Je suis Mikaela !

1693 Mots
Le problème est tout simplement que j'avais oublié qui j'étais. J'avais oublié qu'avec lui, il faut utiliser la technique du feu que l'on combat avec le feu. Même si cela signifie se retrouver au beau milieu d'un feu incandescent qui arrache chaque couche de notre épiderme, fait bouillir notre sang au bout de liquéfier notre corps de l'intérieur. Même si cela revient à affronter mes plus vieux démons, mes peurs les plus cauchemardesques, ténébreuses, dangereuses. Même si cela revient à mettre ma vie en danger. Je vais reprendre le dessus. Je vais le faire, je vais me battre. Et je n'arrêterais pas... Jamais. Il n'y aura qu'une seule façon de me faire taire, et cette façon s'appelle : me tuer. Exorciser le mal par le mal. Combattre le feu avec le feu. Un enfant des ténèbres qui se rebelle face à l'empereur des ombres. Une guerre qui s'annonce asymétrique. Et pourtant, il n'est pas question que je baisses les armes, me battre jusqu'au sang, n'est pas une obligation mais un absolu. L'empereur des ombres, va dégager de ma vie à coup de poing si il le faut ! Je soupire. Il n'y rien de plus amer que le goût de la pilule de troisième génération.   Sérieux ! ils ne peuvent pas faire des pilules goût fraise ou banane ? Ils ont le temps de créer des vaisseaux pour explorer la lune mais quand c'est pour améliorer le goût de la pilule. Il n'y a plus personne. Mais pour dire vrai je m'en fiche. Je ne suis peut être pas Elon Musk, mais j'ai aussi des choses à faire de ma vie. J'ai des start-up à gérer, et ça ce n'est plus négligeable. Je ne sais pas, ce sont peut être les énergies cosmiques qui sont en ma faveur, mais aujourd'hui je me sens particulièrement d'attaque pour faire ce que je fais de mieux. Être une femme fatale. C'est surement pour ça que je suis perchée sur mes talons hauts couleurs rouge vernis, que j'ai porté mon tailleur Alexander MacQueen, celui dessiné pour Givenchy, que je me plais à tirer mes cheveux en arrière pour les attacher dans une queue de cheval basse. Pas un seul cheveux ne dépasse. Je suis Mikaela. Confiante, peut être un peu arrogante, mais non moins charmante. Mes vieux démons ? Ils sont beaucoup trop loin de moi, si vieux comme mon ancien nom : Elina. Un moment de ma vie que je veux oublier. Un moment de ma vie qu'il apprécie me rappeler. C'est peut être une des raisons pour lesquelles raisons je dois le virer de ma vie. Non.   La raison pour laquelle je dois me libérer de ce poison, est bien plus complexe que ça.    Bien plus belle, bien plus parfaite... Douce, tendre ; peut être romantique ?    Bref ne nous égarons pas. Mikaela prépare toi à la guerre. Tu n'as pas d'autres alternatives. C'est simple quand on touche le fond, il y'a deux choix qui s'offrent à nous. Soit on plonge encore plus bas, soit on se relève. Et moi aujourd'hui, j'ai décidé de me relever. Du moins je vais essayer... Mais p****n qu'est ce que je racontes ! Devant mon miroir je me hurle à moi même : - C'est juste inenvisageable ! Il ne gagnera pas ! Pas cette fois. Bats toi Mikaela, allez donne tout ! Je suis étrangement calme, quand le rouge à lèvre rouge vif qui enrobent mes lèvres, s'étire en même temps que mes lèvres, lors d'un sourire fin et vicieux. Je me tournes vers un coin de l'appartement, celui où se trouve cette caméra qui épie mon salon jour et nuit. Et oui Connard !   Quand tu es parti, j'ai passé toute la journée de mercredi à chercher ces putains de caméras. Et devine quoi ?   je les aie toutes trouvées, toutes jusqu'à celle que tu avais placé dans le fin fond de mon placard ! Et non je les couperais pas. Ce serait trop simple, n'est ce pas ? Ce ne serait pas utiliser les préceptes qui m'ont été, si bien enseignés. Comme c'est amusant quel était le dicton déjà ? Ah oui c'est vrai. Je le récite religieusement en regardant droit la caméra qui est surement équipée d'un micro : - Un chien ne mord pas la main qui la nourrit. Oui, c'est vrai que je ne mords pas la main. Je souris, alors que je fixes toujours aussi intensément cette caméras, que les mots que je m'apprête à prononcer sont comparables au cri de l'étendard. Ce cri, synonyme de guerre ! - Moi ? C'est la gorge que je vises. Sur ces mots, j'attrape mes clés de voiture et d'appartement, prend mon sac à main à la volée, et sort de mon appartement, que je verrouille à double tour. Je dois avouer que je marche nerveusement vers l'ascenseur. Pourvu que je ne le croises pas.     Ce n'est pas que j'ai peur, c'est juste que se ne serait pas le moment. Je ne suis pas folle. Il faut être audacieuse ça c'est sur, mais la jouer fine reste essentiel, toutes les méthodes sont bonnes pour se détacher d'un psychopathe pareil. Toutes les méthodes sont bonnes. Si elles me permettent de pouvoir le revoir. Soudain mon téléphone se met à sonner. Je sens que je suis déçue, quand je ne vois pas le nom que j'aurais voulu voir s'afficher à l'écran. Mais bon, il faut savoir jouer de ces charmes de temps en temps. C'est pour cela que je prends un ton suave, quand je lui dis : - Oui monsieur le maire... - A propos de ce que nous avions conclut. - Oui... Dis je dans un gémissement. Il se racle la gorge. Semble gêné quand il finit sa phrase. - Je m'en suis chargé. - Parfait monsieur le maire, ce que vous venez de faire ne vous propulse pas seulement au rang de prochain député, mais aussi au septième ciel... - J'attends votre retour avec impatience. Je souris. Pas un sourire, parce que sa remarque m'a plu, non juste parce que ça m'amuse. Oui c'est amusant de savoir qu'un homme ayant autant de pouvoir avec les bonnes méthodes... Est au final si faible face à une femme comme moi. Comme moi ? Oui une femme qui b***e pour de l'argent. Choqué ? Je ne penses pas. Ma philosophie, est si simple. Pour me comprendre, Il suffit de m'écouter attentivement. Je suis ce que je suis, et je fais ce que je veux. Je m'en fiche pas mal de choquer. Parce que je me fous de tous ces codes sociétaux à la con, qui ne servent qu'à supporter l'existence d'une société corrompue et pourrie jusqu'à la moelle. Ce n'est pas tout ça, mais j'ai un homme à faire ronger dans ma main. J'expire.    Ce qu'il entend ? Un soupir long et sensuel. Quand le silence qu'il y'a entre nous a dépassé le temps des dix secondes. Je pense que mon message est passé, alors je raccroche. Et les portes de l'ascenseur s'ouvrent devant ma détermination. Il n'y a pas à dire, il n'y a que quand je suis au contrôle de tout, que je me sens à ma place. Dans mon élément. Un p****n de poisson dans l'eau ! Je marche machinalement vers le bar de la dernière fois, quand soudain mon regard se perd lorsqu'il se pose sur cette fontaine. Et là je comprends qu'il y'a un truc qui ne colle pas. Admettons qu'il y'a des caméras chez moi. Il reste tout de même un problème. Comment a-t-il fait pour savoir que je parlais à Adrian ? A chaque fois qu'on s'est vu c'était hors de mon appartement, je faisais bien attention à ne jamais le laisser entrer chez moi. Et pourtant... Il l'a su. Ce qui signifie, qu'il me fait suivre. C'est tout de même inquiétant, que je ne sois absolument pas surprise par son comportement. J'ai même envie de dire c'est typique pour un homme comme lui, la confiance n'exclue pas la méfiance, après tout. Seulement, là je suis d'humeur à ne plus la jouer fine. Non, je vais t'envoyer une déclaration à la mesure de l'ampleur de ta folie ! Il est grand temps que tu te calmes. Même si je dois y laisser ma peau, cette p****n de liberté je vais la gagner ! Parce qu'il est hors de question que ce stupide Latino à la con me file entre les doigts. Des hommes biens, j'en aie rarement rencontré. Et même toi l'empereur des ombres, tu ne m'empêcheras pas de vivre l'histoire d'amour de ma vie ! Je regarde autour de moi. Je ne sais pas où ton sbire se cache, mais je sais une chose. Il te dira, oui il te dira, que j'ai jeté une pièce dans cette fontaine ; que j'ai fermé les yeux, et que j'ai dit haut et fort : - À toi Adrian, et à notre prochaine rencontre. On se reverra je le sais. Sans un regard autour de moi, je continues machinalement vers le bar de notre rencontre. Mais quelle nostalgie ! ça fait trois semaines je penses, que je ne suis pas passé par ici. Ma voiture est restée sur place, et en plus il l'a lavé ! J'appuie sur le bouton de l'alarme pour réveiller mon petit bijoux... C'est là que la voix du gérant se fait entendre : - La prochaine fois, ta voiture je la jettes au ordure ! Je lui souris. M'approche lentement de lui, avant de déposer un b****r sur sa joue, à la limite de sa lèvres. Il est dans l'incapacité de dire quoi que se soit. Et moi je lui murmure : - Savoir être utile à une dame est inestimable. Merci Gary... Je te la ramène ce soir, j'espère que tu seras toujours aussi serviable. Fière de mon effet, je peux enfin m'en aller. J'ai beaucoup à faire. Beaucoup à gérer, je me suis laissée aller trop longtemps à mon goût. Ça suffit maintenant j'ai repris le dessus. Il est grand temps que j'agisse en adéquation avec qui je suis... Je suis Mikaela, et il est grand temps que je renaisses de mes cendres !
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER