«Si seulement j’avais su…
que le plaisir sexuel n’est
pas forcément réciproque»
Voilà un autre domaine de la vie de couple dans lequel je
n’aurais pas imaginé rencontrer un jour des problèmes.
J’étais un homme bien dans son corps, Karolyn était elle
aussi bien dans son corps, et nous étions très attirés l’un
vers l’autre sur le plan sexuel. Que nous fallait-il de plus? Je
pensais que nous allions tous deux connaître le bonheur parfait au niveau de l’acte conjugal. Pourtant, après le mariage,
j’ai découvert que ce qui peut être un vrai bonheur pour l’un
peut être quelque chose d’insupportable pour l’autre.
Personne ne m’avait dit que les hommes et les femmes sont
différents. Bien sûr, je connaissais les différences physiologiques évidentes, mais je ne savais pratiquement rien au
sujet de la sexualité féminine. Je pensais qu’elle trouverait
autant de plaisir que moi dans l’acte conjugal, qu’elle voudrait faire l’amour aussi souvent que moi et que nous serions
aussi satisfaits l’un que l’autre dans ce domaine. Mais, je le
répète, j’ignorais presque tout de la sexualité féminine. Et je
me suis rendu compte que, de son côté, Karolyn ne connaissait pas grand-chose à la sexualité masculine.
Si j’avais réfléchi à la question, j’aurais peut-être découvert
ce texte de l’Ecriture: «Lorsqu’un homme sera jeune marié,
il n’ira pas à l’armée et on ne lui imposera aucune charge.Il sera exempté pour raison de famille pendant un an et il
réjouira la femme qu’il a épousée» (Deutéronome 24.5). Je
comprends en le lisant qu’il faut une année à de jeunes mariés pour apprendre à se réjouir l’un l’autre sur le plan sexuel.
Là encore, mon manque d’information était flagrant.
Ce que je vais partager avec vous dans ce chapitre correspond à ce que j’aurais aimé qu’on me dise sur la question de
l’acte conjugal avant que je me marie.
Premièrement, j’aurais souhaité savoir que les hommes sont
concentrés sur les rapports sexuels, tandis que les femmes
accordent davantage d’importance à la relation. Si donc la
relation a été brisée par des paroles dures ou un comportement irresponsable, l’épouse aura vraiment du mal à désirer
se donner à son mari. Pour elle, les relations sexuelles sont
un acte profondément intime qui est l’expression d’un amour
véritable. Le comble, c’est que les hommes pensent souvent
que «faire l’amour» résoudra tous les problèmes relationnels
que peut connaître leur couple. «Il me parle avec colère,
disait une épouse, et une demi-heure plus tard, il dit qu’il est
désolé et me demande si nous pouvons ‘coucher ensemble’.
Il me dit: ‘J’aimerais te montrer à quel point je t’aime.’ Il pense
que si nous avons des rapports sexuels, cela réparera tout.
Eh bien, il se trompe. Je ne peux pas avoir de relations
sexuelles avec un homme qui m’a insultée!»
Si, après une dispute, un mari attend que sa femme désire
avoir des relations sexuelles, c’est comme s’il attendait l’impossible. Dans ce cas, des excuses sincères et un véritable
pardon doivent être exprimés avant que l’acte conjugal ne
soit à nouveau possible.
Cette différence entre les hommes et les femmes au niveau
de la sexualité se manifeste d’une autre manière: pour les
femmes, les relations sexuelles commencent à la cuisine et non pas seulement dans la chambre à coucher. Si le mari
sait exprimer son amour à sa femme dans la cuisine, elle
sera bien plus ouverte aux relations sexuelles quand ils arriveront dans la chambre. Si le langage d’amour de sa femme
correspond aux services rendus, alors le fait qu’il fasse la
vaisselle et sorte les poubelles pourra s’avérer excitant pour
elle. Un jour, un époux m’a dit: «Si j’avais su que le fait de
sortir les poubelles était sexy pour mon épouse, je les aurais
sorties deux fois par jour. Personne ne me l’a jamais dit.»
Si les paroles valorisantes correspondent à son langage
d’amour, en la complimentant pour le repas ou en lui disant
combien il la trouve belle, son mari suscitera en elle un désir
d’acte conjugal. Un homme peut jouir d’un rapport sexuel
satisfaisant avec sa femme même s’il n’est pas aussi amoureux d’elle qu’il pourrait l’être, tandis que, pour l’épouse, ce
sera beaucoup plus difficile.
Deuxièmement, j’aurais bien aimé savoir avant de me marier
que, pour l’épouse, les moments qui précèdent l’acte conjugal ont beaucoup plus d’importance que l’acte en lui-même.
Si la femme aime bien prendre le temps de «s’échauffer»,
l’homme est souvent «prêt» beaucoup plus vite. Ce sont les
caresses et les baisers précédant l’acte sexuel qui amènent
une épouse à désirer cet acte. Si son mari se «précipite directement sur la ligne d’arrivée», elle se dit: Je ne vois pas ce
qu’il y a d’agréable là-dedans. Sans des préliminaires amoureux suffisants, elle aura souvent l’impression d’être violée
dans son intimité. «Je veux me sentir aimée, a dit un jour une
épouse, mais tout ce qui l’intéresse, c’est de ‘faire l’amour’.»
Troisièmement, j’aurais aimé savoir qu’il n’est pas nécessaire
d’atteindre l’o*****e en même temps pour que l’acte sexuel
soit un plaisir pour chacun. Bien des couples entrent dans le
mariage avec l’idée que «chaque fois qu’ils ‘feront l’amour’, ils
atteindront l’o*****e au même moment et connaîtront tous
deux une jouissance parfaite». Cette manière de penser est
largement véhiculée par les films d’aujourd’hui. Mais en réalité, il est rare que l’o*****e soit simultané. L’important, c’est
que chacun connaisse ce plaisir. En fait, de nombreuses
femmes disent qu’elles préfèrent atteindre l’o*****e au
cours des préliminaires amoureux. Lorsque le mari stimule
son c******s et qu’il donne ainsi à son épouse le plaisir de
l’o*****e, elle est alors prête pour qu’il puisse jouir du rapport sexuel et connaître à son tour le plaisir de l’o*****e.
L’attente irréaliste d’un o*****e simultané a occasionné des
angoisses inutiles à de nombreux couples.
Quatrièmement, j’aurais aimé savoir que si l’acte conjugal a
lieu sous la contrainte de l’un des deux époux, il cesse d’être
un acte d’amour et devient un abus sexuel. Le véritable amour
cherche toujours à donner du plaisir à l’autre. Il n’exige jamais
quelque chose que l’autre trouve désagréable. Si le mari et la
femme ne sont pas d’accord sur une expression sexuelle particulière, il faut qu’ils en parlent. Et s’ils ne parviennent pas à
s’entendre, alors l’amour doit respecter le désir du partenaire
qui refuse. En violant ce principe on empêche l’épanouissement sexuel du couple.
Cinquièmement, j’aurais été reconnaissant qu’on me dise que
les rapports sexuels sont plus qu’un acte. De par leur nature
même, ils créent un lien fort. Ils sont l’expression de l’union la
plus intime et profonde entre un homme et une femme. Il ne
s’agit pas simplement de l’union de deux corps, mais d’une
union sur les plans du corps, de l’âme et de l’esprit. Je pense
que c’est pour cette raison que, selon l’Ecriture, les relations
sexuelles sont réservées au mariage. C’est en effet ainsi
qu’un époux et une épouse deviennent un pour la vie.
Si l’acte conjugal est considéré exclusivement comme un
moyen de soulager les pulsions sexuelles de l’un et de l’autre ou de vivre un moment de plaisir, son véritable but n’est pas
atteint et il devient finalement un acte égoïste comme un
autre. En revanche, s’il est pour chacun des époux un acte
d’amour qui leur permet d’exprimer de la manière la plus profonde qui soit leur désir de se donner l’un à l’autre, il conduit
à leur épanouissement sexuel.
Que pourrais-je faire ou ne pas faire pour que
l’acte conjugal soit plus agréable pour toi?
Sixièmement, j’aurais aimé savoir que la communication est
la clé de l’épanouissement sexuel. Alors que, dans notre
société, le sexe n’est vraiment plus un sujet tabou (bien au
contraire), je suis toujours étonné de rencontrer des couples
qui n’ont jamais appris à aborder ensemble la question. Et
quand ils ont essayé d’en parler, c’était souvent plutôt pour
faire des reproches à l’autre. Ils ont davantage cherché à
dire qu’à écouter. Pourtant, la seule manière de savoir ce
qui est désagréable pour l’autre ou ce qui, au contraire, lui
procure du plaisir est de l’écouter quand il désire parler de
ces choses. Nul ne peut deviner les pensées. C’est pourquoi
j’ai très régulièrement encouragé les couples à apprendre à
s’écouter mutuellement dans une attitude d’empathie.
Cela consiste à écouter ce que l’autre dit en cherchant à comprendre ce qu’il pense et ressent. Quels sont ses désirs?
Quelles sont ses frustrations? J’encourage souvent les jeunes
mariés à se demander l’un à l’autre, une fois par mois et durant
les six premiers mois de leur vie à deux: «Que pourrais-je faire
ou ne pas faire pour que l’acte conjugal soit plus agréable pour
toi?» Notez vos réponses et prenez-les au sérieux. Procéder
ainsi vous aidera à parvenir à l’épanouissement sexuel dans
votre couple Septièmement, j’aurais aimé qu’on me dise que le passé finit
toujours par refaire surface. Etant donné la «liberté sexuelle»
prônée par notre société, de nombreuses personnes ont eu
des rapports avant de se marier. On nous fait croire qu’en faisant ainsi on se prépare mieux au mariage, mais toutes les
études qui ont été menées sur le sujet prouvent le contraire.
En réalité, ceux qui ont eu des relations sexuelles avant de
se marier divorcent deux fois plus que ceux qui s’en sont
abstenus.1
Le fait est que les relations sexuelles qu’ils ont pu
avoir avant le mariage deviennent souvent, pour des époux,
un obstacle sur le plan psychologique; c’est une entrave à
leur unité sexuelle.
Aujourd’hui, on nous dit que les rapports sexuels avant le mariage sont un simple divertissement et que, une fois mariés,
il vous suffit de faire table rase de tout cela, de promettre à
votre époux(se) que vous lui resterez fidèle et que, ainsi, tout
ira bien. Mais il n’est pas aussi facile que cela d’oublier ce qu’il
y a eu avant. Les époux désirent souvent connaître le passé
sexuel de l’autre, et quand ils savent, ils risquent d’avoir de la
peine à effacer de leur mémoire ce qu’ils ont appris. Lorsqu’il
s’agit du mariage, quelque chose au plus profond de l’être
humain réclame l’exclusivité. Et le fait de savoir que votre mari
ou votre femme a eu des relations sexuelles avec quelqu’un
d’autre vous attriste.
Je crois qu’il est de loin préférable que vous abordiez ce sujet
avant de vous engager dans le mariage. Car presque toujours, le passé finit par ressurgir. Et si une telle conversation a
lieu après, la déception est souvent plus difficile à surmonter.
Si le fait de savoir la vérité sur les expériences sexuelles passées de celui ou celle que vous vouliez épouser vous blesse et que vous ne parvenez pas à accepter cette réalité, je vous
conseille de reporter le mariage et de prendre le temps de
régler le problème, peut-être en demandant de l’aide à un
conseiller. Et si la souffrance persiste, alors, à mon avis, il
serait plus sage de renoncer à vos projets de mariage.
J’espère que les quelques conseils exposés dans ce chapitre
vous aideront à débuter votre vie conjugale en étant beaucoup plus au clair quant à la manière de parvenir à l’épanouissement sexuel au sein de votre couple. Et voici une dernière
suggestion: durant la première année de votre mariage, vous
pouvez lire un bon livre sur l’acte conjugal et en discuter
ensemble.