Essayons d'avancer

1495 Mots
Je suis là telle une âme en peine, plantée devant le commissariat, incapable de dire ou de penser quoi que ce soit. J'ai l'impression que mon âme s'est délogée de mon corps, et que de mon corps il ne reste qu'une feuille de papier qui me servirait de conteneur à organes ; juste une enveloppe aussi fine et fébrile que ma dignité à cet instant. Une enveloppe qui se retrouverait déchiqueter par le premier vent même le plus léger qui pourrait l'approcher. En gros, je suis totalement à la ramasse ! C'est sans aucune once de confiance en moi, que j'insère la clé de ma voiture dans la serrure de ma portière. Quand soudain, je sens mon téléphone s'affolé au fond de mon sac, j'en perds mes moyens à un tel point que je me mets à éparpiller toutes mes affaires, et très rapidement elles se retrouvent à terre. C'est dans la monotonie la plus complète, que je décroche sans lire le nom qui s'affichait à l'écran. - Non mais ! Tu es passé où ? On t'attend depuis deux heures ! C'est la voix de Alex ? Et merde j'avais oublié, on était censé faire une réunion aujourd'hui par rapport au thème du futur mariage entre un chanteur tendance de Rnb, et son crocodile rose. Honnêtement, avec le style de vie que je tiens, je me demande encore si je capable d'être étonnée par quoi que se soit dans ce monde. Ma vie est un parfait ramassis de conneries ! Je soupire avant de dire à Alex : - J'ai eu un problème avec la police. - Encore tes excès de vitesse ? Après c'est moi qu'on diagnostique comme étant bipolaire. Tu devrais faire des tests tu le sais ça ? - Ouais, bref j'arrive. - Et dépêche-toi ! Tu sais très bien à quel point Armin est chiant quand on bouleverse son programme. Il avait pris un jour de congés pour nous aider, mais il voulait aussi avancer sur sa présentation. A ce rythme-là, il va devoir en prendre un deuxième. - Oui, oui Alex, j'ai compris, promis je fais vite. - Mais ne te fait pas flasher non plus. C'est en levant les yeux aux ciels que je mets fin à cet appel. Allez Mikaela, il ne va pas te pourrir ta semaine. Tu es habituée à ses attitudes passives, agressives. Tu n'en es pas à ton coup d'essai. Et puis, il t'a dit ce que tu avais besoin d'entendre pour passer à autre chose. C'est décidé, je n'ai plus peur, Je vais le quitter une bonne fois pour toute, je vais m'en aller.   Il ne m'aime pas m'a-t-il affirmer, alors pourquoi continuer une telle mascarade, si ce n'est pas pour de l'amour ? C'est ridicule, j'ai perdu trois ans de ma vie, avec un s****d. Et le plus ridicule dans l'histoire, c'est bien le fait que je mentais à moi-même. Je pensais... Non ! Je voulais être spéciale à ces yeux, à un point où je suis devenue tout ce que je déteste : une fille prête à tout pour être aimer.  Je suis ridicule.   Plus j'y pense et plus je me dis que je comprends mieux, pourquoi il me voit juste comme une p**e. Après tout, une fille qui écarte les jambes, à la moindre lueur d'attention, et ceux quelque soit l'homme qui lui donne cette attention ... Peut être catégoriser de p**e. Le nier reviendrait à nier le fonctionnement de la société.  Seulement moi, je ne vois plus les choses de cette manière, non je comprends plus ce raisonnement, parce que moi je sais ce que cette fille endure, je la comprends.  Cette fille là, cette fille que je suis, n'est pas une p**e. Elle est juste désespérée, elle s'accroche à tout ce qui pourrait l'aider, à oublier sa solitude maladive, sa souffrance dissimulée.  Oui cette fille ! Elle est capable de tout pour oublier toutes ses pensées, tous ces mots qui lui ont été dit, la frustration d'une vie sans amour, sans espoir, sans réelle famille. C'est lourd. Toutes ses émotions sont lourdes à porter. Difficiles à supporter, alors pour les oublier, cette fille préfère écarter les jambes, se perdre dans le sexe, le plaisir à l'état brut. Et pourtant. Son but n'était pas de devenir " une p**e ", elle voulait juste aller de l'avant, elle voulait juste guérir de ses blessures. Elle avait trouvé refuge auprès d'un homme qui n'est plus l'homme qu'elle a aimé. Elle a essayé de tout faire pour le récupérer, mais les mots qui lui ont été dit aujourd'hui, sont clairs, simples même un illettré pourrait comprendre à quel point cette fille c'est fourvoyer. Ouais !  J'ai l'impression de m'être pris une belle brique entre les dents, et que maintenant mon cerveau est revenu en place. Oui, monsieur... J'ai compris la leçon, on ne m'y prendra plus, c'est une promesse que je vais vous faire. A compter d'aujourd'hui je suis Mikaela.  Une fille déterminée à s'en sortir sans l'aide de personne, une femme qui vit pour elle, une femme qui se respecte, Oui... Une femme qui se respecte tellement qu'elle décide, de s'en aller sans se retourner.  C'est terminé Aaron finit de jouer.  Je reprends ma vie en main. Loin de toi. Loin de ça. Loin de cette chose que l'on partage toi et moi, qui me bouffe à petit feu, et m'empêche de respirer, ce truc que j'osais appeler de l'amour. Je ne veux plus le ressentir. Je ne veux plus de cet amour-là, parce que ce n'est pas ça l'amour. L'amour c'est le fait que ma Kathie, se lève à six heures tous les matins, pour venir s'assurer si j'ai bien mangé, l'amour c'est Alexis et Armin, qui malgré leur carrière très prenantes, prennent le temps de m'aider à organiser des tonnes d'évènements. Oui l'amour c'est ça. Je suis submergée d'amour. Et tout récemment, j'ai découvert une autre manière d'aimer. Une manière plus douce, plus amusante, un principe que je ne connaissais pas, que je n'ai jamais connu, ou qu'on n'a jamais essayé de me faire connaître.  Une phrase toute bête mais si pleine de sens : « apprendre à se connaître ». Ah, la, la Adrian ; il n'y a pas à dire, plus le temps passe et plus je sens que tu prends une place beaucoup trop importante dans mon cœur. Et le pire de tout, c'est que tu y es arrivé d'une manière si simple.  Maintenant que j'y pense tout ce que tu as fait c'est me parler, m'écouter, me supporter, me prendre dans tes bras pendant des heures alors que j'étais totalement soule, et une proie facile pour les prédateurs, pour les hommes comme lui, des pervers nés qui se plaisent à prendre sans jamais rien donner en retour. Des égocentriques du plaisir ! Tu m'as montré que tu n'es pas comme eux. Tu n'as jamais arrêté de me traiter avec respect, considération, humanité ; chose que je ne pensais pas possible chez la gente masculine. Bien sûr en excluant, Alex et Armin, eux ce sont deux êtres venant d'une autre planète, très lointaine et étrangère à la terre. Ils ont été éduqués par une mère à deux personnalités diamétralement opposées, et Alex a pris le côté fun de la personnalité tandis que Armin a récupéré le sérieux d'une mère mélangée à une sorte d'aura de zénitude, dont seul les élus de la planète d'où ils viennent sont dotés. C'est une sorte de superman version zénitude ! Un gloussement m'échappe alors que j'étais en train de ramasser mes affaires.  Il n'y a pas à dire, je n'ai pas meilleure consolatrice que moi-même.  Comme le disais ma mère adoptive : « Bon Dieu ! Elina tu as une imagination débordante.» Mais je ne sais pas si ça compte sachant, qu'elle l'avait dit devant les services sociaux, alors que je me plaignais du fait que l'argent que l'état m'envoyait, celui qui était censé payer mes frais de scolarité dans une grande école, car oui je bénéficiais d'une bourse pour enfants démunies, était utilisée pour remplir la cave à vin. Résultat, malgré le programme d'aide aux enfants démunis, j'ai fini dans une école d'attardé mental, le style d'école où dans la cours de récréation il y'a des adultes de trente ans qui se déguisent en adolescent, pour vendre de la coke. Et le plus marrant dans l'histoire, c'est que leur plus gros client était le préfet des études. Plus j'y pense et plus je me rends compte à quel point ma vie est un ramassis de pures conneries, dignes d'Hollywood !  Je devrais écrire un scénario sur ma vie, je suis sûr que ça ferait un carton. Plus sérieusement, il est temps que je me concentre sur ma journée. Ce n'est pas comme si j'avais une machine pour retourner dans le temps. Ce qui est fait est fait, mais ce qui n'est pas encore fait, peut être modifier, à ruminer le passé on anéantit le présent.  
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