PVD d’Hugo
Un bruit sourd venant du couloir me parvient. J’arrête alors de rassembler mes affaires et me précipite vers la porte, mais au même moment Diane apparait sur le seuil.
-Hugo, où est-ce que tu vas ?
-J’ai entendu un bruit
Je regarde par-dessus son épaule, a la recherche de, je ne sais quoi tandis qu’en remarquant que je regardais derrière elle, elle fait de même.
-Que… Quoi? Un bruit?
-Oui, un grand bruit comme quelque chose qui venait de tomber lourdement par terre
Elle m’offre un sourire pour me rassurer.
-Mais non Hugo, je sortais des toilettes pour venir te trouver et je n’ai rien entendu de tel
-Tu en es sure?
-Mais oui, d’ailleurs, il n’y a plus personne ici à cette heure
Je la regarde un peu réticent, jette un dernier coup d’œil vers le couloir après quoi je me résous à retourner dans mon bureau pour boucler mon sac. Nous prenons l’ascenseur pour descendre.
Parce qu’elle est plutôt rancunière, je pensais que Diane serait en colère contre moi parce que je lui avais demandé de collaborer avec Eloïse mais elle me parait de bonne humeur. Tant mieux, au moins la soirée ne sera pas gâchée.
Malgré tout, je ne peux m’empêcher de penser à ce bruit que j’ai entendu tout à l’heure. Je suis persuadé que ce n’était pas le fruit de mon imagination.
Arrivés à la maison, je monte directement vers la salle de bain tandis que Diane se charge de commander à manger, car elle ne sait pas cuisiner. Ça ne me dérange pas de cuisiner pour elle, mais des fois, je suis fatigué et on est obligé de se faire livrer de la nourriture. Je devrais peut-être engager un chef cuisinier plus tard, mais en attendant, mes muscles ont besoin d’être détendus.
Je fais couler l’eau chaude sur ma peau et je me détends aussitôt. Que ça fait bien ! Je laisse couler un peu l’eau avant d’appliquer le gel sur ma peau. Je sursaute lorsque je sens des doigts me caresser les côtes puis le torse après quoi je sens des seins se plaquer contre mon dos.
Diane.
Elle fait glisser sa main vers le bas, mais lorsqu’elle atteint mon bassin, j’attrape ses mains et l’arrête. Je me tourne pour lui faire face.
-Diane, pas ce soir.
-Humm… Pourquoi pas ?
Je la regarde alors dans les yeux.
-Parce que je n’en n’ai pas envie
Elle se détache alors de moi et recule, l’air froissé.
-Tu ne m’aimes plus?
Je fronce les sourcils, abasourdi par ce qu’elle vient de me dire.
-Mais qu’est-ce que tu racontes Diane ? Bien-sûr que je t’aime toujours
-Dans ce cas, je ne t’attire plus ?
-Mais… d’où tu sors ces conneries Diane ?
Elle hausse ses épaules avec nonchalance.
-Dans ce cas, pourquoi tu ne veux pas me faire l’amour ?
Je soupire, voyant la source du problème.
-Le fait que je ne couche pas avec toi ne veut pas forcément dire que je ne t’aime plus, Diane. Être en couple ne veut pas forcément dire b****r tout le temps, il n’y a pas que le sexe
-D’accord, je vois
Elle évite mon regard et me semble tout à coup honteuse.
-Orh… Ne fais pas cette tête, je t’en prie. Écoute, une fois qu’on sera sorti d’ici, je voudrais que l’on parle
-De quoi?
-De toi, de moi, de nous. Je veux qu’on apprenne à mieux se connaitre et pourquoi pas, parler de nos projets futurs
Compte tenu de la réaction qu’elle avait après que j’aie prononcé ces derniers mots, cela ne l’intéressait apparemment pas. Mais je ne veux pas continuer dans une relation où ne fait que coucher ensemble. Je veux apprendre à la connaître, je veux connaître ce qui la rend heureuse, ce qui la rend triste, je voudrais qu’elle me raconte une partie de sa vie, je veux mieux la connaître, je veux être capable de prendre sa défense si quelqu’un parle mal d’elle devant moi.
-Ohw, je vois. Dans ce cas, on se voit tout à l’heure.
-D’accord ma chérie, je vais te laisser prendre ta douche
Je sors de la baignoire-douche afin de lui laisser un peu d’intimité puis pars. Après m’être vêtu, je descends nous préparer un truc à grignoter avant l’arrivée de nos commandes. Environ 10mn plus tard, on sonne à la porte et on nous livre.
J’ai décidé de changer le cadre de notre souper ce soir et installe une table pliante dans la cour arrière. Il y a du jasmin dehors et le parfum est enivrant. J’ai quatre torches électriques murales, cela devrait suffire pour l’éclairage. Alors que je rentre chercher les chaises, je la vois descendre les marches et je prends un instant pour l’admirer. Je la trouve magnifique. Lorsqu’elle constate que je me dirige vers le jardin, elle me demande un peu effrayée : « euh… Hugo, la salle à manger c’est par là. Pourquoi tu sors avec les chaises ? »
-C’est parce qu’on mange dehors
Elle écarquille les yeux, abasourdie.
-Quoi! Dehors? Mais on est bien ici
-Je ne sais pas, je voulais changer d’air
Elle croise les bras sur sa poitrine.
-Bah, moi, je ne le veux pas
Mes épaules s’affaissent.
-Oh… Allez Diane, s'il te plait fait un effort
-Mais… Et si un cafard tombe dans mon plat ? J’ai peur des insectes moi !
-Je te promets qu’il n’y aura pas de cafard qui va tomber dans ton assiette
Elle lève le menton et me lance un regard de défi.
-Comment tu peux en être si sûr ?
Je soupire.
-Tu n’as qu’à me faire confiance
C’est à son tour d’obtempérer avant de se diriger à contrecœur vers le jardin.
Au final, ça, c'est mal passé, car ce n’est pas un seul, mais deux cafards qui ont atterri sur Diane. Cette dernière a hurlé comme pas possible et moi, j'ai bien rigolé, ce qui l’a mis hors d’elle. Elle a boudé pendant le reste de la soirée tandis que je me retenais de rire, tant la scène était drôle.
Le lendemain, Diane était toujours fâchée. J’ai essayé de l’embrasser à plusieurs reprises, mais elle détournait la tête à chaque fois. J’étais en train de nouer ma cravate et Diane en train de se coiffer lorsque la sonnerie de mon téléphone met fin au calme qui régnait dans la chambre.
-allo?
-…
-Oui, c’est bien moi
-…
Lorsque la personne au bout du fil fini de m’annoncer la nouvelle, mes mains deviennent brusquement moites. J’attrape rapidement ma veste, descends les escaliers en trombes, attrape mes clés au passage et une fois dans le garage ; saute dans la voiture et démarre.
Je viens d’apprendre qu’Éloïse avait été retrouvée inconsciente, baignant dans son sang au bas de l’escalier ce matin. Elle a été admise à l’hôpital tôt ce matin et elle avait perdu beaucoup de sang. Elle est dans le coma et le docteur à préciser que c’était un miracle si elle était encore en vie.
Une fois à l’hôpital, je demande le numéro de sa chambre et m’y rend. Devant la porte, je prends une grande inspiration avant de faire tourner la poignée. En pénétrant dans la pièce, je retrouve le père d’Éloïse assis sur une chaise, l’air ailleurs. Lorsqu’il me voit il se lève pour venir me saluer.
-Lorsque j’ai vu qu’elle ne rentait pas hier soir, je me suis dit que quelque chose n’allait pas, car ce n’était pas dans ses habitudes de faire ça. Puis, lorsque l’hôpital a appelé, j’ai tout de suite su que quelque chose n’allait pas…
Il éclate en sanglot et je le prends dans mes bras. Si Éloïse venait à disparaitre, ses parents ne survivraient pas.
Pour la première fois depuis que je suis rentré dans cette chambre, mes yeux se posent sur Éloïse. Elle est pâle et on l’a mis sous oxygène.
Mon Dieu, le bruit, c'était elle ! Si seulement j’avais écouté mon instinct.
Je regarde une nouvelle fois Éloïse et prie silencieusement, espérant qu’à tout moment ses yeux puissent s’ouvrir.