XLIXLe sommeil de blancheMax n’alla pas droit à sa chambre, il pensa à sa sœur, il entra chez elle en cachant son pistolet. Blanche dormait dans son lit tout blanc. Sa chambre était comme un paradis. Le plafond était un ciel étoilé avec des groupes d’anges qui semblaient la protéger dans son sommeil. Un beau christ d’ivoire, sculpté par ces sublimes inconnus de Pise qui s’inquiétaient bien plus d’être de grands artistes que de laisser un grand nom, était appendu au-dessous d’un miroir de Venise, une merveille de Murano. M. Auvray, qui avait mis son âme et son art dans l’ameublement de cette chambre, s’était dit qu’en plaçant le Christ au-dessus du miroir il empêcherait sa fille de trop se complaire à sa beauté. La coquetterie n’aurait pas prise sur elle, l’amour du péché n’envahirait pas


