Bonne journée !

1556 Mots
Je n'ai jamais réellement appréciée les acoustiques dans l'immeuble de Alexis et Armin, mes talons résonnent tellement à chaque fois que je marche le long de leur hall d'entrée.  Un soupire m'échappe alors que je suis en face de la cage d'ascenseur.  Machinalement, mon doigt appuie sur le bouton de l'ascenseur. J'attends, tranquillement qu'il arrive au rais de chaussée, quand mon sac se met encore à vibrer de toutes ses forces. Cette fois j'ai appris la leçon, j'ai rangé mon téléphone dans une poche spécifique à l'intérieur de mon sac.  Encore une fois, je décroche sans réellement savoir qui m'appelle, me contente d'un générique: - Allô ? C'est qui à l'appareil ?  - Je ne pensais pas que vous m'oublieriez si vite.  Mon cœur fait un bon dans ma poitrine !  Je regarde autour de moi, à première vue je semble seule. Du moins... A première vue. Je ne pense pas cacher ma surprise, tandis que je lui demande :  - Je ... Je ... Adrian, je ne comprends pas, pourquoi maintenant ?  - J'avais quelques minutes de libres, et je me suis dit que j'allais vous appeler.    Un rire léger s'empare de moi, et les portes de l'ascenseur s'ouvrent à ce même instant. Je n'ai aucune envie de monter dans cet ascenseur.  J'appuie sur le bouton pour les refermer aussitôt, fait quelques pas sur le côté pour me retirer vers un point qui serait plus adapté à ma discussion et en même temps que je me déplace, des mots matérialisent ma pensée sous forme de phrases qui se créent à l'arrière de mon Lobe Frontal, et la discussion se nourrit des fruits de ma réflexion:  - Comment pouvez vous agir comme si rien ne c'était passé ?    C'est tellement, bonifiant de t'entendre sourire de l'autre côté de l'appareil.   - Peut être parce que je connais la vérité.  - La vérité ? Comment ça ?    Je m'adosse contre un mur de la cage à escalier et me laisse glisser le long du mur jusqu'à ce que mes fesses touchent la première marche des escaliers.  - Vous n'êtes réellement pas très fairplay, Mikaela ...  - Et vous êtes un accro du mystère.  Cette fois c'est un rire franc qui t'échappe.  - Au moins, je reste honnête.  Il reste honnête ? Merde ! Il a découvert pour qui je travaille ? Il commence à me faire flipper. Je craque, quand je lui murmure :  - Adrian ... Qu'avez vous découvert ? La sensualité, le plus laid vice de l'homme, sa plus grande faiblesse, et une arme de choix pour les femmes. Sur un ton si suave, comment vas tu répondre Adrian ?  - Que vous n'êtes pas en couple. Me balances-tu sans arrondir les angles.  Quelques secondes de panique s'empare de moi.  Quand on ment une fois, il est difficile de ne pas recommencer.  Cependant, j'ai envie d'être honnête, j'ai envie de te dire tout ce que je pense, tout ce qui m'arrive, même si ça reviendrait à te perdre, en un sens, je voudrais te dire la vérité.  Il est vrai, qu'il ne s'agira pas de toute la vérité en soi, mais au moins, je ne te mentirais pas sur ce que je ressens.  - Je me sens totalement perdue. Je suis terrifiée. C'est la première fois de ma vie, que je ressens ça, je ne sais pas quoi faire. J'ai peur... - Connaissant votre caractère, je ne pensais pas que vous opteriez pour la fuite.  - Les gens sont rarement, se qu'ils montrent.  Je souffle contre le haut parleur, avant d'ajouter :  - Vous avez pu le constater, ce soir là. - Mikaela ?  -oui, Adrian... - Vous m'avez manqué.  Je glousse, si il était en face de moi je l'aurais surement embrasser, mais comme il n'est pas là, autant entrer dans le monde des clichés.   - Vous aussi. Comme c'est étrange de se vouvoyer dans ce genre de moments.  Comme c'est peu étonnant de me voir réagir de cette façon.  Comme il serait intéressant, de le faire ... De lui dire, ce pronom qui brule d'envie de sortir de ma gorge. - Tu m'as manqué Adrian. Tu m'as terriblement manqué.  Je savais que le silence allait s'installer, je savais, que nous serions dans l'incapacité de se dire quoi que se soit, un long moment, un long et dur moment.  La tension qui tire sur mes artères est bien réelle, elle est palpable, incontrôlable, je sens mon cœur se comprimer, d'envies, de pensées. Je sens mes mains tremblées, je me sens me perdre peu à peu dans un flux de sensations, mes yeux se ferment, quand je les entends, ses mots si lourds de sens, si doux, enivrants... Je pourrais me nourrir de ses mots, de cet addictif nectar jusqu'à ma mort sans jamais me plaindre, sans jamais préférer une autre saveur que celle là.  - Vous êtes réellement en train de me rendre fou.  M'avoues tu dans un murmure comme lors d'une confession intime, faite alors que nous aurions été côté à côte, ensemble, dans un lit que nous aurions partagé toute la nuit.  J'expire lentement, j'ai besoin d'air. Adrian... J'ai un tel besoin de respirer.  - C'est moi, qui devrait être à plaindre, je suis une femme tellement sensible.  Un conte de fée, ton rire me rappelle, une histoire que l'on raconte au coin du feu, en compagnie de sa famille, de ses amis, entourés des personnes que l'on aiment. Ce rire que tu viens d'émettre, repend en moi, une chaleur enchanteresse, féerique, presque trop ensorcelante.   Mais merde ! Comment est ce possible ?! Comment est ce que tu arrives à me rendre si ... Amoureuse ?  Non... Je suis... Je suis ... Attirée ! Hum ... Accro ? Du moins ? Excitée ?   C'est juste que je ne sais pas, quand je pense à toi la seule phrase qui me vient en tête, la seule phrase qui raisonne dans mon cerveau, c'est une phrase en trois petits mots, quatre syllabes, sept lettres. Une phrase si insignifiante, mais qui m'écœure à un point !    Elle me rappelle juste des mauvais souvenirs. Cette phrase, si je le pouvais, je la déchirerais en mille morceaux, Je la tuerai de mes mains, en l'étranglant lentement, pour voir l'agonie grandir peu à peu entre ses yeux.  Mais quand ta voix traverse l'orifice de mon oreille, pour rejoindre mon conduit auditif.  Pourquoi est ce que je ne peux pas m'échapper de penser à cette stupide phrase !  - Vous êtes plus que ça Mikaela, vous êtes tellement plus que ça.  - Qu'est ce que je suis à votre avis ? C'est simple Adrian, au cas où tu n'aurais pas compris, je veux juste que tu me parles, je veux juste que tu m'en dises plus, toujours plus, je n'en aurais jamais assez de t'entendre parler, de t'entendre me parler.  Tout au contraire, continue, ne t'arrête pas, ne t'arrête jamais, continue, s'il te plaît continue Adrian ...   Je t'entends, j'adore t'entendre parler, je me noie dans ta parole, sa douceur, elle m'ampli de tellement de joie. - Vous êtes étonnante, complexe, joueuse.    Encore un de ces rires dont toi seul a le secret, encore un de ces rires qui te coupe dans ton élan, encore un de ces rires qui me fait te dire :  - Tu m'as vraiment manqué. J'ai vraiment envie de te voir, c'est étrange à dire, mais bon on est pas à une phrase près.  -Certainement pas. Mikaela ?  - Hum ...  - Je dois y aller.    J'éloigne le téléphone de mon oreille regarde le nombre de minutes à l'écran, affiche une mine contrariée. Deux minutes ? Juste deux minutes ? Deux minutes d'Adrian ! C'est si peu ...  - C'est obligatoire ? Te dis je sur le ton de la supplique. - Si vous jouez à ce jeu là, je risque honnêtement de perdre.  - Alors perdez, et restez avec moi, parlez moi.  - Pitié Mikaela ... Ne me faites pas ça.  - Non ! Vous ! Ne me faites pas ça ... - S'il vous plaît ?  - Hum ... Je vous laisse partir à une seule condition.  - Tout ce que vous voulez.  - Tutoyer moi...  Surpris, tu te racles la gorge. Essaie d'esquiver mon ultimatum en me proposant.  - Il n'y a pas autre chose qui vous ferait plaisir ?  Si tu étais juste là devant moi, il y aurait des tas d'autres choses qui me ferait réellement plaisir. Mais tu es si loin, si loin de moi, alors je dois me contenter, de ce que je peux, c'est peut être pour ça que je te réponds :  - Là tout de suite dans ce contexte, il n'y a rien qui ne me ferait plus plaisir, que t'entendre dire mon prénom et qu'à la suite de ce dernier il y'ait un magnifique pronom remplit de familiarité !  J'aime t'entendre éclater de rire, c'est comme la brise d'air frais qui nous frappe en pleine face quand on ouvre sa baie vitrée le matin, tôt le matin.  - Je comprends Mikaela, je vais prendre sur moi, et je vais te dire, Bonne journée ma belle.  Okey ... Okey ! Waouuuuuh, je crois que je viens d'atteindre les cieux ! p****n c'est pas possible, il a dépassé toutes mes espérances et de loin, de beaucoup trop loin ... - Bonne journée Adrian !
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