Je trouvais que ma mère était assez stressée pour en rajouter encore plus. Je ne comprenais pas comment est ce que tout ceci s'était passé. Je me souvenais clairement de m'être endormi mais jamais je n'aurais imaginé que je m'étais endormi pendant plusieurs jours. Je demandai donc à ma mère de rentrer chez elle afin de se reposer. Il était plus que visible qu'elle était épuisée et ça me dérangeait d'avoir été la personne qui l'avait mise dans cet état. Elle ne voulais pas me laisser seul un seul instant mais avec beaucoup d'insistance, j'avais réussi à la convaincre et elle était finalement rentrée. Son départ m'arrangeait car ça lui permettait de se reposer et moi, ça me permettait de rester seul avec moi même. Je ne me souvenais plus de tout ce que j'avais vu lorsque j'étais inconscient et donc, je me disais qu'en restant seul, je pourrais mieux me concentrer. Tout ce dont je me souvenais était flou, rien n'était net dans ma tête. J'espérais aussi que Jean Claude vienne me rendre une petite visite afin qu'on parle de mon malaise. D'après ma mère, c'était lui qui m'avait retrouvé inconscient chez moi, j'avais besoin qu'il me raconte comment tout s'était passé. J'étais anxieux car je me rendais compte que toute cette histoire était allée trop loin. Ça devenait très dangereux à mon goût. J'étais enfin seul dans ma chambre d'hôpital et j'essayais de toutes mes forces de me rappeler de ce que j'avais vu lorsque j'étais inconscient. Au bout d'un moment, je finis par m'endormir. Et quand je me réveillai environ une demi-heure plûtard, tout était toujours flou dans ma tête et dans mon esprit aussi. Je ne me souvenais pas de ce que j'avais vu en intégralité. Il y avait juste de vagues images dans ma tête. Je savais néanmoins que je n'avais pas été tout seul pendant cette période d'inconscience. Je me souvenais très bien du fait qu'il y avait quelqu'un avec moi dans cette sorte de rêve que j'avais fait pendant ces cinq jours. Mais, j'étais incapable de me rappeler de qui c'était ou même de quoi nous avions discuté. Mais pendant que j'étais là à forcer sur ma mémoire dans le but de ramener mes souvenirs, je finis pas me rappeler de la personne qui était avec moi dans mon sommeil. Ce n'était ni plus ni moins que Jennifer Du Pont. C'était déjà un très bon début car j'avais pu me souvenir de cela. J'avais complétement oublié tout ce que nous nous étions dit mais une chose était à présent sûre, Frédéric Cheyrou avait bien été Bernard Montagnier dans un passé lointain. Rien ne reposait désormais plus sur de simples suppositions, j'étais à présent plus que certain de ce que j'affirmais depuis plusieurs semaines déjà. Je voulais plus que tout me rappeler de notre conversation à Jennifer et à moi dans ce bois mais j'avais l'impression que c'était tout simplement au dessus de mes forces. À chaque fois que j'essayais de faire des efforts pour me souvenir de quelque chose, je ressentais de violents mots de tête. Je me disais donc que c'était dû à ma situation actuelle et que je devais peut être attendre ma sortie de l'hôpital avant de continuer de torturer mon cerveau. Un peu de repos ne me ferais pas du mal, au contraire, il fallait que je me repose un peu plus. J'avais énormément forcé sur mon cerveau ces quelques jours. Et au moment où j'avais décidé d'arrêter de penser à l'époque de Bernard Montagnier, je reçu une visite des plus agréables, c'était celle de Jean Claude.
- Mon ami, j'ai attendu ta visite des heures durant tu sais, dis je en le voyant entrer dans la chambre.
- Mais que me vaut ce genre d'accueil, je t'ai rarement vu aussi expressif Fred, me dit il.
- Et bien, pourquoi dis tu cela? Est ce parce que je t'ai appelé mon ami tout à l'heure ? Redis je.
- Effectivement, je pensais que tu n'avais pas d'amis, me dit il.
- Quel homme ne possède t-il pas d'ami dis moi! Je sais bien que je ne suis pas très expressif ou même émotif si tu veux mais effectivement, quelque chose a bien changé en moi. J'ai compris l'importance des relations et je peux te dire que tu es loin d'être un simple ami pour moi car jusqu'ici, tu es le meilleur ami et peut être le seul ami hors mis ma mère que je n'ai jamais eu. Déclarais je à Jean Claude.
- Je suis très heureux d'entendre une personne dire ce genre de choses à mon égard surtout venant de toi, l'homme le plus difficile et extraordinaire que je connaisse. Tes sentiments me vont droit au cœur Frédéric Cheyrou, me dit il.
- J'en suis ravi, dis je de nouveau.
- Parlons d'autres choses, j'aimerais que tu me dises ce qui t'ai arrivé car j'étais vraiment choqué de te retrouver inconscient chez toi, me dit il.
- J'avais à cœur de te poser la même question, j'aimerais savoir quelles sont les circonstances dans lesquelles tu m'as retrouvé il y a quelques jours. lui demandais.
- Tu te souviens que nous devions nous retrouver à la brigade le lundi matin, après le jour de ta visite chez moi. Et bien comme prévu, je suis allé à la brigade ce lundi là pour faire tout ce dont nous avions convenu mais tu n'étais pas là. J'ai donc trouvé cela très étrange que tu sois absent car tu es toujours ponctuel et je savais que jamais tu ne manquerais le boulot sauf en cas de force majeure. Je t'ai passé un grand nombre de coup de fil mais sans succès, ça sonnait encore et encore mais tu ne répondais pas. Et donc, j'ai décidé d'aller chez toi. Mais en arrivant, j'étais surpris de voir ta porte fermé mais ta voiture était toujours là. Je me suis renseigné chez les voisins et ils m'ont assuré que tu étais bien chez toi car personne ne t'avait vu sortir de chez toi.
- Et qu'as tu fait par la suite?
- J'ai enfoncé ta porte, me dit il en souriant.
- C'est pas vrai! tu as réellement enfoncé ma porte? Dis je en souriant aussi.
- Mais oui et si je ne l'avais pas fait, nous t'aurions sûrement perdu, me dit Jean Claude de nouveau.
- Jean Claude, je ne sais vraiment pas comment te remercier pour cette action, tu m'as quasiment sauvé la vie. Merci, dis je.
- Je veux comprendre. Quand tu étais chez moi, tu allais bien si je ne me trompe, mais que t'est il subitement arrivé? me demanda Jean Claude.
- Moi même je ne saurais te dire ce qui m'est arrivé concrètement. Je suis rentré chez moi, j'ai même cuisiné et je me suis couché le soir comme toujours, dis je.
- J'allais oublier. Quand je suis passée chez toi, le jour où je t'ai retrouvé inconscient, j'ai rencontré une jeune femme. Elle venait te rendre une petite visite et c'est d'ailleurs elle qui m'avait aidé à rassembler certaines de tes affaires pour te conduire à l'hôpital. Elle est aussi celle qui a contacté ta mère pour l'en informer. Elle a dit qu'elle s'appelait Frédérique, oui c'est ça, me dit Jean Claude.
- Ah Frédérique était là ! c'est embarrassant de savoir qu'elle m'ait vu dans cet état, dis je.
- Ne me dis pas que vous êtes en couple tous les deux ? demanda t-il.
- Mais non, où vas tu chercher toutes ces idées ! C'est juste une bonne amie. Répondis je avec un air embarrassé.
- Je pensais que tu n'avais pas d'amis Fred, rétorqua Jean Claude.
- N'essaye pas de jouer avec les mots mon vieux, dis je en souriant.
- Je pense que tu devrais te dépêcher si tu as l'intention de la courtiser car j'ai remarqué qu'elle t'aime bien aussi. Elle est très jolie, donc dépêche toi avant que quelqu'un d'autre ne te l'arrache, me dit il de nouveau.
- Tu sais quoi, je vais prendre en compte ton précieux conseil, dis je.
- Mais parlons d'autre chose tu veux, ne nous égarons pas. J'aimerais savoir ce qui t'es arrivé lorsque tu étais inconscient. Te souviens tu de quelque chose? me demanda de nouveau Jean Claude.
- Tout est flou dans ma tête mais j'étais dans un endroit avec quelqu'un et nous avons beaucoup bavardé. Je ne me souviens juste pas de notre sujet de conversation mais je pense qu'avec le temps, ça viendra.
- Je serai là à attendre que tu t'en souviennes alors.
Je n'avais pas parlé à Jean Claude de Jennifer car j'envisageais tout lui dire quand tout serait clair dans ma tête.
- Jean Claude, qu'en est il de la brigade ? demandais je.
- Si tu n'en avais pas parlé, j'aurais sûrement oublié de t'en parler. Je me suis effectivement rendu à la brigade lundi comme prévu et j'ai parlé au capitaine. Il m'a dit qu'il accepterait ma requête à condition que tu sois de mon avis. C'est donc en allant te chercher qu'on s'est rendu compte que tu n'étais pas venu travailler ce matin là. D'où mon arrivée chez toi. Mais j'y suis tout de même retourné pour signaler ton problème. Et donc, l'affaire sera en suspens jusqu'à notre retour à tous les deux, déclara Jean Claude.
- Merci beaucoup mon ami, dis je.
- Pas besoin de me remercier Fred, entre ami, on se serre les coudes. Et Frédérique, est elle revenue te voir?
- Je n'en sais rien Jean Claude, ça ne fait que quelques heures que je me suis réveillé et ma mère ne m'a pas parlé d'elle. Donc je suppose que Frédérique n'est plus passée.
- Ok, je suis sûr qu'elle passera. J'ai été ravi de te parler et je suis vraiment content de savoir que tu n'es pas mort. Tu sais bien que j'ai de nouvelles responsabilités donc, je dois rentrer chez moi, rejoindre les deux femmes de ma vie.
- Ok mec, je t'autorise à prendre congés de moi. Ça m'a fait du bien de te voir, merci pour la visite Jean Claude.
Jean Claude se leva car il était temps pour lui de s'en aller. J'étais vraiment très heureux de savoir que je comptais pour une autre personne que ma mère. J'appréciais vraiment tout l'intérêt que Jean Claude me portait, il était plus qu'évident pour moi que c'était un ami, un vrai. Et pendant qu'il se dirigeait vers la porte, j'eus encore envie de le remercier.
- Jean Claude, dis je.
Il se retourna pour me regarder.
- Merci de m'avoir sauvé la vie, redis je.
Il me sourit.
- C'était un geste tout à fait humain, me dit il.
Après ces mots, il s'en alla et me laissa. Et quand il fut parti, je me souvins que j'avais complétement oublié de lui dire de passer le bonsoir à sa femme de ma part. Mais tant pis, je savais bien que j'aurais une fois de plus l'occasion de passer le bonsoir à Sarah. Je n'avais pas non plus oublié ce qu'avait dit Jean Claude au sujet de Frédérique. Je ne savais pas pourquoi mais je me sentais mal de savoir que Frédérique m'avait vu inconscient. Mais d'un autre point de vu, c'était tout à fait légitime que je pense de cette manière. Aucun homme n'aimerait que la femme qu'il convoite le voit dans un état de vulnérabilité. Je ne cessais de me torturer l'esprit en me demandant si elle n'avait pas tiré un trait sur moi en me voyant ainsi. Je me disais cela car elle n'était plus passée me voir à l'hôpital car si ça avait été le cas, ma mère m'en aurait sûrement parlé. Couché sur ce lit d'hôpital, je ne savais même pas où se trouvait mon téléphone afin que je puisse l'appeler ou même lui écrire. Je voulais savoir ce qu'elle pensait de moi et par la même occasion, la remercier de m'avoir sauvé la vie. D'après Jean Claude, elle était avec lui quand il m'a retrouvé inconscient et elle lui avait même prêté main forte pour s'occuper de moi. Je n'avais donc plus qu'à attendre que ma mère revienne pour lui tirer les vers du nez et aussi lui demander de me rapporter mon téléphone. J'espérais de tout cœur sortir de cet endroit le plus tôt possible. Je détestais les hôpitaux de tout mon cœur et je n'aurais jamais pu supporter d'y passer encore plusieurs jours.