Alors que j'étais en train d'immerger de mon profond sommeil. Je sens un poids sur mon corps. Comme si quelqu'un était... Sur moi ? Je suis encore dans les vapes.
Je clignes des yeux plusieurs fois pour arriver à supporter les rayons du soleil.
Une silhouette se dessine sous mes yeux.
Il est là face à moi. Il est là entre mes jambes ?!
Attendez... Il n'est pas en train de ... Bordel de merde !
Je sursaute quand soudain, je les sens ces doigts qui écartent.
J'essaie de le repousser, mais déjà qu'en temps normal je n'ai aucune force. Lors du réveil c'est peine perdu. Alors je lâche, prise. Je reste là inerte, à attendre que ça se fasse. Ce n'est pas comme si il y'avait une différence avec ma vie de tous les jours...
Quoi que non. Elina ! Non... C'est différent ! Là je suis à moitié inconsciente !
Je fermes les yeux.
Qu'est ce qui c'est passé hier ? Qu'est ce que j'ai fait ? Oui, c'est vrai, hier j'ai bu. On était mardi. Aujourd'hui on est mercredi je penses. Mais je ne travaille pas aujourd'hui !
Qu'est ce qu'il fait ici ? Pourquoi il est là ? Qu'est ce que j'ai fait ? Je l'ai appelé ?
Je me mets à rire.
Impossible, je n'ai pas son numéro. Mais une chose qui est sur à présent.
Il y'a des caméras dans cet appartement.
Il savait que j'étais dans les vapes, et il est venu parce que c'est un p****n de pervers !
Je me crispe quand ma muqueuse entre en contact, avec la tiédeur du préservatif.
Mes mains s'agrippent à ses biceps.
Malgré la fatigue du matin, j'arrive à lui murmurer ces mots :
- S'il vous plaît... Arrêtez. Je ne me sens pas en conditions.
Il ignore totalement ma supplique, et s'enfonce en moi. C'est plus fort que moi.
Une larme m'échappe.
Dans un élan complétement stupide d'espoir, je me surprends à le murmurer encore une fois :
- Pitié, arrêtez...
Alors que j'essaie encore de la pousser en poussant ces épaules de toutes mes forces.
Il s'agace; attrape mes poignés dans sa paume de main, les placent au dessus de ma tête. Je bats des pieds, mais rien n'y fait... Je ne peux strictement rien contre lui.
Alors je me tais.
Je fermes les yeux, essaie de ne pas hurler, quand pour me punir d'avoir essayer de refuser, il me pénètre toujours plus brutalement.
J'aurais tant aimée... Être plus forte, j'aurais tant aimée ne pas céder, à la puissance des sanglots. J'aurais tant aimée, ne pas hurler. De plaisir ? Hum... Non. De douleur.
Dès l'instant où ces coups de reins sont si forts que je sens ma hanche qui vibrent en moi, que mon dos se cambre, que malgré l'emprise de ses poignées sur mes bras, mes doigtes essaient de trouver quelque chose à agripper, un repère ... De l'aide ! Un secours !
Affolée par la douleur et la terreur, je me rends compte que je suis maintenant bel et bien réveillée. C'est de son autre main, qu'il vient taire mes hurlements.
Et je penses que grâce au plaisir que lui procurent mes hurlements étouffés.
Il y est arrivé ; à satisfaire ces sales envies égocentriques !
Je le haïs, quand il est aussi égoïste.
Je le haïs. Je le haïs !
Je n'ai plus la force de dire un seul mot.
Je n'ai plus la force de me plaindre.
Je me contente juste de le regarder faire. Encore et toujours les même réflexes.
Il jette le préservatif à la poubelle, s'habille, s'en va. Sans un regard vers moi.
Mais... Non ! Pas aujourd'hui ! Non... Pas aujourd'hui !
Aujourd'hui je ne pouvais pas, le laisser s'en aller comme ça !
Aujourd'hui je ne le voulais pas.
Aujourd'hui il est allé trop loin, beaucoup trop loin, pour que je restes sagement couchée sur ce lit.
Alors je me lève, la couverture en soie couvre mon corps. Je le rattrape, malgré la douleur atroce que je sens au niveau de ma hanche. Je me bats contre moi même, pour ne pas tomber. Je me bats pour avoir le courage de l'arrêter, cette stupide veste qu'il passe son temps à me montrer de dos !
Oui cette s****e de veste ! Je l'attrapes, le tires vers moi... Au point tel qu'il se retourne.
Il est maintenant face à moi.
Bon Dieu... Pourquoi j'ai fait ça ?
Lui face à moi ? C'est comme affronter son pire cauchemar en plein jour.
Mais Qu'est ce que je racontes ? Ce n'est pas c'est comme ! Je suis littéralement en train d'affronter mon pire cauchemar en plein jour !
Je déglutis, baisses des yeux, mais... Même malgré ça, je sens son regard insistant se poser sur moi. J'agrippes fortement, le drap en soie. Va y tu peux le faire, respire. Lèves les yeux. Tu es dans ton droit quand tu lui dis :
- Je n'en avais pas envie.
Un sourire qui se dessine sur son visage. Bien sur que tu t'en fous, mais là c'est différent, j'en avais toujours envie, du moins au fond de moi, j'avais cette voix, cette part de moi qui aimait ça, qui en redemandait, qui en voulait plus.
Mais là... Je ne le voulais pas.
Je perds mes moyens, une autre de mes larmes se met à couler quand je lui dis, en le regardant dans les yeux :
- Je dormais !
Ma voix se brise, quand je lui redis ces mots, si innocents sans réelle signification en temps normal, mais pour ce cas précis, leur essence est bel et bien loin de leur existence.
- Je dormais ! Vous n'aviez pas le droit... J'avais dit non. Je l'avais dit clairement et plusieurs fois. Je ne le voulais pas. Je n'en avais pas envie. C'est différent. Il y'a une grande différence, entre ces clients qui me touchaient contre mon gré, là c'est professionnel je peux arriver à comprendre, je peux me dire que ça fait partie du métier. Mais là... Non. Là c'est...
- Personnel ?
Me répond-t-il avec compassion ? Compassion ?! Non il y'a un piège...
Il avance vers moi. Je recule, jusqu'à ce que je trébuche sur le drap et tombe par terre.
Je laisses échapper un gémissement, ce n'est pas le moment d'aggraver la situation de ma hanche. J'ai vraiment mal.
Est ce pour me prendre au dépourvu ? Qu'il pose un genoux un sol ? Est ce pour jouer encore à une de ces guerres psychologiques, qu'il pose sa paume de main si tiède comparée à celle d'Adrian... Sur la mienne ?
Mon cœur se met à battre, pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?
Comment un être peut faire preuve de temps de cruauté et de douceur à la fois ?
Je ne comprends pas !
Qu'est ce qu'il veut de moi ?
Je suis un jouet ! Oui je le sais... Mais les règles du jeu commencent à être si déloyale. Quand le drap, glisse et que mon corps se retrouve à nouveau dévoilé.
Je soupire.
Mes yeux se ferment. Comment pourrais je avoir encore envie de lui... Après ce qu'il vient de faire.
Je me dégoûtes. Je me haïs, peut être autant que je le haïs.
Je ne suis juste qu'une " p**e".
Sa paume de main, aussi tiède que vigilante, glisse le long de mes seins, je frissonne quand la tiédeur entre en contact avec mes côtes. Je me crispe, quand ses mains agrippent mes hanches d'une si grande délicatesse. Que je me surprends à lui murmurer.
- ça fait mal...
Un sourire, qui réchauffe mon âme. Un sourire, qui me perturbe profondément...
Du moins pas plus que ses mots :
- Je sais. Je m'en occupes.
Je ne comprends pas. Je suis totalement perdue. Je ne comprends plus rien.
Ses doigts qui étaient sur ma hanche, massent précisément, la zone qui me fait tant souffrir. Je me mets à gémir, non pas parce que j'ai mal, mais parce que ça me fait du bien ? ça m'apaise... Je me sens bien. Dans ces bras, je me sens me détendre.
Un ordre qu'il me murmure :
- Retourne toi.
Un ordre qui n'a rien à voir avec l'action qui en découle.
Il masse simplement le bas de mon dos, de ses deux pouces, je le sens appliquer la force nécessaire, pour que j'ai moins mal.
Il se sent coupable ? Impossible.
Il ne veut pas que je sois dégoûtée par lui ? Hum... Non, il sait déjà que je le suis.
Seulement...
De la même manière qu'il me dégoûte, c'est aussi de cette manière là que je me dégoûte.
Des mots, qu'ils me murmurent encore une fois.
- ça va mieux ?
J'acquiesce.
Il me prend entre ces bras. Tel un enfant que l'on dépose sur ces cuisses, pour le réconforter après une vilaine punition.
Il glisse ses doigts le long de ma peau nue, laisse tomber son visage entre mes seins. Ses lèvres, qui sont posées sur mes seins... Le fait qu'il puisse entendre à quel point mon cœur bat.
Je me sens juste... Tellement faible.
Il a encore gagné.
Et moi ? Je me fais juste dévorer par l'immensité de son emprise.
Peut-être une manière d'imposer sa domination quand il me dit :
- Je ne m'excuses pas d'agir comme je le fais. Je ne m'excuses pas. Jamais.
Son visage qui se soulève progressivement. Ces yeux qui se plongent dans les miens.
Des mots qui me semblent si insensés.
- Mais quand tu me supplies, je dois avouer que ça m'excite, ça m'excite à un point où j'en perds la raison, et que je deviens trop dur avec toi. Je sais que je suis sévère. Je sais que je suis invivable. Mais je sais aussi que tu es là, que tu es restée. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je t'ai donné la possibilité de t'en aller tu es restée.
Il me demande une explication ?
Lui qui sait tout, connaît surement la raison.
Il sait pourquoi, je ne me suis pas enfuit en prenant mes jambes à mon cou, il sait pourquoi...
Malgré le fait que j'ai rencontré Adrian, je n'en aie pas profiter pour couper court à tout ça, à lui et à moi. Il le sait. Il sait tout ça. Alors quoi !
Il veut que je le dises... Malgré tout ce qu'il m'a fait aujourd'hui.
Il continue. Il ne s'arrête pas de jouer avec mes émotions.
J'inspire profondément, quand je lui dis :
- Parce que je vous aimes.
Des lèvres qui se posent sur les miennes. Une vérité empoisonnée qui relit deux êtres.
Sauvez-moi ! De toute cette folie...