Déjà chez moi, la première chose que je fis était de prendre une bonne douche froide. Ce n'était pas le genre de douche que j'avais l'habitude de prendre. Cette douche là pour moi, signifiait beaucoup. À chaque fois que l'eau touchait les parvis de mon corps en ce moment là, C'était comme si je laissais derrière moi cet horrible passé et tous les tracas que je venais d'avoir. C'était comme si l'eau avait le pouvoir de faire renaître, j'avais l'impression qu'elle me vidait de tout tourment. Après cette longue douche, je vis que ma mère avait essayé de me joindre un grand nombre de fois. Elle devait certainement s'inquiéter comme dans son habitude et j'étais conscient du fait qu'elle aurait pu débarquer chez moi sans prévenir si je ne m'empressais pas de la contacter. Le malaise que j'avais eu quelques jours plus tôt avait encore plus accentué le degré d'inquiétude de ma mère. Elle avait peur en permanence que quelque chose me soit arrivé. Je sais bien que si je le lui permettait, elle vivrait sous le même toit que moi afin de mieux veiller sur moi. Je lui passai donc un coup de fil très rapidement pour éviter de possibles désagréments. Nous étions en pleine après midi et la journée battait son plein. Après le coup de fil à ma mère, je reçu un message texte de Frédérique et on se texta pendant un bon bout de temps. C'était fou la façon dont nous avions de passer d'une conversation à une autre. Nous avions toujours à nous dire et jamais nous n'étions à cours de sujets de conversation. Ça faisait un bon bout de temps que cela ne m'était pas arrivé. Je reprenais goût à la vie grâce à l'amour que je ressentais pour une jeune femme que je ne connaissais que depuis quelques semaines tout au plus. Les jours passaient et ma relation avec Frédérique grandissait à pas de géant. On se voyait à chaque fois que nous en avions l'occasion et j'avais même finis par avouer à ma mère notre petit secret. Elle était très heureuse d'apprendre que j'avais de nouveau une petite amie, surtout qu'elle avait adoré Frédérique. Malgré le temps qui passait, la brigade ne m'avait toujours pas contacté, donc, j'étais toujours suspendu. Ça ne me dérangeait pas plus que ça car j'avais tout pour être heureux et ça me suffisait amplement. Évidemment que mon travail me manquait mais j'appréciais plus que tout prendre du temps pour moi. Je n'avais plus du tout eu des nouvelles de Jean Claude après ma petite visite chez lui quelques jours plutôt et ça ne me faisait ni chaud, ni froid. J'avais bien-sûr parlé à Frédérique de l'attitude qu'avait eu Jean Claude quand je l'ai affronté et elle avait trouvé cela déconcertant. Je n'avais cependant pas donné à ma mère la vraie raison de mon congé. Tout ce qu'elle savait était que j'étais en congés à cause de mon malaise et c'est tout. J'avais été obligé de lui mentir pour ne pas avoir à lui révéler toute la vérité car je savais bien qu'elle n'y aurait jamais crue. Je ne voulais pas non plus qu'elle pense que son petit garçon était devenu fou car ma mère avait une imagination très fertile. Ma relation avec Frédérique avait pris tellement d'ampleur qu'elle avait déjà parlé de moi à sa famille. Il ne restait plus que nous fixions une date à laquelle elle me présenterait à sa famille. Tout était allé tellement vite que je m'imaginais déjà marié à cette merveilleuse femme. C'était très étrange de me voir penser au mariage car j'avais toujours cru que jamais je n'aurais envie de franchir le pas. Concernant l'affaire Bernard Montagnier, il nous arrivait des fois à Frédérique et moi de nous plonger dans les éléments que nous avions afin de découvrir la vérité mais rien de rien nous n'avions trouvé. Et même, je n'avais plus eu de rêve ou de vision du passé. On aurait dit que ma vie avait repris son cours normal juste qu'il y avait eu quelques petites améliorations. Il n'y avait plus eu de rêves étranges, ni de fantômes du passé qui ressurgissaient. Néanmoins, la conviction de mon identité passé était restée en moi, je savais toujours que j'avais un jour été Bernard Montagnier. Frédérique s'était finalement inscrit dans une école d'art où elle avait la possibilité de vivre ses rêves. J'étais très fier d'elle et elle le savait très bien. On sortait tous les deux à chaque fois que nous en avions l'occasion. Des fois c'était dans un café, d'autres dans un restaurant et il y avait même des jours où nous faisions de longues balades en amoureux. Nous étions allés tellement loin que nous avions franchi le pas et connu l'intimité l'un de autre. Je n'oublierai jamais cette nuit car nous étions tous les deux consentants et elle avait passé cette nuit là chez moi. J'étais amoureux et c'était pour de vrai. Frédérique ne m'avais toujours pas dit qu'elle m'aime mais j'étais prêt à lui laisser tout le temps dont elle avait besoin. J'avais cette profonde conviction en moi qui me disait qu'elle m'aime. Elle était toujours aux petits soins avec moi car elle pensait que j'étais toujours déprimé à cause de ma suspension. Ça m'arrangeait très bien qu'elle soit aussi attentionnée envers moi et donc, je jouais le rôle de l'homme fragile en permanence.
C'était un jeudi, il était à peu près 1heure de l'après midi et j'étais chez moi avec Frédérique. On sonna à la porte. J'étais très surpris de voir mes collègues Benoît et Louis. Dans un premier temps, je crus qu'ils étaient là pour me donner la nouvelle selon laquelle j'avais l'autorisation de reprendre du service. Je les fis entrer et ils prirent place. Au fond de moi, je trouvais dommage qu'il soit de nouveau temps pour moi de reprendre le boulot. J'appréciais déjà la vie que j'avais, j'avais adoré le repos que j'avais eu et j'espérais de tout coeur le voir prolonger pour passer plus de temps avec les deux femmes de ma vie.
- Que me vaut votre visite les gars? Ma suspension a t-elle déjà été levée ?
- Mais non, nous ne sommes pas là pour ça, me dit Louis.
S'il ne s'agissait pas de la levée de ma suspension, j'étais curieux de savoir la raison de leur présence chez moi car il était clair que ce n'était pas une simple visite de courtoisie. Frédérique était dans ma chambre car elle avait du travail à faire en ligne. Quand elle su que ces deux mecs étaient des collègues à moi, elle n'eut pas envie de rester en leur compagnie. Louis et Benoît savaient donc que j'étais tout seul chez moi car je n'avais pas parlé de ma compagne.
- Je suis curieux de connaître la raison de votre présence chez moi car il est clair que ce n'est pas une simple visite de courtoisie, leur dis je.
- Tout à fait Frédéric. Nous sommes là pour t'interroger à propos d'un meurtre, rétorqua Benoît.
Un meurtre! J'étais très surpris d'entendre cela. Qui avait bien pu être assassiné et pourquoi est ce qu'ils devaient tous les deux m'interroger à propos. Sur le coup, je pensai tout d'abord à ma mère. C'était logique que je pense tout d'abord à elle car elle était ma seule famille et ma petite amie était dans ma chambre en ce moment là. Je n'avais non plus aucun ami proche pour lequel j'aurais pu être interrogé pour le meurtre.
- Un meurtre ! Ma mère va bien rassurez moi! Dis je.
- Le corps de Jean Claude a été retrouvé chez lui il y a deux jours. Tout montrait clairement qu'il s'agissait d'un meurtre très v*****t. Déclara de nouveau Benoît.
Je n'en croyait pas mes oreilles. Je détestais ce traître de tout mon cœur mais je n'aurais jamais souhaité qu'il lui arrive une chose aussi atroce. Sur le coup, je me mis à penser à la dernière fois que je l'ai eu en face de moi. Je comprenais désormais la raison de la présence de Benoît et Louis chez moi. J'étais certainement un suspect potentiel et c'était la raison pour laquelle ils étaient là. Mes pensées divergeaient tellement que je me mis aussi à penser à Sarah et à leur petite fille qui venait tout juste de naître. Je ne pouvais qu'imaginer la douleur que ressentait Sarah en ce moment précis.
- Je vois, vous êtes là parce que je suis un suspect potentiel sur votre liste. Je suis disposé à répondre à toutes vos questions, leur dis je.
J'étais de la police criminelle et je connaissais très bien la procédure. Je ne pouvais pas les empêcher de faire leur travail. Ce meurtre ne me laissait tout de même pas indifférent malgré les tensions que Jean Claude et moi avions. Je comprenais très bien aussi le fait que mon nom soit dans la liste des suspects potentiels car avant son meurtre, Jean Claude et moi ne nous entendions pas bien du tout.
- Quand as tu vu Jean Claude pour la dernière fois? me demanda Louis.
- Et bien, c'était il y'a quelques jours, plus précisément le 18 octobre. J'étais très en colère contre lui car j'avais été suspendu par sa faute. Du coup, je suis allé le confronter chez lui, dis je.
J'étais mieux placé que quiconque pour savoir qu'il ne fallait jamais mentir à la police, surtout quand il s'agissait d'une affaire de meutre. Je n'avais rien à cacher car je savais très bien que je n'étais pas l'auteur de ce crime.
- Que s'est il passé entre vous? me demanda de nouveau Louis.
- Je lui ai dit ce que j'avais à lui dire et il en a fait pareil. Ensuite, j'ai quitté sa maison et depuis, je n'ai plus cherché à m'approcher de lui car j'étais très remonté contre lui à cause de ce qu'il m'avait fait comme je vous l'ai dit.
- J'espère vraiment que tu nous dis bien toute la vérité, répliqua Benoît.
- Je n'ai aucune raison de mentir ou même de faire semblant. Je le détestais et j'étais en colère, mes sentiments étaient bien justifiés mais de là à l'assassiner, jamais.
Je me fichais pas mal qu'ils me croient ou non. Je sais bien qu'ils pensaient que j'étais un dérangé mental mais ça ne me gênait pas plus que ça car j'avais déjà traversé cette étape. Je juste m'inquiétais pour sa femme et sa fille car je les avais côtoyé quand Jean Claude et moi étions amis et donc, je ne comptais pas me priver de demander après elles.
- Les gars, j'aimerais que vous m'en disiez plus. Comment vont sa femme et sa fille?
- Elles vont bien. sa femme était en voyage et c'est la police qui lui a appris le décès de son épou, dit Benoît.
- Mais alors, quand est il décédé ?
- Nous attendons les résultats du médecin légiste. La seule information sûre est qu'il a été tué il y'a quelques jours. Ce sont les voisins qui nous ont prévenus. Ils se plaignaient d'une odeur étrange qui provenait de la maison de Jean Claude et aussi, ils ne l'avaient pas vu depuis quelques temps. C'est alors qu'on retrouva son corps chez lui. Me dit Louis.
Tout ceci était bien tragique. Qui aurait cru que Jean Claude finirait ainsi! Je me préservais de poser trop de questions car cela aurait semblé suspect aux yeux de mes collègues. J'en savais déjà assez et je ne devais pas trop m'impliquer dans cette histoire car j'étais déjà suspecté. Ils disaient que le meurtre avait été commis il y'a quelques jours et j'espérais de tout cœur que ça ne coïncide pas avec le jour de ma visite chez lui. J'avais déjà assez de problème pour en rajouter encore. Et puisqu'on me prenait pour un dérangé mental, il aurait été facile de croire que j'étais coupable de ce meurtre. Je me mis à regretter et me dire que jamais je n'aurais dû me rendre chez Jean Claude ce jour là. Je ne voulais être mêlé d'aucune manière à ce meurtre et plus que tout, je ne voulais inquiéter ni la mère, ni Frédérique.