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«Si seulement j’avais su…  que le proverbe ‘Telle mère,  telle fille; tel père, tel fils’  n’est pas un mythe» Je ne veux pas dire que la jeune femme (le jeune homme)  que vous vous apprêtez à épouser deviendra exactement  comme sa mère (son père). En revanche, ce qui est certain,  c’est que vous êtes l’un et l’autre fortement influencés par  vos parents. Si son père est dominateur, grossier et injurieux, ne soyez  pas surprise si, dans dix ans, celui qui est votre fiancé aujourd’hui présente des traits de caractère semblables. A un  certain niveau, nous sommes tous des produits de notre  milieu. Des études ont montré que les hommes grossiers  et violents ont presque toujours grandi dans un foyer où ré- gnaient la grossièreté et la violence.1 Mais ne pouvons-nous pas tirer les leçons de leur mauvais  exemple et changer de comportement? vous demandezvous peut-être. Bien sûr que si! Cependant, il faut vouloir  apprendre. Si le fils d’un homme v*****t ne cherche pas à  comprendre pourquoi son père est devenu v*****t ni à savoir  comment il peut, lui, sortir de ce cercle vicieux, alors il risque  de reproduire le même comportement un jour ou l’autre Selon les statistiques, si une mère est alcoolique, sa fille  risque de le devenir à son tour.2  Cependant, elle n’est pas  condamnée à le devenir. Car si elle cherche à comprendre  les mécanismes de l’alcoolisme, si elle apprend à réagir au  stress et à la déception de la bonne manière, elle pourra  briser les chaînes de la dépendance. Par conséquent, si vous avez l’un ou l’autre un parent qui a  des comportements destructeurs, il serait sage et responsable, durant la période des fréquentations, que vous suiviez un cours, lisiez des livres ou parliez avec un conseiller à  ce sujet. Il est aussi important que vous discutiez ensemble  de ce que vous apprenez. Ne fermez pas les yeux sur les  problèmes. Nous ressemblons souvent bien plus à nos  parents que nous voulons l’admettre. Un point de moindre importance: regardez à quoi ressemble  votre père (si vous êtes un garçon) ou à quoi ressemble  votre mère (si vous êtes une fille), et vous verrez à quoi vous  ressemblerez probablement dans vingt ans. Si le père est  dégarni, le fils le sera certainement aussi, et si la mère est  active et énergique, la fille sera sans doute comme elle. Récemment, avec mon épouse, nous avons passé une semaine à la mer en compagnie de Shelley, notre fille, de John,  son mari, et de nos deux petits-enfants. Le premier jour, après  le petit-déjeuner, nous sommes allés à la plage. Tandis que  notre gendre creusait un trou dans le sable pour faire tenir le  parasol, notre fille a plongé sa main dans un seau d’eau et a aspergé le dos de son mari en riant. Je lui ai dit: «Tu illustres  un point de mon livre: telle mère, telle fille. C’est exactement  ce que ta mère aurait fait!» Plus tard, dans la journée, au moment où John partait à l’épicerie, Shelley nous a dit, assez  fort pour qu’il l’entende: «C’est un mari formidable!» comme  sa mère me dit en de multiples occasions. Et même si je ne  suis pas certain qu’elle ait raison, je dois avouer que j’aime  entendre cela. Et j’imagine que c’est pareil pour John. Que ce soit au niveau des bons ou des mauvais traits de caractère, nous ressemblons souvent bien plus à nos parents  que nous voulons l’admettre. C’est aussi le cas en ce qui concerne la communication. Par  exemple, si vous remarquez que votre future belle-mère interrompt souvent son mari quand il parle pour le corriger («Non,  ce n’était pas mardi, mais mercredi»; «Ce n’était pas en 2005;  c’était en 2006»; «Non, ce n’est pas comme ça que ça s’est  passé»…), vous pouvez vous attendre à ce que sa fille agisse  aussi de cette façon. Peut-être avez-vous même déjà constaté  qu’il en était ainsi au cours de vos discussions. Si cela vous  irrite et vous contrarie, c’est maintenant qu’il faut en parler. Car  si les choses ne changent pas avant le mariage, il n’y aura  probablement pas non plus de changement après. Le fait de  se marier ne règle pas automatiquement les problèmes! Un jeune homme m’a dit un jour: «Je suis terrorisé quand  je suis chez ses parents. Sa mère parle tout le temps. Elle  reprend à peine sa respiration entre deux phrases. Elle raconte des histoires compliquées, en donnant toutes sortes  de détails. J’ai l’impression d’être comme pris au piège en sa  présence: il est par exemple impossible de quitter la pièce  pour aller chercher à boire. Je perçois un peu la même chose  chez Annie et j’ai peur qu’elle devienne comme sa mère. Je  ne pense pas que j’arriverai à supporter ça.» Ce qui m’a ré- joui, c’est qu’il a exprimé ce souci alors qu’ils étaient encore dans la période des fréquentations. Comme j’ai constaté  qu’Annie ne voyait pas vraiment ce qu’il voulait dire, j’ai suggéré à ce jeune homme d’enregistrer (discrètement bien sûr)  30 minutes de conversation avec sa future belle-mère lors de  leur prochaine visite. Plus tard, quand Annie a écouté l’enregistrement, elle s’est  rendu compte que sa mère posait rarement des questions  et que, quand elle en posait, elle ne laissait que très peu  de temps à la personne pour répondre avant de se lancer  à nouveau dans un flot ininterrompu de paroles. La jeune  femme a ainsi compris que, non seulement ce comportement pouvait être très désagréable, mais qu’il pouvait même  empêcher un véritable dialogue. Quand nos parents ne communiquent pas de la bonne manière, nous ne nous en rendons pas toujours compte parce  que nous avons grandi avec eux. Pour nous, les choses se  sont «toujours passées comme ça». Il est parfois nécessaire  qu’une personne extérieure à la famille attire notre attention  sur ce qui ne va pas et nous aide à comprendre pourquoi  cela doit changer. Puisque nous sommes influencés par le  mode de communication de nos parents, nous risquons fort  de l’adopter nous-mêmes. Mais la bonne nouvelle, c’est que  ce n’est pas une obligation. Le changement peut intervenir.  Et c’est pendant le temps des fréquentations qu’il faut s’en  occuper. Si, quand vos futurs beaux-parents se disputent, lui finit par  quitter la pièce sans même écouter sa femme jusqu’à la  fin, vous pouvez vous attendre à ce que, après le mariage,  l’homme que vous fréquentez réagisse de la même manière.  A moins, bien sûr, qu’il ne lise ce livre ou d’autres du même  genre et que vous ne trouviez ensemble une façon plus  saine de résoudre les conflits La question de l’amabilité et de la politesse est aussi importante. Comment agissent ses parents dans ce domaine? Son  père ouvre-t-il la porte de la voiture à sa femme? Si c’est  le cas, votre fiancée attendra le même geste de votre part.  Enlève-t-il sa casquette en rentrant à la maison? Si ce n’est  pas le cas, son fils ne le fera sans doute pas non plus. Sa  mère répond-elle aux questions à la place de son mari? Si  oui, sa fille fera de même. Son père regarde-t-il sa femme  quand elle lui parle ou continue-t-il à regarder la télévision  sans se donner la peine de lui répondre? Son fils fera probablement pareil. Sa mère réclame-t-elle continuellement à son  mari qu’il range le garage ou accomplisse une quelconque  autre tâche? Si tel est le cas, attendez-vous à ce que sa fille  fasse de même. Votre future beau-père est-il un homme tranquille et réservé  ou plutôt expansif et direct? Sa mère est-elle indépendante?  Prend-elle souvent des décisions sans en parler à son  mari? Prépare-t-elle les repas? Son père nettoie-t-il sa voiture? Sa mère est-elle femme au foyer ou exerce-t-elle une  profession? Son père possède-t-il sa propre entreprise ou  travaille-t-il pour un patron? Tond-il la pelouse ou paye-t-il  quelqu’un pour le faire? Sa mère aime-t-elle les albums photos? S’engage-t-elle activement dans l’église? Et qu’en est-il  de son père à lui, dans ce domaine? En vous posant ce genre de questions, vous saurez à quoi  vous devez vous attendre si vous épousez la personne que  vous fréquentez. Si l’une ou l’autre des réponses vous dé- range, c’est le moment d’en discuter ouvertement. La solution  est soit d’accepter ces traits de caractère, soit de réfléchir ensemble à la manière dont les choses pourraient changer. Souvent, aujourd’hui, dans notre culture du «tout, tout de  suite», les couples qui fréquentent passent peu de temps  avec leurs futurs beaux-parents. Ils se marient sans vraiment connaître le contexte familial dans lequel l’autre a grandi. Ou  s’ils passent du temps avec les beaux-parents, ils n’observent  pas attentivement la manière dont ils se comportent et communiquent entre eux. Durant la période des fréquentations, on a tendance à relever les côtés positifs et à ne pas vraiment voir les comportements négatifs, parce qu’on ne peut pas imaginer que la  personne qu’on va épouser les adoptera un jour. Pourtant,  c’est très probablement ce qui risque de se produire, à moins  qu’un travail ne soit fait et que des mesures ne soient prises  pour que le jeune adulte ne répète pas les comportements  erronés qu’il a observés durant son enfance. Je ne peux donc qu’encourager chaque couple à passer du  temps avec les parents de l’un et de l’autre. Cela permet d’apprendre à connaître leur caractère, leur mode de communication, leurs valeurs et, surtout, leur façon de se comporter l’un  envers l’autre. Car tout cela a grandement influencé la personne avec laquelle vous envisagez de vous marier. Si vous  vous rendez compte que certaines choses vous dérangent,  prenez vraiment le temps d’en parler avec votre petit(e)  amie(e), puis cherchez ensemble des solutions en vue d’un  changement, afin que le dicton «Telle mère, telle fille; tel père,  tel fils» ne devienne pas réalité dans votre vie à deux.
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