Tout le monde pianotait donc sur son écran. Plus personne ne sortait ; la ville était morte, seuls quelques goélands curieux et beaucoup de rats satisfaits déambulaient dans les rues désertes. D’énormes tas d’ordures commençaient à envahir les trottoirs et le recoin des placettes, mais, étonnamment, l’épaisseur des gouttelettes en suspension semblait contenir les mauvaises odeurs. La ville était sale, peuplée d’animaux et silencieuse, mais elle ne puait pas encore, rare réconfort pour Gilles Nouvet qui, de temps en temps, effectuait en immersion quelques enjambées sur la place de l’hôtel de ville, accompagné de ses adjoints frigorifiés. Il appelait la préfecture toutes les heures pour se rassurer ; la météorologie nationale ne répondait plus à son impatience, quant aux pompiers, ils avaien


