Chapitre 23

2033 Mots
En entendant les paroles de Jean Claude, c'était comme si je pouvais enfin voir une lueur d'espoir. Je redoutais plus que tout qu'il ne doute de moi mais non, il croyais en moi et c'était tout ce dont j'avais vraiment besoin. Il ne m'avait pas pris pour un fou comme je l'avais imaginé. Au final, il s'était avéré qu'il était peut-être plus qu'un simple collègue pour moi. Ce jour là comme jamais, en le voyant devant moi, ce n'était plus mon collègue Jean Claude que je voyais mais plutôt un ami, peut être le seul que j'avais. - Merci de m'avoir écouté Jean Claude, pendant un instant, j'ai cru que tu me prendrais pour un fou ou je ne sais quoi. Tout ceci est arrivé brusquement dans ma vie et je redoutais que personne ne me croit si jamais j'osais en parler, dis je. - Je reconnais que ton histoire paraît incroyable mais elle porte tout son sens et en plus, tu sais bien que ma mère pratique l'hindouisme donc, la notion de réincarnation ne m'est pas complétement étrangère. Et tu es une personne très sensée, peut être la plus sensée que je connaisse donc, je n'oserais vraiment pas douté de ta parole surtout que je sais bien que les farces c'est pas ton truc. Dit Jean Claude de Nouveau. - Il me tient vraiment à cœur de prouver l'innocence de Bernard Montagnier et trouver le véritable meurtrier ainsi, ma conscience pourra être lavé et son nom aussi. Je pense que c'est la seule solution pour que mon subconscient arrête de me rappeler le passé. Sinon, ça n'aurait aucun sens que les souvenirs de ma vie passée resurgissent ainsi. dis je. - Moi aussi, cette histoire me tient beaucoup à cœur, tu sais bien que j'ai horreur de l'injustice. Je sais bien que nous avons réussi à avoir des preuves et témoins qui l'innocenteraient mais comme tu dis, ce n'est pas suffisant, il faudrait que l'on trouve le coupable même s'il s'avèrera qu'il soit déjà décédé. Ce qui t'arrive est sûrement un atout pour nous, on s'en servira pour trouver notre coupable, rétorqua Jean Claude. - Je sais bien mais, le grand soucis dans cette histoire est que les faits sont très anciens et nous risquons bien de ne jamais retrouver celui que nous recherchons, déclarais je à mon tour. - J'aimerais savoir, que vois tu dans tes rêves où tes visions? Peut être pourrions nous nous en servir pour faire une sorte de saut dans le passé ! dit Jean Claude. - Et bien, je vois juste des évènements du passé en rapport avec Bernard Montagnier et Jennifer Du Pont. Il m'est par exemple arrivé de voir la dispute qui avait séparé ces deux là avec la malice d'Audrey Robichon. J'ai tout vu jusqu'aux détails les plus fins. Je le souviens aussi du séjour passé en prison car j'en ai rêvé et ça avait l'air très réel. - Et comment est ce que tu fais pour rêver du passé ou même en avoir des visions? Est ce que ça vient tout seul ou alors tu provoques? Explique moi. Me demanda t-il. - Au départ, ça venait tout seul, mais quand j'ai vu le spécialiste du subconscient, il m'a hypnotisé et j'ai vu des choses aussi. Donc pour répondre à ta question, normalement, les souvenirs reviennent tout seuls quand je suis inconscient mais il peuvent aussi être provoqués quand je suis en intense concentration. Néanmoins, ce n'est pas tout état d'inconscience qui fait ressurgir des souvenirs car il y'a des nuits où je n'en rêve pas. Répondis je. - Ce que tu dis là nous seras très utile pour la suite de notre enquête. Mais tu sais, pour le moment, je suis en congés. J'ai bien peur qu'on ne t'attribue un autre collègue pour continuer avec l'enquête comme le veut la procédure. Or moi, je veux fouiller chaque recoins des circonstances en ta compagnie car tout autant que toi, je veux comprendre. Dit Jean Claude. - Voilà pourquoi je pense qu'on devrait faire une requête pour suspendre l'enquête jusqu'à ton retour, je pense que le capitaine comprendra à quel point ça nous tient à cœur tous les deux. Et aussi, il sait qu'on forme un meilleur binôme tous les deux, tout cela pourra jouer en notre faveur dis je. - On dirait que tu lis dans mes pensées là Fred, j'envisageais te proposer cette option. Je le ferai demain matin, et ainsi, on pourra tous les deux se voir à la brigade pour mieux en discuter. Donc tout dépendra de la décision du capitaine, me dit il. Voilà qui était dit. Tout était plannifié. Maintenant que j'avais un allié de choix, j'étais rassuré. Il ne restait plus que je trouve le moyen de me souvenir de mon lointain passé. Jean Claude et moi, restions encore environ une heure de temps à bavarder. Puisque nous en avions terminé avec l'enquête, nous nous mîmes à parler d'autres choses. Mais à un moment donné, il était temps pour moi de m'en aller et de laisser les jeunes parents faire des choses de jeunes parents. Jean Claude et moi nous séparions donc ce jour là avec l'intention de nous revoir le lendemain à la brigade afin d'élaborer un plan d'action qui entrerait en vigueur après ses congés. J'étais complètement aux anges. Je ne pensais pas que ce serait aussi facile de convaincre Jean Claude. Je n'avais pas eu besoin de beaucoup m'expliquer pour qu'il me croit. Je reconnais que si ça avait été une autre personne, elle m'aurais sûrement traité de fêlé ou de je ne sais quoi. Jean Claude avait promis de m'aider et ça me rendais heureux. Et même s'il n'avait accepté de m'apporter son soutien, le simple fait qu'il me fasse confiance me comblait. Mais ça serait très difficile pour lui de m'apporter son aide dans mes recherches car il était désormais en congés. Maintenant que sa fille était née, c'était parti pour un bon mois de congés pour Jean Claude. Je n'attendais plus que mon supérieur me donne de nouveaux ordres. Techniquement, Jean Claude et moi avions déjà résolu une partie de l'enquête en réussissant à prouver l'innocence de Bernard Montagnier. Néanmoins, nous devions encore enquêter pour découvrir qui était le meurtrier de Jennifer Du Pont. Ce n'était bien-sûr pas une obligation pour nous mais cette histoire nous tenait tous les deux à cœur. Mais puisque Jean Claude était en congés, il n'y avait que deux options qui s'offraient à nous, soit on m'attribuait un autre collègue pour continuer l'enquête, ou alors nous suspendrions l'enquête jusqu'au retour de ce cher Jean Claude. C'était chose très délicate pour nous dès lors car nous n'envisageons clairement pas la première option. La seule solution était que Jean Claude aille voir le capitaine pour lui demander d'interrompre l'enquête jusqu'à son retour, et c'était ce qu'il avait l'intention de faire. Nous n'avions plus qu'à attendre le lendemain avec impatience. Notre supérieur était quelqu'un de très compréhensif et il y avait des chances élevées pour qu'il accepte la requête de Jean Claude. Et en plus, il n'y avait pas le feu car le tribunal avait réouvert l'affaire Bernard Montagnier et la déclaration de son innocence était en cours. Et nous savions tous très bien qu'il était difficile, voir impossible de résoudre une affaire aussi vieille, du moins, nous ne pouvions plus coffrer le coupable. C'est tout joyeux que je rentrais chez moi car j'avais trouvé un allié de choix en la personne de Jean Claude. Arrivé chez moi, je me sentais très bien au point de cuisiner même. Ensuite, je me pris une douche et ensuite, je dînai. Je montai dans ma chambre pour me passer un film sur mon ordinateur portable et je le vis jusqu'à la fin. C'était " le roi Scorpion", j'adorais ce vieux film et je me le repassais à chaque fois que j'avais un peu de temps à moi. Après m'être passé ce film, je me rendis compte qu'il se faisait déjà assez tard et qu'il fallait que j'aille me coucher car je devais embaucher très tôt le lendemain matin. Soudain, je me réveillai dans une sorte de parc. Je me demandais où j'étais car cela ne ressemblait pas du tout à un rêve. Tout avait l'air si réel. Que ce soient les arbres, les couleurs ou même moi. Néanmoins, j'étais tout seul, assis sur une sorte de banc tout en bois. Tout avait l'air tout à fait normal sur moi, du moins, tout ce que je pouvais voir sur mon corps, comme mes mains ou mes pieds. C'était bien moi mais mes vêtements étaient différents de ceux avec lesquels je m'étais endormi. Au départ, je crus que ce n'était qu'une mauvaise blague mais en y réfléchissant bien, je ne connaissais personne capable de pouvoir me faire une blague d'aussi mauvais goût. Jamais encore je n'avais visité cet endroit car il était très spécial. Tout y était tellement parfait que je me mis à me demander qui étaient les personnes qui avaient confectionner le plan de ce parc naturel. Je n'étais pas resté surplace car il fallait que je me répère mais j'avais beau marcher encore et encore mais je ne trouvais personne dans les environs. Tout dans cet endroit faisait penser à un parc mais je n'y avais vu aucun animal. Il n'y avait que moi, les arbres, les rochers et aussi une rivière dont je ne voyais pas les bouts. J'étais en situation de stress total car au moins dans mes rêves étranges, il y avait toujours d'autres personnes mais cette fois ci, j'étais bien sûr que je ne rêvait pas et que j'étais tout seul. Il n'y avait que moi pour me retrouver dans de telles situations. J'avais besoin d'un signe, juste d'un seul signe pour comprendre ce qui m'arrivait cette fois ci. Le plus étrange était que le temps ne changeait pas non plus. J'étais sûr d'y avoir déjà passer des heures mais la nuit ne tombait aucunement. Le temps était très doux, jamais encore je n'avais connu un tel climat, il faisait bon, extrêmement bon. Je n'avais ni manger, ni bu de l'eau mais je ne ressentais aucun de ces besoins corporels. C'était en fait tous ces paramètres qui me faisaient croire que je n'avais peut être pas mis autant de temps que je pensais dans cet endroit. Je marchais néanmoins toujours, encore et encore mais personne, ni rien à l'horizon et pourtant, je n'étais pas fatigué du tout. Et puis, à un moment donné, je finis par me dire qu'il était mieux que je m'assoie et que j'attende, peut être quelqu'un viendrait il m'expliquer ce qui se passait. J'étais tellement dépassé par les évènements que je me disais que rien ne pourrait plus m'étonner. J'étais arrivé à un tel degré de zéniture que même si une personne descendait du ciel pour me parler, je ne serais pas choqué du tout. J'étais très calme et je patientais, j'attendais juste un signe. Peu m'importait que ce signe vienne d'en haut, d'en bas ou même de l'eau, j'étais prêt à tout accepter. Je me rassis donc sur un banc et celui ci était très semblable à celui sur lequel j'étais assis quand je m'étais réveillé dans cet endroit. Et pendant un moment, je fermai mes yeux instinctivement. Et alors, j'entendis " Bernard, tu es là". Sur le coup, je rouvris directement mes yeux pour voir de qui il s'agissait car à entendre cette voix, il était plus que clair pour moi qu'il s'agissait d'une femme. Elle s'approcha de moi, puis, m'enlaça. - Tu m'as tellement manqué, me dit elle - Je ne sais vraiment pas qui vous êtes mademoiselle, lui dis. Ensuite, elle s'approcha de moi et de sa main, toucha ma joue. - Regarde moi dans les yeux et ton cœur se souviendra certainement de qui je suis, me dit elle ensuite. Je n'avais aucunement essayé de résister. Je me laissai aller et je plongeai mon regard dans le sien. Soudain, tout me revint en mémoire. - Jenny, mon amour, qu'est ce que tu m'as manqué, lui dis je. J'en avais les larmes aux yeux tellement j'étais ému de la revoir. Cette jeune femme n'était nul autre que Jennifer Du Pont et moi, je me souvenais exactement de qui j'étais. Mon nom était Bernard, Bernard Montagnier.
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