PVD d'Eloïse
Je ne prends plus beaucoup de temps pour me préparer maintenant que mes douleurs sont moindres. J'essaie juste d'éviter les maillots à col trop serré pour que ma cicatrice ne se rouvre pas en faisant passer le tissus au dessus de ma tête.
J'ai donc enfilé un chemisier avec des motifs de cerise, une longue jupe ample et une paire de sandales. Je vais bientôt redescendre afin qu'Anna puisse refaire mon chignon qui est devenu lâche et je serai complètement prête.
Je me regarde un moment devant le miroir et je souris devant mon reflet ; je suis satisfaite du résultat final. La cicatrice que j'ai sur le front ne me pose désormais plus de problème.
Je décide de jouer la carte de la simplicité et ne me maquille pas. Je sors de ma chambre et descends rejoindre Anna qui avait déjà fini de préparer le petit déjeuner qui était constitué de crêpes, de quelques morceaux de fraises et de bacon. Elle avait également fait du jus de cerise ; mon jus préféré.
Dire qu'Anna me gâtait était peu dire. Je suis reconnaissante de l'avoir dans ma vie. C'est dommage qu'Hugo ait laissé une femme interférer dans sa relation avec sa mère. J'espère que les révélations que je vais lui faire lui feront ouvrir les yeux.
Tandis que je grignote dans mon assiette, Anna lit un journal; c'est l'une des rares personnes que je connaisse sur cette terre à encore avoir cette habitude. Plus ma discution avec Hugo approche, plus je stresse. Je ne sais même pas comment je vais aborder le sujet.
Je pense qu’Anna remarque mon trouble car elle dépose son journal.
-Tu n’aimes pas ce que je t’ai préparé?
-Si
-Mais?
-Il n’y a pas de mais, c’est juste que je suis angoissée a l’idée de devoir affronter Hugo
-Tu te fais du souci pour rien, depuis quand tu connais Hugo?
-Je sais mais est-ce que tu as vu comment il regarde Diane avec amour?
Pour toute réponse, elle soupire et attrape ses clés de voiture.
-Comme tu refuses de manger à cause de cette histoire, je pense que plus tôt on ira tout raconter a Hugo, mieux ce sera donc allons-y
Elle a raison.
Je mets la nourriture sous un couvre-plat, peut-être que plus tard j’aurai faim, on ne sait jamais; et puis Anna n’aime pas qu’on jette de la nourriture.
Nous sortons, montons dans la voiture et Anna démarre.
…
Lorsque nous arrivons au parking du bureau, mes mains tremblent carrément. Depuis que je travaille ici, c’est la première fois que j’hésite à descendre de la voiture, appréhendant de voir Hugo, mon patron. Anna me caresse l’épaule d’une main réconfortante.
-Aller, viens ma chérie, il faut qu’on y aille. On n’a pas toute la journée devant nous
Elle descend de son côté après quoi elle contourne la voiture pour venir ouvrir ma portière. Elle tire légèrement mon bras pour me forcer à descendre.
Alors que nous pénétrons à l’intérieur du bâtiment, des collègues m’aperçoivent et ils viennent tous m’enlacer et saluer Anna.
« Voici Éloïse! »
« Mon Dieu Éloïse, tu nous as fait une telle frayeur! »
« Comment ça va »
« Madame Daniel, nous sommes tellement heureux de vous voir! »
Je ne savais même plus où donner la tête. Heureusement qu’Anna est là car elle arrive à répondre aux questions puis à nous sortir de là.
En passant devant les bureaux pour gagner celui d'Hugo, nous remarquons toutes les deux Diane en train de tourner les talons et 'y diriger aussi.
Lorsque nous arrivons devant la porte d’Hugo, Anna me donne un moment pour respirer après quoi elle toque. Nous entendons un faible « entrez » suite à quoi nous actionnons la poigne de la porte et pénétrons dans la pièce ou nous trouvons Hugo confortablement installée sur son siège avec Diane debout, un dossier à la main.
Anna et moi : Bonjour
Lorsqu’Hugo lève la tête et me remarque, ses traits s’illuminent. Il se lève de son siège, contourne la table et vient m’enlacer fortement. Je grimace, ressentant une légère douleur au niveau des côtes.
-Éloïse! Qu’est-ce que je suis content de te voir! Je ne savais pas que tu serais de retour aussitôt sinon je serais moi-même venu te chercher. Comment va ton bras…
Il s’écarte légèrement, réalisant peut-être qu’il m’avait serré un peu trop fort.
-… Et tes côtes? Mon Dieu, quelle cicatrice! Ça te fera des souvenirs à jamais
Il rigole légèrement tandis que Diane reste à l’écart, nous regardant Anna et moi de haut.
-Je suis tellement content de te voir !
Il m’enlace à nouveau après quoi il se tourne vers sa mère.
-Comment ça va maman?
Ils se font la bise.
-Je vais bien Hugo. Et de ton côté, comment ça va?
-Je vais bien merci
Il fronce légèrement ses sourcils et nous observe toutes les deux.
-Mais… Maintenant que j’y pense, pourquoi vous êtes toutes deux ici? Je veux dire, tu devrais être au travail, non?
Anna se racle alors la gorge.
-Nous aimerions te parler Hugo
Il enfonce les mains dans ses poches et hoche la tête.
-Très bien, nous allons donc parler. De quoi s’agit-il?
-Nous aimerions te parler seul à seul
Anna fait sa dernière déclaration assez fortement pour que Diane puisse entendre. Hugo se tourne alors vers cette dernière et la supplie presque du regard pour qu’elle sorte. Elle ne fait pas d’histoire et sort en trainant un peu.
Une fois la porte fermée, Hugo se dirige vers la table du bureau et s’y assoit après quoi il nous invite à prendre place sur les siège en face de lui, ce que nous refusons toutes les deux.
Hugo : Vous vouliez me parler, me voici. Je suis tout ouïe
Voyant que je tardais à réagir, Anna me donne un coup de coude.
Moi : Euh… Je… C’est au sujet de ma chute sur l’escalier
Hugo : Qu’est-ce qu’il y a? Tu voudrais plus de conge? Pas de problème, prends le temps qu’il te faudra. Je suis même prêt à te…
Anna : Hugo, écoute ce qu’elle a à te dire
Hugo : Désolé. Vas-y, continue Éloïse
Moi : Voilà, je…
Je lance un regard de détresse à Anna et elle hoche la tête pour m’inciter à continuer.
Moi : … C’est Diane qui m’a poussé
Hugo ne réagit pas immédiatement et sur le coup, j’ai envie de prendre mes jambes à mon cou.
Hugo : J’espère que tu te rends compte de la gravité des propos que tu avances
Moi : Oui, je…
Hugo : Est-ce qu’au moins tu as des preuves?
Éloïse : J’ai vu ses chaussures avant de sombrer
Hugo éclate tout à coup de rire. Un rire de gorge glacial qui donne la chair de poule après quoi il se lève en passant rageusement les doigts dans ses cheveux.
Moi : Je sais que c’est difficile à entendre mais sache que
Il donne un v*****t coup de poing à la porte, ce qui me fait sursauter.
Hugo : p****n, qu’est-ce que vous avez tous contre elle!
Anna : Hugo, nous voulons juste ton bien… Écoute ce qu’elle a à te dire
Hugo : ça suffit vous deux! Je pensais que tu avais compris à quel point Diane me rendait heureux maman mai au lieu de ça, tu as préféré penser à toi
Moi : Hugo!
Hugo tourne un regard haineux vers moi et depuis que je le connais, c’est la première fois qu’il me fait peur.
Hugo : Tuer ta mère pendant l’accouchement ne t’a pas suffi ? Tu veux aussi détruire mon couple?
PVD d’Anna
Hugo : Tuer ta mère pendant l’accouchement ne t’a pas suffi ? Tu veux aussi détruire mon couple?
Je vois le visage d’Éloïse devenir blême après cette déclaration et sans y réfléchir deux fois, j’avance vers Hugo et le gifle de toutes mes forces. Et dire qu’on ne pensait qu’à son bien en venant ici.
Moi : Tu n’es qu’un petit con Hugo Daniel! Et tant que t’y es, je quitte paris, je vais à la côte d’Azur
Il ne dit rien. Je me tourne alors vers Éloïse qui est toujours sous le choc de cette déclaration brutale et lui caresse l’épaule en la tirant vers la sortie.
Je lui souhaite une bonne vie à deux à ce petit con. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne tardera pas à découvrir le vrai visage de sa sorcière.