Le buronLeur table était située au fond de la salle, à droite de la monumentale cheminée de pierre. Au-dessus de leurs têtes, un chat sauvage naturalisé, épinglé à sa tablette, se préparait à bondir. L’une des billes de verre qui lui servaient d’yeux était tombée, découvrant l’orbite noire. Ils finissaient de déjeuner. En ce troisième lundi de septembre, la clientèle du Relais du Prieuré était assez clairsemée, des étrangers pour la plupart, vacanciers de la dernière heure en chemises fleuries et robes légères, que le renom du lieu ou la cueillette des girolles et des premiers babis-sous avaient attirés sur l’Aubrac. On causait dru, visages peinturlurés par la bonne chère et l’air revigorant des hauteurs, on tétait le cigare, on s’esclaffait, débraillés et béats, dans l’euphorie conjuguée


