Mes deux compagnons de cellule étaient bien les seules personnes à croire en mon innocence dans cette prison. Ils avaient appris à me connaître et bien que je parlais peu, on avait créé des liens tous les trois. Je pouvais voir des larmes ruisseler leurs joues pendant qu'ils m'aidaient à me préparer. Ils ne m'aidaient pas parce que j'étais incapable de me préparer tout seul non, mais plutôt parce que je n'en avais pas la force. J'étais devenu comme un cadavre qui n'attendait plus que son enterrement, j'étais presque inerte. Je revoyais ce curé qu'on avait fait venir à la prison juste pour moi, c'était la démarche à suivre pour tout condamné à mort de confession chrétienne. On faisait venir un curé pour purifier spirituellement le détenu de tous ses péchés. Ce curé m'avait semblé être une bonne personne, il avait l'air très abattu. Il n'avait pas non plus pu me cacher à quel point il était profondément attristé par ma cause. J'étais très jeune et déjà condamné à mort. Le curé demanda à s'entretenir avec moi pour que je puisse me confesser par la même occasion. J'avais pris le soin de confesser tout ce que je considérais avoir fait comme péché. J'ai confessé le mensonge, la convoitise et toutes ces choses que l'adolescent que j'étais avait pu faire de mal dans sa courte vie. Mais le curé était tout étonné du fait que je n'ai pas confesser le meurtre de ma chère Jennifer. Mais hélas, il n'avait pas osé me demander pourquoi, mais à en juger par son comportement, il avait compris que j'étais innocent. Il ne pouvait pas néanmoins s'en mêler car le mal était fait, la justice m'avait reconnu coupable et rien ni personne n'avait le pouvoir de changer cette situation. Il me regarda et éclata en sanglots. En revoyant cette triste scène, je ressentis tout ce que j'avais ressenti en ce moment là. Je regardais le curé pleurer et je me mis à pleurer aussi, au final, je n'étais encore qu'un adolescent. Ça m'avait brisé le cœur de voir cet homme pleurer pour ma cause, c'était la toute première personne qui croyait en mon innocence en dehors de ma famille et de mes amis proches. Et pourtant, il ne m'avait jamais vu de sa vie, et moi non plus d'ailleurs. Mais il lui avait suffit de me voir pour comprendre que j'étais innocent, si seulement ces juges et procureur avaient eu ce même sentiment ! Le prêtre essuya mes larmes et me murmura: " Le tout puissant vous rendra justice mon enfant, je vous crois". Tout était tellement intense! On aurait dit que je regardais un film très émouvant au cinéma. me revoir dans cet état m'avait donné l'impression d'y être réellement. Ce curé avait dit croire en moi et cela m'avait vraiment touché mais ça ne comptais pas du tout car au final, son avis ne comptait pas. Après qu'il ait dit cela, je m'enfermai dans un intrigant silence, le même que celui dans lequel j'étais enfermé depuis des jours déjà. Nul ne pouvait imaginer ce qui se passait dans ma tête en ce moment là. Mais en me voyant aussi silencieux, je me souvins de tout ce qui se passait demande ma tête en ce moment là. En fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne pensais à rien, rien du tout. Pour être franc, j'étais tout simplement incapable de penser, j'étais tout à l'image du monstre silencieux que les autres voyaient en moi. On aurait pu croire que je pensais à ma famille ou à l'ignoble crime dont on m'accusait, mais non, ma tête était toute vide, j'avais perdu la faculté de penser. Sur le coup, n'importe qui aurait dit que je faisais preuve d'une immense bravoure, mais moi, je savais bien tout au fond de moi qu'il n'en était rien. J'étais tellement mort de trouille que j'étais incapable d'extérioriser ma peur. Sur le moment, je ressentais toute cette peur que ressentait le moi du passé. Mes mains furent prises de froid et elle devinrent toutes glacées. C'était tout simplement inexplicable que je ressente les mêmes émotions qu'il y'a longtemps et avec la même intensité. Je souffrais énormément. Je ne savais pas pourquoi est ce que Jennifer tenait à ce que je traverse toute cette souffrance une fois de plus. Je souffrais tout près d'elle mais elle ne montrait aucune émotion. Le sang froid dont faisait preuve Jennifer était sidérant à mon avis. Je vis le curé me laisser et s'en aller car il en avait terminé avec moi. C'était l'heure de mon exécution et donc un gardien vint me chercher pour le moment fatidique. Je fermai mes yeux car je ne voulais aucunement voir la suite, ça en était assez pour moi. Sur le coup, je me remis en question par rapport à ma présence et aussi à celle de Jennifer dans cet endroit. Je voulais juste m'en aller, je ne voulais plus voir cela, je n'avais aucune envie de me voir mourir à petit feu. Si cela avait été un simple cauchemar, il y avait sûrement longtemps que j'aurais ouvert mes yeux. Mais là, c'était plus complexe qu'un simple cauchemar. Dans mon atroce souffrance, je me mis à me demander si je n'étais pas par hasard mort. N'éyant plus aucun échappatoire, je me mis à faire la seule chose logique qui pouvait me servir de solution, je suppliai Jennifer pour qu'elle arrête tout. Je n'étais pas capable de me voir s'ouvrir, ça éveillait trop de mauvais souvenirs enfouis en moi.
- Arrête ! Je t'en prie, arrête! Criais je à Jennifer.
Soudain, on se retrouva à l'endroit où je m' étais réveillé. C'était un Ouf de soulagement car elle m'avait écouté et avait abrégé mes souffrances. Pour moi c'était une occasion pour lui poser cette question qui me brûlait sans cesse les lèvres.
- Je te remercie de m'avoir ramené ici, lui dis je.
- Je voulais juste que tu trouves la réponse à ta question précédente. Mais je ne pouvais pas non plus ye forcer à voir ce que tu ne voulais pas voir, surtout que tu semblais s'ouvrir atrocément. Puisque nous sommes revenus, ça sera à toi de te souvenir sans mon aide de la raison de ton retour sur terre. Me dit Jennifer.
J'avais bien compris tout ce que venait de me dire Jennifer mais j'avais juste une idée en tête, je voulais savoir qu'elle était ma situation. Étais je toujours en vie?
Tout ceci me rendait très anxieux et je ne pouvais vraiment plus me contenir, et donc, cela sortit tout seul.
- Suis je mort aussi comme toi? Demandais je.
- Mais non, tu es bien vivant, c'est moi la morte ici, me dit elle avec un ton qui virait quelque peu au sarcasme.
- Est ce donc un rêve, ou même un cauchemar ? Demandais je de nouveau.
- Je te laisse le découvrir quand tu te réveilleras dit elle de nouveau.
Ça faisait trop de mystères pour moi. Je le voyais bien qu'il y avait plein de chose qu'elle ne voulait pas me dire. J'en avais vraiment marre de ces mystères et de ces non dits. Je voulais que tout s'arrête car, j'étais tourmenté. Tout ce que ce cauchemar, ou peu importe son nom avait réussi à faire c'était bien de me tourmenté. Je me souvenais un peu plus de ma vie passée mais si seulement j'avais su que j'avais autant souffert que cela, j'aurais tout fait pour ne jamais réveiller cette partie de moi.
- Quel est donc le but de tout ceci ma chère Jenny? Pourquoi réveiller tous ces sentiments en moi? Demandais je.
- Le but est bel et bien de t'éclairer, j'espère sincèrement que tu as été attentif, dit elle.
Elle m'avait déjà parlé de mon attention dès l'instant où elle m'avait rejoins. Je ne comprenais pas du tout la manière dont elle espérait que je me concentre. Je n'étais même pas sûr d'avoir fait preuve d'une grande observation et Jennifer qui était restée mystérieuse ! Elle était en permanence derrière moi. Je voulais plus ample explication sur ce qu'elle venait de me dire mais quand je me retournai, elle avait disparu. Je me mis à crier très fort "Jenny! Jenny!". Elle avait disparu de la même manière qu'elle était apparue. Je marchais en criant son nom, dans l'espoir qu'elle me revienne mais tous mes efforts avaient l'air d'être vains. Il n'y avait plus de Jennifer à l'horizon.
- Ne me laisse pas seul, j'ai besoin de toi tu sais ! Criais je.
J'avais espoir qu'elle revienne mais il n'en était rien.
Je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé ensuite mais quand j'ouvris mes yeux, j'étais dans un lit d'hôpital. J'eus tout d'abord du mal à m'en rendre compte, ce sont les machines qui m'avaient un peu plus élairé. Et tout près de moi, sur une chaise, se trouvait ma mère. Elle s'était endormie sur cette chaise, sa position était très inconfortable. Je ne comprenais pas comment j'avais fait pour me retrouver dans cet hôpital mais j'étais bien heureux d'être retourné dans le monde réel. Malheureusement, je ne me souvenais plus du tout du rêve que j'avais fait. Je me souvenais néanmoins d'avoir passé tout ce temps avec quelqu'un mais j'avais complétement tout oublié. J'étais tellement heureux de voir ma mère ! Néanmoins, je n'appréciait pas la position sur laquelle elle dormait, je la trouvais inconfortable. Je fis donc mine de me déplacer pour produire du bruit afin de réveiller ma mère, et bien-sûr, ça avait marché. C'était bien normal que ça marche car elle n'avait pas du tout un sommeil lourd. J'étais impatient de connaître les raison de ma venue dans cette hôpital et plus que tout, je voulais connaître les circonstances dans lesquelles tout celà était arrivé. Je me souvenais juste de m'être coucher et de m'être endormi immédiatement. Je ne savais même pas quel jour on était mais, j'étais quasi sûr qu'on était dimanche car tout c'était passé dimanche.
- Oh Frédy, tu t'es enfin réveillé, me dit ma mère les larmes aux yeux.
- Comment ça enfin réveillé? Lui demandais.
- Tu es inconscient depuis cinq jours déjà. Dit elle de nouveau.
Inconscient depuis cinq jours! C'était tout bonnement étonant. Comment est ce que j'avais pu dormir pendant cinq longs jours sans même m'en rendre compte. Toute cette histoire paraissait bizarre à mon goût. Mais quand je voulu lui poser un peu plus de questions, pour en savoir plus, elle sortit de la chambre en courant afin de prévenir le personnel médical de mon réveil. Un médecin vint aussi tôt pour m'ausculter. Il me demandait comment j'allais, il voulait savoir si j'avais mal et où. Ce médecin faisait juste son travail donc, je le laissais faire. Mais j'avais bien l'intention de terminer ma conversation avec ma mère car tout ce qu'elle m'avait dit paraissait incroyable. Je me souvenais bien de la journée où tout ceci c'était passé. J'allais pourtant très bien après ma visite chez Jean Claude. J'avais même réussi à cuisiner et je ne me rappelais plus de rien après cela. Mais de là à être inconscient pendant cinq jours, c'était inpensable, ma mère avait sûrement dû se tromper. Aussitôt le médecin avait terminé de m'ausculter, il s'en alla. Aussitôt, j'entrepris de continuer de questionner ma mère.
- Je n'ai pas bien compris maman, il m'a semblé que tu as parlé de cinq jours d'inconscience ? dis je.
- Oui chéri, et si ton ami Jean Claude n'était pas venu te voir ce jour là, peut être le pire serait il arrivé, dit ma mère.
Donc, c'était Jean Claude qui m'avait découvert inconscient. Mais tout me semblait toujours flou car il y avait plein de zones d'ombre.
- Comment ça inconscient maman, quand m'a t-il retrouvé?
- Lundi, me dit elle.
- Et qu'à dit le médecin à ce sujet? demandais je de nouveau.
- D'après lui, rien n'est anormal chez toi. Il ne comprenais pas pourquoi tu t'étais endormi soudainement. Il nous a donc demander d'attendre tranquillement que tu te réveille car il ne voyait rien de grave, répondit maman.
- Je vois. Comme tu peux le voir maman, je suis bel et bien debout, je ne veux plus que tu t'inquiètes pour moi car je te connais bien.