Chapitre 36

2063 Mots
Je comprenais très bien où est ce qu'elle voulait en venir avec toutes ces questions. Elle cherchait juste à trouver un moyen qui nous permettrait de stimuler ma mémoire afin que je puisse retrouver la totalité de mes Souvenirs. C'était là le seul moyen que nous avions de découvrir la vérité. Et encore, nous n'en avions aucune certitude car rien ne nous prouvait réellement que la vérité se trouvait bel et bien dans mes souvenirs. Nous ne faisions que nous référer à des rêves que j'avais fait. Je ne le disait peut-être pas mais il se pouvait bien que tout cela ne soit que le fruit de mon imagination, le fait d'avoir vu Jennifer. Il était donc nécessaire d'admettre que le chemin que nous empruntions était plein d'incertitudes. - En effet, j'ai penser à l'affaire Jennifer Du Pont avant de m'endormir toutes les fois où me sont revenus quelques souvenirs. Et même, le jour où j'ai perdu connaissance, j'avais espoir que mes souvenirs me reviennent. Dis je à Frédérique. - Donc, on peut se permettre de tirer comme conclusion que tous tes souvenirs se trouvent peut-être dans ton subconscient. Je dis cela parce que j'ai lu dans un livre de sciences que les actes manqués et aussi des souvenirs refoulés sont pour la plupart stockés dans notre subconscient. Voilà pourquoi ils nous reviennent des fois sous forme de rêves quand nous dormons. Donc, tes souvenirs, jamais tu ne les as perdu mais ils se sont juste enfouis dans ton subconscient, me dit elle. Elle n'avait pas du tout tort dans ses propos, elle avait même raison sur toute la ligne il me semblait. Le seul hic dans ce qu'elle disait était qu'elle ne voyait les choses que sous un seul angle. Elle avait omis de souligner que tout ce que j'avais vu aurait bien pu être le fruit de mon imagination. Il ne fallait pas que nous mettions la possibilité selon laquelle j'aurais pu voir ce que mon imagination voulait me faire voir. Je ne doutais nullement de ma lucidité au contraire, je croyais en moi plus que nulle autre mais le regard des autres avait eu beaucoup d'influence sur l'opinion que j'avais de ma propre personne. Ça m'avait quelque peu destabilisé de savoir qu'ils avaient tous cru que j'avais des problèmes mentaux. Néanmoins, la façon dont Frédérique avait de croire en moi me redonnait vie. Je ne lui avait pas fait part de l'autre partie de ma pensée car cela m'avait semblé inutile. Je décidai donc de rester sur ma position et d'oublier ces doutes qui me tourmentaient, j'étais sûr de moi et de mes sentiments. Je me disais donc qu'il était temps que je lui parle de mon rendez vous avec le spécialiste du subconscient. - Je ne t'en ai jamais parlé mais au tout début, lorsque tout a commencé, j'ai cru que je devenais fou et donc, j'ai pris rendez vous avec un psychologue. Ce que je veux dire par lorsque tout a commencé c'est en fait à partir du moment où ces visions et ces rêves étranges ont commencé à me hanter. Mais lorsque je lui ai parlé de ce qui m'arrivais, elle a trouvé nécessaire de me donner la carte de visite d'un de ses ami qui est spécialisé dans le subconscient. Elle m'avait en fait bien écouté et loin de ce que je m'imaginais, elle n'avait pas du tout cru que j'étais fou ou alors que j'avais des troubles mentaux. Et donc, elle s'est dit que son collègue pourrait mieux m'aider. dis je. - Et qu'as tu fait ensuite? me demanda Frédérique. - Et bien, j'ai pris rendez vous le soir même et il m'a reçu. Puisqu'il procédait par hypnose, il m'a hypnotisé. C'était très intense et j'ai d'ailleurs pu me souvenir de certaines choses, répliquais je. - Donc, l'hypnose est efficace pour te faire explorer ta mémoire? - Pas vraiment, le spécialiste disait que c'était l'assemblage repos, décontraction et concentration qui le faisait. Mais en m'hypnotisant, il m'a tout d'abord détendu et mes souvenirs sont revenus tout seuls. - Mais pour qu'elle raison n'as tu pas pris rendez vous une seconde fois? demanda elle. Sa question était tout simplement logique et légitime. J'aurais dû prendre un second rendez-vous, un troisième et même un quatrième s'il le fallait, ça m'aurait certainement éviter d'avoir cette envie cruelle de me confier à mon collègue. Ainsi, j'aurais peut-être pu éviter toute cette catastrophe à la brigade. - Tout simplement parce que je croyais être capable de le faire tout seul sans aide. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai voulu apprendre la méditation. Je me disais que si j'arrivais à me concentrer profondément, je serais en mesure de ramener mes souvenirs. En donnant cette explication assez irrationnelle à Frédérique, je le sentis tout de suite très stupide car j'avais vraiment agis en idiot. Et maintenant, je regrette mes actions passées, seulement, il est très tard pour laisser place à ce genre de sentiment. - Je vois. Il se fait tard et j'ai des trucs à faire avec des amis. On ne s'est pas vu depuis longtemps et j'aimerais profiter du fait qu'ils soient en ville, me dit elle. Ça me fit de la peine de savoir qu'elle était sur le point de s'en aller. J'aurais aimé passer plus de temps avec elle mais je n'y pouvais rien, je ne pouvais pas l'empêcher de vivre sa vie au détriment de la mienne. Il était vrai qu'elle avait déjà passé un bon bout de temps avec moi et elle m'avait été de très bonne compagnie, mais, je voulais qu'elle reste là avec moi. Je ne pouvais pas non plus lui faire part de ces sentiments car il était hors de question que je devienne un petit ami encombrant pour elle. Je ne voulais pas qu'elle se sente enfermée avec moi et donc, je lui laissait son espace. - Je comprends. Mais avant de t'en aller, j'aimerais t'envoyer des images des pages du journal intime de Jennifer Du Pont. J'aimerais que tu les lises et que tu me donnes ton avis sur tout ce qui y est écrit. Tu es une femme et peut être que tu comprendras mieux certaines choses. J'ai bien peur de ne pas avoir fait attention aux détails. J'ai besoin de ton avis, car j'ai toujours l'impression d'avoir loupé quelque chose dans mes lectures, lui dis je. - D'accord, je ne manquerai pas de le faire, néanmoins, j'ai aussi un service à te demander, me dit elle. - Tout ce que tu voudras. - Prend grand soin de toi et surtout n'oublie que je crois en toi. Elle m'embrassa et me dit tendrement au-revoir. Ensuite elle s'en alla. Elle le rendait de plus en plus dingue cette fille! J'adorais cette façon qu'elle avait d'être aussi attentionnée envers moi. Elle était de loin très différente des autres petites amies que j'avais pu avoir jusque là. J'étais de nouveau seul mais plus du tout abattu. Il me suffisait juste de me dire qu'elle croyait en moi pour être plus serein. Frédérique m'avait redonné de l'espoir mais aussi du courage. J'avais bien envie de me replonger dans les pièces de l'enquête mais j'avais faim. C'était bon signe car, la sensation de famine prouvait que je n'étais plus stressé. J'allai dans la cuisine pour me faire de quoi manger. C'est en sifflotant que je faisais la cuisine. Au final, du repos était ce qu'il me fallait, me disais je. J'avais la possibilité de profiter de cette suspension pour mieux me concentrer sur moi et aussi sur ma petite amie. J'avais bien l'intention de continuer de mener mon enquête mais je préférais changer mon approche. Frédérique m'avait fait voir à quel point j'étais spécial. Je me sentais différent mais à ses yeux, j'étais spécial et son avis était le seul qui comptait pour moi. Et grâce à elle je n'avais plus l'intention de dissimuler mon passé ou même mon présent. Je me sentais tellement bien que si j'avais eu Jean Claude en face de moi, je l'aurais remercié au lieu de le frapper. Il pensait certainement m'avoir fait du mal mais il n'avait fait que forger un peu plus ma personnalité. J'avais toujours été le jeune homme qui réussissait tout dans sa vie hors mis les relations amoureuses. J'étais toujours le meilleur dans tout ce que j'entreprenais et cela suscitait soit des admirateurs, soit des jaloux. Et dans n'importe lequel de ces cas, je m'en sortais toujours avec beaucoup d'honneur. C'est vrai que j'étais tombé de haut avec cette trahison de mon collègue le plus proche mais j'avais au moins appris quel était le goût de la déception et ce n'était pas rien. Mais le plus important à retenir de toute cette histoire était que je n'avais pas été seul pour traverser cette crise car j'avais eu avec moi Frédérique, une femme merveilleuse. J'avais cuisiné et manger aussi, ma journée n'avait peut-être pas été des plus normales mais j'avais connu pire. Seulement, je n'arrivais pas à digérer la trahison de Jean Claude. J'avais besoin de comprendre les raisons de son acharnement envers moi et je voulais qu'il me regarde droit dans les yeux et qu'il m'avoue qu'il n'avait fait que simuler l'amitié qu'il disait me porter. J'hésitais à me rendre chez lui mais je finis par me dire que j'avais le droit d'avoir des réponses à mes questions et Jean Claude était le seul qui pouvait me les fournir. J'avais besoin de le regarder fixement dans les yeux et de lui dire à quel point je le trouvais pathétique et misérable. Je voulais voir la honte dans ses yeux, je voulais qu'il soit honnête avec moi et qu'il daigne me montrer cette horrible facette de lui qu'il m'avait caché jusque là. Je savais bien que vu sous cet angle, je paraissais très orgueilleux mais même si c'était le cas, il était important pour moi de pouvoir affronter cet homme. Et donc, je pris mon courage à deux mains et je pris ma voiture pour me rendre chez Jean Claude. Je n'avais aucune idée, ni aucun moyen de savoir s'il était chez lui mais la probabilité qu'il y soit était grande. Je ne voulais pas réfléchir à cela et donc, je me contentais juste de foncer la tête baissée. J'étais juste guider par ma colère et le simple fait de me dire qu'il baisserait les yeux devant moi me réjouissait d'avance. Il ne s'attendait pas à me voir débarquer chez lui et ça m'allait très bien. Arrivé dans la rue devant chez lui, j'étais tout joyeux de voir sa voiture garée, cela ne voulait dire qu'une seule chose, il était bien chez lui. Je n'avais pas l'habitude de me voir ainsi mais ça m'était égal. Toute cette colère et cette haine, je n'en avais pas du tout l'habitude. C'était la toute première fois qu'une personne réussissait à me mettre autant hors de moi. Je descendit de ma voiture sans aucune hésitation. Et quand j'arrivai devant la petite clôture de sa maison, je ne pu m'empêcher d'inspirer profondément et d'expirer ensuite. Mais tout d'un coup, une petite voix dans ma tête me dit que je n'avais aucune raison d'être là. Je l'ignorai et j'entrai. Arrivé devant le pallier de la maison, je me fis un plaisir de sonner. La porte s'ouvrit et c'était ce traître et hypocrite de Jean Claude qui m'ouvrit. J'avais adoré voir cet effet de surprise sur son visage. Ses pupilles s'étaient dilatées et tout son visage était devenu rouge. Le voir se mettre dans cet état juste en me voyant m'avait rempli d'orgueil. Jamais encore je n'avais eu l'impression d'avoir du poids devant une quelconque personne, Jean Claude était la toute première. Et même, lors de mes interrogatoires en tant qu'enquêteur, jamais encore je n'avais vu autant de peur sur un visage. - Tu es surpris de me voir, cher ami ? Lui dis je. - Que fais tu là, me demanda t-il tout craintif. Et pendant qu'il attendait que je lui donne une réponse, j'entrai chez lui sans même qu'il ne m'en donne la permission. Il n'avait pas pu me retenir car l'aura que je dégageais à cet instant là était différente, elle était impressionnante et moi même, je l'avais senti. Je n'étais pas là pour lui faire du mal mais j'avais l'impression qu'il ne pensait pas pareil. Mais moi,je voulais juste qu'on ait une petite discussion civilisée entre collègues civilisés.
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