PVD de Diane
Les premiers symptômes ont commencé à apparaître avant-hier; j'ai vomi trois fois dans la matinée, je me suis réveillée plus tard et j'étais plus fatiguée que d'habitude. Je ne voulais pas y croire, mais pour avoir le cœur net, je me suis rendue à la pharmacie pour acheter des tests de grossesse. J'en ai pris trois.
Bien avant de faire les tests, j'ai commencé à pleurer. Cela ne pouvait pas m'arriver. Je ne le voulais pas. Cela allait gâcher ma vie, je ne veux pas d'un enfant maintenant.
Je suis actuellement au bureau, enfermée dans les toilettes. Au bout de quelques minutes, en attendant les résultats, je me rends au bureau d'Hugo ; c'est alors que sa mère débarque avec l'autre qui aurait dû être six pieds sous terre. Comment cela se fait qu'elle soit toujours en vie après une chute pareille ? J'aurais dû pousser plus fort.
Elles me demandent de sortir, ce que je fais. De toute façon, leurs présences me sont insupportables. Je me rends à nouveaux dans les toilettes, verrouille la porte et prend une grande inspiration. L'heure de la vérité a sonné.
Je sors les tests de mon petit sac et m’écroule au sol en voyant le résultat : les trois sont positifs. Ce n'est pas possible !
Je pleure toutes les larmes de mon corps sans pouvoir m'arrêter. Comment est-ce possible? Pourquoi moi?
Hugo doit être mis au courant. Je vais avorter. Je ne veux pas être liée à jamais avec lui. Je ne l'aime pas.
Je sors des toilettes et me dirige rapidement vers son bureau. Heureusement que les deux étaient déjà parties. Lorsque mes yeux tombent sur Hugo, j’éclate en sanglot. Non, ce n'est pas possible.
Hugo accourt vers moi et tente de savoir ce qui ne va pas, je lui annonce donc la nouvelle.
Un silence de mort règne dans la pièce ; silence au cours duquel nous nous contentons de nous fixer. J'attends sa réaction, mais lui, il ne bouge pas, comme s'il cherchait à déterminer si je blaguais ou pas.
-Je veux avorter
Hugo se lève brusquement et s'éloigne de moi.
-Non
-Quoi?
-Je refuse que tu fasses cela
-C'est mon corps, j'en fais ce que je veux et si je décide de ne pas vouloir modifier mon physique à cause de ce foutu bébé, je le fais
Hugo plisse légèrement les yeux, comme s'il cherchait à bien voir si c'était vraiment moi qui étais devant lui.
-T'entends-tu parler Diane ? Ton physique, c'est tout ce qui compte pour toi ?
-...
Il vient s'agenouiller devant moi et prend une de mes mains dans les siennes.
-Je t'en prie Diane, donne une chance à ce bébé
Je secoue la tête de gauche à droite.
-Tu ne comprends pas Hugo. Je veux encore profiter de ma vie et ce bébé va m'en empêcher
Il prend mon visage en coupe.
-Diane, écoute-moi: garde-le. Je t'en supplie. Tu ne seras pas seule, je serai là. Je veux ce bébé
-Tu te marieras avec moi ?
PVD d'Hugo
-Tu te marieras avec moi ?
Je lâche soudainement son visage et recule de quelques centimètres. Me marier à cause d'une grossesse ? Ma mère ne m'a que trop bien appris que c'était une erreur. Elle m'a trop souvent mis en garde contre cela.
J'aime Diane, je veux ce bébé de toutes mes forces, mais je ne me marierai pas avec elle. Du moins, pas maintenant.
-Non Diane, je ne t'épouserai pas
Elle se lève et jette violemment mes cartes de visites par terre après quoi elle s'approche de moi en me pointant du doigt.
Si je n'étais pas de plus haute taille qu'elle, j'aurais probablement eu peur tant son visage était déformé par un rictus effrayant.
-Me mettre enceinte ne t'a pas suffi ? Tu veux aussi faire de moi une mère célibataire !
-Je ne vais pas faire de toi une mère célibataire Diane : je t'aime et nous habitons ensemble. Je veux juste qu'on apprenne à mieux se connaître parce que le mariage n'est pas toujours la solution
Des fois, j'ai l'impression que Diane est la femme la plus douce, la plus sensuelle et la plus aimante au monde, mais d'autres fois, comme maintenant, j'ai l'impression que je ne l'ai jamais connu.
Peu m'importe, pour l'instant, tout ce qui m'importe, c'est de sauver ce bébé, car malgré le fait qu'il ne soit encore qu'un fœtus, je l'aime déjà.
-N'avorte pas Diane, je ferai tout ce que tu désires
Un sourire satisfait éclaire son visage qui était tantôt couvert de larmes. Je pense que cela aurait dû attirer mon attention.
-Très bien, je garde ce bébé, mais je refuse de travailler en étant enceinte
-D'accord
-Je veux aussi de l'argent pour prendre soin de moi
-Je te donnerai ma carte
-Je pense que ce sera tout
-Merci Diane
Pour toute réponse, elle se contente de me sourire.
Elle sort du bureau sans prendre la peine de ramasser les cartes par terre et je me laisse choir sur la chaise la plus proche en soupirant puis desserre le nœud de ma cravate. Je passe une main nerveuse dans ma crinière.
Je ne peux empêcher ce sourire niais de se former sur mes lèvres ; je vais être papa et c'est la femme que j'aime qui porte mon enfant. Ce serait bien qu'il ressemble à sa mère, peu importe le sexe ; j'aime tellement voir le joli visage de Diane !
Si ma mère et Eloïse n'avaient pas décidé de me tourner le dos, j'aurais dit que je suis l'homme le plus comblé au monde. Je ne peux pas croire qu'elles aient décidé de juger Diane sans la connaître. Et dire que j'étais allé m'excuser auprès ma mère espérant que le rapport entre elles allait s'améliorer. Peu importe, je suis heureux avec Diane et je pense que l'arrivée de ce bébé ne fera que renforcer notre amour.
PVD d'Anna
Aujourd'hui Eloïse a rendez-vous chez le docteur. Je crois que c'est sa dernière visite et pour la première fois, je n'avais pas envie de l'accompagner, mais elle a insisté pour que je vienne donc je suis finalement monté dans la voiture avec elle. Igor passe la voir chaque jour et la gâte autant qu'il le peut.
Arrivées au cabinet du docteur, nous devons patienter avant de passer, car il y a trois personnes avant nous. C'est toujours le docteur Williams qui est là. Je ne pensais pas dire cela un jour, mais c'est un type bien et c’est grâce à lui si Eloïse a pu se remettre des propos blessants d'Hugo. Je les soupçonne d'entretenir une relation plus qu'amicale, mais rien n'a encore été officialisé.
Ils sont déjà sortis quatre fois depuis la semaine dernière et à chaque fois, Eloïse avait le sourire aux lèvres le jour suivant. Ils forment un joli couple tous les deux.
-Mademoiselle Lambert, c'est votre tour
Nous offrons un sourire à la secrétaire pour la remercier puis nous passons.
Lorsque le docteur Williams aperçoit Eloïse, il sourit de toutes ses dents. On aurait dit qu'il se retenait pour ne pas la prendre dans ses bras.
Une fois qu'Eloïse arrive à sa hauteur, il la regarde intensément pendant un moment avant de l'inviter à rentrer. Il l'a regardé pendant assez longtemps pour que je puisse lire à travers ses yeux qu'il était amoureux d'elle. Eloïse baisse la tête en rougissant avant de pénétrer dans la pièce tandis que je plisse les yeux en lançant un regard suspicieux au docteur Williams pour lui signifier que je l'ai à l'œil. Pour toute réponse, il me sourit. Je crispe les doigts sur mon sac à main ; je n'aime pas lorsqu'il me sourit ainsi.
À l'intérieur, le docteur Williams nous offre à chacune une chaise et s'installe près de celui d'Eloïse pour l'examiner.
-eh bien, commence-t-il, je n'ai officiellement plus de patiente! Tu es complètement rétablie mademoiselle Lambert. J'espère tout de même que ce n'est pas à cause de cela qu'on arrêtera de se voir
Il fait un clin d'œil à Eloïse. Je constate qu'il ne prend même plus la peine de la vouvoyer sur son lieu de travail.
-Je vais tout de même te prescrire quelques compléments alimentaires. Je veux que tu sois en forme lorsque ton congé maladie prendra fin
Il tire son stylo et commence à remplir une feuille.
Moi : Ce n'est pas que vous ne me plaisez pas docteur Williams, mais quand est-ce que le docteur Alexander revient ?
Il arrête d'écrire et me regarde d'un air grave.
Dr. Williams : Vous n'êtes pas au courant ?
Mon cœur ne fait qu'un bond dans ma poitrine, m'imaginant les pires scénarios dans ma tête.
Moi : au courant de quoi ?
Eloïse: Quelque chose de grave est arrivé au docteur Alexander ?
Le docteur Williams nous offre un tendre sourire et nous fait signe de nous calmer de la main.
Dr. Williams: Grâce à Dieu, rien de grave n'est arrivé au docteur
Nous soupirons toutes deux de soulagement.
Moi: Alors, qu'est-ce qu'il y a ?
Dr. Williams: Le docteur Alexander a pris sa retraite. Je pensais qu'il vous l'avait dit même si c'est une décision que je trouve irréfléchie
Eloïse et moi, abasourdies, ne tenons pas compte de sa dernière remarque.
Je ne m'attendais pas à cette nouvelle. Voyant nos réactions, le docteur sourit. Il tire légèrement sur la feuille de prescription pour la décoller des autres puis la tend à Eloïse après quoi il lui dit quelque chose à l'oreille. Quelques secondes plus tard, nous prenons congé du docteur pour aller à mon bureau où les commandes ne font que croître en raison des fêtes de fin d'année qui approchent.