Chapitre 11

2009 Mots
Faye Edem regardait son fils avec des yeux pleins de colère. Lui si volubile perdait sa voix. La tension était palpable entre eux. Il avait fermé la porte de son bureau afin de maintenir à l'écart les oreilles indiscrètes et remerciait le ciel que sa femme soit absente. Il n'aurait su quoi lui dire si elle avait surpris leur discussion; d'autant plus qu'elle ne cessait de lui poser des questions gênantes. Faye Edem pensait pouvoir tirer du nez de son fils l’aveu du vol organisé. Le vol de la précieuse pierre qui valait des centaines de millions mais il ne cessait de se heurter au refus de Tognawo à admettre la vérité et sa responsabilité dans l'affaire. Tognawo maintenait comme quoi il n'avait rien à voir avec toute cette histoire. Il le toisait même avec mépris, ce qui ne fit qu'accroître la colère de son père. -         Vas-tu enfin me répondre honnêtement? où as-tu caché ce bijou et qui sont tes complices ? se maintenait d'hurler Faye senior alors que ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Comment as-tu pu bon sang ? Tu veux que j'aille en prison? Que je me fasse humilié? Tognawo le regardait d’un air condescendant, une expression maussade dans le regard puis murmura.: -          Me crois-tu capable d’un tel acte ? Edem perdit patience. Il tint son fils par le col, l’obligeant à se lever  mais Tognawo restait de marbre et attendait que le poing de son père s’abatte sur son visage mais il n'en fit rien, se contentant de le pousser de façon franchement hostile.          -          Tu es indigne de moi ... Un sentiment aigu d’impuissance le gagnait alors que le temps passait et son fils ne lui avouait rien. Le vol de ce bijou n’était pas affaire à  dénoncer à la police pour enquête. Sans plus réfléchir Faye senior arracha le combiné  téléphonique avec rage puis composa un numéro sous les yeux hagards de son fils. Une longue discussion  à bâton romput s’en suivit. Un long silence s'installa puis Edem se remit à parler. Sin interlocuteur jurait sûrement avoir envoyer la marchandise telle qu'elle devait l'être, pensa Tognawo.  « Non il n'y a pas eu de vol ! » le ton catégorique que son père avait utiliser pour trancher cette affaire étonna Tognawo. Comment pouvait-il jurer qu’il n’y avait pas eu de vol  alors que quelques minutes plutôt il accusait avec férocité son propre son fils. Un long temps s’écoula avant qu’il ne déposa le combiné avec un flegme déconcertant. -           Père tu es horrible ! laissa tomber Tognawo en le regardant d'un air de mépris. -          Je le suis et je le reconnais. -          Tu ... -          Parles, dis tout ce qui te traverse l’esprit comme insulte mais épargne moi tes remarque stupides. Que tu dises ne pas être mêlé à tout ceci,  je te crois et je te prie de me pardonner de m’être emporté, trancha-t-il. Le mépris qu’il lut dans le regard de son fils entama son assurance. Il ne supportait pas le mutisme de ce dernier. Etait-il seulement vraiment innocent ou mêlait-t-il de la comédie à son hypocrisie. A tous deux le silence faisait l’effet  d’une douche froide. Enfin, Tognawo se leva et d’une voix trop calme dit : -           Eh bien si tu n’as plus rien à me dire je te prie de m’ouvrir la porte. -           Tout ce que j'ai eu à faire c’est aussi bien pour toi, pour moi que pour ta mère. Je suis profondément désolé de mêler ma famille à tous ceci. -           Cette porte, tu comptes l'ouvrir? questionna Tognawo. Le vieux Faye fouilla fébrilement sa poche et il laissa tomber sur le bureau en verre laqué un trousseau de clé. Tognawo s’en saisi et ouvrit la porte pour fuir cet endroit où il avait limpression de suffoquer. La cour atteinte, il huma tout d’abord une bouffée d’air frais pour oxygéner ses poumons puis hâta le pas vers sa voiture, manquant de rentrer en collision avec le gardien qui sétait précipité pour lui ouvrir la portière.  Une fois assit au volant de sa voiture, Tognawo claqua avec force la portière puis démarra  en trombe. Il tint fermement le volant en se forçant à rester concentré sur sa trajectoire. Tout d’un coup, il appuya rageusement sur le frein  qui arrêta le véhicule dans une plainte pitoyable. Tognawo ouvrit alors l’une des portières puis mit pied à terre. De sa silhouette athlétique soulignée par un superbe pantalon de flanelle gris et une chemise rayée rouge dont les manches courtes lui arrivaient aux coudes; il s’avança lentement à travers la foule de personne aux mines patibulaires. Il avait compris qu’il ne  pourrait tenir plus longtemps sur cette route sans faire un  de ces accidents suicidaires. Son état était alarmant et il en avait pleine conscience, seulement, il n’en pouvait rien.  Sa vie était un cauchemar. En y repensant, il aurait tout au moins pu dire ses quatre vérités à ce père qui croyait agir pour le bien de sa famille. Il aurait pu se soulager en vomissant tout le mépris qui assiégeait son cœur mais alors pourquoi restait-t-il muet, à faire comme si aucun de tous ces évènements ne l'atteignait. Tognawo se faufilait toujours entre la foule. Il se créait un passage infiniment étroit dans lequel il s’insérait, tellement  les hommes se pressaient contre lui. Une femme derrière lui pressait contre son dos ses gros seins de sorte qu'il fut tenté de lui demander si elle le faisait sciemment ou si c’était réellement dû au manque d"espace. Bien que ce contacte ne lui déplaisait, le jeune chirurgien essaya sans succès de se dégager de cette insolite étreinte. La femme semblait ne pas lâcher prise parce que plus il essayait de s'éloigner, plus elle se frottait contre lui. Ce quartier communément appelé "Hollando" se situe non loin de la côte et bénéficie un temps soit peu de la fraicheur maritime, pourtant à cette heure àm le soleil était déjà au zénith et où revendeuses, motocyclites...se bousculaient, il n'y avait pas grand chose à apprécier. Tognawo commençait à prendre plaisir à la chaleur de la poitrine qui se frottait toujours contre son dos. Oui cette chaleur soudaine lui donnait vie et il crut même qu'il pouvait en oublier ses sombres tourments. En quelques minutes l'embouteillage humain s'était dissipé puis Tognawo sentit la femme aux gros seins  s'arrêta dans son jeu de provocation pour continuer son chemin. Il se retourna subitement et vit qu'elle lui sourait sans vergogne en lui faisant un signe de la main. Il répondit machinalement à ce geste puis lorsqu'il la vit s'arrêter face à un étalage de fournitures scolaire comme pour acheter quelque chose, Tognawo s’approcha et demanda d'une petite voix : -          Élève ? Le ton innocent sur lequel la question avait été posée fit tout d'abord sourire la belle inconue puis elle se mit à rire. -           Moi ? j’ai passé l’âge des bancs. -          Alors je suppose que c’est pour votre enfant. -           Encore vous vous trompez. -           Je dois faire un très mauvais détective alors. -           C’est bien ce que je pense.  La revendeuse leur jeta un regard affaireux puis reprit aussitôt sa manoeuvre. -           Je veux acheter ces articles pour ma sœur cadette. Vous comprenez? Elle n’a que moi pour l’aider car nos parents ne sont plus de ce monde.  -          Je vois, fit Tognawo ne sachant comment réagir à autant d'informations dans une seule phrase. Se faisant galant, il acheta un lot de cahiers à la sœur hypothétique. La jeune femme le remercia puis décida de se présenter : -          Je m’appelle Tanti. Et vous ? -           Moi ? Euh je suis ... Je suis baptisé Richard  mais appelez-moi Tognawo. -          Tognawo !  -           Oui. Vous n’aimez pas ? -           Mais si que j’aime. J’espère tout au moins que vous êtes un homme véridique comme le désigne si bien votre prénom. Tognawo rit doucement. -           Je peux vous tutoyer? questionna-t-il. -           Oui. Je n'ai aucun souci avec celà. -           D'accord, merci. Alors toi aussi tu as un petit nom autre que Tanti n’est-ce pas ?      -           Oui je me prénomme Akpénè mais tout le monde m’appelle Tanti. -           Humm Akpénè...très joli nom. -          Merci.  Absorbé par leur discussion, ils ne se rendaient pas compte du remue-ménage qui s'élevait soudainement autour d’eux. Un jeune homme dont les vêtements avait été déchiré se frayait sans difficulté un chemin entre la foule.   -           Encore un voleu ... Tanti ne put terminer sa phrase. Le voleur fonçait de toute sa masse de g*****e droit sur eux. Elle poussa un cri d’effroi pour avertir Tognawo qui faisait dos à la scène. Le jeune chirurgien comprit l’avertissement et s’écarta à temps. Ce voleur n’avait surtout pas l’intention de s’arrêter devant un obstacle quel qu’il soit. Tout le monde s’écartait sur son passage craignant de se faire écraser. Une courageuse femme essaya de le tenir par le pan de sa chemise à moitié déchiré mais il se dégagea vivement sans ralentir, entrainant la femme dans une effroyable chute qui fit élever un  « oooooh  » général. Un jeune homme surgit à son tour de nul part et plaça habilement son pied sur la trajectoire du malfrat. Le truand tomba en émettant un horrible cri. Tout le monde se rua aussitôt sur lui puis ils commencèrent à le frapper avec tout ce qui leur tombait sous la main. Tognawo trouva cela inhumain et voulu se porter à son secours en proposant de l’emmener au poste de police. Le cri de Tanti pour l'en empêcher lui atterit à peine à l'oreille. Il ne vit pas le coup venir. Le lourd bâton s’était déjà abattu sur sa tête. Un mince filet de sang s’échappa aussitôt d’une blessure qui s’ouvrit béante. Tognawo tomba évanouit sur le coup. Profitant d’une seconde d’inattention de ses agresseurs qui se penchaient sur la nouvelle victime, le voleur se leva sans tituber et s’éclipsa. Akpene se mit à crier le nom de ce charmant homme qui mourrait à chaque secondes qui passaient en vain. «  Aidez-moi ... Aidez-moi s’il vous plaît. Il...il risque de mourir » suppliait-elle alors que tout le monde restait là à la regarder béatement.  Un gentleman sortit de la foule, héla avec force un taxi puis aidé par deux autres jeunes hommes robustes y installla Tognawo.  Le taxi prit son élan puis le conducteur se mit à klaxonner en alerte roulait à vive allure. L’affolement avait défiguré Tanti. Elle souffrait vraiment pour ce jeune homme à peine rencontré. Dans le silence, la respiration de Tognawo devenait irrégulière puis comme par magie il ouvrit faiblement les yeux et se mit à parler. Akpene dut approcher la tête en se courbant sur lui pour mieux entendre ce qu’il disait. -            Non pas à l’hôpital. Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas que vous m’ameniez à cet hôpital. -           Quel hôpital ? -          Agoè le grand centre de ... -           Pourquoi ? c’est le meilleur ...    Le taximan intervint sur le ton d'un reproche : -           Ne le fatiguez pas avec vos questions. -           Mais où devrions nous l’amener ? J'ai vérifier sa carte d'identé et...c’est un docteur dans ce centre. Je ne lui connais aucun parent parce qu'on vient à peine de se rencontrer mais il a dit. . . -            Qu'il ne veut pas aller dans ce centre, acheva le taximan. -          Oui. -           Même s’il voulait y aller pensiez-vous que nous pourrons aller jusque là? Il serait mort à notre arrivée. -           Oui c'est vrai. Il a perdu assez de sang et je sens sa respiration très irrégulière. -           Donc ce n’est pas un parent à vous. -           Non, répondit-elle sèchement. Où allons-nous alors ? -          Dans une petite clinique pas loin d’ici. Le service est fiable.  Nous serons bientôt arrivés. -           Combien pour la course ? -           Non c’est gratis. -           Oh merci vous êtes bon, fit Tanti. -           Non la bonté c’est vous qui l’incarnez en aidant ainsi un inconnu.  Elle sourit malgré elle puis pria intérieurement pour que ce bel homme s'en sorte sain.                  
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