Chapitre 22

2020 Mots
En quittant la maison de ma mère ce dimanche matin, j'espérais vraiment qu'elle ait compris ce que je lui avais dit. Rien pour moi ne comptait plus que son bonheur et j'étais vraiment heureux de savoir qu'elle avait un prétendant. Il était donc temps pour moi de me rendre chez le fleuriste afin d'acheter un bouquet de roses blanches pour Sarah, la femme de Jean Claude. Je ne cessais de sourire sur la route car l'attitude de ma mère était tout bonnement immature. Elle se conduisait comme une adolescente immature qui avait peur de la réaction de son père face à ses amourettes. Elle s'était tellement renfermée dans une coquille après le décès de mon père qu'elle avait arrêté de vivre. Je peux comprendre qu'elle pensait le faire dans mon intérêt mais je n'étais plus du tout un gamin et je comprenais bien le fait que le corps ait des envies. Mais le problème venait bien de ma mère car elle se disait que je n'accepterais peut être pas qu'elle ait une nouvelle relation amoureuse. Mais jamais elle n'avait voulu en parler avec moi, sinon, je lui aurais dit ce que j'en pensais. Mais bon, le mal était fait et je lui avais déjà donné mon approbation. Ça n'avait certe pas été malin de ma part de lui donner mon approbation devant son amoureux mais le mal était déjà fait. J'attendais juste qu'elle me donne ma sentence la prochaine fois qu'on se verrait. J'étais enfin arrivé chez le fleuriste et donc, je passai ma commande. Maintenant que ma commande était passée, il fallait juste que je patiente car ça demandait quelques minutes de faire un bouquet. Mais aussitôt terminé, le fleuriste me remit mon bouquet. J'étais donc prêt pour aller chez Jean Claude et c'est ce que je fis sans plus perdre de temps. J'y étais arrivé en un rien de temps. J'avais pris le soin de bien garer ma voiture dans une allée de la rue où il vivait. Je sonnai à la porte et c'est Jean Claude lui même qui m'ouvrit. - Alors comment va le nouveau papa? Lui dis je en souriant pendant que j'étais à la porte. - Et bien, je vais aussi bien qu'un nouveau papa peut aller, me répondit il. Il me fit donc entrer dans la maison. Aussitôt à l'intérieur, je me mis à regarder partout pour chercher Sarah, mais je ne la voyait nulle part. - Je sais bien ce que tu cherches, elles sont dans notre chambre, Sarah est allée coucher la petite, me dit Jean Claude. - D'accord, je l'attends donc, dis je de nouveau. - Tu ne veux pas me donner les fleurs pour que je les mette dans un pot? Me demanda Jean Claude de nouveau. - Non mec, elles ne sont pas pour toi mais pour Sarah, et donc, je ne les remettrais qu'à elle. - D'accord vieux mais j'espère que tu ne comptes pas m'arracher ma femme, me dit il de nouveau en souriant. On se mit tous les deux à rire. Ça faisait du bien de voir mon bon vieux camarade aussi heureux. Pendant toute la grossesse de sa femme, il semblait plutôt anxieux. Mais c'était bien normal qu'il ait été dans cet état car la grossesse est une période très délicate. J'imagine que n'importe quel homme serait stressé en sachant que sa femme porte un être humain dans son ventre. - Ça fait du bien de te voir aussi détendu mon pote, je t'ai senti très tendu ces derniers mois. Dis je à Jean Claude. - Tu ne peux pas savoir à quel point c'était dur pour moi. J'étais toujours stressé surtout quand je la savais toute seule. Mais le pire c'était quand elle a perdu les os. Je te jure que je n'avais jamais eu aussi peur qu'à ce moment là. D'un seul coup, j'avais oublié tout ce que j'étais sensé faire dans ces cas là, disait Jean Claude. - Et pendant l'attente à l'hôpital, ce n'était pas aussi stressant? demandais je. - J'avais eu la permission de rester avec elle en salle d'accouchement. Je lui tenais la main et j'essayais de lui donner du courage même comme moi même je n'en avais vraiment pas en ce moment là. - Ça doit vraiment être une expérience incroyable ! Dis je. - Tu sais, pendant une grossesse, tu passes par toutes les émotions possibles. La peur, l'anxiété, la joie, la colère, j'ai ressenti tellement de chose que je ne saurais pas comment tout te décrire. Tout ce que je peux te dire c'est que la récompense qui en ressort est la plus belle du monde. Quand je regarde ma petite fille, je me dis que c'est elle ma première vraie réussite, déclara Jean Claude. Pendant qu'il parlait, ses yeux étaient tout brillants. Il y avait tellement de bonheur dans ses yeux et sa voix aussi que ça m'a donné envie d'en faire l'expérience aussi. Je me retrouvais à me demander ce que ça ferait d'avoir une personne façonnée par moi dans ma vie. Mais pendant que Jean Claude et moi discutions, Sarah arriva. - Fred, je savais bien que tu étais là et je suis tout à fait sûre que vous parliez de moi, dit Sarah. - Effectivement, je disais à Jean Claude à quel point tu étais une femme belle, capable et forte aussi. Voilà pourquoi je t'ai apporté ces fleurs. Ce sont des roses blanches, elles représentent la pureté de ton âme. Je lui tendais le bouquet de roses en lui parlant ainsi. J'étais en effet très heureux de la revoir car ça remontait à environ un mois et demi que je ne l'avais pas vu. Elle était toujours aussi resplendissante. C'était une jolie brune aux yeux noisettes. Elle était petite mais avait une magnifique silhouette. - Quel flatteur tu fais Frédéric ! Merci pour les roses, ce sont mes favorites. Jean Claude, tu devrais prendre exemple et me garder des fleurs de temps en temps, dit elle. - La petite princesse s'est finalement endormie? demanda Jean Claude à sa femme. - Tel un ange, je n'avais jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie. Dit Sarah. - Ça veut juste dire que tous les deux vous avez fait du bon boulot, J'espère donc que le petit deuxième est en chemin, dis je en souriant. On se mit tous les trois à rire sur ma blague. - Tu veux me tuer ou quoi Frédéric Cheyrou, je ne suis pas capable d'en porter un autre pour le moment, dit Sarah. - Je sais bien! Dis je. Sarah vint s'asseoir dans le salon avec nous.On se mit donc à discuter tous les trois et tous les deux me racontais tout ce qu'ils ont dû subir pendant les neuf derniers mois. On bavarda pendant encore longtemps. Je me sentais très bien en leur compagnie. Je ne considérais pas Jean Claude comme un ami mais au moins, il était ce qui s'en rapprochait le plus pour moi. Sur le moment, j' eus envie de lui parler de tout ce qui m'était arrivé mais j'hésitais toujours. Je craignais qu'il ne me prenne pour un fou ou même qu'il ne se moque de moi. J'avais bien-sûr confiance en Jean Claude mais jamais il ne m'étais arrivé de me confier à lui. Tous ces derniers jours, j'agissais dans l'ignorance totale, je n'étais même pas sûr d'être sur la bonne voie. Je ne cessais de me demander " Et si je m'étais trompé au final?". Seulement, il n'y avait personne pour m'aider à répondre à cette question. Jusqu'à présent, je n'avais que suivi mon instinct. Je ressentais le besoin de partager toutes ces choses avec une tierce personne. En réfléchissant pendant une vingtaine de minutes au moins, je me décidai à vider mon sac et à tout expliquer à Jean Claude. Et alors que j'étais prêt à lui en parler, je me dis que ce serait mieux que je lui dise ce que je pensais preuves à l'appuie. Mais les seules preuves que j'avais étaient celles que j'avais scannées avec mon téléphone. Je voulais juste que Jean Claude se rende compte de la ressemblance physique entre Bernard Montagnier et moi. Ensuite, j'avais l'intention de lui parler de mes rêves et aussi des autres manifestations étranges. Sarah était toujours avec nous mais se plaignait de la fatigue. Je comptais donc parler à Jean Claude après que Sarah soit allée se reposer. Elle mit encore une vingtaine de minutes tout au plus avec nous. Puis, elle s'excusa auprès de moi et me dit un au-revoir, ensuite, elle s'en alla dans sa chambre à coucher pour se reposer. Nous étions enfin tous les deux seuls. Soudain, je pris mon courage à deux mains et j'ouvris la conversation. - Jean Claude, je dois te parler d'une chose très importante et j'aimerais que tu m'écoutes jusqu'à la fin sans m'interrompre, lui dis je. - Mais pourquoi prends tu ce ton condescendant avec moi, tu sais bien que je suis une personne ouverte. Je t'écoute, dit il ensuite. - Je sais que tu penseras peut être que je suis fou en entendant ce que j'ai à te dire mais sache que je n'aurais jamais osé t'en parler si je n'en étais pas sûr. Et bien, je pense que je suis une sorte de réincarnation de Bernard Montagnier. Le visage de Jean Claude ne montrait absolument rien comme expression et donc, je ne pouvais même pas deviner ce qu'il pensait de ma révélation. Il ne disait rien, et donc, je me devais de m'expliquer sur la révélation que je venais de lui faire. - Je sais que tu trouveras cela fou mais je te jure que je te dis bien la stricte vérité. Tout a commencé il y'a quelques semaines, plus précisément quand nous avions débuté avec cette enquête. J'ai commencé à faire des rêves étranges, j'avais même des visions et je peux te jurer que cela ne m'était encore jamais arrivé. Dans la plupart de mes rêves, je me retrouvais à l'université de Bordeaux et je revoyais des scènes qui me semblaient familières. Et tout ce que je voyais était en rapport avec ce qu'écrivait Jennifer Du Pont dans son journal intime. Et même, je m'étais vu dans une prison à écrire des lettres où je clamait mon innocence suite au meurtre de Jennifer Du Pont. Je croyais au tout début que je faisais des réactions disproportionnées dûes au stress et donc, j'ai pris rendez vous chez un psychologue, dis je. - Donc, la dernière fois quand tu disais avoir un rendez vous médical, c'était en fait avec un psychologue ? me demanda Jean Claude. - Effectivement, dis je. - Continue, rétorqua Jean Claude. - Et donc, le psychologue m'a fait comprendre que tout était de la faute de mon subconscient qui essayait en quelques sortes de me passer un message. Mais elle avait aussi dit qu'elle n'était pas capable de m'aider et donc, elle m'a remis la carte d'un spécialiste du subconscient. J'ai donc pris rendez vous avec lui. En fait, il avait procédé par hypnose pour me faire visiter mon subconscient, et c'est en pratiquant sa thérapie que j'ai fini par comprendre ce qui ne tournait pas rond dans ma tête. Je n'étais ni fou, ni hanté mais je suis la réincarnation de Bernard Montagnier et de temps en temps, j'ai des souvenirs de ma vie passée. - Ce que tu dis là semble fou mais ça a tout son sens quand j'y repense. Ça expliquerait le fait que tu te sois rappelé du nom de la femme sur la photo lorsque que nous étions à Brive et plein d'autres choses aussi. Mais je trouve cela fou et presque impossible. - Moi également, m'as regarde ça. C'est une photo scannée de Bernard Montagnier et j'ai juste changé la couleur de ses yeux et sa coiffure aussi, dis je. Jean Claude jeta un coup d'œil dans mon téléphone pour voir la photo que je lui montrais et sa réaction me combla de joie. - C'est incroyable comme on dirait toi! Vu sous cet angle, on dirait presque la même personne, rétorqua Jean Claude. - Et donc, tu me crois où tu penses que je suis fou? Demandais je. - Il n'y a pas plus aveugle qu'une personne qui refuse de voir. Vu ainsi, ton histoire porte tout son sens.
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