Et pendant que maman riait aux éclats, une personne inattendue entra dans la chambre. Ce n'était ni plus ni moins que Frédérique. C'était une charmante surprise. Maman cessa immédiatement de rire et son visage devint tout à coup sérieux.
- Oh ma petite Frédérique, vous arrivez au bon moment, je me préparais à m'en aller et à laisser votre cher ami tout seul. Maintenant que vous êtes là, vous pourrez lui tenir compagnie en mon absence.
Maman était une bonne comédienne, elle m'avait pris de court et Frédérique aussi. Elle ne lui avait même pas laissé le temps de dire bonjour. Elle voulait jouer les docteurs love et je trouvais cela quelques peu énervant. Je savais bien qu'elle avait juste envie de m'aider mais je n'en voulais pas de son aide, elle avait le don de toujours en faire trop. Je ne voulais pas non plus que Frédérique pense que ma mère la poussait dans mes bras, pour moi, si quelque chose devait arriver, ça devait se faire naturellement.
- Bonjour madame Cheyrou, J'espère que vous allez bien ce matin. Ce n'est pas la peine de me vouvoyer vous savez, vous pouvez me tutoyer, dit Frédérique.
- Que je suis maladroite des fois! Ça dois être là deuxième fois que tu me demande de te tutoyer. En plus, j'ai même oublier de te saluer et de te demander comment tu allais, rétorqua ma mère.
Elle avait sorti sa super mine de maman désolée. Je savais bien qu'elle essayait d'attendrir Frédérique. Mais je savais très bien aussi que Frédérique était maligne et intelligente, j'étais quasiment sûr qu'elle avait compris le petit stratagème de ma mère.
- Ce n'est pas grave madame Cheyrou, je sais bien que vous êtes préoccupée par des choses plus importantes en ce moment, dit Frédérique à ma mère.
Frédérique était toujours restée polie et aimable avec ma mère, elle se comportait bien avec elle et c'était admirable sa part car maman en faisait toujours trop et lui posait même des questions personnelles. Ces deux femmes discutaient comme si je n'existais pas et pourtant, j'étais la raison pour laquelle elle s'était rencontrées.
- Je peux donc compter sur toi Frédérique pour tenir compagnie à mon garçon n'est ce pas? Il est encore très fragile, rétorqua rapidement maman.
Tout ce que maman voulait, c'était de nous laisser tous les deux. J'appréciais beaucoup le geste mais je trouvais qu'elle en faisait un peu trop. Elle répétait sans arrêt la même chose et ça devenait un peu lourd. J'étais comme un garçon de 14 ans qui se faisait mettre la honte de sa vie pas sa mère devant son crush. C'était embarrassant !
- Ne vous en faites pas, je veillerai sur lui en votre absence, dit Frédérique à ma mère.
- Merci beaucoup chérie, tu es un amour, rétorqua maman.
Elle rangea rapidement son bazar et s'en alla. Ma mère avait le don de me mettre dans des situations embarrassantes. Elle avait même dit à Frédérique que j'étais fragile. Mais bon, je ne pouvais que l'aimer comme elle était. On était enfin seuls Frédérique et moi, Je ne savais pas vraiment comment introduire la conversation et donc je réfléchissais très vite sur que lui dire. Mais elle me pris de court.
- Je suis très heureuse de voir tes yeux ouverts, tu nous a foutu une sacrée peur, me dit Frédérique.
- Je suis vraiment désolé de vous avoir effrayé ainsi, mais pour ma défense, ce n'était pas un acte prémédité, lui dis je.
Je ne savais pas si je m'y était bien pris en lui faisant ce semblant de blague mais elle avait souri. Donc, elle avait bien aimé ma blague.
- Ta mère m'a dit mardi que les médecins n'avaient pas trouvé la cause de ton malaise. Est ce qu'ils savent finalement ce qui t'ai arrivé ? Me demanda t- elle.
- Ils disent que que je vais parfaitement bien mais ils ne savent toujours pas quelle est l'origine de mes tourments, répondis je.
- Le plus important c'est que tu ailles mieux, redit elle.
- Je vais très bien tu sais, même les examens que m'ont fait les médecins le prouvent. J'allais très bien aussi avant de m'évanouir. C'est juste que je me suis couché dimanche et je me suis retrouvé enfermé dans une sorte de rêve. Et étrangement, je me suis réveillé des jours plus tard, dis je.
- Hum! Dis comme ça, ça paraît tout naturel, redit Frédérique.
J'étais très heureux de savoir qu'elle s'inquiétait pour moi. À l'intérieur de moi, c'était comme un festival de joie. Je ressentais une panoplie de sentiments inexplicables dûes à toute la joie que je ressentais. Cette joie n'était due qu'à une seule chose, la présence de Frédérique. Je me disais que je pouvais tout de même profiter de sa présence pour lui déclarer ma flamme. Mais j'hésitais, je me demandais si elle ressentait aussi la même chose pour moi. Mais en y réfléchissant bien, je me devais d'exposer ce que je ressentais, je ne voulais plus garder cela pour moi tout seul et le regretter plus tard. Je n'étais plus un gamin mais un adulte, et en plus, je venait de frôler la mort, il était donc hors de question pour moi que je la laisse filer.
- Tu es très jolie tu sais, lui dis je.
Elle ne s'y attendait clairement pas vu la mine qu'elle avait faite.
- Oh, merci! Tu n'es pas mal aussi, répondit elle.
C'était là de la pure courtoisie. Elle semblait être gênée mais elle réussissait à faire sa courtoise. J'étais juste amoureux ! Je ne savais pas si c'était la bonne ou même si ça marcherait mais je ressentais juste le besoin de me lancer. D'un coup, je me dis qu'il valait mieux que je parle et que j'en finisse. Et peu m'importait qu'elle accepte mes avances ou non, j'allais lui dire le fond de ma pensée.
- Ce que je veux dire c'est que tu n'es pas juste jolie mais tu es de loin la femme la plus merveilleuse que je connaisse. Ça fait des jours déjà que je pense à toi sans cesse mais je n'arrivais pas à écouter ma raison et donc, je me lance. Frédérique, tu es une femme merveilleuse et je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi, veux tu te mettre en couple avec moi?