Chapitre 30

2011 Mots
Après m'avoir entendu, on aurait dit que Frédérique avait été choquée par mes paroles. Elle me regardait fixement et gardait un silence mystérieux. C était presque gênant. Et sur le coup, je me dis que c'était sûrement foutu pour moi et qu'elle me donnerait certainement une réponse négative. - Frédérique..., dis je. - hum, me répondit elle. - Ton silence est étranglant tu sais, je t'ai ouvert mon cœur à l'instant mais toi, tu gardes froidement le silence, c'est frustrant tu sais, lui dis je. - Loin de moi l'intention de te frustrer! C'est juste que je suis dépassée par le cours des évènements, je ne m'attendais pas du tout à une telle proposition de ta part, répliqua Frédérique. - Et donc, qu'en penses tu? lui demandais je. - Je n'ai jamais vraiment pensé à ça mais pourquoi pas! rétorqua t-elle. - Je crains de ne pas bien te suivre là, dis je de nouveau. - Ce que je veux dire par là c'est que je t'aime bien mais l'idée d'être en couple avec toi ne m'avait jamais traversé l'esprit. Mais maintenant que tu en parles, je me dis que je ne perdrais rien à essayer. En plus, peut-être que cela pourrait nous mener au véritable l'amour qui sait ! répliqua elle. - Dois je prendre cette réponse pour un oui alors? demandais de nouveau. - Évidemment que oui, dit elle. C'était incroyable ! pour une fois dans ma vie, la chance était de mon côté en amour. Frédérique venait d'accepter d'être en couple avec moi, le maladroit Freddy. D'un coup, je me mis à penser à ma mère et à la joie qu'elle ressentirait en apprenant la nouvelle. Et si cela ne tenait qu'à elle, elle préparerait déjà le mariage. C'était un très bon début car elle avait accepté ma proposition. Elle avait aussi clairement dit qu'elle ne ressentais rien de spécial et donc, je supposais que son cœur était ouvert à toute possibilité. J'avais donc la chance de parvenir à la faire m'aimer. Je ne savais pas du tout où commencer pour rendre cette pensée réelle mais j'avais bien l'intention de faire des efforts et même de voir des tutoriels sur internet du genre "Comment faire tomber une femme raide dingue de vous". C'était la toute première fois que je décidais de m'investir à fond sur une femme. Je n'étais plus non plus tout jeune, j'avais 30 ans déjà et mon être tout entier avait besoin de sérieux. Je ressentais de l'envie à chaque fois que je voyais Jean Claude et Sarah c'était leur relation en partie qui m'avait poussée à avoir des envies de relation stable. J'en avais marre de rentrer chez moi tous les jours sans jamais avoir quelqu'un qui m'y attendait et donc, Frédérique est entrée dans ma vie et je suis tombée amoureux d'elle. J'espérais de tout cœur que ça fonctionne entre nous deux. - C'est maintenant toi qui garde un silence écrasant, me dit Frédérique. - Désolé, c'est juste que je m'étais perdu dans mes pensées. J'aurais jamais cru que tu accepterais la proposition et aussi facilement en plus. Dis je. - Et donc, j'ai accepté. Comment sommes nous sensés débuter cette nouvelle relation ? me demanda t-elle? - J'aurais bien aimé t'embrasser mais je déteste les hôpitaux, je n'ai aucune envie qu'on raconte à nos petits enfants plûtard qu'on a eu notre premier b****r dans un hôpital, dis je en souriant. - Tu es étonnant tu sais Frédéric ! Répliqua t-elle. - On ne me l'avait jamais dit, répondis je. Mais soudain, un truc me passa par la tête. Ma mère rêvait juste d'une seule chose et c'était de me marier et de lui faire des petits enfants. Je me dis donc qu'il serait sûrement pésant pour Frédérique de subir les interrogatoires de ma mère si jamais elle apprenait que l'affaire était concrétisée. Je finis donc par me dire qu'il serait mieux qu'on ne dise rien à ma mère sur cette relation pour le moment. - Frédérique, en acceptant de te mettre en couple avec moi, tu as accepté de supporter ma mère. Ça fait des années qu'elle veut me voir marier et faire des enfants. J'ai peur qu'en apprenant la nouvelle, elle se mette en tête des idées comme quoi on devrait se marier. Or nous savons tous les deux que nous faisons une sorte d'essai en apprenant à se connaître et si ça marche, j'en serai très heureux mais si non, on ne devra pas avoir des regrets. Voilà pourquoi je propose qu'on ne dise rien sur notre relation à mère pour le moment. Mais si un jour on finit par s'aimer à la folie et qu'on souhaite aller plus loin, alors on lui dira. Lui dis je. - Cela ne me pose aucun problème. Moi aussi j'ai une mère et j'ai plutôt intérêt à ce qu'elle ne soit pas au courant que je suis en couple, du moins pour le moment. Donc je suis d'accord qu'on devrait être discret pour le moment bien-sûr, dit elle. - Parle moi de ta mère, j'ai eu l'impression que tu voulais dire qu'elle était aussi folle que la mienne, répliquais je. - Oh tu n'as même pas idée ! Pour elle, j'ai atteint l'âge idéal pour me marier. Si elle apprend que je suis en couple, elle organisera un dîner spécial en ton honneur le soir même. Et durant son cher dîner, elle te demandera quand est ce que tu comptes me mettre la bague au doigt. Elle a fait le coup à ma sœur et je n'ai pas du tout envie qu'elle m'embarrasse de la sorte. Déclara Frédérique. Je me mis à rire aux éclats et elle m'accompagna dans mon fou rire. - Je te jure que ma mère a vraiment fait cela, il fallait être présent à pour voir la tête de ma sœur, c'était digne d'une comédie de Louis de Funès, me dit elle en riant. - Et moi qui pensais que ma mère était la plus folle de la terre! Je donne un César à la tienne, elle est terrible, répliquais je. - Tu comprends donc pourquoi, moi aussi j'ai intérêt à ce que notre relation reste secrète pour le moment, redit elle. - Et ton père, comment a t-il réagi à côté de ta mère? demandais je. - Pendant tout le dîné, il fixait le copain de ma sœur et lui posait des questions du genre :" Qu'est ce qui vous fait penser que vous êtes à la hauteur pour ma fille?". Le pauvre Gérémie! Ça se voyait dans ses yeux qu'il avait envie de s'enfuir. redit Frédérique en riant. - À cette allure, je n'ai pas hâte de faire la rencontre de tes parents chérie ! dis je en souriant. Penser à nos parents nous avait fait du bien. On parla encore pendant de longs instants et ensuite, il était temps pour Frédérique de partir car elle avait d'autres occupations. Avant qu'elle ne s'en aille, elle me serra dans ses bras et moi, je lui fis un b****r sur le front, j'étais très sérieux quand je disais ne pas vouloir que notre premier b****r en tant que couple soit dans un hôpital. Frédérique était rentrée et j'étais de nouveau seul dans cette chambre avec cette horrible odeur de médicaments. Mon coeur était très léger, un peu comme s'il ne refermait aucun soucis, j'étais heureux. La journée avait bien débutée pour moi et je me sentais très bien même. Mais mon état changea subitement après le départ de Frédérique. Je me sentais tout pâle mais aussi, très fatigué. Mon état d'après la visite de Frédérique était tout à l'opposé de celui d'avant et de pendant sa visite. Je ne voulais pas que le médecin ou même les infirmiers me voient dans cet état. Je redoutais qu'ils ne prennent la décision de ne pas me laisser sortir le lendemain comme ils l'envisageaient. Je me laissai donc emporter par le sommeil dans l'espoir que j'aille mieux après mon réveil. Je m'en dormi mais pas pendant très longtemps mais à mon réveil, j'allais beaucoup mieux mais aussi, cette sieste avait été bénéfique pour moi. Je n'avais pas du tout fait de rêve durant ma sieste mais, je m'étais souvenu de tout ce que j'avais vu quand j'étais Inconscient. Je me souvenais très clairement de ma discussion avec Jennifer et aussi de tous les endroits où nous avions été. Mais toujours, dans ma tête, persistaient deux questions majeures. Quel était le vœu que j'avais fait pour que mon âme se réincarne? Quelle était le sujet de ma dernière conversation avec Jennifer Du Pont lorsque nous étions dans le petit bois? Telles étaient les deux questions qui tourmentaient ma réflexion. J'étais bien-sûr très heureux d'avoir pu me souvenir de tout cela mais je craignais d'oublier une fois de plus. Mais à mon grand malheur, je n'avais pas de quoi noter ni mon téléphone pour m'enregistrer ou même pour passer un appel à Jean Claude. Sur le coup, mes émotions valsaient entre la joie et le désespoir car j'avais peur de ma propre mémoire. Il ne me restait plus qu'à espérer que ma mère vienne avec mon téléphone ou alors que Jean Claude vienne me visiter. Dans les deux cas, je serais certainement satisfait. Je m'efforcais donc à penser à tout ce dont je venais de me souvenir pour ne pas avoir à oublier. C'est donc là que quelqu'un frappa à la porte de la chambre. Quand je me retournai pour savoir qui c'était, mon regard s'illumina, ceci était dû à la joie qui m'avait envahi à ce moment précis. C'était Jean Claude qui était à la porte. - Entre, Jean Claude, ton timing est parfait, lui dis je immédiatement. - Mais que me vaut cet accueil très chaleureux ? Dit il. - Je me souviens enfin de ce que j'ai vu, je sais déjà de quoi Jennifer et moi avions discuté quand je dormait profondément, rétorquais je. - C'est une excellente nouvelle ça ! Répéta Jean Claude. J'étais prêt à tout lui déballer pour me débarrasser de tout ce que je savais. Je voulais tout lui dire rapidement car il était hors de question que j'oublie quelque chose. Je devais tout partager avec lui avant que ma mémoire n'oublie petit à petit. Mais quand je me précipitai à parler, Jean Claude me demanda de patienter un instant. - Je sais bien que tu dois être impatient de tout me dire et moi aussi je suis très impatient de t'entendre mais nous devons être prudent. J'aimerais enregistrer ce que tu me diras afin qu'on puisse garder cela sûrement, car on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Me dit Jean Claude. Il avait parfaitement raison. La meilleure des choses était de tout enregistrer. C'est ce que nous avions l'habitude de faire avec nos témoins afin d'éviter de nous embrouiller ou même de confondre les mots ou expressions. Il prit donc son téléphone et se mit à m'enregistrer. De mon côté, je disais exactement tout comme je le voyait dans ma tête car mes souvenirs étaient encore tout frais. Après que j'eus terminé, Jean Claude et moi nous mirent à analyser la situation calmement. - Donc si je comprends bien, si tu es revenu, c'est à cause d'une promesse que tu avais faite le jour de ton exécution ? demanda Jean Claude. - Selon ce que le fantôme de Jennifer disait, c'est ça, rétorquais je. - Tout ceci me paraît très étrange, j'aimerais savoir, as tu provoqueé ta mémoire pour t'endormir ainsi pendant plusieurs jours? me demanda t-il de nouveau. - C'est là qu'est tout le mystère, je n'ai jamais provoqué cela d'une quelconque manière. Ce dimanche là, j'avais juste poursuivi ma routine et je me suis couché à la même heure que d'habitude, répondis je. - Je vois. Comment savoir si ce rêve, si je peux l'appeler ainsi n'était pas juste le fruit de ton imagination Frédéric? - En fait, je suis persuadé du fait que ce n'eut pas été un rêve car quand je l'ai vu devant moi, je te jure que j'ai su tout au fond de moi que j'étais Bernard Montagnier. Je me suis mis à me souvenir d'un grand nombre de choses. C'était comme si, ma mémoire perdait le voile qui l'empêchait de se souvenir de mon passé, dis je.
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