Le visiteurPour la seconde fois en moins de vingt-quatre heures, elle se trouvait seule à la villa. Serge était descendu à Espalion pour y faire des courses. Il avait passé en revue le frigo, les placards également vides, s’était exclamé : — Même pas une boîte de petits pois ! Michel doit vivre d’amour et d’eau fraîche ! Il avait tenu à aller lui-même aux provisions. — Il vaut mieux que tu ne te montres pas de trop : on ne sait jamais ! Cette subite prudence n’avait fait qu’alourdir les pensées de Séverine. Elle erra par la maison, tendue, méfiante. Le craquement d’une boiserie, d’une lame de parquet la transperçait, se répercutait dans ses nerfs. Elle se répéta : ça doit être l’orage... La chaleur était étouffante. Séverine s’avançait dans une touffeur de cave, comme si tout, muraill


