Chapitre 5

1425 Mots
Le vieux docteur Faye regardait avec impatience sa montre. Le nœud de sa cravate, ne s’ajustait pas exactement à l’angle du col. Il passait de temps à autre une main ridée dans ses cheveux. Le père de Tognawo était bouleversé. Il ne voulait pas admettre ce qui lui arrivait. Surtout pas que tout son dévouement depuis des décennies pour voiler son secret puisse être chose vaine par la faute de son fils qui se permettait des gamineries. Sa dignité risque d’être ternie à jamais. Son commerce secret si bien entretenu jusqu’alors tomberait dans des mains étrangères. Tognawo ne pouvait cesser d’exercer la médicine comme il le faisait entendre à qui le voulait. Monsieur Faye se rendit compte de son erreur. Il se rendit compte de la folie de grandeur qui l’avait fait signer le contrat usurier qui faisait de lui l’un des médecins les plus respectés de son temps. Un contrat qui  risquait aussi de le détruire si son fils maintenait sa position de ne plus porter une blouse de médecine. Pourra t-il comprendre si son père devait tout lui expliquer ? Le vieil homme se sentait pris au piège de sa vie de corrompu. Une vie qu’il avait gardé saine jusqu’au jour où l’un de ses amis vint lui faire une proposition. Il était encore jeune et suivait encore des études en médecine général : [...] « Faye, as tu appris qu’il sera construit un grand centre de santé dans notre village ? » « Oui je l’ai appris. » « Seulement il y a une chose que tu ignores. Cette chose est que ce centre va être construit par une grande société métropolitaine de produits pharmaceutique. Figure-toi qu’ils recherchent une personne ayant déjà le titre de médecin et surtout venant du milieu. » « Pourquoi alors? » « Pour le nommer directeur. » « Pour une personne qualifié je n’en doute pas qu’il n’en manque pas chez eux. Alors pourquoi me dis-tu tout ceci ? Si ce que je pense est ce que tu crois alors désillusionne toi je n’ai aucune chance pour ce poste.!   Faye se replongea dans la lecture de son livre de science son ami le considéra un instant avec un sérieux accru le jaugeant du regard.  « Tu feras l’affaire mon ami » « Ne sois pas ridicule. De nos jours l’on ne trouve plus un bon travail seulement avec un bon diplôme. Il faut une référence et ceci malheureusement ce défini comme un parent influent capable de rendre la pareil à celui qui donne le boulot ou encore les dessous de table. Alors dis-moi qui me connait pour peser dans la balance en ma faveur ? » « Moi je te connais et je te propose ce poste qui ... »  Mr Faye sourit et rabaissa la tête pour continuer sa lecture mais déjà son ami achevait sa phrase  « ... pour toi est une grande opportunité à bien analyser puisqu’elle n’est pas sans risque. Tu deviendras très vite riche mais se sera au risque de ta vie; de ton honneur. Mais tu seras un homme riche mon ami. Un homme très riche.»  Faye leva la tête de son livre fixa intensément l’homme jeune à l’aspect d’un vieux qui très sûr de lui s’adressait à lui.  « De quoi parles-tu ? » « J’ai déjà un travail similaire à celui que je m’en vais te proposer. Mais sache que si je me suis adressé a toi et non à quelqu’un d’autre c’est parce que j’ai un profond respect pour toi je t’estime énormément mon grand ami. » « Qu’est ce que c’est ? »  L’homme le fixa une seconde comme pour juger de l’effet de son préambule. Il cligna des yeux trois fois ; avala salive et fit une mimique comme si elle était amère. Alors, il plongea son regard dans le vide au dessus de sa tête puis commença par parler sans plus regarder son ami.  « Comme je le disais c’est une très grande société de produit de beauté… euh …eh bien voila. Le nouveau centre de santé aura à lui fournir les placentas des femmes qui y viendrons accoucher ; cela pour la fabrication de quelques produits de beauté mais là n’est pas le problème. Dans la livraison des pharmaceutiques dons aura besoin le centre, sera aussi a chaque fois livré de . . . promet moi de ne pas me trahir mon bon ami. » « Où veux-tu en venir ? » « Il sera livré de la yohimbine de la cantharidine...de la d****e et beaucoup d’autres choses pas très bonne pour une personne vraiment honnête. Mais il va te falloir comprendre que l'honnêteté n'est plus l'apanage de l'homme de nos jours. Il te suffira de livrer ces choses a des personnes qui te seront indiquées par une lettre sécrète » « Qu’est ce que la yohimbine? Et la cantharidine » « Ce sont des aphrodisiaques. » « Ah ! N’est ce pas la yohimbine qui guérit la constipation chronique et facilite les menstruations ? » « Voila un bon médecin .Bien sur que tels sont leurs rôles primaire mais, ils sont aussi de très puissants aphrodisiaque. Et il faut à notre société importer ces choses en quantité importante. » « Donc l’hôpital n’est que couverture? » questionna  Faye en se grattant distraitement le front.  Les années s’étaient écoulées ; vingt deux ans pour être précis. Avec à la tête du centre de santé. Mr Faye qui très vite se créa un enviable patrimoine dont l’imposante maison où vivait sa femme et son seul fils. La vie ne peut être que splendeur et bonheur. Mais elle est aussi souvent un étrange filet sans issue qui en se resserrant, vous emprisonné, vous étouffe ; vous rend la vie morne, poisseuse et invivable.  L’inattendu devait se produire.  Mr Faye s’était fait agresser par un groupe de voleur qui le dépouilla de sa marchandise illicite (plusieurs Pierres de diamant d’une valeur inestimable) ses supérieurs ne voulaient rien entendre. Il lui fallait payer . Sa fortune se fondit dans cette dette comme du beurre au soleil. Il se lança dans les jeux de hasard pour oublier puis l développa un penchant exagéré pour le jeu où il finit de gaspiller ses économies si difficilement acquis depuis plusieurs années. Il devait hypothéquer sa belle maison pour satisfaire à l’exigence de ses créanciers. Mais voila sa retraite, s’annonçait. Il lui fallait trouver le moyen de récupérer le titre foncier de sa maison de la main des usuriers au risque d’y être expulsé. Si Tognawo restait dans la médecine, voila un grand atout. Il y avait grande chance qu’on lui octroi le poste de son père à la retraite de ce dernier pour ne pas risquer d’ébruiter l’activité illicite du centre de sante. En cogitant, Mr Faye voyait en son fils la solution a ses problèmes. Il pourra toujours contrôler son activité de mafieux si son fils dirigeait le centre. Il pourrait alors payer ses créanciers sans qu'ils aient la joie de le honnir en l’expulsant de chez lui. Tognawo devait continuer par faire la médicine mais, lui ne pensait qu’a une chose tout laisser tomber et se livrer à ce qui l’avait toujours passionné : écrire un roman.  Le vieux Faye regarda pour une dernière fois sa montre. Son visage reflétait d'effectives traces de douleurs. L’ornière dans lequel il se trouvait le rendait à la fois triste et mauvais. De temps en temps, il faisait le tour de sa maison admirant sa splendeur ; humant son air frais. La luxuriance de l’essence végétal retenait un moment son attention et une envie lui venait : celle de pleurer. Que deviendrait-il si l’on devait l’expulser de cette maison ! Ce petit paradis qu’il avait construit de ses mains et qui avait vu les jours de sa jeunesse s’écouler comme une rivière incapable de faire une marche arrière. Maintenant qu’il passait la cinquantaine, maintenant qu’il devait se reposer… A chaque fois qu’il jetait un coup d’œil à sa montre, la grossière évidence de son échec se présentait à lui encore plus proche. Il maudissait et surtout méprisait le temps qui ne cessait son éternelle promenade. Si seulement, le temps pouvait s’arrêter ; s’estomper. Il hâterait le pas pour payer ses créanciers avant le jour fatidique de sa retraite qui n’est que proche. Il rétablirait l’ordre de sa vie. Il reprendrait son initiale position de commandeur ; de riche homme. Lui, l’honorable docteur Faye expulsé de chez lui pour dette. Sa femme en mourrait de honte et son fils ne le lui pardonnerait jamais.
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