tête comme si la première fois qu’ils se trouvaient en présence d’un homme qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.
Sans avoir quelque sentiment de pitié à son égard, ils l’ont obligé de quitter illico presto la maison de leur mère. Sur ces entrefaites, Yamna s’agrippa à son cou en lui déchirant le col de sa chemise et griffant son visage ridé, lugubre et triste avec ses ongles longs et bien acérés.
Leur fils aîné s’interposa entre eux pour les séparer. Il demanda à sa mère de garder son sang froid et essayer de résoudre ses problèmes avec lui sans en venir aux mains.
Mekki stupéfait de la réaction de sa femme lui dit :
— Je n’ai jamais pensé qu’un jour tu lèveras la main sur moi en me traitant de la sorte.
— Tu mérites plus que ça, vociféra-t-elle. Si j’avais eu une arme à feu, je t’aurais tué au risque de passer le restant de ma vie en prison. Ce serait le choix idéal pour moi plutôt que celui de vivre encore à tes côtés. Tu me dégoûtes ! Tu me dégoûtes ! Je ne supporte plus l’homme vilain et méchant que tu es. Ma vie avec toi n’a plus de sens. Ce qui importe le mieux pour toi, c’est que tu partes avant que les choses ne tournent au vinaigre entre nous. Continuer à être la femme d’un type acariâtre comme toi, me met mal à l’aise et pourrait me pousser à me venger de toutes les brimades que tu as fait subir aux ouvriers du Douar et encore moins tes mensonges pour faire de moi ta femme aux yeux de laquelle tu t’es montré stupide et non respectueux de tes engagements de mari. Tes façons de te comporter à mon égard ne m’ont donné à ce jour que du fil à retordre et je pense que la meilleure solution pour mettre un terme à ce mariage chancelant c’est la séparation définitive.
— Si tu es vraiment résolue à cette solution, dit-il, laisse-moi passer la nuit ici et demain je partirai vivre dans un autre coin où je passerai le restant de mes jours.
— Je t’accorde cette faveur pour seulement une nuit, mais demain, tu mettras le cap vers le lieu qui te semble bon, répliqua-t-elle.
Mekki se sentit encore humilié et rejeté par Yamna qui était en début de leur liaison la pupille de ses yeux. Sont mariage avec elle n’était pas du tout fortuit. Il était au contraire planifié et bien initié.
Tous ceux qui avaient contribué à sa réalisation étaient des gens de la mauvaise graine qui plaçaient leur intérêt personnel avant celui des autres. Ils ne se lésinaient pas sur les efforts en matière de malice et de ruse pour faire aboutir ce satané projet.
A vrai dire, ils n’avaient rien fait de bon que de filer du mauvais coton pour contribuer à la dislocation de deux familles où les enfants des uns et des autres auraient dû vivre dans le giron de leur mère irremplaçable à tout jamais.
Un homme qui se respecte devait s’interdire de s’engager dans de mauvaises pistes et s’accordait le temps de réfléchir avant de se lancer dans une action banale dont les répercussions n’étaient que lourdes et fâcheuses.
Le cas de figure Mekki était considéré comme étant une affaire louche. Elle ne pouvait être qu’un exemple parmi d’autres qui n’en manque pas de défrayer la chronique et faire couler beaucoup d’encre.
Se permettre de s’emparer illégalement de la femme d’un autre ne pouvait être que de l’ordre d’un crime passible de châtiment et de vindicte publique.
Au moment où Khamis, Sfia et les enfants prenaient le chemin du retour à l’étranger, Mekki était planté sur le côté bas de la route goudronnée. Il était faire de l’auto stop. Il tourna la tête vers une autre direction pour éviter de croiser son regard avec celui de Khamis et sa sœur à bord de la voiture qui passait devant lui à une allure vive. Mekki, qui la suivit de regard jusqu’à sa disparition, fit timidement un geste à la main pour qu’un pick-up en partance au village arrêtât pour le transporter.
Fin