VII – Mon père

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VII MON PÈRE 18 décembre au soir - Cargo Le Corlay.Trente-sept heures que j’étais enfermé dans mes six mètres carrés, face à moi-même. La faim me tenaillait atrocement. En fin de soirée, ils revinrent pour me mener sur le pont, un véritable calvaire. L’océan me terrifiait mais j’encaissai sans broncher. Quinze minutes à humer une liberté relative, à scruter l’horizon invisible, à ne voir que la mer à perte de ma vue, obstruée par le plomb de la nuit sans étoile. À mon retour, je pris la pleine mesure de leur jeu psychologique. Sur ma couchette, deux cotons-tiges, sciemment posés, me firent tressaillir. Ils m’affamaient, me tordaient l’âme avec finesse et patience. Devrais-je avouer avant de sombrer dans la folie ? Je broyais les cotons-tiges avec rage. Yeux exorbités, j’éructais en f

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