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1909 Mots
PVD d’Anna Hugo a été trop loin avec ses mots ; depuis que nous sommes sorties de son bureau, Éloïse ne fait que pleurer. Elle ne sort plus, ne sourit plus et se nourrit à peine. Il voulait lui faire du mal et il a réussi. Il sait pourtant à quel point Lolo est émotive et combien parler de tout ce qui concernait sa mère lui était difficile. Hugo a pourtant choisi de tourner le couteau dans la plaie et je ne suis pas prête de l’oublier. Il a agi en égoïste et si le père d’Éloïse venait à le découvrir, je ne sais pas comment il réagirait. Je n’aurais pas empêché Igor d’aller lui régler ses comptes, car Hugo est en tort, mais Éloïse ne voulait pas que son père apprenne ce qui s'était passé. Je suis désespérée, cela ne peut pas continuer ainsi. J’ai tout essayé pour qu’elle sorte de là et pour qu’elle avale quelque chose, mais jusqu’à présent, elle pleure. Même si je sais qu’elle n’en veut pas, chaque matin, je lui apporte son petit déjeuner, faisant attention à ajouter tout ce qu’elle aime dans le plateau. Elle ne grignote même pas le contenu de l’assiette que je lui apporte. Malgré tout, je garde espoir et ce matin, je me retrouve encore devant la porte de sa chambre avec un plateau de fruit à la main. Je toque, patiente quelques secondes avant d’entrer dans la chambre. Je retrouve une Éloïse négligée, recroquevillée sur elle-même, sanglotant qui ne se retourne même pas pour me saluer. -Bonjour Lolo, comment vas-tu ce matin ? -… -Je vois que tu ne veux toujours pas parler. -… -Je t’ai apporté ton petit déjeuner avec un verre d’eau -… -Tu sais que même si tu ne manges pas, tu dois boire de l’eau donc s'il te plait, fais-le. Je serai tellement heureuse si tu mangeais ne serait-ce qu’un morceau de pomme ! Je l’entends sniffer. -Bon… eh bien, je pense que je vais te laisser. Si tu as besoin de quoique ce soit, je serai soit en bas, soit dans ma chambre. Dans le cas où je sortirais, tu peux me téléphoner Elle ne répond toujours pas alors, je sors de la chambre. Si elle continue comme ça demain, je vais devoir employer les manières fortes pour qu’elle se nourrisse correctement. Je ne peux pas rester les bras croisés tandis qu’elle se fait du mal. Elle sort à peine de l’hôpital, il faut qu’elle récupère en ayant une alimentation équilibrée. … Il est 17 :00 et je viens de parler à l’agence responsable de rénover la maison que je viens d’acheter à Nice. À ce qu’il parait, je dois être sur place pour régler quelques détails. Je pense que ça fera du bien à Lolo de se déplacer; elle qui aimait tant la vue de la mer. Cette fois, je lui laisserai le temps d’aller se baigner et de se détendre à l’intérieur de l’hôtel alors que je vais régler les derniers détails concernant la maison. Je vais de ce pas aller lui annoncer la nouvelle. Tandis que je monte les premières marches, on sonne à la porte. Je fronce les sourcils. Je n’attendais personne, qui cela peut-il bien être ? La personne sonne une deuxième fois et j’appréhende le fait que ça soit Hugo. Si c’est lui, je vais tout bonnement lui claquer la porte au nez. C’est donc avec le visage ferme que je vais ouvrir la porte et je suis stupéfaite de tomber sur le docteur Williams. Lorsqu’il me voit, il devint tout à coup blême alors, j'aborde un visage plus avenant. -Docteur Williams? -Bonsoir madame. Éloïse est là ? Mais oui, le rendez-vous ! J’avais complètement oublié et je pense qu’Éloïse aussi. -Vous pouvez rentrer Je me décale de l’entrée pour qu’il puisse pénétrer à l’intérieur. Safira s’enfuit dès qu’elle le voit. En passant devant moi, son odeur me monte au nez; il sent bon. Il est venu avec une rose pour elle et en plus, il est bien habillé. Une fois à l’intérieur, je le vois parcourir la salle du regard, surement à la recherche d’Éloïse. Je me racle alors la gorge pour qu’il reporte son attention sur moi. -Docteur, Éloïse est une fille bien. Si vos intentions envers elle ne sont pas bonnes, je vous prierai de la laisser tranquille. Vous pouvez encore tout arrêter tant qu’il en est temps Il enfouit une main dans sa poche et laisse tomber la main qui portait la rose le long de son corps. -Je sais ce que vous pensez de moi et je ne vous en veux pas. Je tiens juste à ce que vous sachiez que je n’ai pas été élevé comme ça et que je respecte les femmes madame. -Vous ne comprenez pas… Éloïse est fragile -Je sais Je le regarde dans les yeux pour voir si on parlait de la même chose et a mon grand étonnement, il savait. -Comment? -J’ai travaillé avec plusieurs patients ayant été victimes d’abus sexuels ; j’ai même eu une amie qui s’est suicidée à cause de cela. Je sais reconnaitre les signes, même s’ils sont moindres -Cela ne me suffit pas Il hoche la tête, compréhensif. -Je sais que cela ne suffit pas pour que vous me fassiez confiance donc je vais vous demander de m’accorder une chance. Si vous remarquez le moindre changement négatif sur sa personne, vous n’aurez qu’à me le dire et je disparaitrai de sa vie Cela me semblait équitable. Maintenant, comment lui dire qu’Éloïse n’allait pas bien en ce moment à cause de mon propre fils ? -D’accord mais faites attention, je serai toujours à vos trousses Il m’offre un faible sourire qui met en valeur ses charmes masculins. Je me mords la lèvre inférieure et joue nerveusement avec mes doigts. Il remarque mon trouble et décide de me poser la que je redoutais. -Où est-elle ? -Eh bien… Elle s’est disputée avec un ami d’enfance en début de semaine et ce dernier n’est pas allé de main morte dans ses propos et il a su appuyer là où ça faisait mal. -… -Depuis ce jour, elle s’est enfermée dans sa chambre et elle ne fait que pleurer -Je vois Un blanc s’installe entre nous. Blanc au cours duquel je le vois chercher les mots pour me dire quelque chose. -Est-ce que… Hum. Est-ce que je peux aller la voir ? Alors que je vais ouvrir la bouche pour lui donner un refus catégorique, il m’offre l’argument qui me coupe dans mon élan. -Je sais comment la faire sortir de là Après quelques seconds d’hésitation, je passe devant lui et lui demande de me suivre. Arrivés devant la porte de la chambre, je toque. Comme d’habitude, après quelques secondes, je pénètre à l’intérieur et le docteur Williams me suit. Elle est toujours recroquevillée sur elle-même, dos à la porte. Elle ne sait donc pas encore que le docteur Williams est là. Je jette un coup d’œil vers le plateau que j’avais apporté ce matin et constate qu’il est à moitié vide. -Lolo, je pense que tu as dû l’oublier, mais aujourd’hui, tu avais rendez-vous avec le docteur Williams -… -Eh bien, il est ici, en ce moment et il voudrait te parler Elle se retourne brusquement sur le lit et le spectacle qui s’offre devant moi me serre le cœur. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Lorsqu’elle voit le docteur, elle se lève du lit et sourit faiblement. Éloïse : Je… Je suis désolée docteur Drew Dr. Williams : Mais ce n’est rien Elle se mord la lèvre inférieure et joue avec le rebord du drap. Elle regarde le sol, essayant d’éviter nos regards. Dr. Williams : Regarde, je t’ai apporté une rose Éloïse lève timidement les yeux et je vois son visage reprendre des couleurs. Éloïse : Merci Le docteur Williams s’approche du lit et lui tend la rose qu’elle prend d’une main tremblante. Dr. Williams : Je… Je peux m’asseoir ? Éloïse avance et lui fait de la place pour qu’il s’installe. Le docteur Williams ne se fait pas prier et s’assoit le plus proche que possible d’elle. Éloïse : Je suis désolée pour notre rendez-vous. Je n’ose même pas me regarder dans un miroir tant je sais combien mes cheveux sont en pagaille et mes cernes profonds. Le docteur Williams pose doucement la main sur l’une de ses joues qu’il caresse tendrement. Dr. Williams : Je te trouve toujours aussi magnifique, t’inquiète Bon benh, avant qu’ils ne s’embrassent et que je ne me sente comme une chandelle, je pense que je vais rapidement m’éclipser. Moi : Eh bien, je pense que je vais vous laisser Éloïse me regarde, une nouvelle lueur dans le regard. Elle me remercie silencieusement et je lui réponds simplement en hochant la tête avant de m’éclipser. Moi : Je ne serai pas trop loin docteur Williams, je vous ai à l’œil Ils éclatent tous les deux de rire comme si je venais de donner une blague alors que j’étais très sérieuse. PVD d’Hugo  Qu’est-ce que j’ai fait ? Ce sont les mots qui me tourmentent l’esprit depuis la dernière fois que j’ai vu Éloïse. Ce ne sera même pas la peine d’aller m’excuser, car je sais que cette fois, j'ai été trop loin. J’étais en colère, je ne contrôlais pas mes mots. Je savais que dans ce genre de moment, le mieux à faire était de se taire pourtant je ne l’ai pas fait. Peut-être que mon amour pour Diane m’aveuglait vraiment, car Éloïse, je la connais depuis trop longtemps pour lui faire endurer ça. J’étais tellement content de la voir ! Je lui préparais une surprise : l’agence de mannequins que je compte bientôt ouvrir, je comptais l’y nommer PDG. Je pense que ce ne sera même plus la peine d’y réfléchir. Si l’entreprise perd Éloïse, nous risquons de prendre un coup dur, car c’est l’un des piliers d’ici. Je n’arrive jusqu’à présent pas à croire ce que j’ai fait. Comme si ce n’était pas assez, il y a ma mère qui emménage bientôt pour la côte d’Azur. Elle comptait me le dire quand? Je ne l’ai pas montré sur le coup, mais j’ai été profondément blessé. Je suppose que ça faisait déjà un moment qu’elle y réfléchissait. Je me sers un verre que je sirote en faisant tournoyer mon siège. C’est le moment que choisit Diane pour rentrer dans mon bureau. Notre semaine sans sexe a été un véritable enfer. On n’a pas arrêté de se disputer et parfois, je ne la reconnaissais même plus. Elle s’assoit sur une chaise en face de moi. Elle reste un moment silencieuse avant d’éclater en sanglots. Je me lève brusquement de mon siège, contourne la table et m’agenouille devant elle. J’essaie de prendre son visage en coupe, mais elle se dégage violemment et commence à pleurer de plus belle. -Mais p****n, Diane! Qu’est-ce qui ne va pas ? Elle n’arrête pas de pleurer donc je fais une dernière tentative pour prendre son visage en coupe et cette fois, elle se laisse faire. Je l’observe un instant ; ses yeux et son nez ont rougi, son nez coule et elle tremble légèrement. Ça fait un moment déjà qu’elle pleure. Je me demande bien ce qui peut la mettre dans un tel état. -Diane, ma chérie, regarde- moi. Regarde-moi je t’en prie Elle le fait. -Dis-moi ce qui ne va pas -Hugo, je suis enceinte. Tu vas être papa
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