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Chapitre 8 «Si seulement j’avais su…  qu’il fallait établir un budget  pour bien gérer notre argent» Lorsque Karolyn et moi nous fréquentions, il ne m’est jamais  venu à l’idée de réfléchir avec elle à la manière dont nous  gérerions notre budget une fois mariés. De toute façon, nous  n’avions pas d’argent. Nous venions de terminer nos études  de deuxième cycle, durant lesquelles nous avions l’un comme  l’autre vécu en résidence universitaire. Je n’avais donc pas  encore eu à louer un appartement ni à payer de factures  d’électricité, et à l’époque, je m’achetais très peu d’habits. En  fait, je portais les vêtements que je recevais à Noël ou à mon  anniversaire. Je travaillais à temps partiel pour financer mes  études, et après ma première année d’université, mes parents  ont eu la gentillesse de m’acheter une voiture et de se charger  des frais d’assurance. L’expérience de Karolyn était assez semblable à la mienne,  sauf qu’avant de commencer ses études, elle avait travaillé  une année à plein temps, période pendant laquelle elle avait  loué un appartement et payé elle-même ses factures. Le seul accord financier que nous ayons conclu avant de  nous marier était celui-ci: Karolyn travaillerait à plein temps  pendant que je continuerais mes études en troisième cycle.  Cela a «fonctionné» pendant deux mois. Mais elle commen- çait à 5 h 30 du matin, et comme elle n’est pas une «personne  du matin», avec le temps, elle s’est sentie de plus en plus mal sur le plan physique. Nous avons donc reconnu que notre  plan n’était pas bon et décidé de travailler tous les deux à  temps partiel l’après-midi. Assez vite, elle a été embauchée  par un de mes professeurs d’université et, pour ma part, j’ai  trouvé un emploi dans une banque. Nous ne gagnions pas  beaucoup, mais cela suffisait pour payer le loyer de notre appartement d’étudiant, les factures, l’essence et la nourriture.  Pendant trois ans, nous n’avons pas pu nous acheter de vêtements. Lorsque, ayant terminé mon cursus, j’ai commencé à  travailler à plein temps, nous disposions, en tout et pour tout,  de 150 dollars. Durant ces années, nous n’avions pas de problèmes  d’argent, puisque nous n’avions pas d’argent. Durant ces années, nous n’avions pas de problèmes d’argent,  puisque nous n’avions pas d’argent. Aussi longtemps que  vous acceptez ensemble de faire des sacrifices financiers  pour atteindre un objectif donné (dans notre cas, l’obtention  de mon diplôme de troisième cycle), et aussi longtemps qu’il y  a suffisamment d’argent pour payer les produits de première  nécessité, vous ne risquez pas vraiment de vous disputer au  sujet des finances. Pour Karolyn et moi, les problèmes ont  commencé à partir du moment où nous avons «gagné de  l’argent». A ce stade, nous n’avions toujours pas discuté de la manière  dont nous voulions gérer notre budget. Et après trois années  de sacrifices, nous avions tous deux hâte de dépenser.  Cependant, nous avions des idées très différentes sur les  achats à faire et sur le moment qui convenait pour les faire.  Cette question est donc vite devenue pour nous ce qu’elle  devient pour de nombreux couples: un sujet de division. Je ne veux pas vous ennuyer en vous racontant en détail les conflits  que cela a engendrés pour nous. Je veux juste souligner le  fait que si nous avions réfléchi à tout cela avant le mariage,  nous nous serions épargné bien des querelles inutiles. Voici, ci-après, quelques pistes très simples qui ont évité des  ennuis à de nombreux couples. «Notre argent»: construire l’unité La première étape consiste à vous mettre d’accord sur le fait  qu’après le mariage, vous ne parlerez plus de «mon argent»  et de «ton argent», mais de «votre argent». Le désir d’unité  est au cœur du mariage. Vous vous engagez ensemble «pour  le meilleur et pour le pire». Cela impliquera de partager vos  revenus et de réfléchir à ce que vous voudrez faire de votre  argent. Cela signifie aussi que les éventuelles dettes de chacun deviendront «vos dettes à tous les deux» et que vous  devrez établir un plan de remboursement. De même, les économies de chacun deviendront «vos économies à tous les  deux». Si vous n’êtes pas prêts pour ce genre d’unité, alors  vous n’êtes pas prêts pour le mariage. Economiser, donner, dépenser Vous pouvez faire essentiellement trois choses avec votre  argent: l’économiser, le donner ou le dépenser. Et la deuxième  étape, pour parvenir à une vision commune sur la question  des finances, c’est de déterminer ensemble quel pourcentage  de vos revenus vous voudrez allouer à l’épargne, à la libéralité  et à vos dépenses courantes. C’est là une chose importante. Au fil des années, j’ai encouragé les couples à adopter ce  qu’on appelle le «plan 10-10-80». Il consiste premièrement à  économiser 10% du revenu total. 1. L’épargne L’épargne permet avant tout de disposer d’une réserve en cas  d’urgence, comme en cas de maladie ou de licenciement.  Ensuite, elle permet de payer la facture de la carte de crédit  ou les remboursements de crédits à la consommation. Enfin,  elle permet de mettre de l’argent de côté pour les achats importants (p. ex. pour une maison ou une voiture). «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.»  Actes 20.35 L’épargne en vue de la retraite fait normalement partie des  déductions salariales. J’encourage chaque couple à souscrire  à tout plan d’épargne retraite supplémentaire que pourrait proposer leur employeur. 2. Les dons Ensuite, on peut allouer les 10% suivants aux dons que l’on  pense faire. Donner, c’est exprimer notre reconnaissance  pour ce que nous avons nous-mêmes reçu. Dans l’Ancien  Testament, il est parlé de la dîme, ce qui correspond à 10%  du revenu. Les gens les plus heureux au monde ne sont pas  les plus fortunés, mais ceux qui ont appris à donner avec  joie pour aider les autres. En Actes 20.35, il nous est dit: «Il  y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.» Pour Karolyn et moi, le fait de donner le 10% de notre revenu  n’a jamais causé de problème. Nos parents nous avaient enseigné ce principe et chacun de nous avait eu l’habitude de le  mettre en pratique. Ainsi, nous sommes rapidement tombés  d’accord sur ce point, et nous n’avons jamais regretté notre  décision.Cependant, si cette notion est nouvelle pour l’un de vous, il  vous faudra en discuter et trouver une solution qui convienne  à chacun. Si vous ne parvenez pas à vous mettre d’accord sur  le 10%, quel pourcentage voulez-vous donner? En prenant le  temps de réfléchir à cette question et de parvenir à une décision commune avant le mariage, vous vous épargnerez bien  des conflits après. 3. Les 80% restants Les 80% restants sont à partager entre le remboursement  de l’emprunt pour la maison ou le loyer, le paiement des  factures courantes (eau, électricité, chauffage…) et des  assurances et les dépenses pour les déplacements, l’habillement, les médicaments, l’ameublement, la nourriture, les  loisirs, etc. C’est à vous de décider des montants à allouer  à chacun de ces postes budgétaires. Et, bien entendu, plus  votre loyer sera élevé, moins vous aurez d’argent pour le  reste. Souvent, les jeunes couples font l’erreur d’acheter une  maison qui est au-dessus de leurs moyens. Il est difficile d’évaluer à l’avance le montant exact du loyer,  des primes d’assurance et des autres dépenses. Si vous envisagez le mariage, je vous encourage à demander conseil à  un couple marié depuis trois ans et qui habite dans un logement semblable à celui que vous aimeriez louer ou acheter. Demandez-leur combien ils dépensent pour le loyer et  les factures courantes. Peut-être accepteront-ils de vous en  dire plus au sujet de leur budget. Cela vous donnera une  bonne idée de ce qui vous attend. Il est conseillé de ne pas  dépasser plus de 40% du revenu total pour le loyer et les  différentes factures courantes. Faire les courses avec sagesse peut permettre de réaliser  des économies importantes, et ce en dépit des plaisanteries qu’on entend parfois sur la femme qui dépense 5 euros  d’essence pour se rendre au supermarché où elle pourra  en économiser 2. Bien sûr, cela demande d’y consacrer du  temps et de l’énergie. Mais l’argent ainsi économisé peut  être utilisé à d’autres fins. Il vaut donc la peine d’être vigilant  dans ce domaine. Un autre sujet extrêmement important dont il faut discuter  en couple est celui des achats à crédit. Si j’avais un drapeau rouge, je l’agiterais ici. «Achetez maintenant, payez  plus tard!» entend-on partout aujourd’hui. Mais ce qu’on ne  nous dit pas, c’est qu’en payant plus tard, on paye beaucoup  plus. Les taux d’intérêt peuvent être parfois très élevés. Il  est très important de bien lire le texte écrit en tout petit sur  les contrats. Le crédit est un service qui se paie, et son coût  peut varier. Il est un principe utile qui consiste à n’utiliser une carte de  crédit que pour les urgences (p. ex. dépenses de santé) et les  dépenses imprévues qui ne peuvent être reportées (p. ex. ré- parations sur la voiture, remplacement d’appareils électromé- nagers indispensables qui sont tombés en panne). Ensuite, il  est important de payer la facture de la carte de crédit aussi  vite que possible. Certains conseillers financiers sont d’avis  que les couples ne devraient jamais acheter à crédit. La carte de crédit a causé bien des ennuis à de nombreux  couples. Car elle encourage les achats impulsifs. Et naturellement, il ne nous est pas difficile de céder à nos impulsions! Je sais que les frais sont moindres si les factures sont  réglées rapidement et intégralement, mais lorsqu’on utilise  régulièrement la carte de crédit, on a tendance à dépenser  plus, quitte à attendre pour payer les factures. Pourquoi achetons-nous à crédit? Parce que nous voulons  maintenant ce que nous n’avons pas les moyens de nous offrir maintenant. En ce qui concerne l’achat d’une maison,  c’est différent. Car de toute façon, il faudra payer un loyer, et  si la maison est bien choisie, elle prendra de la valeur. Si nous  sommes en mesure de verser l’acompte de départ et d’assumer chaque mois le remboursement du crédit, un tel achat est  sage. Cependant, la plupart des biens que nous acquérons ne  prennent pas de valeur avec le temps. Ils ont plutôt tendance  à en perdre à partir du jour où nous les achetons. En les obtenant avec un crédit, nous les achetons avant de pouvoir nous  les offrir. Et ce faisant, nous payons en plus les intérêts, alors  que les biens eux-mêmes perdent de la valeur. Pourquoi de jeunes mariés devraient-ils avoir dès  leur première année de vie commune ce que  leurs parents ont mis 30 ans à se procurer? Je sais qu’il y a certaines choses «indispensables» dans notre société, mais pourquoi de jeunes mariés devraient-ils avoir  dès leur première année de vie commune ce que leurs parents  ont mis 30 ans à se procurer? Pourquoi devriez-vous avoir le  plus beau et le meilleur maintenant? Avec une telle conception  des choses, vous vous privez de la joie qu’il y a à obtenir un  objet désiré après avoir attendu. Les biens absolument indispensables sont relativement peu nombreux. Vous pouvez les  acheter avec votre revenu actuel. (Et si vous êtes au chômage,  vous touchez certainement des allocations qui vous permettent de vous procurer ces choses de première nécessité.) Je ne dis pas qu’il est mal de désirer mieux, si ce «mieux»  peut-être utilisé à bon escient. Mais ce que je veux dire, c’est  qu’il est préférable de vivre dans le présent plutôt que dans  le futur. Réjouissez-vous de ce que vous avez aujourd’hui.Il y a de nombreuses années, mon épouse et moi avons découvert un petit jeu que nous avons appris à apprécier. Il  s’appelle: «Voyons de quoi nous pouvons nous passer alors  que tous les autres croient en avoir besoin.» Nous l’avons  inventé par nécessité, lorsque nous étions encore étudiants,  mais il nous a tellement plu que nous avons continué à y jouer  depuis. Voici le principe: le vendredi soir ou le samedi, nous allons ensemble dans un grand magasin, nous nous promenons dans  les allées et nous regardons les produits qui nous intéressent.  Nous lisons la notice d’emballage, nous discutons des points  forts des articles, puis nous nous regardons et disons: «En  fait, on n’est pas obligés d’en avoir besoin. Ce n’est pas formidable, ça?» Alors que les autres consommateurs sortent  avec un caddie rempli et un porte-monnaie vide, nous sortons  main dans la main, tout contents de n’avoir pas besoin de tout  cela pour être heureux. Je recommande vivement ce jeu aux  jeunes mariés! Et voici un autre conseil qui pourra vous éviter bien des problèmes: convenez entre vous que vous ne ferez jamais un  achat important sans en parler d’abord à l’autre. Il faut pour  cela préciser la somme à partir de laquelle vous estimez  qu’un achat est important. Vous pourriez par exemple décider de ne rien acheter qui coûte plus de 80 euros sans en  avoir discuté ensemble auparavant. Bien des appareils hightech resteraient au magasin si les couples suivaient ce principe. Et bien des couples seraient plus heureux. Qui tiendra les comptes? J’en arrive maintenant à ma dernière suggestion en ce qui  concerne la question des finances: décidez avant le mariage qui tiendra les comptes. Celui qui «s’occupe de la comptabilité» paie les factures mensuelles et connaît le solde du  compte courant. Il veille à ce que les dépenses ne dépassent  pas le budget qui a été fixé d’un commun accord. Mais il n’est  pas pour autant le seul responsable de prendre les décisions  financières. Car de telles décisions se prennent à deux. Et le «comptable» n’est pas censé le rester pour toujours.  Au bout de six mois de mariage, vous constaterez peut-être  qu’il serait plus sage de changer de «comptable». Au fur et  à mesure que vous discuterez des questions financières,  il deviendra évident que l’un de vous est plus à l’aise que  l’autre dans ce domaine. Cependant, assurez-vous que celui qui ne tient pas les comptes sait aussi le faire et qu’il est au courant de la situation  financière de votre couple. Car vous formez une équipe, ne  l’oubliez pas. J’espère que les conseils exposés dans ce chapitre vous  aideront à réfléchir ensemble à la question des finances et à  vous mettre d’accord sur la manière dont vous voudrez gérer  votre budget. Si quelqu’un m’avait parlé de tout cela avant  notre mariage, je pense que j’aurais suivi ses conseils.
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