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PVD d’Hugo  Cela fait deux jours que je suis au chevet d’Éloïse ; depuis avant-hier, je ne suis pas rentré chez moi. Ma mère m’a rejoint à l’hôpital. Elle apprécie beaucoup Éloïse et je sais qu’elle n’a jamais voulu qu’on rompe. Je n’ai pas vu Diane depuis la dernière fois et je n’ai pas essayé de la joindre. Le père d’Éloïse est fatigué, il dort sur une chaise et a des courbatures, mais pour rien au monde, il ne voudrait rentrer chez lui alors que sa fille est sur un lit d’hôpital. Ma mère quant à elle a amené du matériel et est actuellement en train de confectionner un chapeau pour qu’elle puisse donner à Éloïse à son réveil. C’est la plus optimiste de nous tous. En regardant autour de moi, je réalise que je n’aime pas les hôpitaux. Il y a une mauvaise ambiance, l’odeur est assez spéciale et je ne saurais expliquer pourquoi, mais ça me stresse. On a placé de nombreux tubes dans le bras d’Éloïse et chaque fois que mes yeux se posent sur elle, j’ai envie de pleurer. Je sais qu’elle n’aimait pas prendre l’ascenseur, car les escaliers lui permettent de « dégourdir ses jambes » disait-elle, mais ça fait des années qu’elle les descend et jamais, elle n’avait raté une seule marche. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je suis assis sur une chaise, regardant nerveusement Éloïse et en tapant le sol du pied. Je passe une main nerveuse dans ma crinière à plusieurs reprises. Je n’ai pas dormi et il me faut une tasse de café. Je me dirige à grands pas vers le distributeur, mais alors que mon café vient d’être servi, je me renverse le contenu du gobelet dessus tant mes doigts tremblent. Je jure entre les dents et tente de regagner la chambre lorsque je percute une personne. -Je suis désolé… Je ne vous avais pas…. Je m’interromps lorsque je constate que c’est ma mère. Ses yeux se posent sur moi et elle soupire. -Hugo, tu ne peux pas continuer comme ça, il faut que tu rentres te reposer -Je… Je veux rester. Il faut qu’elle se réveille -Je sais Hugo, mais je ne voudrais pas non plus faire un aller-retour dans 2 chambres de cet hôpital et tu ne fais rien pour m’éviter cela Je me passe une énième fois les doigts dans les cheveux. Elle a raison. -D’accord, je vais rentrer, mais tu promets de m’appeler si elle se réveille ? -Je le promets. Et puis… Il te faut une douche et une bonne dose de pastille de menthe. Tu pues! Un rire m’échappe malgré moi. Elle a lâché sa phrase sans scrupule. -D’accord, je vais y aller, mais je dois aller chercher mes clés, je les ai laissées dans la chambre Au même moment, elle agite mon trousseau de clé devant moi. -Je les ai pris pour toi -Merci maman Je tends la main pour qu’elle puisse me les donner, mais elle me contourne et se dirige vers la sortie. - Allons-y. Tu ne pensais tout de même pas que j’allais te laisser conduire dans cet état ? Elle continue d’avancer et je n’ai d’autre choix que de la suivre. Je n’ai fait que dormir durant le trajet donc ça s’est passe très vite de mon point de vue. Alors que ma mère se gare, elle me conseille de descendre pour aller prendre une douche tandis qu’elle ira me préparer le petit déjeuner. Lorsque j’ouvre la porte, je retrouve une Diane furieuse qui m’attend. -Où est-ce que tu étais ? Alors qu’elle a les mains croisées contre sa poitrine, j’accroche ma verste dans le porte-manteau et enlevé complètement la cravate que j’avais dénoué la veille. -Diane, chérie, je suis fatigué, commençai-je d’une voix lasse -Je m’en fiche! Tu n’as même pas jugé bon de m’appeler -Je suis désolé. Éloïse a eu un accident et… -Ah… Ai-je bien entendu « Éloïse » ? Donc, elle compte plus que moi maintenant ? -Non, essaie de comprendre Diane -Mais il n’y a rien à comprendre. Tout est claire : tu l’aimes plus que moi -Ne racontes pas de sottises… C’est le moment que choisit ma mère pour se racler la gorge et faire son entrée. Diane : Qu’est-ce qu’elle fait ici ? Je suis malgré moi surpris devant le ton qu’elle emploie pour designer ma mère ici. Moi : C’est ma mère Diane donc, bien sûr qu’elle sera ici autant qu’elle le voudra Ma mère sourit à Diane pour appuyer mes dires. Maman : Je te retourne la question Hugo : qu’est-ce qu’elle fout ici ? Hugo : Diane a aménagé avec moi cette semaine maman et elle travaille aussi pour moi donc, désormais, elle habite ici C’est au tour de Diane de sourire et les deux femmes se défient du regard. On se croirait dans un combat de boxe où je joue le rôle de l’arbitre. Diane : Elle reste longtemps ? Maman : Je ne sais pas Diane : ça veut dire qu’on n’aura plus d’intimité ? Maman : Ce n’est pas comme si on allait faire un plan trois non plus Diane se retourne vers les escaliers et monte les marches, furieuse alors que je soupire. Maman : On aurait dit une enfant gâtée Moi : Maman, s'il te plait. Sois cool avec elle Maman : J’essaierai, mais si elle me cherche, elle me trouvera maintenant file prendre ta douche s'il te plait, je n’en peux vraiment plus là avec ton odeur de merde. Je suis à deux doigts de m’évanouir Je m’exécute et rentre dans la chambre que je partage avec Diane depuis cette semaine. Lorsque j’arrive à sa hauteur, je la vois se pincer le nez. C’est alors que je constate avec horreur à quel point je pue. Je me précipite vers la salle de bain et fais rapidement couler l’eau. Pour la première fois, l’eau chaude ne suffit pas pour détendre mes muscles. Éloïse occupe toutes mes pensées. Environ 30mn plus tard, j’étais dans la cuisine en train de dévorer le petit déjeuner de ma mère. -Dis donc, tu avais vraiment faim ! -Je ne te le fais pas dire -La prochaine fois, afin d’éviter que tu ne meures de faim, appelle Diane pour qu’elle puisse t’apporter un petit quelque chose -Elle ne sait pas cuisiner Ma mère avait ouvert la bouche pour dire quelque chose puis la referme aussitôt. -Je ne vais pas commenter Elle rassemble ses effets et je comprends tout de suite qu’elle va me quitter. -Tu pars déjà? -Oui, n’oublie pas que je dois aussi réussir à convaincre le père d’Éloïse afin qu’il rentre chez lui pour se préparer un petit quelque et se reposer. Je lui ai aussi fait à manger -C’est gentil de ta part -Et puis il y a aussi Safira. Je dois aller à la maison remplir son bol -Je comprends. Tu peux revenir quand tu veux d’accord -Entendu PVD d’anna Je suis sur le trottoir devant la maison d’Hugo en train d’attendre un taxi lorsque mon téléphone sonne. -Allo? -Oui, est-bien Madame Daniel ? -C’est bien moi -Nous vous appelons depuis l’hôpital st-Paul afin de vous avertir que mademoiselle Éloïse s’est réveillée -Oh! Merci. Merci infiniment Sans penser à Hugo, je prends le premier taxi et fonce vers l’hôpital. Enfin une bonne nouvelle !
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