis-je lui parler ?    Ritah attendit une éternité de seconde. A l’autre bout du fil, le silence se prolongeait. -           Allo !  Allo ! Êtes-vous à l’écoute ? Je demande à parler à Mr Tognawo. -           Oui qui êtes-vous s’il vous plaît ?    -          Qui je suis ? même si je vous le disais  mon nom ne vous dira rien. Alors je pense bien que l'on doive se passer de ces mondanités. Passez moi Tognawo ! -           Que cherchez-vous ?  Le ton ce fit véhément. -          Je vous l’ai déjà dis? Je veux parler à votre maris. -           Il n’est pas là. -           Alors c’est bien parce que j’ai à parler avec toi entre amies. Ritah sentait sa colère monter au fur et à mésure que cette femme lui répondait. Elle l'avait même tutoyer sans s'en rendre compte. -           Entre amies ? Je ne vous connais pas madame. Enfin qui êtes-vous ? -           Eh bien tu vas me connaitre. Je suis celle qui a un enregistrement de toi et ton père il y a de cela trois jours dans la forêt de Saint-julot. Une rencontre qui en vérité n’était pas aussi sécrète que vous le pensiez.  Surtout ne raccrochez pas ! ordonna Ritah -          Je ne comprends rien à ce que vous dites. Etes-vous sûre d’avoir composé le bon numéro ? répondit-elle tout simplement avec un calme qui déconcerta Ritah. Cette femme avait vraiment un don d’acteur. -          Taisez-vous ! Je sais tout de votre combine et j’ai des preuves qui pourront vous surprendre. Le jeu dans lequel vous vous êtes engagée est dangereux. Je vous conseille d’arrêter au risque de vous briser la tête contre un tronc d’arbre parce que je vous assure vous marchez à l’aveuglette chère dame. -           Que savez-vous et qui êtes-vous pour vous permettre de me donner des ordres  ou me menacer ?  -           Attendez et vous allez l’apprendre. Je vais vous expédier une de ces surprises qui j’en suis sûr ne vous laisseront pas indifférente. -          Qui êtes-vous bon sang ? Ecoutez, Tognawo n’est pas avec nous je crois que son père sera le mieux placé pour vous informer. Depuis trois jours je n’ai pas de nouvelles de lui. Même que je suis très inquiète. -          Je te fais une révérence. Tu es une très grande actrice. -           Croyez-moi madame. Mon mari est parti et il n’est plus revenu. Il devait se rendre chez son père. Je l’ai- bien sur cherché de ce côté mais ils ne savent non plus où il serait. Je ne comprends rien. Nous avions averti la police et lancé des avis de recherche. Je suis hantée par l’espoir de le retrouver. «  Pour le nuire » pensa Ritah avec amertume.  -           Que la peste se saisisse de vous ! cria Ritah  avec rage dans le combiné téléphonique avant de raccrocher. Si seulement elle pouvait arracher les yeux à cette femme !                         *** Pour la centième fois Ewokpe essuya la sueur qui se  formait sans cesse sur son visage. Il suffit qu’elle se replonge dans ses idées pour que ces gouttes de sueur viennent perler à son front comme de la rosée. Le pli cacheté qui reposait sur la table près d’elle semblait lui faire peur. C’était comme une bombe à retardement  et il suffirait d’une petite maladresse de sa part pour tout faire exploser. Que contenait ce colis portant le nom que le facteur venait de lui remettre? Elle entendait encore cette horrible voix de femme crier : «  Que la peste se saisisse de vous! » Qui pouvait-elle bien être ? Une conquête de Tognawo ? Cela signifierait qu’il savait tout et qu’il jouait le jeu juste pour s’amuser? La femme avait dit : « Je vais vous expédier une de ces petites surprises qui ne vous laissera pas indifférente. » Que pouvait alors être cette surprise ? Ce paquet devant elle ? Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit fébrilement la grosse enveloppe et éparpilla sur la table son contenu. Le coupe papier qu’elle utilisa pour ouvrir l’enveloppe tomba de sa main. Ewokpe resta un moment interdite devant la copie des morceaux de presse qui s’étaient dispersés sur la table. Sur l’une des photos elle reconnut son père plus jeune. Elle vit sa propre photo avec un titre : « Qui est cette fille qui flotte sur l’eau ? Un vodou ? » Une seule phrase accompagnait ses copies de portion de presses. L’expéditeur prenant soin de parer à toute possibilité de remonter à lui avait dactylographié son message. Ewokpe se sentait prise à son propre piège. Qui pouvait garder ces journaux de plus de vingt ans ? Un seul nom lui vint en tête : Mr Faye–Edem parce que ces journaux avaient un point commun avec l'histoire de sa vie. Qui  d’autre aurait eu intérêt à archiver ces presses ?  Ewokpe lut et relut la note sans y trouver d'indice. Le papier était des plus ordinaires pour constituer une piste .Qui pouvait donc se cacher derrière cette voix de femme ?  Un commanditaire du vieux Faye peut être. «  O mère c’est ta mémoire que je défends. «  C’est ta cause que je soutiens et je vis pour elle. Ne me laisse pas m’effondrer dans les mains de l’ennemi. «  Me révéleras-tu qui cette femme est ? O mère aides-moi. «  Tu ne permettras pas notre défaite face à l’ennemi. «  J’ai juré vengeance et j’irai au bout de mon devoir. «  Si honorer ta mémoire est mon destin. Je n’ai pas peur. «  Je suivrai mon chemin sans peur jusqu’au bout.                                                                                                                           Après avoir murmuré cette silencieuse prière, Ewokpe lança un long soupir qui n’était pas de soulagement mais de désespoir. Si cette personne défendant Tognawo savait quelque chose et . . .  Elle avait même parlé de la grotte des dieux Kalimera. Toute cette affaire ne tournait plus rond. Et pire, pourquoi Tognawo se cachait-il ? Sa disparition n'avait l'air d'inquiéter personne d'autre à part elle. Etait-elle tombée dans son propre piège? Ewokpe ne savait plus qui penser. Pour elle, son secret était mis à jour et tout le monde luiavait fait croire qu'ils étaient à sa merci..Comme ils devaient bien rire derrière elle, pensa-t-elle le coeur lourd. A quoi aurait donc servit toutes ces années de soumission hypocrite si Tognawo savait tout. La fille de vodou essuya hâtivement une larme puis un filet de morve qui allait à la conquête de ses lèvres. Elle s’assit à même le sol, bouleversée. Elle crût comprend sa réaction quand elle lui avait annoner qu’elle était enceinte. Il savait que cette grossesse n'était qu'un jeu. Il avait répondu sur un ton chargé de mépris àpres elle lui ait demandé : « Tu ne dis rien ? » et lui de répondre : « Que veux-tu que je dise ? » Tout maintenant prenait sens dans sa tête. Tognawo se préparait tout simplement pour contrer ses plans. Le coup avait été parfait inédit. Cette dispute entre le père et le fils dans le bureau...ces enveloppes jaunes qui traînaient un peu trop partout pour être naturelles...  La femme du téléphone ignorait-elle vraiment où se cachait le jeune chirurgien ? Ou alors son injonction RELACHEZ LE ! était un piège...  
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