XVIILundi 6 août 1894. Aristide Penven restait silencieux. Depuis qu’ils avaient largué les amarres, il avait aboyé un minimum de mots. Même son beau-frère, Jérôme Flatrès, ne l’approchait pas et se contentait d’obéir. Les autres membres de l’équipage, Louis Le Gall, Mathurin Salaün dit le “Bouquet” et le jeune Julien Castrec, se satisfaisaient de la situation et échangeaient des regards complices. Il ne semblait pas dans son assiette depuis quelques jours et, aux longs moments de silence pouvaient succéder des colères aussi irraisonnées que violentes : les fesses et les épaules du mousse en témoignaient. La mer était relativement basse, et une brise légère venant de suroît poussait le “Droit Devant” vers Concarneau. Le “Bouquet” et le mousse avaient compté les prises, un peu plus de mil


