- Et donc, tu me crois et tu ne trouves pas cette histoire farfelue? Demandais je à Frédérique.
- Bien-sûr que oui, je te crois. Tu es la personne la plus normale que je connaisse, alors si tu le dis, je le crois. Néanmoins, j'ai un soucis, je ne comprends toujours pas quel est le rapport entre cette histoire et ta suspension. Répliqua Frédérique.
- Et bien, tu connais Jean Claude mon collègue, celui avec lequel tu m'as conduit à l'hôpital la semaine dernière ? lui demandais je.
- Oui oui, je le connais, me répondit elle.
- Je lui avait fait part de ma situation exactement comme je le fait avec toi en ce moment. Il disait qu'il me croyait et même, il m'aidait un peu à découvrir la vérité. Ce que je ne savais pas c'était que ses intentions envers moi n'étaient pas du tout bonnes. Lorsque j'étais à l'hôpital il y'a deux jours encore, Jean Claude m'a enregistré avec son portable lorsque nous parlions de cette affaire. À mon insu, il a remis l'enregistrement au commissaire en lui disant que je devenais instable mentalement. Le commissaire l'a écouté et ce n'est que normal car n'importe qui aurait fait pareil à sa place, dis je.
- Mais d'après toi, qu'est ce qui aurait poussé ton coéquipier à te trahir de la sorte? me demanda Frédérique.
- Tu sais, j'ai toujours été un agent dévoué à mon travail. J'étais en quelques sortes le meilleur agent de la brigade et je comprends bien que cela ait pu attiser la jalousie des uns et des autres mais cela ne justifie pas que ce soit Jean Claude qui m'ait trahi de la sorte. Je le considérais comme un ami tu sais, répliquais je.
- Je n'arrive pas à croire qu'il ait pu faire cela. Il m'a pourtant paru aimable, dit elle.
- Les apparences peuvent être trompeuses et aujourd'hui, j'ai pu le confirmer, redis je.
- Que comptes tu faire maintenant ? me demanda elle.
- Pour le moment, je compte bouillir de colère et ruminer aussi, lui dis je.
- Je ne suis pas d'accord avec ta décision. Je pense que même si tu es suspendu, tu devrais continuer à rechercher la vérité. Je trouve cette histoire tellement intéressante que j'aimerais bien la suivre jusqu'à la fin. Je veux savoir qui est la personne qui a assassiné La fille, me dit elle.
Elle me surprenait de plus en plus. Non seulement elle ne se foutait pas de moi mais aussi, elle était intéressée et voulais découvrir qui était le véritable meurtrier. Je trouvais cela très curieux.
- Puisque tu es suspendu, nous avons la possibilité de mener notre enquête afin de découvrir la vérité et là, on pourra prouver à tous tes collègues que tu n'es pas fêlé comme ils pensent, dit Frédérique.
- Qu'entends tu par nous? lui demandais je surpris.
- J'ai très envie de t'aider, me dit elle de nouveau.
C'était tout simplement fou ce qu'elle me proposait. Frédérique voulait que je continue de mener l'enquête et de sur quoi avec elle comme acolyte. Il était hors de question que je la mêle à tout cela et en plus, cette histoire m'avais assez causé d'ennuis comme ça.
- Il est hors de question que je te mêle à mes histoires. J'ai l'intention de laisser tomber ce passé et de me concentrer sur mon présent.
- Je ne suis pas d'accord. Je suis d'avis que rien sur terre n'est le fruit du hasard. Ce n'était pas par hasard que cette enquête t'a été assigné, ce n'était pas par hasard que tu as fait ce choix de carrière et surtout, le hasard n'a rien à voir avec le fait que tu te souviennes de ta vie précédente. Je pense que le karma te donne l'opportunité de laver ton honneur, répliqua Frédérique.
- Je pense que tu es folle. Pour la plûpart du monde, ce qui m'arrive est carrément impossible. Ils me prendront tous pour un fou. J'ai réussi à prouver l'innocence de Bernard Montagnier grâce au témoignage d'une femme et c'est suffisant pour moi, lui redis je.
- Et donc, tu ne comptes pas libérer l'âme tourmentée de cette pauvre Jennifer ? Je suis sûre que l'âme de cette pauvre jeune femme ère encore et encore, me redit elle.
Frédérique me disait toutes ces choses et pourtant, je ne lui avait pas du tout dit que j'avais vu Jennifer lorsque j'étais inconscient. Jusqu'à ce que Frédérique n'en parle, je n'avais jamais envisagé le fait que peut-être l'âme de Jennifer n'avait pas trouvé la paix. J'avais déjà vu plusieurs films en rapport avec les âmes errantes et jusqu'ici, je n'y avais jamais cru. Mais depuis que j'avais appris toutes ces choses sur moi, rien ne me semblait plus impossible. Je croyais désormais au surnaturel et j'étais prêt à tout accepter dès cet instant. J'étais prêt à croire que les vampires, les loups garou ou même que les fées existent. Mais plus que tout, j'étais certain que les esprits et toutes ces choses invisibles dont on ne parlait qu'à Halloween existaient bel et bien. Je savais tout ça mais je ne pouvais pas forcer les autres à y croire aussi. Du coup, je me disais que la seule solution que j'avais pour être réintégré était d'oublier ou même d'ignorer tout ce que mon esprit me faisait voir. J'avais beau penser de la sorte mais était ce la meilleure chose à faire? Était ce judicieux de ma part d'essayer d'écarter une vérité qui était mienne? J'étais mitigé et incapable de prendre une décision. C'est vrai que tout ceci m'avait effrayé au tout début mais j'avais adoré explorer mon subconscient plus que tout. J'avais adoré me sentir différent et particulier mais j'étais prêt à renoncer à ces sensations juste pour privilégier le regard des autres à mon égard. Mais est ce que ça en valait vraiment la peine? J'avais bien-sûr détesté le fait que les autres me prennent pour un dérangé mental mais céder revenait à renoncer à qui j'étais et je ne voulais pas oublier que j'avais été Bernard Montagnier. Je ne voulais pas oublier tout l'amour que j'avais porté à Jennifer, je ne voulais pas oublier tout le mal que je m'étais donné pour prouver mon innocence. Et pendant que je me disais tout ceci, je me rendis compte qu'il serait égoïste de ma part de stopper ma course en pleine compétition.
- Tu sais quoi chérie, je me fiche pas mal de ce que les autres pensent de moi, le plus important c'est ce que je pense de moi. Tu sais, durant ces quelques jours, j'ai fait des rêves de moi en prison et aussi, je me suis souvenu de toute la peine que j'ai pu ressentir à cette époque là. Je ne compte donc pas renoncer car les objectifs fixés n'ont pas tous été atteint.
Frédérique me sourit et son sourire avait signifié beaucoup pour moi à cet instant là.
- C'est ce dont j'avais besoin, je voulais juste que tu te rendes compte de combien tu es spécial. Très peu sont ces personnes qui peuvent se souvenir de leur vie passée clairement comme tu le fais. J'ai toujours cru en toutes ces choses mystérieuses et je suis très heureuse de pouvoir les vivre à travers tes yeux aujourd'hui. Je me porte donc garante pour t'apporter mon aide et mon soutien aussi rétorqua Frédérique.
C'était très beau ce qu'elle venait de me dire. C'était la toute première fois qu'une personne me disait qu'elle était heureuse de voir la vie à travers mes yeux. Ça faisait du bien de se sentir soutenu et aimé aussi. Frédérique ne m'avait toujours pas dit qu'elle m'aimait mais j'avais l'impression qu'elle n'avait plus besoin de le dire car je le savais désormais. Et j'étais ravi de pouvoir bénéficier de son soutien durant cette nouvelle expérience.
- J'accepte ton aide Frédérique, lui dis je.
- Super! J'ai donc besoin que tu me mettes au parfum de tout afin que je puisse mieux savoir comment t'aider, me dit elle.
- Et bien, je suis dans l'obligation de tout t'énoncer dès le début mais je pense que je vais débuter par les évènements les plus récents car ils possèdent beaucoup plus d'indices et de pertinence. Quand j'étais inconscient il y'a quelques jours, je me suis retrouvé dans un endroit très particulier. Et une jeune femme m'y a rejoint, lui dis je.
- Donc, c'était comme si ton esprit s'était téléporté ailleurs ? Et qui était la jeune femme avec toi? me demanda t-elle.
- On peut dire. Mon cœur et aussi mon esprit ont tout de suite reconnu cette jeune femme, c'était Jennifer Du Pont. Et quand je l'ai vu, un grand nombre de mes souvenirs passés me sont revenus. C'est à cet instant que j'ai eu l'ultime certitude qui valida mes soupçons. Elle m'appelait Bernard. Lui dis je
- Comment elle était ? si je puis me permettre, répliqua Frédérique.
- Et bien, physiquement, elle était la personne que j'avais toujours connue mais émotionnellement, on aurait dit que c'était tout une autre personne, elle ne dégageait pas la même Aura qu'auparavant, lui dis je.
- Je vois, c'était son esprit alors. J'ai lu dans un livre que les esprits des morts dégageaient une toute autre Aura que de leur vivant et que c'est pour cette raison que les humains normaux ne parviennent ni à les voir, ni à ressentir leur présence, rétorqua t-elle.
- Tu es une vraie fan du paranormal toi! lui dis je.
- Bah oui! répondit elle.
- Et ensuite, Jennifer ou son esprit si tu veux m'a conduite d'un endroit à l'autre pour me montrer certaines choses, dis je.
- Te conduire ? Comment elle faisait ? me demanda de nouveau Frédérique.
- Elle me donnait sa main et ensuite, on apparaissait tous les deux dans un endroit autre que le précédent. Je ne sais pas non plus comment elle faisait cela mais ça ne me choquait pas du tout, répliquais je.
- Je vois, tu peux continuer, me dit elle.
- Le premier endroit où elle m'a conduit était un petit bois. C'était mon petit refuge quand j'étais Montagnier et que j'étudiais à l'université de Bordeaux. Quand nous sortions ensemble, je l'y avait conduit afin qu'elle découvre cet endroit qui me rendait très heureux. Mais quand son esprit me ramena là bas, Jennifer me dit juste que la clé de son meurtre se trouvait dans la dernière conversation que nous avions eu la dernière fois que nous nous étions rendu dans le petit bois tous les deux, dis je.
- Mais n'était ce pas plus simple pour elle de te révéler le nom de son meurtrier? me demanda de nouveau Frédérique.
- Je lui ai dit la même chose mais elle m'avait répondu qu'elle n'en savait rien que j'étais celui qui devait tout découvrir de lui même. Elle avait aussi dit qu'elle ne faisait que remplir la mission que lui avait donné celui qui sait tout et qui est partout, redis je.
- Je suis sûre qu'en parlant de celui qui sait tout et qui est partout, elle voulait en fait parler de Dieu. Cela veut juste dire que Dieu existe bel et bien et qu'il confit des fois des missions aux esprits, déclara Frédérique.
Elle avait l'air si heureux en disant cela. C'était la première fois que je voyais une personne aussi enchantée de discuter d'une affaire aussi particulière. Elle était heureuse et moi, son bonheur me suffisait amplement. Elle avait beau être bêtement enthousiasme mais elle ne délirait pas complétement dans ses réflexions.
- Du coup, est ce que tu te souviens de votre dernière conversation dans cet endroit ? me demanda t-elle.
- Malheureusement non. Tout cela fonctionne très bizarrement car mes souvenirs reviennent tout seuls et sans que je ne fasse aucun effort. Je me souviens clairement d'un grand nombre de chose mais il y'a encore des souvenirs qui restent flous et même inexistants dans mon esprit, répondis je.
- Est ce qu'à chaque fois qu'un souvenir t'es revenu, tu n'as pas remarqué un truc étrange qui pourrait relier tous ces événements ? me demanda de nouveau Frédérique.
- Je ne vois pas trop où tu veux en venir, lui dis je.
- Je m'explique, est ce qu'à chaque fois que tu t'es souvenu de ton passé, il n'y a pas eu un évènement particulier qui pourrait relier tous ces moments. À l'instar de truc que tu aurais mangé ou le fait que tes souvenirs ne surgissent que durant ton sommeil. Répliqua Frédérique.
- Je vois déjà très bien où tu aimerais en venir, le truc c'est que je ne vois vraiment rien qui puisse relier tous ces moments. Il y avait des fois où des souvenirs me revenaient pendant mon sommeil et parfois pendant que j'étais en éveil. Donc, rien de bien stable. Mais la plupart du temps, je m'en souvenais pendant mon sommeil, répondis je.
- Et est ce qu'il t'arrivait de penser fort à l'affaire Bernard Montagnier avant de t'en dormir et de faire des rêves qui reprensentaient des souvenirs de ta vie passée ? me demanda Frédérique de nouveau.