On aurait dit que ma mère communiquais avec mon esprit car juste au moment où je me disais qu'il serait mieux que j'aille me chercher quelque chose à manger, elle arriva. Il vaut mieux tard que jamais.
- Tu es enfin là maman, j'en avais assez de t'attendre et j'ai bien failli aller me chercher à manger dans le restaurant de l'hôpital, lui dis je.
- Mais qu'est ce que tu peux être impatient des fois, me répondit elle en souriant.
Ma mère m'avait gâté ce matin là. Elle m'avait fait un menu complet, il y avait de tout dans son panier. Des œufs, de la soupe et même mon dessert favori. On aurait dit qu'elle avait l'intention de nourrir tout un orphelinat d'enfants. J'avais très faim bien-sûr mais pas au point de manger tout cela tout seul.
- Maman, j'aimerais savoir si tu as d'autres enfants mis à part moi, lui demandais je.
- Mais d'où te sort ce genre de question ? rétorqua t-elle.
- Et bien, tu as fait à manger pour tout une colonie d'enfants. Je sais que je t'ai dit que j'étais affamé mais ce n'était pas la peine de faire autant à manger, lui dis en souriant.
Quand j'étais en compagnie de ma mère, je ne pouvais jamais arrêter de faire des blagues. C'était comme si avec elle, je retrouvais mon âme d'enfant. Je redevenais un gamin. C'était plutôt étrange car, gamin, je n'étais pas très expressif, je ne savais même pas faire des blagues.
- tais toi et mange, me dit elle.
- À vos ordres chef!
J'étais heureux d'avoir ma mère à mes côtes. C'était la personne la plus importante que j'avais, c'était mon seul bien, ma seule famille. C'était la raison pour laquelle nous avions une relation privilégiée. Et de plus, maintenant que j'étais un homme, elle me choyait un peu plus qu'à mon enfance. Et ce n'était que maintenant, à l'âge adulte que J'apprenais les avantages de la maladie. Si j'avais néanmoins si plutôt qu'en étant malade, je devenais le centre de l'attention, j'en aurais fait l'expérience gamin. Gosse, je n'étais presque jamais malade et pas très expressif. Mais en ayant ma mère en face de moi comme ça, je me disais qu'elle me suffit car je savais que je comptais pour au moins une personne sur terre. Je me mis à manger et elle m'accompagna dans ma dégustation. Bon sang que c'était bon! Si seulement j'avais su plus tôt qu'on était choyé dans la maladie, j'aurais simulé la maladie plusieurs fois dans mon enfance. Ma mère se donnait tellement de peine pour moi que je me sentais un peu plus spécial. C'était là des moments très privilégiées que je passait avec elle, et pour rien au monde je n'aurais préféré être ailleurs. Mais dans mon cœur, je me sentais mal car j'avais peur d'être égoïste. J'aimais bien-sûr quand elle était aux petits soins avec moi de la sorte mais je voulais plus que tout qu'elle s'occupe d'elle même en premier. J'avais besoin qu'elle s'épanouisse un peu plus. Je voulais la voir croquer la vie à pleine dent, je voulais la voire rire aux éclats, je voulais juste son bonheur.
- Maman, je ne vais pas nier que j'adore te voir aux petits soins avec moi mais j'aimerais que tu le sois un peu plus avec toi même. La dernière fois quand j'étais chez toi, il y avait un homme, J'espère que tu as finalement accepté ses avances, dis je.
- Ne t'inquiète pas pour moi Freddy, je prends bien soin de ma petite personne. Et pour mes relations amoureuses, je refuse d'en parler avec toi, dit elle à son tour.
- Tu es injuste tu sais, tu veux bien parler de ma vie amoureuse à moi mais la tienne, tu aimerais la garder secrète. Ce n'est pas juste maman.
- Ce n'est peut être pas juste mais c'est comme ça, je suis ta mère et je décide, dit elle avec un ton stricte.
Et tout juste après, madame boudait. Elle faisait l'enfant à son tour car elle savait très bien que son Freddy d'amour cèderait. Comme quoi, chacun savait où toucher l'autre!
- C'est bon, pas la peine de bouder, je te promets que je ne remettrais plus ce sujet sur la table. défronce moi donc ces sourcils épais maman, dis je.
Elle me regarda ensuite et me fit un grand sourire. Il était clair que nous avions conclu un accord. Maisj'e savais bien qu'elle ne me tenait aucunement rigueur. J'avais enfin terminé de manger et étrangement, je me souvins que j'avais oublié de dire quelque chose à ma mère. Effectivement, j'avais tellement faim et je n'avais pensé qu'à la famine au point d'oublier de dire à ma mère que je sortirais sûrement de l'hôpital le lendemain. J'avais même oublié de lui parler de mon téléphone. Quel idiot je faisais des fois!
- Maman, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer.
- Vas y alors!
- Et bien, le médecin a dit que si je passe la nuit sans aucune difficulté, je serai autorisé à sortir demain matin, dis je.
Son visage s'illumina d'un seul coup. C'était la nouvelle du siècle ! Maman était comme moi, ou alors c'était moi qui lui ressemblait. On détestait tous les deux les hôpitaux. Et cette nouvelle tombait à pic car je n'aurais pas aimé voir ma mère dormir à l'hôpital pendant des jours encore. Mais têtue comme elle était, elle n'aurais jamais accepté de dormir chez elle plusieurs jours me sachant à l'hôpital.
- En voilà une bonne nouvelle. Ça veut dire que je dois rentrer chez moi pour préparer ta chambre, dit elle tout excitée.
Je ne m'attendais vraiment pas à celle là. Donc maman pensait que j'allais rester chez elle après ma sortie. Je n'avais pas du tout envie d'aller chez elle et je devais le lui dire immédiatement pour qu'elle ne se fasse pas des idées. J'étais très sérieux avec elle lorsque je lui avais dit que je souhaitais qu'elle s'occupe d'avantage de sa personne et qu'elle s'épanouisse. Si j'allais chez elle, il était plus qu'évident qu'elle s'oublierait et qu'elle ne penserait plus qu'à moi. Je ne voulais pas du tout que les choses se passent ainsi.
- Maman, descend de ton nuage car je n'irai pas chez toi. Je rentrerai chez moi et je n'irai nulle part ailleurs.
- Mais tu es convalescent, il ne serait pas sage de te laisser tout seul. Me dit elle.
- Tu as bien entendu le docteur hier quand il déclarait que j'allais parfaitement bien. Donc, je n'ai pas l'intention d'aller chez toi sache le, dis je.
Elle fit sa bonne vieille mine triste mais je n'avais pas du tout l'intention de céder. Je ne voulais pas devenir un fardeau pour elle mais aussi, je voulais continuer mes recherches dans la tranquillité. Si j'allais chez elle, jamais je n'aurais du temps pour travailler.
- Maman, je veux juste que tu te concentres sur toi. Je pense que tu t'es assez occupée de moi, dis je cette fois ci d'un ton décisif.
Elle n'avait donc plus d'autre choix que de s'aligner. Ma décision était prise et irrévocable.
- C'est ta décision et je la respecte mais il ne faudra pas venir pleurer sous les jupes de maman ensuite, me dit elle en souriant.
Mais quelle moqueuse elle faisait ma mère ! Elle venait tout juste de me parler comme si j'étais un gamin de sept ans. Elle savais bien que ça m'irritait quand elle faisait cela.
- Tu me cherches là ! Mais pour ta gouverne miss Cheyrou, je n'irai pas pleurer sous les jupes de maman ensuite, lui dis en lui souriant aussi.
Elle se laissa emporter par un fou rire quand je lui dis cela. Et moi, je la contemplais. Je contemplais la femme la plus magnifique de la terre. Et pendant un moment, je me mis à penser à mon père. Je me disais qu'il serait heureux de savoir que j'avais pris soin de la femme qu'il aimait, je me disais qu'il souriait aussi en nous voyant si complice et si heureux. Et pour la première fois depuis deux ans, je repensais à lui intensément.